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jeudi 5 septembre 2024

Cette acceptation de ne rien dire ensemble

Après "L'ami" de Sigrid Nunez, me voici de nouveau embarqué dans une histoire canine, par un auteur français cette fois, Cédric Sapin-Defour. Le roman a eu son succès, et a été remarqué pour l'impensé, le non-écrit (en tout cas dans la littérature et sur autant de pages) qu'il relate : le deuil d'un animal de compagnie.

Une grande partie du roman est dédiée à la relation qu'entretient le maître avec son chien, elle est plaisante et se lit facilement. Les dernières pages, qu'on imagine les plus travaillées, sont particulièrement bien écrites. Plongeons nous dans un premier moment de sereine complicité.

Au cours des promenades, si nous sommes seuls, je parle à Ubac. Beaucoup. 

Des fêlures du coeur et de leurs pansements, de la taille acceptable des compromis, de l'envie totale de liberté, du vertige à l'exercer, des abrutis et des gens formidables, de la certitude bancale d'être à ma place, de comment il va lui. Rien ne reste trop dedans. Ubac connaît tout de ma vie, l'entière demeure, et j'ignore par quel fluide il sait mieux que moi comment je vais. Parler à quelqu'un qui ne vous répond pas ou si peu que l'on poursuit jusqu'à dénuder son âme, ces vulgaires successions de pas enjambant les racines et les trèfles feraient donc l'effet d'une cure. S'il s'agit de discuter de soi sans manoeuvre et sans gonfler du nombril alors va pour cet essorage. Il est vrai qu'en ces lieux d'errements, le dehors calme autour, tout invite à ne pas nous présenter plus beaux que nous le sommes, rien ne freine, on s'épanche, quel bien ça fait de dire qui l'on est. Puis quelque chose comme gruik sort de sa gorge ou soupire-t-il puissamment, comme semblant signifier : « On va s'arrêter là pour cette fois. » 

Je m'étonne toujours, avec une sorte de joie mêlée d'inquiétude, que ces moments d'allure libre, de silence et de nature ne soient pas encore payants, un jour le monde à bitcoin saura que se tiennent ici les plus hautes valeurs. Nous marchons ainsi le long des cours d'eau, sous la pluie s'il le faut, ensemble gaiement, nous extrayant des jours ouvrés dont les ergotages glissent sur nos cuirs, à deux on est plus étanches. Il n'y a pas mise à nue plus délectable qu'être couvert de cette compagnie dont je n'ai toujours pas décodé la magie : l'autre est là qui nous aide goûter plus encore à ce moment de solitude dont je découvre sur le tard qu'elle est partageable. Il n'y a rien à faire que marcher, se préoccuper au plus loin du pas suivant, la vie se tient là, juste à côté mais on fait le tri des encombrants : les curieux voisins, la note administrative et le coût des pneus neige. Je souhaite à chacun de rencontrer ces géographies de la diversion, on remet la main sur le temps fuyant, les idées s'ajustent sans rien dire, quelques réponses à ces fichues questions que la vie charrie nous viennent et, drôle de sorcellerie, la rémanence de cette affaire nous invite à notre retour à la traverser plus légèrement encore. Serait-ce tout ça si je marchais seul devant moi sans cet émondeur de chien ? Pour le savoir, il me faut y retourner.

Après quelques hectomètres, par déférence pour Ubac qui est en droit de réclamer lui aussi l'entretien de son intérieur, je me tais. Ouf. Alors une deuxième saveur s'avance, celle d'une coexistence silencieuse. Qui mieux que le silence lie les âmes ? Nous les hommes n'aimons pas trop ce silence, nous négligeons ses services, ne savons pas comment le manier, il a trop le goût de la fin, pour le couvrir nous bavardons, ce peut être plaisant mais comme tout exercice de sauvegarde, à la longue, c'est usant. Or il n'y a pas présence plus chérissable. De vous taire, le chien ne vous en veut pas, il ne croira ni à l'ennui ni au malaise ni à la dégradation de vos rapports, c'est un délice assez unique que cette acceptation de ne rien dire ensemble. Le jour où un  chercheur foldingo trouvera l'astuce pour donner la parole aux chiens, Ubac et moi ne serons plus de ce monde et cela vaudra mieux car les pensées muettes n'auront plus leur place. Ici, silencieux, dans le murmure de Marcôt ou les vacarmes de la Tête d'Or, une sorte de douce bulle, épaisse et fine, nous palissade et porte à la rêverie. Ainsi, semi-conscients, l'esprit à peu, nous accédons à une sorte de méditation mobile sans encens ni facture. Puis Ubac aboie derrière un merle noir et la bulle crève de toutes parts.

