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samedi 26 août 2023

Combs-la-Ville

Tu n'as rien vu à Combs-la-Ville
Non tu n'as rien vu à Combs-la-Ville

"Combs-la-Ville"... Morceau marquant du premier album de Mendelson, sur lequel revient Pascal Bouaziz, dans l'avant-propos du recueil de ses textes.

Moi, bien sûr, à l'époque où je l'ai écrite, je ne connaissais pas du tout. Cette ville-là en tout cas. A l'époque je confondais avec Villemomble, que je ne connais pas non plus. Une fois, par hasard, je me suis perdu en voiture, justement à Combs-la-Ville. On ne peut pas dire que j'aie été trop surpris. C'est l'avantage de la banlieue, on n'est jamais dépaysé. La banlieue, j'y suis né, j'y ai grandi, j'y ai vécu, j'y vis plus. Dans les chansons, c'est souvent l'endroit où les gens dont j'essaye de raconter les histoires vivent, tout simplement. Donc fondamentalement, ça nous distingue des chansons écrites sur les gens qui se promènent au jardin du Luxembourg, la chanson je dirais, bourgeoise, ou des chansons écrites sur les gens qui vivaient à Pigalle en 1930, la chanson faussement réaliste, tout ça...

Pascal Bouaziz, Mendelson, intégrale (1996 - 2021)

mardi 5 septembre 2017

La saison des festivals

Outre plage, ciel bleu ou décors exotiques, la saison estivale est aussi celle des festivals

36h de St Eustache
Je triche un peu car ce festival débute traditionnellement la veille de la fête de la musique, soit à quelques heures de l'été. Buvette y jouait dans une formule allégée [photo], le résultat aura été moins probant que Buvette illimité(e)... Egalement présent ce soir là, Stranded Horse (accompagné de Boubacar Cissokho) [video].

Garage MU Festival
Courant Juillet, le collectif MU investissait la Station, un de ces lieux éphémères qui fleurissent l'été dans la ceinture parisienne... Ambiance Berlin (en tout cas selon mon imaginaire), pour être IN, il fallait arborer une coupe mulet ou au bol, porter un survêtement (soit trop petit, soit trop grand) et des mocassins, exhiber ses chaussettes blanches ou jacquard, et se munir d'un accessoire vintage type bandana ou banane. Dans ce contexte, on aura pu apprécier Jessica93 [photo] et Taulard (au look so norm core)

Pendant ce temps là, en Bretagne...

Route du Rock
❤ BZH...ne serait-ce que parce que la Route du Rock avait eu l'idée de convier Arab Strap (aka le meilleur concert d'un festival qui sait ménager son lot de temps morts...)

Belle formation (6 personnes sur scène), un Aidan sobre (*), en bermuda, et heureux d'être là, un Malcolm sobre (**) et efficace, une Setlist bien équilibrée et du meilleur goût... A revoir dans des circonstances similaires sur ArteConcert, ici : [video]

(*) sobre: "Qui mange ou boit avec modération et, en particulier, qui boit peu de boissons alcoolisées." (**) sobre : "Qui montre de la mesure, de la réserve en quelque chose".


Retenons tout de même aussi le concert de Future Islands [video], feat. un Samuel T. Herring barbu, convergeant ainsi dangereusement vers François-Xavier Demaison... Pas de surprise, à l'exception de quelques nouveaux "special moves" chorégraphiques.

Rock en Seine
Pourquoi Rock en Seine cette année, alors que je n'y avais pas mis les pieds depuis 2003? Parce que At the drive-in. Et aussi Beach Fossils, the Shins... et Franz Ferdinand [photo + video]

Prochain festival, le Paris Popfest, avec notamment : Michael Hiscock & friends play The Field Mice

samedi 21 juin 2014

Faith

Il arrive parfois dans la vie d'un Parisien qu'on soit contraint de mettre les pieds à Châtelet-les-Halles (à fuir de jour comme de nuit). D'amples travaux sont menés en surface de cet endroit névralgique de Paris, mais, sans modification des commerces et bars environnants, je doute qu'ils changent quoique ce soit à l'atmosphère de ce quartier.

