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jeudi 18 septembre 2025

Je ne suis plus

 Après "mes nouveaux amis n'ont pas d'amis", "je ne suis plus l'ami de tes amis"... Découvert sur Radio Campus Tours. Et vous, seriez-vous encore l'ami de ses amis ?

Hier était noir
J'ai nagé sans jamais revoir
Le bord de la piscine
La nuit est tombée si vite

Tu es partie avec mes affaires
Et revenue
Avec tout ce qui a changé chez toi
Je n'y étais plus

Et je ne peux rien y faire
Je déteste ce que je peine à oublier
Et ton digicode
S'efface de ma mémoire

Je ne suis plus
L'ami de tes amis
Désormais
Je ne suis plus

À trois reprises ils tapent des mains
Les couples tournent, le musicien continue
La course de ses doigts sur le clavier
Jusqu'au lever du jour

Trois pas à droite
Chacun s'en va de son coté
La valse trouvera d'autres victimes
Notre temps est passé

En boucle comme une ritournelle
Dans son crâne et dans une ruelle
Il vide
Le trop-plein

Je ne suis plus
L'ami de tes amis
Désormais
Je ne suis plus

*
*     *

J'aimerais m'envoler
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien
J'aimerais m'en aller
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais tant pleurer
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais t'emmener
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais m'envoler
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais m'en aller
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais tant pleurer
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe plus rien

J'aimerais t'emmener
Devant la mer
Mais il ne se passe plus rien
Non il ne se passe


Gabriel Kröger, Je ne suis plus l’ami de tes amis / devant la mer 
Single (2022)

mercredi 18 septembre 2019

Se jeter dans le monde avec grâce

"Ce que font les gens normaux", une BD à lire et offrir, feat. Frances, assistante juridique dans un grand cabinet d'avocat. Au menu : travail, amitié, choix de vie.



*
*       *


*
*       *
  

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*       *


Hartley Lin, Ce que font les gens normaux (Dargaud, 2019)

dimanche 5 mars 2017

Impossible d'aller plus loin


A partir de son expérience propre, Laure Murat, professeure de littérature française à l'Université de Los Angeles, s'interroge : Comment et pourquoi  est-elle tombée amoureuse de cette ville ? Sans doute précisément parce que "ce n'est pas une ville".

Outre des réflexions et considérations spécifiques à la cité des anges, elle aborde dans le passage que je reproduis ici la difficulté de créer de réels liens amicaux aux Etats-Unis.
Explications.

On me demande souvent si Paris me manque. J'y passe suffisamment de séjours dans l'année pour répondre sans mollir : non. L'amitié, ou disons une certaine qualité dans les relations amicales, ça, en revanche, oui. Qualité n'induit ici aucune supériorité mais renvoie plutôt à une nature différente des liens formés avec les autres. Aux États-Unis, l'approfondissement des rapports humains ressemble à un gros mot. Passé les deux ou trois premières rencontres où l'on se livre à l'inévitable résumé autobiographique, la machine se grippe, le plafond est atteint, impossible d'aller plus loin. Comme s'il convenait de ne jamais aller gratter la surface du récit, ni poser des questions qui pourraient avoir des effets dans le rapprochement des parties. « Les Américains ouvrent leurs bras mais ne les referment pas. » Ce n'est qu'un dicton, certes.

La seule explication que j'aie trouvée à ce comportement - qui frappe n'importe quel Européen installé outre-Atlantique - a trait à la taille inimaginable des États-Unis et à l'extraordinaire mobilité de ces citoyens. On ne peut pas, on ne doit pas s'attacher aux autres dans un pays qui a inventé le road trip, le road movie, le mobile home et tous les mobile devices de la terre (du téléphone à l'ordinateur), où l'on passe son temps à bouger, déménager, partir, se réinventer, changer d'emploi, de sexe ou de destin. Principe de précaution. Dans ce schéma, le seul point fixe, l'alpha et l'oméga, la pierre angulaire, c'est la famille. C'est le foyer incandescent de toutes les passions, l'abcès de fixation. Il suffit d'allumer la télé. Du matin au soir, on a droit à la saga toujours recommencée de papa-maman-les frères-et-soeurs.