Cédric Sapin-Defour, Son odeur après la pluie (2023)

mercredi 6 avril 2022

De quoi rêvent-ils ?

Incessants cauchemars martelés
Répétitifs
Quotidiens 

Pas une sieste pas une nuit sans ces mauvais rêves de carcasses
De bêtes mortes
Qui me tombent sur la gueule
Qui m'agressent
Atrocement
Qui prennent le visage de mes proches ou de mes peurs les plus profondes 

Cauchemars sans fin sans vie sans nuit
Des réveils en sursaut
Draps inondés de sueur
Presque toutes les nuits 

Parfois je hurle
Toutes les nuits je sais que je vais emporter l'abattoir dans mes mauvais rêves
Et pourtant
A pousser mes quartiers de viande de cent kilos chacun
Je ne pense pas être le plus à plaindre 

De quoi rêvent-ils
Toutes les siestes
Toutes les nuits
Ceux qui sont aux abats
Et qui
Tous les jours que l'abattoir fait
Voient tomber des têtes de vache de l'étage supérieur
Prennent une tête par une
La calent entre des crocs d'acier sur une machine idoine
Découpent les joues les babines puis jettent les mâchoires et le reste du crâne
Huit heures par jour en tête à tête 

De quoi rêvent-ils
Ceux qui sont aux Cuirs
C'est ainsi qu'on appelle ceux qui arrachent les peaux des bêtes juste après qu'elles ont été tuées
Les peaux seront ensuite vendues à des tanneurs ou je ne sais qui
Il paraît que ce poste est éreintant
Que les intérimaires tournent comme ailes de moulin jours de tempête
Tellement c'est dur
Physiquement
Moralement
Arracher des peaux de vache toute la journée

Joseph Ponthus, À la ligne (2019)

dimanche 20 février 2022

Ça pue la mort

Enchaînant les missions d'interim, Joseph Ponthus quitte crevettes et bulots pour cette fois être affecté aux tâches de nettoyage au sein d'un abattoir. C'est bien sûr une épreuve psychologique (elle deviendra physique lorsqu'il s'agira de pousser des carcasses)

Autant de cuves que de déchets
Des morceaux que je ne parviens pas à identifier
Les mâchoires
Les cornes
Les pieds avant
Les pieds arrière
Parfois des oreilles douces et poilues avec encore l'anneau d'identification de l'animal
D'autres parties du corps dégoulinantes que je préfère ne pas savoir mais qui sont du ruminant
Sans doute les différentes panses
Et les mamelles 

Il faut nettoyer avec vitesse et application l'intérieur de tous les tuyaux dédiés avec le jet puis je passe la mousse qui lave puis je repasse le jet pour rincer 

Les murs
Les sols 

Parfois des déchets qui étaient bloqués dans les tuyaux tombent sous l'effet du jet
C'est alors une avalanche de tous les trucs susmentionnés qui dégringole
Et ça fait des gros shploooourk
Et ça fait des gros splaaaaaaash 

Gaffe à ne pas être sous le tuyau quand des sabots tombent
Les cornes sont comme autant de gros osselets qui s'éparpillent sur le sol de l'usine
Et les mamelles
Les mamelles bordel
Sorte de tout petits ballons de rugby gonflés encore tièdes du corps de l'animal juste tué
Parfois elles éclatent quand elles tombent par terre
Un liquide blanchâtre en sort
Ça pue l'amer la mort la peur de la bête abattue
C'est encore tiède 

La merde je la nettoie aussi dans un atelier dédié
J'imagine qu'au-dessus
C'est ce qu'on appelle « le piège »
Là où les bêtes sont conduites et attendent juste avant d'y passer
Elles ont peur et elles sentent la mort qui approche
Elles chient
C'est normal
Je nettoie
C'est mon taf
Le taf que j'écoutais avec horreur à la pause la semaine dernière 

Trois nuits que je fais ça
La première nuit a été atroce
Mais ça va mieux 

Joseph Ponthus, À la ligne (2019)

mercredi 21 février 2018

Le jeu du stylo

Autre roman de Pascal Garnier - Le Grand Loin - dans lequel on suit Marc, sa fille et... son chat.

