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mercredi 28 août 2024

Sans un soupçon d'ironie

Je m'aperçois avec publié un premier extrait d'Art, de Yasmina Reza, sans vous avoir renseigné sur sa provenance. Maintenant que j'ai lu tous les romans de l'autrice — et lâché son livre-enquête sur la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy ("L'Aube le soir ou la nuit")  je m'attaque à une première pièce de théâtre.
Didascalie d'ouverture :

Le salon d'un appartement. Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible. Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc. Rien ne change, sauf l'œuvre de peinture exposée.

Le décor est planté, et Yasmina peut y manier son humour fin, absurde et grinçant. Je me retrouve totalement dans la réaction qui suit, tant il me semble que certaines expressions (pas nécessairement celle-ci d'ailleurs) ne peuvent en effet pas être employées au premier degré.

— Le mal vient de plus loin... Il vient très précisément de ce jour où tu as prononcé, sans humour, parlant d'un objet d'art, le mot "déconstruction". Ce n'est pas tant le terme de déconstruction qui m'a bouleversé que la gravité avec laquelle tu l'as proféré. Tu as dit sérieusement, sans distance, sans un soupçon d'ironie, le mot "déconstruction", toi, mon ami. 

Art, Yasmina Reza

lundi 19 août 2024

Es-tu content ?

Bien sûr que je ne suis pas content. Je ne suis pas content mais d'une manière générale, je ne suis pas un garçon qui peut dire, je suis content. Je cherche... je cherche un événement dont je pourrais dire, de ça, je suis content... Es-tu content de te marier ? m'a dit un jour bêtement ma mère, es-tu seulement content de te marier ?... Sûrement, sûrement maman...
Art, Yasmina Reza

vendredi 14 juillet 2023

Une joie possible

Mais que s'est-il passé à Saint-Vaast-la-Hougue ? (ce pourrait être le sujet d'une chanson de Mendelson). Est-ce que tout n'a pas été déjà dit ici ? Il faut croire que non.

A Saint-Vaast-la-Hougue, je n'ai pas voulu louer de vélos, j'ai critiqué la ville, la mer, les gens, les prix, j'ai critiqué l'éducation des enfants, j'ai montré partout un visage amer, tu m'as dit personne ne voulait de ce week-end, tu l'as entièrement décidé toi-même et tu as fait preuve d'une énergie inhabituelle pour le mettre sur pied, c'est toi qui nous as entraînés dans ce cauchemar par ta croyance subite en l'harmonie, ton désir inexplicable et furieux d'harmonie. Irène, au moment où je dis allons à Saint-Vaast-la-Hougue, je pense avec sincérité qu'il y a une joie possible à Saint-Vaast-la-Hougue, à peine sommes-nous dans l'escalier avec les valises, je sais qu'il n'y a aucune joie possible à Saint-Vaast-la-Hougue ou ailleurs, dans la voiture je reprends le dessus, je fais une bonne ambiance, je fais un cours sur les marées, je dis nous allons observer les goélands, je dis nous allons ramasser des coquillages, qui est en fait la dernière chose qui puisse m'intéresser au monde, je me suis toujours foutu des coquillages, je n'ai jamais rien trouvé aux coquillages mais je crois sincèrement qu'on peut tout à coup fraterniser avec les coquillages, je chante des vieux tubes en prenant des accents pour faire rire, j'achète un pistolet à eau que tu condamnes et tu as raison, le pistolet à eau est une connerie, et nous nous taisons, et nous sommes tous malheureux dans la voiture qui continue de rouler Dieu sait où. Un jour peut-être Irène, je ne croirai plus qu'il y a une joie possible à Saint-Vaast-la-Hougue ou ailleurs, ce sera non d'avance pour tout, tu n'auras plus à souffrir de mes humeurs, il n'y aura plus d'embarquement pour la désillusion.

Yasmina Reza - Hommes qui ne savent pas être aimés (2003)

Ce passage grinçant clôt la série d'extraits de ce roman de Yasmina Reza

jeudi 29 juin 2023

La fille sans visage

Il se souvient d'elle, il la revoit dans un couloir du lycée Paul-Langevin, dans un temps englouti, dans un couloir où il n'ira jamais plus, portant sa robe chasuble, portant jour après jour cette même robe à pans se souvient-il, Marie-Thérèse Lyoc, la fille sans visage qu'on traîne dans sa classe pendant plusieurs années, avec qui on finit par marcher dans une rue ou prendre un bus. Un soir elle se retrouve au café avec vous parce qu'Alice Canella qui l'a prise en esclavage dit, vous faites une place pour Marie-Thérèse, alors on fait une place pour Marie-Thérèse qui n'a aucune existence, qui n'est ni brune ni blonde, ni rien.

