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lundi 26 décembre 2016

Ci-gît RIEN, et rien d'autre

... C'est l'épitaphe choisie par RIEN, ce groupe grenoblois regretté, rendue publique à la veille de leur ultime concert, le 1er décembre 2014. J'étais quant à moi à leur dernier concert parisien, 3 jours auparavant à la Maroquinerie. C'était mon douzième concert (depuis 2002), c'était leur 15ème année.

Souvent, je pense à Rien.
Encore aujourd'hui.

Je profite de cette date quasi-anniversaire et de ces fêtes pour publier sur youtube ce vieux clip perdu de "Stare Mesto", retrouvé sur un CD-ROM poussiéreux.
Il s'agit d'une version du morceau tel qu'il était en 2001, instrumental
(avant que Jull n'y pose sa voix, comme vous pouvez l'entendre dans l'album "Requiem pour des Baroqueux")

Joint par e-mail, yugo solo a même répondu à quelques questions.
Merci à lui. (de rien).
Et bonnes fêtes à tous !




RIEN, Stare Mesto (early version)
(Amicale Underground, 2001)

*
*       *

Où en était le groupe au moment où cette version de Stare Mesto est parue ?
yugo solo: On est en 2001... on a tous entre 21 et 24 ans comme en attestent nos bouilles. c'est la deuxième année d'existence de RIEN. Aka, notre batteur était alors exilé pour 2 ans sur Limoges et on l'avait remplacé par une boîte à rythme jouée par ce fameux soft qu'était Rebirth... d’autres temps mon bon monsieur... Aka revient en 2002 et on enregistrera le morceau dans sa version album en décembre 2002 en remplaçant la drum machine par de la batterie jouée par Aka.


Ce clip, c'est un peu la madeleine de mes années à Grenoble. On y voit la Bastille, les 3 tours, le vieux centre, des références à Radio Campus Grenoble... Il y a une histoire dans laquelle on retrouve votre goût pour les choses structurées... Quelle a été sa genèse ?
yugo solo: oui, le clip ressemble à s'y méprendre à un mauvais spot publicitaire pour la ville de Grenoble... C'était une époque où goulag et moi même, ainsi que dans une moindre mesure Dos.3 étaient investis dans Radio Campus Grenoble. A la Radio on s'est liés d’amitié avec d'autres personnes et un "proto collectif artistique amateur" est né.. ce collectif a donné naissance au premier clip de RIEN qui fut aussi le dernier, et à une pièce de théâtre qui fut aussi la dernière. Mais on a tous de bons souvenirs de ce temps là.. chaque ‘oeuvre’ se voulait définitive.. et elles le furent :)


J'ai longtemps trouvé que votre musique ne ressemblait qu'à Rien (et donc à rien de connu), jusqu'à ce jour où j'ai réécouté 'the Argument' de Fugazi, et où je me suis dit que peut-être vous étiez cousins éloignés. Ce groupe te parle, ou pas plus que ça ? De ta réponse, dépend l'emplacement de vos albums dans ma discothèque...
yugo solo: well spotted dood! The Argument de Fugazi sorti en 2001 est définitivement un grand disque, je pense qu’il parle peut être plus à Goulag et moi qu’à Dos. 3 et Aka… Je ne dirais donc pas que c'est l'unique ou principale influence du groupe RIEN, mais le jeu des 2 guitares et l'ambiance générale de ce disque a résonné à l'époque avec ce que nous essayions de développer de notre côté, dans cette cave située rue Génissieu.. le fait que chaque guitare évolue librement et que l'une joue une mélodie l'autre son contrechamp est quelque chose qui nous a toujours plu (plutôt que d'avoir une en accord, une en solo...)
Un autre disque qui nous a profondément marqué à l'époque c'est le ‘Melody of Certain Damaged Lemons’ de Blonde Redhead, je ne crois pas me  tromper en disant que tous les membres de RIEN l'ont écouté.. même Francis Fruits arrivé plus tard dans le groupe.


Mon superbe T-Shirt jaune de RIEN (1999-2014) annonçant la mort programmée du groupe claque toujours, mais, maintenant que la date est révolue, il suscite moins de perplexité. Je le déplore. Avec deux années de recul, 2014, c'était la bonne année pour raccrocher ?
yugo solo: je pense oui.