Dix fois il avait ramassé le stylo et dix fois, Boudu, d'un coup de patte, l'avait fait tomber du bureau. Tous deux se considéraient en silence, pareils à des joueurs d'échecs, le chat en boule dans le cône de lumière de la lampe, Marc auréolé de la fumée de son cigare. Boudu (car c'est ainsi que Chloé avait baptisé le chat) n'était pas d'un tempérament très joueur. Il dormait, il bouffait, il chiait. Et parfois, comme c'était le cas, il grimpait sur le bureau, se pelotonnait sous la lampe et fixait Marc, ses yeux dorés ne reflétant qu'un vide abyssal. Un jour, accidentellement, Boudu avait fait tomber le stylo et Marc l'avait ramassé. Boudu venait d'inventer le jeu du stylo. Cette illumination, due à une connexion fortuite de ses neurones habituellement en sommeil, le surprenait encore. Aussi, quand l'occasion se présentait, il ne manquait pas d'en faire profiter Marc. Il faut dire que ce dernier était un partenaire infatigable. Même si chaque fois que Marc se courbait pour récupérer le Bic, une douleur sournoise lui pinçait les reins, jamais il ne se plaignait, jamais il ne manifestait le moindre agacement. C'était dans sa nature. Quand sa fille, Anne, était petite et qu'il la faisait manger, il avait pratiqué ce même sport, la petite cuillère remplaçant le stylo. Elle aussi le fixait d'un regard insondable, se demandant jusqu'où elle pouvait aller, jusqu'où il pouvait tenir. Il tenait toujours, d'autant qu'à cette époque il n'avait pas encore mal aux reins. Pendant des années elle avait essaye de le faire craquer, elle lui avait tout fait, sans jamais parvenir à ébranler l'impassibilité monolithique de ce père aussi lisse et vertical qu'une glace d'armoire. Vers vingt-cinq ans, elle avait déclaré forfait.

Pascal Garnier, Le Grand Loin (2009)
- - -
J'aime dans la première moitié de cet extrait la manière dont l'auteur adopte progressivement le point du vue du matou, pour décrire son personnage principal. Le sujet (*) de la première phrase est Marc, un peu plus loin, ce sera Boudu, humanisé sans qu'on s'en soit rendu compte.


(*) au sens "philosophique"

dimanche 28 décembre 2014

Noël et l’humanisme anthropocentrique

Des fêtes de Noël dans sa famille, on ressort souvent avec l'impression d'avoir trop mangé... et, plus précisément sans doute, d'avoir trop mangé d'animaux morts.

Quelques jours passent : animaux morts, vin, chocolat, de temps en temps un verre d’eau pour faire style, et beaucoup d’esquive de maintenance informatique. 
[...] 
Le matin de Noël, je suis en mode furtif [...] je traverse le salon tel un ninja obèse. Les enfants regardent un dessin animé, c’est drôle, ces trois derniers jours j'ai bouffé absolument tous les animaux présents dans l’épisode 

(ioudgine, sur son blog)

Le fait de visualiser une volaille, un crustacé dans son entièreté, ou tout simplement l'opulence d'un plat peuvent aboutir à cette formulation (et donc à cette prise de conscience)... que ne provoquent jamais ni un mets préparé, ni un filet (Lévi-Strauss dirait un "lambeau").

« Au fur et à mesure des années, ce qui constituait un animal domestique vivant a progressivement disparu de tout état de visibilité ». La plupart des gens ne mangent plus que sa chair – laquelle, une fois dans l’assiette, évoque de moins en moins la bête dont elle vient. Le comble est atteint avec le hamburger : à Chicago, une étude a montré que 50 % des enfants des classes moyennes ne faisaient pas le lien avec un animal. « La conséquence de cette logique, qui est en connivence avec l’élevage industriel, c’est que l’acte de manger est devenu totalement irresponsable : c’est un acte qui ne pense pas ».

