mercredi 30 août 2023

Don't come over

When you're down on your luck
And you just can't cope
When the times are bleak
And the friends are few
Don't turn to me
'cause I'm no hope
Don't turn to me
'cause I don't know what to do

Maybe you should have a drink
I don't know why you ever stopped anyway

Oh, it's rough
Baby, to live
Oh, it's hard
Baby, to survive

Everyday lately
My mind feels like glass
Ready to be smashed
Ready to be smashed

Oh well, my best friend
Took a bullet through his eye
First he had a patch
Now he's got a glass eye
One hard, glass eye
He says sometimes he wishes
Both his eyes were glass

Well, it's rough
Baby, to live
And it's hard
Baby, to survive

Everyday lately
My mind feels like glass
Ready to be smashed
I'm ready to be smashed

At times I lock myself up
In my room
Don't come over
While I listen to a record
I stare at the cover
Don't come over
Don't come over
'cause I'm no hope to you
I'm no hope to you

Smog - it's rough
Wild love (1995)

samedi 26 août 2023

Combs-la-Ville

Tu n'as rien vu à Combs-la-Ville
Non tu n'as rien vu à Combs-la-Ville

"Combs-la-Ville"... Morceau marquant du premier album de Mendelson, sur lequel revient Pascal Bouaziz, dans l'avant-propos du recueil de ses textes.

Moi, bien sûr, à l'époque où je l'ai écrite, je ne connaissais pas du tout. Cette ville-là en tout cas. A l'époque je confondais avec Villemomble, que je ne connais pas non plus. Une fois, par hasard, je me suis perdu en voiture, justement à Combs-la-Ville. On ne peut pas dire que j'aie été trop surpris. C'est l'avantage de la banlieue, on n'est jamais dépaysé. La banlieue, j'y suis né, j'y ai grandi, j'y ai vécu, j'y vis plus. Dans les chansons, c'est souvent l'endroit où les gens dont j'essaye de raconter les histoires vivent, tout simplement. Donc fondamentalement, ça nous distingue des chansons écrites sur les gens qui se promènent au jardin du Luxembourg, la chanson je dirais, bourgeoise, ou des chansons écrites sur les gens qui vivaient à Pigalle en 1930, la chanson faussement réaliste, tout ça...

Pascal Bouaziz, Mendelson, intégrale (1996 - 2021)

jeudi 24 août 2023

Tier List "My Brightest Diamond"


Shara Nova (autrefois Worden, jusqu'à son divorce en 2016) est née en 1974 dans l'Arkansaas, dans une famille où père, mère, oncle et grand-père jouent déjà accordéon, orgue, piano jazz / classique, et guitare. Elle déménage à de nombreuses reprises et finit par se stabiliser à New York City puis Détroit. Elle fait preuve d'intérêts et de prédispositions tant pour la musique (néo)classique et lyrique que pour le rock.

Elle rencontre Sufjan Stevens par le biais d'un ami commun en 2002, et participe à la tournée de l'album Illinois. Son charisme, sa créativité et sa maîtrise vocale lui permettent bientôt de sortir des albums sous le nom "My Brightest Diamond" (sur le label Asthmatic Kitty)

Elle fait parti des artistes que je me suis promis d'aller voir à chaque passage en France !



MY BRIGHTEST DIAMOND
-
MÉMORABLES
All Things Will Unwind (2011)


REMARQUABLES
Bring Me the Workhorse (2006) [!]


AGRÉABLES
A Thousand Shark's Teeth (2008)
This Is My Hand (2014)


DISPENSABLES
AwRy - s/t (2001)
A Million and One (2018)


(*) Parmi mes disques favoris, tout groupe / artiste confondu
(**) très bons albums
(***) bons albums
(****) moins réussis / plus inégaux
[!] album par lequel j'ai connu

Note : Pour aller plus loin, on pourra aussi écouter ce qu'a réalisé Shara Nova sous son nom propre, ou sa collaboration avec Sarah Kirkland Snider

mercredi 23 août 2023

La quintessence du dévouement

Nouvel extrait de "l'ami", on y aborde cette fois le coeur du roman, la relation entre la narratrice et le chien qu'elle se voit confié.

J'étais au courant, bien sûr, de la passion que cette espèce voue à la nôtre, même s'ils ne sont pas tous aussi fervents que Hachiko et ses compères. Nul n'ignore que le chien est la quintessence du dévouement. Mais c'est justement ce dévouement à l'égard des humains, si instinctif qu'il s'offre gratuitement à chacun, même à des personnes qui ne le méritent pas, qui m'a toujours fait préférer les chats. Je préfère un animal qui peut survivre sans moi.

Sigrid NunezL'ami (2019)


Le chien Hachikōcélèbre au Japon pour avoir attendu, quotidiennement
et pendant près de dix ans, son maître à la gare de Shibuyaa après la mort de ce dernier.

jeudi 3 août 2023

L'âge de l'invisibilité

Repéré dans un article du Monde intitulé « Quel livre aimez-vous le plus offrir? », "L'ami" de Sigrid Nunez, dans lequel la narratrice - intellectuelle new yorkaise - éprouve et raconte le deuil (celui d'un ami) et l'amour (celui d'un fidèle compagnon canin dont elle récupère la garde).

On parlera donc toutou pendant quelque temps ici, mais pas dans ce premier extrait, considération annexe et néanmoins signifiante que j'ai choisi de retenir.

Tu t'étais attiré des critiques pour avoir mis en doute l'idée qu'il puisse exister des flâneuses au féminin. Tu ne croyais pas qu'une femme puisse errer par les rues dans le même état d'esprit, de la même manière qu'un homme. Une marcheuse était sujette à d'incessantes ruptures de rythme : des regards insistants, des commentaires, des sifflets, des mains baladeuses. On apprenait aux femmes à être constamment sur leurs gardes : ce type, là, ne marche-t-il pas un peu trop près de moi? Et celui-là, est-ce qu'il me suit? Comment, dans ces conditions, pourrait-elle jamais être assez alanguie pour se perdre dans cette absence à soi-même, cette joie pure d'être au monde, qui constitue l'idéal de la vraie flânerie?

Tu en concluais que l'équivalent féminin était sans doute le shopping — en particulier le genre d'exploration vaine de celle qui ne cherche pas à acheter quelque chose.

Je ne pensais pas que tu aies tort. Je connais des tas de femmes qui enfilent une carapace chaque fois qu'elles sortent de chez elles, j'en connais même quelques-unes qui font tout pour éviter d'avoir à sortir de chez elles. Bien sûr, il suffit d'attendre d'avoir atteint un certain âge, l'âge de l'invisibilité, et... le problème est résolu.

Tu vois comme tu utilisais le mot femmes, alors que ce que tu voulais dire en fait, c'était jeunes femmes. 

Sigrid Nunez, L'ami (2019)