Et toi? Quels projets musicaux t'animent en ce moment ?
yugo solo: on finit le quatrième disque de Jull avec l’ami Dos.3 et toujours Fred ‘Brain’ Monestier (lui aussi rencontré à Radio Campus Grenoble) à la technique. Cela devrait sortir au printemps, et je trouve le résultat "pas dégueu" comme dirait l'ami Jull... Un autre projet composé de Rescue et moi-même nommé 'Otto Ritta' sortira un EP sur Rock To The Beat en Janvier. C'est plus orienté "piste de danse"... et d'autres projets sont à venir.. mais chaque chose en son temps.

dimanche 30 novembre 2014

Des bouts de ciel se défont

Me voici à nouveau sur ce blog à parler de tout et de Rien. Il faut dire que le dernier concert (parisien) du groupe grenoblois était grandiose, avec une version (allongée?) de Masterkraft des plus intenses, et surtout, le morceau que je réclamais depuis des années, Stare Mesto, qui plus est dans sa version chantée, puisque Jull était présent ce soir-là, déclamant ce texte, véritable poème surréaliste (au sens propre du terme). Fin de cette longue phrase.


Je revois des visages comme dans un rêve...
Tous ancrés dans le même espace-temps
Ca se passe dans une ville que j'ignore
Une ville grise avec un port
C'est tout ce dont je me souviens
Et les gens je me rappelle bien
Et toutes les versions corroborent
D'abord il y a une jeune fille
Elle est assise sur la grève
De l'autre côté du rivage
Elle porte un feutre
Et sa bouche est comme un nuage
Elle fait chanter ses bracelets
A un petit bout d'homme sans visage
Le petit homme a l'air content
Il a un œil comme un cheval
La crinière qui penche en avant
Et comme s'il était d'un autre âge
Il traîne dans ses mouvements
Il est tard
Et la ville se change en étoile
Un peu plus loin trois enfants jouent
L'un d'eux peine à tenir debout
Au large un bateau fait escale
Il y a des lumières sur le pont
Un trait rouge un peu dans le fond
Et deux jaunes qui forment un signal
Tout à coup un homme se dévoile
Et d'une main la fille lui répond
Il y a un commencement d'orage
Et des bouts de ciel se défont

La jeune fille a quitté la plage
Et elle nage dans sa direction
Le petit bout d'homme sur la grève
Trace un cercle avec un bâton
Il dessine avec précision
L'homme, les enfants, la barge
Quelques bouts de ciel dans le fond
Et la fille qui dans son sillage
Change l'eau en chape de plomb...

Rien, Stare Mesto
Requiem pour des Baroqueux (l'amicale underground, 2003)
www.amicale-underground.org
https://rien.bandcamp.com/

Pour vous faire une idée de ce grand moment, cette vidéo, tournée Vendredi à la Maroquinerie :

mardi 25 novembre 2014

Rien ne sera bientôt plus

Comme chacun de vous, j'ai appris il y a peu que David Lynch et Marc Frost réactiveraient prochainement la série Twin Peaks, écriraient et produiraient 9 nouveaux épisodes, pour une diffusion courant 2016.

Ce que j'ignorais, c'est que le timing ne devait rien au hasard.
Twin Peaks, dernier épisode, Between Life and Death (1991) :



1991 + 25 = 2016 (donc)


*
*       *

Si 2016 sera l'année d'une renaissance, 2014 pourrait bien être celle d'un fin annoncée.
La fin de Rien. Extrait de la newsletter envoyée dimanche dernier.

La plaisanterie n'a pas assez duré, elle a duré ce qu'il fallait. Il devait être minuit et demi dans ce squat grenoblois, le premier décembre 1999, t'en souvient-il ? Vous portiez des bonnets péruviens pour jouer un rock languide sur fond de chants de baleines. Vous êtes sortis de scène sous une timide salve d'applaudissements. Tu t'es retourné vers moi et tu m'as dit «ceci durera quinze ans ».

Le premier décembre 2014. La promesse sera tenue.

Rien ne sera bientôt plus. Juste le temps de sortir un dernier disque, d'honorer une dernière tournée, de terminer le boulot correctement par respect des mêmes principes qui nous poussent à suicider l'aventure à tout jamais. Si dans vingt ans, Thom Yorke se déplace en personne de son aéronef planant au-dessus de l'Ardèche pour nous demander un concert exceptionnel, on lui crachera à la gueule. Qui est-il pour mettre en doute la parole donnée ? Certaines personnes se croient tout permis.