Dans Le Monde du 24/12, la journaliste Catherine Vincent met en effet "la philosophie à l'épreuve de la viande". Elle donne la parole à plusieurs philosophes ou intellectuels (loin de tous être végétariens)

Dans leur immense majorité, les Anciens ne se sont intéressés à l’animal que pour démontrer combien l’homme en était différent. Combien il leur était supérieur.

C’est ce qu’on nomme l’humanisme anthropocentrique : une conception fondée sur l’idée de l’exceptionnalisme humain, que la tradition judéo-chrétienne n’a fait que renforcer. Notamment le christianisme, selon lequel la bête a été créée pour le bien de l’homme, centre et maître de la création.

Toute la tradition philosophique occidentale sera marquée par cette coupure ontologique entre l’homme et l’animal. Et il faudra attendre Jacques Derrida, et sa déconstruction du propre de l’homme, pour qu’enfin la question soit posée : comment a-t-on pu à ce point légitimer la violence envers l’animal ? Précisément en le nommant « l'animal », plutôt que de parler des animaux, répond-il. Car « l'animal » n'existe pas, si ce n'est pour désigner l'ensemble des vivants pouvant être exploités, tués et consommés hors du champ de la morale et de la politique. Le meurtre de « l'animal » n'est pas reconnu comme tel. Alors qu'il y a bel et bien « crime contre les animaux, contre des animaux ».

Comme Derrida, Elisabeth de Fontenay l’affirme : « Il n'y a aucun fondement philosophique, métaphysique, juridique, au droit de tuer les animaux pour les manger. C'est un assassinat en bonne et due forme, puisque c'est un meurtre fait de sang-froid avec préméditation. »


La question que pose la viande dérange, forcément, tant les habitudes sont ancrées (depuis le néolithique !). Si elle vous intéresse, reportez vous à l'article sus-mentionné. Sans même parler écologie, un premier pas pourrait être de s'opposer à l'élevage industriel... (tout en étant conscient qu'un tel combat éluderait la problématique fondamentale)


Catherine Vincent, La philosophie à l'épreuve de la viande,
dans Le Monde du 24/12/2014

dimanche 7 avril 2013

Crucifiés

J'ai lu Salammbô l'hiver dernier. Ou plutôt relu. Sortant de 1000 pages de Schopenhauer (sur lesquelles je reviendrai ultérieurement), je devais avoir envie de plonger dans un roman particulièrement visuel (et exotique).

De ma première lecture (sans doute au collège), j'avais gardé deux ou trois images fortes. En réalité, elles sont innombrables, et je me faisais la réflexion en somme, qu'il s'agissait d'un roman prêt à adapter en BD (pour adulte, vu la violence de certains épisodes). Le contexte, pour rappel : "la Guerre des Mercenaires (IIIe siècle av. J.-C.), qui opposa la ville de Carthage aux Mercenaires barbares qu’elle avait employés pendant la première Guerre punique". (je cite Wikipedia par paresse).

Après une scène mémorable de banquet, ainsi que la première apparition de Salammbô, on accompagne un peu plus loin une colonne de mercenaires quittant Carthage, dans une longue et pénible marche.


Les cultures se firent plus rares. On entrait tout à coup sur des bandes de sable, hérissées de bouquets épineux. Des troupeaux de moutons broutaient parmi les pierres : une femme, la taille ceinte d'une toison bleue, les gardait. Elle s'enfuyait en poussant des cris, dès qu'elle apercevait entre les rochers les piques des soldats.

Ils marchaient dans une sorte de grand couloir bordé par deux chaînes de monticules rougeâtres, quand une odeur nauséabonde vint les frapper aux narines, et ils crurent voir au haut d'un caroubier quelque chose d'extraordinaire : une tête de lion se dressait au-dessus des feuilles.