Noués à la première rencontre mais difficiles à resserrer, les liens personnels d'amitié ne se trouvent pas favorisés par l'échelle de Los Angeles. Il faut s'y prendre des semaines à l'avance pour fixer la date d'un dîner avec trois personnes débordées de travail, qui n'auront pas les mêmes horaires ni les mêmes contraintes, et habiteront parfois à une heure de voiture les unes des autres - sans compter les bouchons. Ou comment les distances dans la ville redoublent la distance entre les gens.

Après des années, et beaucoup de résistances, je me suis faite à ce mode de vie. Je n'ai rien abdiqué de mon goût de l'amitié, mais j'ai renoncé à importer à LA. un modèle culturel inadapté outre-Atlantique. Bien m'en a pris. Car cela m'a ouvert une autre façon d'être au monde - et aux autres.

Laure Murat, Ceci n'est pas une ville (2016)

vendredi 24 décembre 2010

It's Christmas time again

Faithful friends
It's Christmas time again
and the close of yet one more year

We've searched so long
For shelter and for calm
Just to find it's always been here



Je vous avais promis de l'esprit de Noël, en voici. Ces paroles ouvrent le morceau "Festive Friends (forerver)", extrait de l'album de Noël des Parenthetical Girls. Plus ça va, plus je me dis qu'il faut que je ré-évalue la discographie de ce groupe de Portland.

En témoigne "Flowers for Albion"
(je vous mets directement la meilleure chanson de l'album)



Parenthetical Girls, Christmas (2010)
http://parentheticalgirls.bandcamp.com/

lundi 6 décembre 2010

Adieu Facebook

J'hésite toujours à poster des vidéos sur ce blog lorsqu'elles sont hébergées sur youtube / dailymotion ou mieux viméo, étant donné leur côté périssable. Le contenu va, vient et disparaît (souvent pour des motifs de droits d'auteurs, ce qui est donc totalement justifié, sauf que ca m'arrange pas).

Précédemment, sur Arise Therefore, vous aviez pu visionner deux courts métrages, Skhizein de Jérémy Clapin et L’Emploi, de Santiago Bou Grasso, tous deux un peu tristes, le premier filant de jolie manière une métaphore illustrant la dépression de quelqu'un "à côté de ses pompes" (au sens propre), le second imaginant un monde où l'objectif du plein emploi aurait poussé à son paroxysme le développement de petits boulots, réservant aux moins bien lotis la fonction d'objets.

Après avoir visionné cet autre court-métrage, je me décide à récidiver : le regard est là encore un tantinet désabusé : il se porte cette fois sur facebook... et illustre finalement assez bien pourquoi je n'y suis pas présent!

Can I be facebookfriends with my parents?
Should I add someone i don't really know?
Will other people think my status update's funny?

I try to answer these and other existential questions in the short documentary "Farewell Facebook". Maybe you will find these questions quite familiar. Please watch the film and make up your own mind about facebook.



Farewell Facebook (Short film about Digital Suicide), Joep van Osch

Short film made for and copyrighted by the Dutch Film and Television Academy (Nederlandse Film en Televisie Academie)

mercredi 1 septembre 2010

le temps de la sécurité (Etre ou Avoir, part.3)

L'opposition entre le travail et la liberté est ce qui détermine Jérôme et Syvlie.

Dans "Les choses", deux modes de vie sont en opposition. Il y a ceux qui, comme eux, "ne veulent que vivre, appelent vie la liberté la plus grande, la seule poursuite du bonheur"... et ceux "qui choisissent de gagner d'abord de l'argent, qui réservent pour plus tard, pour quand ils seront riches, leurs vrais projets"... Qu'arrive-t-il alors?

Hélas, quand il est au bout de ses peines, le jeune homme n'est plus si jeune, et, comble de malheur, il pourra même lui apparaître que sa vie est derrière lui, qu'elle n'était que son effort, et non son but et, même s'il est trop sage, trop prudent - car sa lente ascension lui aura donné une saine expérience - pour oser se tenir de tels propos, il n'en demeurera pas moins vrai qu'il sera âgé de quarante ans, et que l'aménagement de ses résidences principale et secondaire, et l'éducation de ses enfants auront suffi à remplir les maigres heures qu'il n'aura pas consacrées à son labeur...