Yasmina Reza - Hommes qui ne savent pas être aimés (2003)

jeudi 25 mai 2023

Le bonheur s'était envolé

Que de week-ends prolongés en ce mois de mai ! Pourquoi pas partir dans le Cotentin ? Laissons Adam nous faire le récit de son expérience :

C'était son idée le Cotentin. Il avait eu l'idée d'aller passer le week-end dans le Cotentin parce qu'il faut de temps en temps avoir ce genre d'idée. On décide qu'on peut être heureux, deux jours c'est rien, c'est à portée de main, on se dit que c'est vraiment le minimum pour une famille de partir deux jours ramasser des coquillages à Saint-Vaast-la-Hougue. Au premier poste d'essence, Adam avait offert un pistolet à eau au petit. Irène avait désapprouvé cet achat. Elle avait confisqué le pistolet pour se réfugier dans un silence hostile. Au bout de quatre-vingts kilomètres le bonheur s'était envolé. Au poste d'essence, les autres familles avaient l'air heureuses, dans les voitures qu'ils croisaient les autres familles avaient l'air heureuses. Le pistolet était-il si grave? Le pistolet était grave, il confirmait - c'était le sens du silence d'Irène - son inconséquence générale. [...] 

Adam admet l'erreur du pistolet à eau. Le pistolet à eau, c'était la porte ouverte à la folie dans la voiture. Mais la folie dans la voiture valait mieux que le silence de mort, de toute façon la folie avait vite régné à l'arrière même sans pistolet à eau et bientôt à l'avant aussi, car personne ne peut endurer à la fois les cris et les disputes absurdes et l'absurde volonté de non-réaction, et il avait vociféré à son tour de façon absurde quand le grand avait pleurniché, regarde ce qu'il vient de faire papa, il a fait des miettes dans toute la voiture, et si on jouait à cracher avait dit le petit, il est dégueulasse, avait crié le grand en tapant le petit, il me crache dessus, Adam avait hurlé, je suis à cent soixante sous la pluie, je vais nous foutre en l'air si vous continuez bordel. La folie avait régné dans la voiture alors que le pistolet à eau était rangé dans le sac d'Irène, laquelle persistait à regarder en silence les paysages d'entrepôts, de panneaux publicitaires et de tôles ondulées avec une raideur de la nuque peu commune. Pourquoi ne pas avoir simplement dit, le pistolet, les garçons, va voyager dans mon sac, il réapparaitra sur la plage de Saint-Vaast-la-Hougue, avec une voix gentille et même un peu complice, une voix qui aurait gentiment dit, il est terrible papa. Mais la voix gentille n'existe plus. Au royaume du couple, il n'y a plus de voix gentille et sans mémoire. 

Yasmina Reza - Hommes qui ne savent pas être aimés (2003)

vendredi 14 avril 2023

Des clochettes légères

Encore un excellent roman de Yasmina Reza, et encore un protagoniste un peu paumé. Ne me restera ensuite qu'à lire les pièces de théâtre de l'autrice... et son livre-enquête sur la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy (!) C'est reparti donc pour quelques extraits caustiques et grinçants sur ce blog

Adam Haberberg a quarante-sept ans. Un âge jeune, pense-t-il, pour voir clignoter les opacités de la mort. Ça avait commencé par un scintillement, ça commence toujours, pense-t-il, par ce genre de choses, un scintillement, un bourdonnement, un picotement, par ces choses à peine sensibles, des clochettes légères. Il avait masqué son œil droit avec sa main et dit à sa femme : je vois trouble. Ça nous manquait, fut son commentaire. Je vois flou de l'œil gauche. C'est une poussière, ça va passer. Elle s'en foutait, elle avait déjà quitté la pièce, elle se foutait de tout ce qui le concernait. Le mot thrombose, articulé avec modestie quelques jours après, n'avait fait que l'irriter. Le mot thrombose avait balayé ce qui pouvait rester dans le cœur d'Irène, d'indulgence ou de compréhension. 

Yasmina RezaHommes qui ne savent pas être aimés (2003)

jeudi 24 novembre 2022

Des années de honte

Yasmina Reza saupoudre ses romans de références visuelles, qu'il s'agisse de peintures (Hopper...), de prises de vue de photographes célèbres (Robert Frank en tête) ou anonymes :

En haut, il y a la toute petite tête de l'enfant. Une nuque chauve à l'exception d'une traîne de queue au milieu, des oreilles décollées, des cheveux noirs épars et filasses. Quel âge a-t-elle ? Cette robe ne lui va pas du tout. On l'a attifée et sortie dans la nuit. Je me suis tout de suite associée à cette forme en blanc embarquée pour des années de honte. Quand j'étais enfant on me faisait jolie. Je comprenais que je ne l'étais pas à l'état naturel. Mais on ne doit pas endimancher une enfant ingrate. Elle se sent anormale. Je trouvais que les autres enfants étaient harmonieux. Moi je me sentais ridicule avec des habits de vieille qui m'empêchaient de gigoter, des cheveux constamment courts (ma mère a interdit toute mon enfance les cheveux longs), aplatis en arrière avec la barrette pour contrecarrer la frisure et dégager le front. [...] Ma mère voulait que je présente bien. Ça voulait dire propre, léchée, engoncée et laide.