Ils y coururent. C'était un lion, attaché à une croix par les quatre membres comme un criminel. Son mufle énorme lui retombait sur la poitrine, et ses deux pattes antérieures, disparaissant à demi sous l'abondance de sa crinière, étaient largement écartées comme les deux ailes d'un oiseau. Ses côtes, une à une, saillissaient sous sa peau tendue ; ses jambes de derrière, clouées l'une contre l'autre, remontaient un peu ; et du sang noir, coulant parmi ses poils, avait amassé des stalactites au bas de sa queue qui pendait toute droite le long de la croix. Les soldats se divertirent autour ; ils l'appelaient consul et citoyen de Rome et lui jetèrent des cailloux dans les yeux, pour faire envoler les moucherons.

Cent pas plus loin ils en virent deux autres, puis, tout à coup, parut une longue file de croix supportant des lions. Les uns étaient morts depuis si longtemps qu'il ne restait plus contre le bois que les débris de leurs squelettes ; d'autres à moitié rongés tordaient la gueule en faisant une horrible grimace ; il y en avait d'énormes ; l'arbre de la croix pliait sous eux et ils se balançaient au vent, tandis que sur leur tête des bandes de corbeaux tournoyaient dans l'air, sans jamais s'arrêter. Ainsi se vengeaient les paysans carthaginois quand ils avaient pris quelque bête féroce ; ils espéraient par cet exemple terrifier les autres. Les Barbares, cessant de rire, tombèrent dans un long étonnement. «Quel est ce peuple, pensaient-ils, qui s'amuse à crucifier des lions !»

Salammbô, Gustave Flaubert (1862)

dimanche 23 décembre 2012

Hello kitten

Dimanche 23 décembre : j'ai surmonté hier l'épreuve des achats de cadeaux de dernière minute... La faute à une commande Amazon bloquée par surprise en milieu de semaine. La faute en réalité à ma banque ! Alors, oui, survivre à deux FNACs un samedi précédant Noël, réussir sa mission, le tout sans carte bleue, c'est possible.

C'est donc la pleine période des fêtes, celle des étrennes et calendriers, et nécessairement des chatons. Et comme l'Esprit de Noël anime ce post inoffensif, voici de très jolies photos d'un chaton cro-mignon : Elles sont extraites de l'album flickr d'un photographe australien (Benjamin Torode), sur lequel vous pourrez les y trouver en haute-résolution.

(via Ecrans.fr)

mardi 2 août 2011

Dogs are everywhere

Ceci est un article intégralement conçu dans le cadre du travail, de l'idée première à sa publication. C'est dire si je vis une journée paisible, en cette première semaine d'août (si j'ai du temps, c'est aussi que je ne suis pas allé à la piscine ce midi).

D'abord des pochettes de chien (pour ma rubrique Crossed Covers).


Vous le savez, Arise therefore est soumis à une politique esthétique stricte (selon mes critères), et vu qu'il finalement assez difficile de réaliser une photo de chien qui ait de l'allure, je ne pousserai pas cette thématique à ses extrémités, donc pas d'Alice in Chains, Blur, Massive Attack ou Iron&Wine ici. Ce serait trop.
Et surtout pas de Weezer !!

En revanche, je ne résiste pas à l'envie de publier le toutou bondissant d'Odelay :


d'ailleurs un poil plus expressif dans la version deluxe de l'album
[via Sleevage]


Un peu de laule pour finir (rien à voir avec la musique)
[
via la revue du web]


Vondelpark – Nyc Stuff And Nyc Bags EP (R&S, 2011)
Ty Segall - Goodby Bread (Drag City, 2011)
Beck - Odelay (Geffen, 1996)

samedi 23 juillet 2011

Ouah ouah, fait le caniche avec intelligence

Il me restera juste un ou deux extrait(s) du Gai Savoir à publier ici, mais j'enclenche tout de suite sur le prochain livre à noircir les pages d'Arise Therefore : "Le chiendent" de Queneau. D'autant que je le (re)lisais en septembre dernier...
Vous voyez un peu le retard !
Le chiendent, càd l'un des meilleurs romans de Queneau avec "les fleurs bleues", qu'on peut relire une fois tous les cinq ans, tant c'est distrayant et intelligemment bzw. astucieusement écrit.