Cette voie est néanmoins suivis par la plupart des amis du couple:

L'un après l'autre, presque tous les amis succombèrent. Au temps de la vie sans amarres succédaient les temps de la sécurité. Nous ne pouvons pas, disaient-ils, continuer toute notre vie comme ça. Et ce comme ça était un geste vague, tout à la fois: la vie de patachon, les nuits trop brèves, les patates, les vestes élimées, les corvées, les métros.
Petit à petit, sans y prendre vraiment garde, Jérôme et Sylvie se retrouvèrent presque seuls. L'amitié n'était possible, leur semblait-il, que quand ils se tenaient les coudes, quand ils menaient la même vie. Mais qu'un couple soudain acquière ce qui pour l'autre était presque la fortune, ou la promesse d'une fortune à venir, et que l'autre, en retour, privilégie sa liberté conservée, c'étaient deux mondes qui semblaient s'affronter. Ce n'étaient plus des brouilles passagères, mais des failles, des scissures profondes qui ne se refermeraient pas d'elles-même [...]
Jérôme et Sylvie furent sévères, furent injustes. Ils parlèrent de trahison, d'abdication. Ils se plurent à assister aux ravages foudroyants que l'argent, disaient-ils, creusait chez ceux qui lui avaient tout sacrifié, et auxquels, pensaient-ils, ils échappaient encore. Ils virent leurs anciens amis s'installer, presque sans peine, presque trop bien, dans une hiérarchie rigide, et adhérer, sans recul, au monde dans lequel ils entraient. Ils les virent s'aplatir, s'insinuer, se prendre au jeu de leur propre monde: celui qui justifiait, en bloc, l'argent, le travail, la publicité, les compétences, un monde qui valorisait l'expérience, un monde qui les niait, le monde sérieux des cadres, le monde de la puissance.

George Perec, Les choses (1965)

vendredi 1 janvier 2010

Happy New Year

,

voici une chanson de Camera Obscura, que j'avais déjà utilisée il y a quelques saisons, dans une émission précédente (Plug&Play), afin d'entamer l'année. En voici les paroles.
Je ne suis pas vraiment à Paris au moment où ces lignes paraissent, mais je me joins tout de même à ce groupe écossais pour vous souhaiter une très belle année 2o1o!

Did the ironing in a cowboy hat
Felt as fresh as the paint in this new flat
I will never tell you what to do
Have ambition simply to see things through

Did you know I could be a lot of fun
I'm aware that friendship can die young
As the glow from the street light bled
Down the Langlands Road we set off the best of friends

I know where I stand
I don't need you to hold my hand

Well, I've tried to get along with you
I have asked myself “What are we gonna do?”
I'm coming round to take a stand
Going to put us together with glue or an elastic band

I know where I stand
I don't need you to hold my hand

I am softer than my face would suggest
At times like these I'm at my lowest ebb
Now I can confide in you
If I cry to set the mood oh please could you cry too

Happy New Year
You are my only vice
Happy New Year
What if we compromised?
Happy New Year
I am open

Do you have to wear a frown like that?
You could have hit me with a baseball bat

Do you want to? (Yes I do)
Do you have to? (So do you)
Do you want to? (So do you)

Camera Obscura, Happy New Year
Biggest Bluest Hi-Fi (Merge, 2002)
www.myspace.com/cameraobscuraband

mercredi 23 décembre 2009

"Le meilleur ami, c'est celui qui vient de mourir"