Vendredi, je verrai en effet mon douzième et dernier concert du groupe grenoblois RIEN. D'ici peu, mon t-shirt RIEN (1999-2014) acheté en 2006 aura perdu de son impact. Au final, 
"Requiem pour des baroqueux", "Il ne peut y avoir de prédiction sans avenir", "3", "2", et bientôt "1" [pré-écoute] constitueront donc leur discographie complète.


"Ci-gît Rien, et rien d'autre"


Qu'allons nous devenir lorsque nous n'aurons plus Rien ?




Centenaire+ Aquaserge + Rien, en concert Vendredi 28 novembre
@ Maroquinerie, (soirée Gonzaï)

RIEN, 1 (L’Amicale underground, 2014)

jeudi 26 décembre 2013

20 ans

L'avantage d'avoir passé quelques jours dans le massif de la Chartreuse, c'est qu'il était très facile de descendre "en ville" pour la soirée anniversaire de Radio Campus Grenoble, qui fêtait ce soir là ses 20 ans.

L'occasion d'assister à une soirée gratuite de concerts (feat. Mesdame, le lac et RIEN en tête d'affiche)...

... et surtout de passer un très belle soirée
(après tout, c'est là qu'ont débuté mes aventures radiophoniques [coucou aldalf])

vendredi 22 mars 2013

Album Cover of the Week

Très belle pose de Francis Fruit et Yugo Solo sur le nouvel EP de Câlin, intitulé "Menaces et Opportunités" (de la célèbre matrice SWOT), le tout avec un son surprenant, puisque carrément électro-techno.

A télécharger librement (ou en donnant un peu de sous) sur le site de l'Amicale Underground :

Câlin, Menaces et Opportunités (Amicale Underground, 2013)


jeudi 1 avril 2010

Je t'enverrai l'aube par ricochet

Je t'enverrai l'aube par ricochet
Nous mangerons des clémathytes
Des silences noieront la journée

Tu seras parée d'accalmie
La lumière voilera tes yeux
Et des rafales fendront nos rêves

Je t'enverrai l'aube par ricochet
Nous récolterons des fléaux
La paille brûlera sous nos pieds
Nous rapporterons des pépites

D'un coup le soir s'écartera
Des algues encerclerons nos murs

L'aurore, le paon-du-jour, le flambé, le souci,
Le satyre, la lunaire, le nacré de la ronce

Je t'enverrai l'aube par ricochet
Nous subirons de lourdes pertes
Des pierres glisseront sur les toits
Tu brandiras des floraisons
Tes éclats crierons nos murmures
Et tu diras encore ton nom

A l'endroit où le sol aride est calciné,
Où des nymphes en essaim de fumée s'évanouissent,
Sur le flan du velours de l'aurore irisée,
Je rappelle à la peau mon amour chyroptère

Chaque seconde est un commmencement
Je sens mon corps se déchirer
Eclater dans ses certitudes
J'invoque le sceau des héloises
Le génie de l'antre de l'ombre
Mes doigts velus se racornissent
Mon tronc cotoneux se resserre
Mes fibres pétaradent
Mon coeur bat la chamade
Quand j'apercois au loin ma beauté mécanique
Dans une courbe lente
Ma fleur oracle arrive en cercles concentriques

Je repense à Se Repulen
Et j'ajuste d'un geste les plis de ma voile
J'arrache mes esquilles et soigne mes contours
Et je rejoins l'azur qui nous ouvre sa toile
Aux paillettes céruléennes
J'étreins mon oréade
Et filtre la lumière
Et nous allons des clefs
de la voûte aurifère
pilonner la garde du rêve
gêner la forêt des étoiles

Je t'enverrai l'aube par ricochet
Nous mangerons des clémathytes
Des silences noieront la journée

Tu seras parée d'accalmie
La lumière voilera tes yeux
Et des rafales fendront nos rêves



Un texte de Jull sur un morceau de Rien.
Rien, c'est ce groupe grenoblois, que je commence à avoir vu un paquet de fois sur scène avec un plaisir croissant. La prochaine fois, ce sera le 30 avril à l'élysée montmartre (!) (avec nlf3 et 65days of static). Ca va être grand.
Leur prochain EP sort le 10 avril. Il est en écoute ici tout comme leurs précédents albums, téléchargeables à prix libre.

RIEN - Se Repulen
Il ne peut y avoir de prédiction sans avenir
(amicale underground, 2007)
http://rien.bandcamp.com



Goya, Se Repulen (1799)