Pour situer, peut-être vous faut-il savoir que je ne suis pas loin de penser que Raymond Queneau est l'homme le plus drôle du monde.

Queneau, et l'art de la description factuelle et méthodique :
A 6 heures, l'autre était là, exact, à sa table de café. Ce jour-là, son voisin de droite, étouffant sans arrêt, buvant une potion jaunâtre à même une petite bouteille ; le meussieu de gauche se grattait distraitement les parties génitales en lisant le résultat des courses. Au sud-ouest, un couple se couplait devant un raphaël-citron. Au sud-sud-ouest, une dame seule ; au sud-sud-est, une autre dame seule. Au sud-est, une table très exceptionnellement vide. Au zénith, un nuage ; au nadir, un mégot.

Quelques pages plus tard, un portrait léché :
[...] Le chien du notaire est un caniche blanc, répondant au nom de Jupiter. L'intelligence de Jupiter est grande; si son maître avait eu le temps, il lui aurait appris l'arithmétique, peut-être même les éléments de la logique formelle, sophismes compris. Mais ses occupations l'ont obligé à négliger l'instruction de Jupiter qui ne sait dire que ouah ouah de temps à autre et s'asseoir sur le derrière pour obtenir un bout de sucre.

Raymond Queneau, Le chiendent (1933)

jeudi 14 juillet 2011

Histoire(s) Naturelle(s)

Aujourd'hui, c'est 14 juillet, fête nationale, et première journée d'un long Week-End.
Puisqu'il faut bien s'occuper, je vous ai prévu une petite visite au Museum d'Histoire Naturelle.

- Crossed Covers -

Avec Beware of Safety tout d'abord

Evidemment à rapprocher d'Interpol


Les photos de ces deux singles ont été prises au Musée d'Histoire Naturelle de Los Angeles. Quant aux suivantes, aucune idée.



Comme à l'accoutumée, n'hésitez pas à compléter cette série de photos naturalistes!

Beware of Safety, Leaves / Scar (Mylene Sheath, 2011)
Interpol, Our Love to Admire (Capitol, 2007)
Interpol, Heinrich Maneuver (Capitol, 2007)
Interpol, Mammoth (Capitol, 2007)
Julien Doré, Les limites (Jive, 2008)
Julien Doré, Ersatz (Jive, 2008)

[Edit (sur suggestion en commentaire)]

Pyramids, s/t (Hydra Hem, 2008)

dimanche 7 novembre 2010

cromignon (ou pas)

Je crois que ça faisait un moment que je n'avais pas publié d'articles de Crossed Covers pures.
Celui-ci, vous allez vite le comprendre est lié aux chats.
Pas tous les chats, et encore moins tous les félins, juste les chats "collés" sur une pochette sans qu'on sache trop pourquoi.

Best Coast et Klaxons m'auront mis la puce à l'oreille.
J'entame cependant cette série par Themselves, et cet album de remixes sorti en 2003.





Themselves - the no music of aiff's (Anticon, 2003)
Best Coast - Crazy for you (Cooperative Music, 2010)
Klaxons - Surfing the Void (Universal, 2010)
Themselves - CrownsDown & Company (Anticon, 2010)
Mintzkov - rising sun, setting sun (Volvox, 2010)

Allez, en bonus, je vous mets la pochette de Low Birth Weight de Piano Magic,



qui reprend la Kitten Tea Party d'un certain Walter Potter
(taxidermiste anglais, fin XIX / début XXème)




Mignon et macabre à la fois...

Piano Magic
- Low Birth Rate (Rocket, 1999)

jeudi 28 octobre 2010

liberté perdue (2)



Dans la nature, les animaux n'ont pas le temps de s'ennuyer. Ne pas mourir, se défendre, se cacher, se protéger et se nourrir exige une grande vigilance, de la promptitude, de la ruse, un sens de la prévision, toutes sortes de qualités que les animaux doivent déployer dès leur plus jeune âge et qui occupent entièrement leurs journées. Mais en captivité, l'éventail des activités possibles se réduit de manière drastique. Un ours qui passe habituellement huit heures par jour à chercher sa nourriture mettra dix minutes à finir sa gamelle. Le reste du temps, il n'a rien à faire, sa cage est ronde alors il tourne en rond, il prend des gestes stéréotypés, il s'ennuie, si on ne veut pas qu'il dépérisse, il faut lui trouver quelque chose à faire.