La nuit même où son autorité fut reconnue par tous les commandos rebelles, il se réveilla en sursaut pour réclamer à grands cris une couverture. Un froid intérieur qui le pénètrait jusqu'aux os et le mortifiait même en plein soleil, l'empêcha de bien dormir pendant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'il en prît l'habitude. L'ivresse du pouvoir commença à se gâter par bouffées amères. Cherchant un remède contre le froid, il fit fusiller le jeune officier qui avait proposé l'assassinat du général Téofilo Vargas. Ses ordres étaient accomplis avant d'être communiqués, avant même qu'il ne les connût, et allaient toujours beaucoup plus loin qu'il n'aurait osé les faire aller. Egaré dans la solitude de son immense pouvoir, il commença à perdre la boussole. Il était irrité par les gens des villages vaincus qui acclamaient l'ennemi. Partout il rencontrait des adolescents qui le regardaient avec ses propres yeux, qui parlaient avec sa propre voix, qui le saluaient avec le même air méfiant qui était le sien pour répondre à leur salut, et qui disaient être ses fils. Il se sentit dispersé, répété, et plus solitaire que jamais. Il acquit la certitude que ses propres officiers lui mentaient. Il se prit de querelle avec le duc de Malborough. "Le meilleur ami, avait-il coutume de dire, c'est celui qui vient de mourir." Il se lassa de cette incertitude, du cercle vicieux de cette guerre éternelle qui le trouvait en tel et tel endroit, toujours les mêmes, seulement plus vieux chaque fois, plus ravagé, plus ignorant du pourquoi, du comment, du jusques à quand. Il y avait toujours quelqu'un en dehors du cercle de craie. Quelqu'un qui avait besoin d'argent, qui avait un fils atteint de coqueluche ou qui désirait s'en aller dormir à jamais parce qu'il ne pouvait plus supporter dans sa bouche le goût de merde de la guerre, et qui, cependant, réunissait ses dernières forces pour se figer au garde à vous et rapporter: "Rien à signaler, mon colonel." Et ce rien à signaler était précisément la chose la plus épouvantable dans cette guerre qui n'en finissait pas : rien ne se passait. Seul, abandonné par les présages, fuyant le froid qui devait ne pas le quitter jusqu'à la mort, il s'en vint chercher un dernier refuge a Macondo, à la chaleur de ses plus anciens souvenirs.

100 ans de Solitude, Gabriel Garcia Marquez (1965)

mardi 21 juillet 2009

J'écris seulement pour m'entretenir avec vous un peu plus longtemps

Ainsi c'est décidé, vous partez avec monsieur Bykov dans la steppe, vous partez sans retour! Ah, ma petite amie!... Non, vous m'écrirez encore, vous me raconterez encore tout dans une petite lettre, et quand vous serez partie vous m'écrirez de là-bas. Autrement, ce sera notre dernière lettre; or il est absolument impossible que ce soit notre dernière lettre. Comment, tout d'un coup, sans qu'on y puisse rien, la dernière! Non, non, je continuerai à vous écrire et vous ferez de même... Surtout maintenant que mon style se forme... Ah! ma chérie, qu'est-ce que le style? Vous savez, je ne sais même plus ce que j'écris, je ne sais plus rien, je ne me relis même pas, je ne me corrige pas, j'écris seulement pour écrire, pour m'entretenir avec vous un peu plus longtemps.


Les Pauvres Gens, Dostoïevski (1846)

Les Pauvres Gens est le premier roman publié par Dostoïevski, celui qui l'a rendu célèbre. C'est un roman épistolaire, comprenant une succession de lettres échangées entre "un conseiller titulaire, honnête et pur, candide et dévoué à ses chefs, et une jeune fille, offensée et triste". Tous deux sont très pauvres... et sont voisins! Ils ne se rencontrent pourtant que de rares fois, et leur dialogues semblent plus profonds par écrit.

Ce passage intervient à un moment ou Macaire Diévouchkine s'apprête à perdre Varvara Dobrossiélova,
l'unique personne dont il se souciait (d'ailleurs plus que de lui-même), l'unique personne dépositaire de ses pensées et donc de son identité.
...

lundi 1 décembre 2008

Together or Apart

Well you're my friend
(It's what you told me)
And can you see
(What's inside of me)
Many times
We've been out drinking
And many times
We've shared our thoughts
But did you ever, ever notice
The kind of thoughts I got
Well you know I have a love
A love for everyone I know
And you know I have a drive
To live I won't let go
But can you see it's opposition
Comes a-rising up sometimes
That it's dreadful and position
Comes blacking in my mind