Yasmina Reza, Babylone (2016)

mardi 15 novembre 2022

Les drames de la vie courante

"Ma mère est morte il y a dix jours."
Ce n'est pas la première phrase du roman (façon Camus), mais c'est l'entame que je choisis pour vous rapporter des extraits d'un autre roman de Yasmina Reza, son troisième : "Babylone".
Un livre absurde, drôle, triste et profond que j'aurais aimé écrire !
L'autrice rejoint ainsi les plumes dont je me réclamerais si je me lançais dans l'écriture : Raymond Queneau, Georges Perec et Pascal Garnier.

Ma mère est morte il y a dix jours. Je ne la voyais pas tellement, ça ne change pas grand-chose dans ma vie sauf que quelque part sur la terre il y avait ma mère. Hier j'ai reçu l'aide-soignante qui s'occupait d'elle les derniers temps et à qui je devais de l'argent. Une femme énorme qui m'a toujours effrayée et qui parle en soufflant. Elle avait entendu parler du drame de l'immeuble et s'est montrée avide d'en connaître les détails. Déçue par ma réserve, et tout en croquant une galette St-Michel, elle a embrayé sur l'histoire d'une boulangère de Vitrolles qui avait tué ses enfants la veille de Noël. Dans la nuit la boulangère avait empaqueté les cadeaux, les avait mis sous le sapin puis elle était allée dans la chambre de son fils et avait appuyé l'oreiller sur son visage jusqu'à ce qu'il étouffe. Ensuite elle était allée dans la chambre de sa fille et avait fait exactement la même chose. L'aide-soignante a dit, elle a empaqueté les cadeaux, elle les a mis sous l'arbre et dans la foulée elle est montée supprimer les gosses. Elle a dit, moi ce qui ne me va pas, c'est qu'on vous apprend tout ça et après silence de mort. Vous entendez l'histoire sur toutes les chaînes et après zéro, plus rien. On vous appâte et on vous ferme la porte au nez. Les guerres, les massacres, c'est trop global, a-t-elle dit en reprenant une galette, moi le global, ça ne me fait pas grand-chose. Ça ne me sort pas de moi-même. Les drames de la vie courante si. Ça remplit la journée. On en discute. On ne pense plus à ses misères. Je ne dis pas que ça console mais dans un sens si. Pourquoi elle a mis les cadeaux sous l'arbre d'après vous ? On s'entendait bien avec votre maman, qu'est-ce qu'elle était gentille cette femme !
— Oui, oui.

Yasmina Reza, Babylone (2016)

jeudi 20 octobre 2022

Propension à l'horizontalité

Nancy déborde d'énergie. Elle m'accuse de me plaindre sans cesse, elle ne comprend pas qu'un homme qui n'a pas un endroit pour geindre ne peut pas être un homme normal. Elle m'accuse de ne jamais l'aider, elle m'accuse, lorsque nous allons quelque part, de m'affaler sur le lit pendant qu'elle défait les bagages, elle ne comprend pas que je suis toujours plus fatigué qu'elle. Elle, même fatiguée, n'a pas de propension à l'horizontalité, moi je suis d'une lignée de vautrés, de renoncés de la ceinture abdominale. Nancy ignore la misère du corps. Et de la même façon, réfute le tragique de la vie.

Yasmina Reza, Heureux les heureux (2013)

Yasmina Reza Reza, une dizaine de pièces de théâtre à son actif, et quatre romans. Parmi ces derniers, trois que j'aurai vraiment apprécié, et "heureux les heureux", au bout duquel je ne suis pas allé. La faute, peut-être, à cet enchevêtrement de personnages et de pensées, dans lequel je n'ai pu déceler de direction claire, impression renforcée par la mise en page de son édition poche (gros caractères, ruptures de paragraphes peu visibles). Je tâcherai d'y revenir. Ce sera en tout l'unique extrait que je citerai, tandis que "Babylone" et "Hommes qui ne savent pas être aimés" auront plus d'échos dans ces colonnes.

mercredi 14 septembre 2022

Tout était bien. Ou tout était triste

C'est au père que je pense quand je vois dans le rétroviseur le petit visage cramoisi de Luc. Je pense au père, à son génie de l'humiliation, à sa faiblesse. Une faiblesse qui passe de père en fils, comme tout finalement passe de père en fils en dépit de la vigilance ou du rejet, la mauvaise foi, la claudication, les accès de médiocre démence; une dévolution sournoise et accablante. Je ne peux pas revenir à Bègues avec cet enfant endimanché bouffi de pleurs rentrés. Où mènent les pleurs ? Toi aussi Serge tu avais le nez rouge, tu ravalais tes larmes, tu es devenu un pauvre type, cinquante ans plus tard un crétin brutal.