(Je précise, que pour moi aussi, durant mes années collège, virée à Paris était synonyme de descente à Châtelet-les-Halles).

De longs siècles avant que ne s'implantent les premiers magasins de chaussure et autres pubs irlandais, étaient édifiée l'église de St Eustache (construite en 101 ans, et achevée en 1633), lieu dans lequel se déroulait hier (=veille de fête de la musique) la neuvième éditions des 36h de St Eustache.

A l'affiche, des petits (*) groupes pop/rock sympathiques - Natas Loves you, St Michel, Match - suivis de Hugh Coltman qui aura j'imagine ravi des spectateurs plus âgés, rapidement évacués par les expérimentations sonores d'Orval Carlos Sibelius, ensuite relayées par un final électronique, plus au goût d'un public jeune, aviné et grisé par la victoire française contre la Suisse.

Mention spéciale à Bachar Mar-Khalifé (du label Infiné), qui aura réussi à discipliner l'audience, par sa musique et son charisme.


A 3h40 montait sur scène Bloum, dont vous ré-entendrez parler, c'est sûr.


Peut-être même dès demain, lors du prochain (et dernier pour la saison) volume de Top Tape, à 21h sur Radio Campus Paris ?




- - - -
* (tout de même signés sur des labels importants)

dimanche 29 novembre 2009

le grand et le seul avantage des myopes

Il y a encore des tas de textes de chansons de Mendelson que je souhaiterais encore publier ici. Deux/Trois, en réalité, en étant sélectif. Comme je ne veux pas vous laisser penser que je cède à la facilité en vous balançant des copier-coller du même artiste, ces textes sont pour l'heure à l'état de brouillon dans blogspost, et je diffère leur publication.

En plus, ils sont plutôt sombres, et autant vous faire sourire. Avec le même auteur! et un texte, rédigé pour la revue annuelle MiNiMuM R0CK'N'R0LL, dont le thème cette fois est : Binocles, oeil de biche & verres fumés - Rock & Lunettes.

Un texte assez drôle (comme sait l'être Pascal Bouaziz) qui démarre au Liban, en 2003. Le narrateur, un peu saôul, fait trempette dans la mer, perd, retrouve, puis reperd ces lunettes.

La mission du lendemain: se rendre chez un opticien.
Couleur locale (ou presque)

Au milieu des immeubles à moitié reconstruits avant de se voir de nouveau re-bombardés, au milieu des trous dans les murs, des immeubles champignons pas finis, pas peints, sans fenêtre, sans dernier étage pour pas payer les impôts ou une astuce comme ça… Au milieu, t'as le « Starbucks Coffee » avec le dernier disque de McCartney. Derrière les tentes, installées sur la place des Martyrs, t'as le centre-ville refait avec les boutiques de luxe pire que avenue Montaigne. Sans compter la hype, mon ami, sans compter la hype… Des boutiques genre Colette en veux-tu en voilà… Tu débarques de Bastille direct à Beyrouth, t'es has been avant même d'avoir atterri à l'aéroport. Essaye même pas.


Et maintenant, la visite chez l'opticienne (pour le coup) qui m'amuse d'autant plus que j'étais dans ce genre de boutiques, hier.
Big up à tous les lunetteux et aux habitants du quartier de Bastille
.