[...] Le jeudi après-midi, plus encore que les autres jours, vous vous ennuyez. L'ennui est pire que tout, pire que la mort.

Dans la nature, le bien-être coïncide avec un éphémère moment de satisfaction qui pourrait ressembler, si on cherchait à trouver des équivalents humains pour le qualifier, à la réalisation provisoire d'un objectif, conserver sa propre vie. Mais dans un zoo, les objectifs manquent. Tout captif doit, pour survivre à l'absurdité de son existence, s'inventer des objectifs précis et dépenser toute son énergie à leur réalisation. Il est important, dans cette perspective, qu'il se fixe des buts extrêmements difficiles mais pas impossibles à atteindre. La conservation du captif dans un état physique et moral satisfaisant est fonction de sa capacité à se projeter dans l'avenir.

Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël? (2010)

Olivia Rosenthal sera dans l'invitée de Livres et Vous, l'émission littéraire de Radio Campus Paris, Samedi, à 19h
(comme quoi, le monde est bien fait)

vendredi 24 septembre 2010

Quelque part à Paris

L'avantage quand on reçoit à Paris des amis de Province, c'est qu'on peut saisir l'occasion pour jouer au touriste.

dimanche 29 août 2010

Streamside Day

L'une des oeuvres que j'aurai durablement retenue, dans l'exposition Dreamlands qui s'est terminée le 9 août au Centre Pompidou, aura été cette court métrage de Pierre Huyghe : "Streamside Day".

J'en retrouve aujourd'hui, par hasard, des images sur internet.



Se dégageait de ce film une étrange atmosphère, quasi lynchienne. Je renoue avec la vidéo du dimanche, en vous proposant un aperçu, via la première moitié du court-métrage, seule trace que j'ai réussi à trouver sur internet.
Ce sera donc très incomplet, d'autant que les images "qui restent" figurent plus dans la deuxième moitié.



Quelques autres images...


Si je ne devais mettre en lumière qu'un aspect visuel de la comparaison avec lynch, ce serait ces déguisements d'homme à tête d'animaux.


Ce qui est d'ailleurs un trait commun avec (feu) Mark Linkous / Sparklehorse (outre le projet Dark Night of the Soul), tel qu'il apparaissait parfois sur ses photos (inquiétantes) promos.





Aux dernieres nouvelles, l'homme à la tête de cheval a été aperçu dans les rues d'Aberdeen, Ecosse (cf. Google maps, en mode Street View. Les vues les plus nettes ont été effacées, mais on le distingue sur le lien que je vous ai mis. Avant que Google n'intervienne, ça donnait ça:)



Pierre Huyghe, Streamside Day (2003)
David Lynch, Inland Empire (2006)

lundi 31 mai 2010

a certain feeling

Beaucoup de textes, au cours de ces derniers articles, on me dit que les lecteurs ont aussi besoin de voir des images.

Dans ce cas, parlons musique, avec la dernière sortie de Peter Broderick, ca s'appelle "Three Film Score Intakes" (et c'était limité à 200 exemplaires).

J'aime assez les visuels qui accompagnent ce disque, je les publie ici, après que Clem, du label anglais Schedios, me les a sympathiquement fait passer.


Peter Broderick compose et joue une musique douce, ambiante, jolie et c'est bien.

Peter Broderick, Three Film Score Intakes (Schedios, 2010)

Un sujet et des tonalités qui rappellent la pochette du deuxième album de Bodies of Water



[Edit: ou d'autres]

Bodies of Water, a certain feeling (Secretly Canadian, 2008
Grinderman, Vol.2 (Mute, 2010)
the Joy Formidable, Wolf's Law (Atlantic, 2012)

jeudi 11 mars 2010

Sometimes I Wish We Were An Horse



Bill Callahan, Sometimes I Wish We Were An Eagle
(Drag City, 2009)
Flowers from the man who shot your cousin, s/t (waterhouse, 2007)