And that I see a darkness
And that I see a darkness
And that I see a darkness
And that I see a darkness
And did you know how much I love you
Is a hope that somehow you you
Can save me from this darkness

Well I hope that someday, buddy
We have peace in our lives
Together or apart
Alone or with our wives
That we can stop our whoring
And pull the smiles inside
And light it up forever
And never go to sleep
My best unbeaten brother
This isn't all I see

O no I see a darkness
O no I see a darkness
O no I see a darkness
O no I see a darkness
And did you know how much I love you
Is a hope that somehow you you
Can save me from this darkness


bonnie 'prince' billy - I see a darkness
I see a darkness (Domino, 1999)


samedi 2 août 2008

Plants and Animals

Nouvel épisode de la série (participative) 'Crossed Covers'.
Plants and Animals, c'est le nom du groupe canadien à l'origine de cet article : Un extrait plus bas




Principles of Geometry, Lazare (Tigersushi, 2008)
Feathers, s/t (Gnomosong, 2006)
Devendra Banhart, Cripple Crow (XL, 2005)
Plants and Animals, Parc Avenue (Secret City, 2008)

www.myspace.com/plantsandanimals

[Edit : On me soumet dans les commentaires la pochette de l'album de Coming Soon... qui colle parfaitement. La voici ! J'ajoute How to Dress Well]



Coming soon - New Grids (Kitchen, 2008)
How to dress Well - Ready for the world (Lefse, 2010)

dimanche 4 mai 2008

Mes nouveaux amis

Certains soirs ça vous surprend
Ils ne vous reconnaissent pas
Ils ont le coeur bien trop grand
Pour vous serrer dans les bras
Quand ils n'ont rien à donner
C'est qu'ils ont déjà tout pris
Ils n'ont plus rien à prouver
Et ils sont déjà partis

Mais bon Dieu j'aurais mieux fait
D'aller fouetter mon chat
Me voilà satisfait
Je suis l'ombre de moi
Imbécile j'ai rien compris
Et leurs couteaux s'aiguisent
J'espérais à tout prix
Echanger ma chemise

Mes nouveaux amis
N'ont pas d'amis

Ils sont sereins de penser
Comme des rouleaux compresseurs
Je deviens tout ramassé
Quelqu'un m'a demandé l'heure
J'ai bousillé le parquet
Avec mes chaussures pourries
Servi le karaoké
A tous ceux du Rotary

Quel idiot, j'étais bien mieux
Dans mon lit à deux places
Je deviens injurieux
Saloperie de pétasse
J'aurais mieux fait de courir
Dans un chemin d'orties
Au lieu de m'endormir
Dans l'aube d'un taxi

Mes nouveaux amis
N'ont pas d'amis

Florent Marchet - Mes nouveaux amis
Gargilesse (Barclay, 2004)
www.myspace.com/florentmarchetmusic

samedi 12 janvier 2008

Juste : la pudeur

Une célibataire de trente ans peut être très heureuse, vous m'angoissez, toutes, avec votre sacrot-saint cap des trente ans, je ne vois pas où est le problème. Je vis très bien avec moi-même et les plages de solitude que je connais entre deux liaisons me comblent. Parce que oui, il m'arrive d'avoir des liaisons, parfois même des histoires, excuse-moi du peu, je suis navrée de t'apprendre que tu ne sais pas tout, j'aime bien parfois garder certaines choses pour moi, et ne fais pas cette mine, je vois bien que ton premier mouvement est d'être vexée, je ne t'ai pas tout dit car vois-tu : je revendique le droit de vivre dans un autre monde que celui de Bridget Jones. Tu es mon amie mais je ne te dis pas tout, l'amitié n'a jamais été proportionnelle à la transparence infecte ou, tout du moins, tristement banale qui nourrit les conversations entre copines. Il me semble avoir l'élégance de réserver des mets un peu plus délicats à mes amies, alors non tu ne sais pas tout, et alors? Les amies manquent cruellement d'imagination. Les amies s'entêtent à vouloir plaindre la pauvre et pathétique célibataire, sans imaginer une seconde que ladite nonne a vraisemblablement une vie qu'elle ne daigne pas partager. Alors, découvrant le méfait, les amies se déclarent meutries ou trahies de n'avoir pas été tenues au courant dans les plus brefs délais. Elles finissent par reconnaître qu'elles t'ont crue frigide puis lesbienne. Rien de tout ça, merci au passage pour les lesbiennes, non rien de tout ça, juste : la pudeur. Tu sais, cette chose devenue rare au point de passer pour quasiment subversive. Mais attention : personne n'a dit que tu n'étais pas digne d'être dans la confidence. Juste : la pudeur.


