Affichage des articles dont le libellé est forgetting. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est forgetting. Afficher tous les articles

mardi 2 mai 2017

A picture of every day I've had

18 ans après ses 69 love songs, Stephin Merritt publie un nouveau concept album XXL, célébrant cette fois son jubilé. 50 Song Memoir, soit une chanson, une angle, une humeur par année.
En voici une assez en phase avec le propos ce blog.


I wish I had pictures of every old day
Cause all these old memories are fading away
There used to be pictures, but they faded too
Or got lost in the hubbub, or I'd show them to you

Of all my old lovers, folks I used to know
And those I still care for, who died long ago
The glamorous cities, each cute little town
The trees turning purple and yellow and brown

If I were an artist, with charcoal and pad
I'd make my own pictures of each day I've had
If I were a poet, I'd know the right word
I'd make it pretty, and grand, and absurd
If I were an actor, with just a wisecrack
Or some little gesture, I'd bring it all back

But I'm just a singer; it's only a song
The things I remember are probably wrong
I wish I had pictures of every old day
Cause all these old memories are fading away

the Magnetic Fields, '14: I Wish I Had Pictures
50 Song Memoir (Nonesuch Records, 2017)


*
*          *


En Bonus, Stephin Merritt

jeudi 9 juin 2016

Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire

Magnifique conclusion de Georges Perec, dans son ouvrage Espèce d'Espace. Des propos sur l'écriture que je pourrais faire miens (ils rejoindraient alors l'à propos de ce blog)
Au cas où vous en doutiez encore : il faut lire (tout) Pérec.


J’aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources :

Mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l’arbre que j’aurais vu grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts...

De tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d'être incorporé, cesse d’être approprié. L'espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête.

Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus a ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l’oubli s’infiltrera dans ma mémoire, je regarderai sans les reconnaître quelques photos jaunies aux bords tout cassés. Il n’y aura plus écrit en lettres de porcelaine blanche collées en arc de cercle sur la glace du petit café de la rue Coquillière : « Ici, on consulte le Bottin » et « Casse- croûte à toute heure ».

L’espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l’emporte et ne m’en laisse que des lambeaux informes :

Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes.

Georges Perec, Espèce d'Espace (1974)

jeudi 20 août 2015

Ces choses qui m’émerveillent et s’en vont

"Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie: toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment".

Ce sentiment de perte sera le moteur de Jacques-Henri Lartigues (1894-1986). Tout au long de sa vie, il consignera dans des albums et sur des milliers de pages, photos, commentaires et impressions. Dans l'exposition "Lartigue, la vie en couleurs", la Maison Européenne de la Photographie présente une sélection de clichés couleur, pan méconnu de son oeuvre photographique.

Jusqu'au 23 août

Photographie J. H. Lartigue © Ministère de la Culture

mardi 11 août 2015

Oublier cette histoire

L'oubli comme méthode de résolution de conflits intérieurs...

Dans le fond de lui-même, il savait que le fait d'avoir conscience de la malignité, de la bassesse et de la cruauté de son acte lui faisait perdre non seulement le droit de juger les autres, mais encore de les regarder et pour lui-même lui interdisait désormais de se considérer comme un jeune homme remarquable, plein de noblesse et de générosité. Et cependant, pour continuer cette vie effrontée et joyeuse, il avait besoin de porter sur sa personne ce jugement flatteur; pour cela, il n'y avait qu'un moyen : oublier cette histoire. C'est ce qu'il fit.

Tolstoï, Résurrection (1899)

mercredi 19 juin 2013

Se souvenir / Oublier


Shokuzai, Kiyoshi Kurosawa (2012)

Diffusée au Japon début 2012 sous la forme d'une mini-série de 5 épisodes, Shokuzai nous parvient en France au cinéma en 2 volets, à l'affiche ces jours-ci.

Si vous aimez K.Kurosawa (comme moi) ou les films japonais (comme moi), foncez. Le film ayant toutefois des faiblesses, si vous souhaitez découvrir ce réalisateur, préférez Cure, Tokyo Sonata, Kairo, Seance ou Retribution (perso, je n'aime pas trop Jellyfish ou Charisma).

mercredi 5 septembre 2012

Just to remind myself that I briefly live


Misunderstood
and disillusioned,
I go on describing this place
and the way it feels to live and die.

The “natural world”
and whatever else it’s called
I drive in and out of town
seeing no edge, breathing sky

and it’s hard to describe
without seeming absurd.
I know there’s no other world:
Mountains and websites

Dark smoke fills the air
some from the fire in my house
some from me driving around

I could see the lights of town
through the trees on the ridge
on my way home in the dark.

I meant all my songs
not as a picture of the woods
but just to remind myself
that I briefly live.

The gleaming stone
the moon in the sky at noon
there is no other world
and there has never been.

I still walk living sleeping
life in the real world of clouds
clawing for meaning.

Still when I see branches in the wind
the tumultuous place where I live
calls out revealing.

"Can you see the river in the branches
and know that it means you will die
and that pieces are churning?"

"Can you find a wildness in your body
and walk through the store after work
holding it high?"

I've held aloft some delusions.
From now on I will be perfectly clear:
There's no part of the world more meaningful
and raw impermanence echoes in the sky.

There is either no end
or constant simultaneous end and beginning.

A pile of trash
the fog on the hill
standing in the parking lot squinting.

Mt. Eerie - Through The Trees pt. 2
Clear Moon (PW Elverum & Sun ; 2012)

Je ne sais plus si je vous ai dit que le meilleur album 2012 était paru ?
La bonne nouvelle, c'est même qu'il s'agit d'un album double : Clear Moon + Ocean Roar, par Mt Eerie (habitué de ces colonnes).

Sans doute à cause de sa distribution confidentielle, cette sortie n'aura eu qu'un mince retentissement ici-bas (les inrocks sont trop occupés avec Lou Doillon ou Two Door Cinema Club)... Heureusement qu'on peut compter sur Radio Campus Paris, ou même des publications mensuelles mainstream comme l'Etudiant pour en parler !
(je ne vous cache pas que tout est lié ^_^)

Je vous mets le morceau, du coup :



Afin de prolonger l'ambiance, je referme cet article par une capture d'écran de Twin Peaks, foggy à souhait... Si je m'autorise le lien, ça n'est pas seulement parce que je revisionne la série en ce moment... mais parce que Phil Elvrum y fit explicitement référence dans un précédent album.

vendredi 27 avril 2012

La langue que tu ne parles plus


La première fois que Solange m'a parlé, c'était courant Février dans feu le Grand Webze (programme regretté de france 5, interrompu en cours d'année après une quatrième émission pourtant très réussie. Et drôle). Solange ne m'avait alors pas particulièrement touché.
Je réalise aujourd'hui que la séquence retenue n'était pas la meilleure qu'elle ait produite. Et que son ton devait encore évoluer.


Dans sa pastille du 16 avril, cette fois, Solange est au sommet de son art et me séduit tout à fait. Aussi parce que son phrasé me renvoit aux films de Godard.

Ainsi donc Solange te parle québécois :

samedi 7 avril 2012

L'oubli commencera par tes yeux


Comme pour lui,
L'oubli commencera par tes yeux.
Pareil...
Puis, comme pour lui,
l'oubli gagnera ta voix.
Pareil...
Puis comme pour lui,
Il triomphera de toi tout en entier.
Peu a peu,
Tu deviendras une chanson.

Hiroshima mon Amour, Alain Resnais (1959)