Yasmina Reza, Serge (2021)

Serge et son frère Jean ne reparaîtront a priori plus dans ces colonnes. On laisse à ce dernier le mot de la fin :

" Tout était bien. Ou tout était triste. Allons savoir comment sont les choses."

mercredi 24 août 2022

Cette victoire sinistre

Les Fouéré ont pris un chien. Rien d'étonnant. Ils font partie des couples qui finissent par s'ajuster dans la vieillesse. Après des années de chaos ils finissent main dans la main avec voyages, chien, parfois une masure quelque part. Toute sa vie Nicole avait aspiré à un autre que Jean-Louis et quand ils ne se faisaient pas la gueule les Fouéré s'étripaient avec des formules humiliantes. Mais un beau jour ils ont perçu le petit coucou de la mort et ils ont posé les armes. On accepte que la vie soit un truc de solitude tant qu'il y a de l'avenir. J'en connais plein pour qui les intérêts communs ont balayé les espérances existentielles. Il m'est même arrivé de jalouser cette victoire sinistre.

Yasmina Reza, Serge (2021)

vendredi 22 juillet 2022

L'attente de rien


Il y a quelque chose de poignant dans la position de l'homme assis au bord d'un lit. Les épaules sont rentrées, le buste affaissé. Le lit n'est pas fait pour cette station. Un tableau célèbre d'Edward Hopper montre un homme presque entièrement habillé dans cette situation irrésolue. Ses mains pendent entre ses jambes, il regarde le sol. Derrière lui, mais on ne la voit pas tout de suite, une femme à moitié nue dort tournée vers le mur. Si je pense à l'image, je ne me souviens pas d'elle. L'homme est seul, d'une solitude qui s'exprime de jour comme de nuit, qui n'a rien à voir avec d'autres présences, la lumière ou le décor. La solitude c'est le lit et l'attitude rompue. C'est l'attente de rien. L'homme n'est vu de personne. Le corps inobservé consent à l'abattement. C'est cette particularité de n'être vu de personne qui renvoie à l'enfance, au possible vide de l'avenir. Mon frère qui était toujours grand autrefois s'est amenuisé. Je l'ai laissé en slip, replié au bord du lit [...]. Il me donne l'idée d'une vague responsabilité. Je l'ai dépassé en force, je devrais veiller sur lui.

Yasmina Reza, Serge (2021)
Edward Hopper, excursion into philosophy (1959)

dimanche 10 juillet 2022

Les hommes n'ont pas de morale du verbe

Premier contact fort engageant avec l'œuvre de Yasmina Reza. Du post-Céline, certes, où l'on croise des individus qui se débattent avec ce qu'ils sont, avec les autres, et avec le monde. Déjà, un roman dans lequel une personne est qualifiée d' "atrocement enjouée", ou dont le personnage principale se dit trop "pris par le temps, par d'autres affaires, par l'empêchement mental c'est-à-dire son égoïsme à vomir" semble fait pour me plaire.
Premier extrait.

Peggy Wigstrom était restée sagement tapie dans les pensées de chacun jusqu'à la route de Zurbigén où il avait suffi d'un mot malheureux pour la faire ressurgir. Mais Serge avait juré. Juré sur la tête de sa fille qu'il ne couchait pas avec Peggy Wigstrom. Elle l'avait cru. On ne jure pas sur la tête de sa propre fille si ce n'est pas vrai. Il faudrait s'interroger sur l'incessante crédulité des femmes. Depuis la nuit des temps les hommes disent n'importe quoi.

Les hommes n'ont pas de morale du verbe. Les mots ne pèsent rien. À peine prononcés ils s'envolent telles des bulles et éclatent doucement dans l'air. Qui s'en soucie? Si un problème survient on corrige avec d'autres mots qui s'envoleront également, et ainsi de suite. Jure sur la tête de Joséphine, a dit Valentina. Sur la tête de Joséphine, a répété Serge sans la moindre hésitation et peut-être même du ton de l'offensé avant de n'en pas dormir et de s'imposer je ne sais quel Golgotha purificateur. Valentina l'a cru. La soirée était sauvée et Peggy Wigstrom a retrouvé sa place dans l'ombre.

Yasmina Reza, Serge (2021)