Arnaud Cathrine - La disparition de Richard Taylor (2006)

jeudi 22 novembre 2007

My friends kill my folks

my friends kill my folks in front of me
my friends kill my folks and they're not even sorry
they say the line is thick between crying and crying
they say the line is thick between dying and dying

i hardly ever listen and i don't steer
but i do hear and i often peer
at the features of men through my glasses
through my pictures and through their faces
it's the only thing that keeps me awake
through some nights and all kinds of mornings
when you hate yourself it's the mirror you break
you won't find ears that fit your earrings

i once was used to killing and double talking
i wasn't writing then, not even smoking
so i know how it feels to hate your own guts
and rest your sick ego on ifs and buts
and i don't see a line and i don't give a damn
i see a surface and i feel its thickness
and what i see from where i am
is so obvious not seeing it is a sickness

Herman Düne - my friends kill my folks
Mas Cambios (track&field, 2003)
www.myspace.com/therealhermandune
www.myspace.com/therealstanleybrinks

dimanche 21 octobre 2007

With a Little Help from My Friends

J'ai entendu cette chanson toute la journée, nous en avons tourné le clip, pour le mariage d'un ami... Je la consigne ici pour qu'elle s'échappe de mon esprit



What would you think if I sang out of tune,
Would you stand up and walk out on me.
Lend me your ears and I'll sing you a song,
And I'll try not to sing out of key.
Oh I get by with a little help from my friends,
Mmm I get high with a little help from my friends,
Mmm I'm gonna try with a little help from my friends.

What do I do when my love is away.
(Does it worry you to be alone)
How do I feel by the end of the day
(Are you sad because you're on your own)
No, I get by with a little help from my friends,
Mmm I get high with a little help from my friends,
Mmm I'm gonna to try with a little help from my friends

Do you need anybody?
I need somebody to love.
Could it be anybody?
I want somebody to love.

Would you believe in a love at first sight?
Yes I'm certain that it happens all the time.
What do you see when you turn out the light?
I can't tell you, but I know it's mine.
Oh I get by with a little help from my friends,
Mmm I get high with a little help from my friends,
Oh I'm gonna try with a little help from my friends

Do you need anybody?
I just need someone to love.
Could it be anybody?
I want somebody to love.

Oh I get by with a little help from my friends,
Mmm gonna try with a little help from my friends
Oh I get high with a little help from my friends
Yes I get by with a little help from my friends,
With a little help from my friends!

the Beatles - With a Little Help from My Friends
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Capitol, 1967)
www.myspace.com/thebeatles

vendredi 12 octobre 2007

I love you

.
You're 24, you can't give up now
There's so much more
Walk out the door, People were laughing
but not anymore.

Well I heard you got caught from stealing
in your own fathers Bookshop,
well that's a funny story and if it's true
i hope you stole Something good.

You're 24, tired of dancing,
you lie on the floor.
Walk out the door, people are leaving (and laughing)
it's all a bore

Well I've been freezing for quite a long time now,
but you don't notice 'cause your eyes are closed
I've been freezing for quite a long time
but where are you? I don't see you.

You're 24, I hope you make it to 25
And then you're 25, so glad you made it
and... You're my friend!