Ça a toujours été, c'est vrai, le grand et le seul, d'ailleurs, avantage des myopes… Avec des lunettes on peut choisir de ne plus rien voir du tout… Suffit de les enlever. À Paris, dans le métro. Dans la rue. Au repas de Noël… Toutes ces horreurs… Si t'es myope, t'as le choix. Tu souris, t'enlèves tes lunettes. Les gens autour de toi sont contents : tu souris. Ils ne peuvent pas savoir que si tu souris, c'est parce que tu les vois pas… L'opticienne ? Faut pas que je rate. Je rase les murs. Je lis de près les enseignes. Je me cogne dans les devantures… Ah tiens c'est là. Son nom à l'opticienne, c'est Douce… C'est son nom. C'est joli comme nom, c'est tendre et c'est joli. Je ne vois pas très bien. Mais je vois bien qu'elle aussi, elle est plutôt jolie. Enfin… Jolie ? Plutôt grande. En treillis. Un peu baraquée quand même… Genre branchée. Mais pas commode. Genre comme à Bastille. Mais au Liban. T-shirt customisé. Tennis surfilées d'un genre de marque, là… Sur son poste, mini ghettoblaster, dans sa boutique elle écoute des trucs genre The Hood remixé par Busdriver avec en featuring des néofolks bouddhistes qui jouent du mélodica… ce genre. Comme à Bastille. Mais au Liban. Sur son petit bureau design elle a des bouquins sur l'architecture, des manuels de sagesse orientale… Comme à Bastille. En bien baraquée quand même. Je peux dire, même si j'ai pas mes lunettes. Enfin tout comme à Bastille mais au Liban, quoi…
Sympa ? C'est difficile à dire. Elle fait de l'aïkido. Paraît qu'elle est championne d'aïkido. C'est ma belle-mère qui m'a dit. J'ose à peine penser des trucs dans ma tête, genre « comme à Bastille mais au Liban », de peur qu'elle m'en allonge une. Comme ça pour punir. Direct. Ils sont comme ça les Chinois ! Ils pardonnent pas. (Surtout les Japonais…) Surtout ne pas penser à rien. Pas les Chinois, non. (Surtout pas les Japonais.) Tu fais rien ! Tu vois rien. Tu ne penses pas. Elle me parle. Je souris. Très, très, gentil. Je suis très gentil.
-Vous n'avez jamais essayé les lentilles ? qu'elle me dit.
Des lentilles ??? Non mais pour qui elle me prend, coconne ? Je suis pas un petit coquet, moi ! Je suis pas un petit mignon de ses petits copains de chanteurs à la con… Des lentilles ! Non mais je te jure. Elle a de la chance de faire de l'aïkido ! Moi, un mec comme moi, des lentilles ! Non mais elle m'a pris pour quelqu'un qu'habite à Bastille ou ce genre ou quoi ?
-Des lentilles… ? Ah non, j'ai jamais essayé… (Petit sourire gêné et gentil comme tout.)
-C'est dommage, ça vous irait bien, vous avez de beaux yeux…
-Ah bon?Ah oui?
Mais comme elle gentille ! C'est vrai que j'ai de beaux yeux. Comme elle est gentille ! Et puis jolie avec ça ! (Il paraît qu'elle fait de l'aïkido…)
Des lentilles ? Bah oui pourquoi pas… Après tout c'est vrai que j'ai de beaux yeux ! C'est dommage de priver les gens. Je veux dire. Ça serait pas pour moi ! Je ne suis pas coquet ou ce genre… Mais les gens ? Ils méritent mieux que ça. C'est pour eux quoi…
-Vous voulez essayer ?
-Ah bon ?
-Oh comme vous êtes courageux. Vous vous laisser toucher les yeux comme ça ! Oh vous êtes très courageux !
Mais qu'elle est gentille ! C'est pas vrai comme elle est gentille. C'est vrai que je suis courageux ! Hé, moi, les lentilles ! Rien à foutre ! Ça me fait pas peur. Hé ouais mon pote ! Je suis comme ça moi. Je suis hyper courageux. On me touche les yeux hyper facile. (Surtout quand t'es une fille et que tu fais de l'aïkido.)
-Alors voilà on commande les lentilles et puis ces lunettes là. N'est-ce pas ?
-Oui mademoiselle… Merci mademoiselle… Comme vous êtes… À demain… Mademoiselle… Merci encore…


Le traître, Mendelson extrait de
MiNiMuM R0CK'N'R0LL Tome 5 - Binocles, Oeil de Biche et verre Fumés
minimumrocknroll.free.fr

vendredi 7 août 2009

La montagne bleue



Wassily Kandinsky, Cercles (1926)
Actuellement exposé à Beaubourg
(jusqu'au 10 aôut, autant dire qu'il faut se dépêcher)