You're 25, you're still my friend,

I love you

First Floor Power - You're 24
There is Hope (Silence Records, 2001)
www.myspace.com/firstfloorpower

vendredi 5 octobre 2007

My Dearest Friend

IM GONNA DIE OF LONELINESS i know
IM GONNA DIE OF LONELINESS for sure
IM GONNA DIE OF LONELINESS i know
IM GONNA DIE OF LONELINESS for sure


MY
DEAREST
FRIEND

YOU'LL SOON BEGIN

TO
LOVE
AGAIN

TO
LOVE
AGAIN


Devendra banhart - My dearest Friend
Smokey Rolls Down Thunder Canyon (XL, 2007)
www.myspace.com/devendrabanhart

mercredi 8 août 2007

here I am, out of hiding

Hey here I am
Out of hiding
Would you like to be my friend?
I think I like you
I think I like you
Yes

Maybe we could talk about music
And Georgie's crumbs
I think I like you
I think I like you
Yeah

And not just for what you do
Or for what you say
Or for what you were to somebody
Not for what you did
Or for what you may
For me
Yes

And I know we've had some hard times
With hard people
Hey, let's try to make new friends

And I know we've had some hard times
With hard people
Hey, let's try to make new friends

Maybe we could pretend that
We were riding in the woods
Riding horses

And mine would be black
And yours would be white

Let's ride
Let's ride

Because mine would be black
And yours would be white

Let's ride
...

My Brightest Diamond - Riding horses
Bring me the workhorse (Asthmatic kitty, 2006)
www.myspace.com/mybrightestdiamond

mercredi 25 juillet 2007

Nos révolutions intérieures, nos capitulations extérieures


Nous construirons quelque chose ensemble, je te le promets
comme un château de cartes en béton armé
nos bras tendus avec nos poings au bout
lucides sur notre propre médiocrité
conscients de la menace
Juste pouvoir se regarder, pendant des heures et même après,
en face

Je me fous de ce qu'ils pensent, de ce qu'ils disent, de ce qu'ils sont
de cet espoir qu'ils écrasent, de ces illusions qu'ils pourrissent

J'ai encore envie de croire, j'ai encore envie de rêver
qu'on peut aller quelque part, avec quelqu'un à coté

Nous construirons quelque chose ensemble, je te le promets
nous repeindrons les murs de la couleur qui nous arrange
nous choisirons tous les objets de préférence abandonnés parce qu'ils auront vécu
nous en ferons un décor, une amélioration, un aménagement du regard
point de départ à cette longue improvisation

Etablir une correspondance entre nos actes et nos idées,
nos révolutions intérieures, nos capitulations extérieures
Réinventer au jour le jour, changer de rue dans mon parcours quotidien
Savoir que si je parle, je ne dis rien qui n ait déjà été entendu et rabâché
écrit ou lu, à la minute où j'y ai pensé

Malgré tout ca, voir en grand
Réflechir aux bons moments que l'on ne retient pas
Qui finiront par manquer, à la minute où j'y ai pensé

Malgré tout ca…
Malgré tout ca…
J'ai encore envie de croire, j'ai encore envie de rêver
Juste pouvoir se regarder, pendant des heures et même après,
en face

Diabologum - A côté
V/A - 12 inédits. 1 (Lithium, 1997)
www.myspace.com/diabologum

samedi 16 juin 2007

Song of our so-called friends

Remember when our so-called friend would not call out to you while tumbling loosely out a hole punched through your home? It's pretty clear, though you could hear, you truly finally knew, in time, he'd tell his tale the way he'd like it told. Now he isn't on the phone, and his story might as well be so.

Well, loving is as loving does, and I'd say we should know, because we both have loved, have lost, and are alone. Your face's falling tears, to me they're lovely and they're dear, though you don't love me and it's clear that I will never see you in my arms. There's no room in your heart for even this finely-sharpened dart; although I had started to think there might be hope, it isn't so.

So wake up, make up some new song again around th same tune. The water cools, the leaves they fall, the sun it bends, the summer ends; our so-called friend doesn't need you.

So proceed out the door and down the street. December's lying near, but in the oven's heat this house is now a home. Sixty days of trips and stays you took to tell me, dear, that you cannot love me because you secretly still love a stone. Although I put my lips to your face, trying to push his kiss out of its place, although my heart started to race, now it has slowed, I'll let it go.

Okkervil River - Song of our so-called friends
Black Sheep Boy (Jagjaguwar, 2005)
www.myspace.com/okkervilriver