mercredi 20 avril 2022
Gallen-Kallela
jeudi 8 octobre 2020
Epiphanie
C’est parfois de la nature que survient une consolation inattendue. Une lumière singulière qui sature soudain les couleurs extérieures, nappant les frondaisons figées sous le soleil. Comme un appel pressant au vagabondage. Certains jours, où malgré ma turbulente impatience, mon esprit s’accorde instinctivement à la campagne telle qu’elle s’offre à mon regard. Je sors et m’engage sur un chemin dont je sais connaître le moindre caillou, et je redécouvre alors le décor magnifiée par des jeux d’ombres inédit : un chêne moribond transcendé par le contre-jour, la rivière, habituellement grise est insignifiante, emperlée de reflets adamantins. Le paysage dont j’étais certain d’avoir épuisé toutes les ressources et enregistré toutes les variations chromatiques contredit avec aplomb mon caractère désabusé. L’œil s’ouvre, palpite, cherche, trouve, l’esprit se libère, s’aplanit, les brumes résiduelles de l’angoisse se dispersent. L’horizon, sous l’effet de l’accident épiphanie se dégage. La forêt, ces jours-là, n’est que vibrantes et contagieuses promesses. L’avenir, lorsque l’on s’échappe de l’enchantement du moment présent pour y songer, s’y décline en d’innombrables possibles. Il suffirait d’un presque rien et je me sentirais perméable au bonheur, disposé à la sérénité, invité au voyage.
Frank Beauvais, Ne croyez surtout pas que je hurle (2020)
mercredi 2 septembre 2020
Une beauté gratuite et non corrompue
Pendant nos balades, nous nous racontons l'érosion de nos certitudes, nous désolons de la dégringolade du cours des valeurs qu'on nous a transmises, celles sur lesquelles nous nous sommes construits. A bout de course et pas à coup de bourse. Bancals mais pas bancables. On ausculte le monde et finalement on retrouve quelque fierté à en être des anomalies, aussi atomisées et dérisoires soient-elles. Et au détour d'un chemin, c'est une biche et son faon, figés quelques secondes, avant de disparaître dans un bosquet aussi vite qu'ils ont surgi, ou un essaim de papillons butinant d'impérieux chardons dans la lumière du couchant qui nous rappellent furtivement la possibilité d'une beauté gratuite et non corrompue. Sauvés de justesse par un cliché de carte postale, par une impromptue joliesse, une joliesse consensuelle, unanime, dépourvue de cynisme.
Frank Beauvais, Ne croyez surtout pas que je hurle (2020)
lundi 29 juin 2020
Nous sommes une multitude d'autres
mardi 26 mai 2020
Cet acte de foi et du hasard
dimanche 17 mai 2020
Le monde était si beau
jeudi 23 janvier 2020
Mes plus beaux souvenirs de l'espèce humaine
jeudi 16 janvier 2020
La fin d'un monde
jeudi 5 octobre 2017
Un fracas épouvantable
vendredi 18 août 2017
Jardins
mardi 17 janvier 2017
Green peace
mardi 13 septembre 2016
mardi 6 septembre 2016
Fertility
lundi 11 juillet 2016
My destiny
lundi 5 octobre 2015
mercredi 29 juillet 2015
La Isla Mínima
mardi 28 avril 2015
vendredi 20 mars 2015
[Nous] voilà rendus tous à la lumière
Vom Eise befreit sind Strom und Bäche
Durch des Frühlings holden, belebenden Blick;
Im Tale grünet Hoffnungsglück;
Der alte Winter, in seiner Schwäche,
Zog sich in rauhe Berge zurück.
Von dorther sendet er, fliehend, nur
Ohnmächtige Schauer kornigen Eises
In Streifen über die grünende Flur;
Aber die Sonne duldet kein Weißes,
Überall regt sich Bildung und Streben,
Alles will sie mit Farben beleben;
Doch an Blumen fehlt's im Revier
Sie nimmt geputzte Menschen dafür.
Kehre dich um, von diesen Höhen
Nach der Stadt zurückzusehen.
Aus dem hohlen finstern Tor
Dringt ein buntes Gewimmel hervor.
Jeder sonnt sich heute so gern.
Sie feiern die Auferstehung des Herrn,
Denn sie sind selber auferstanden,
Aus niedriger Häuser dumpfen Gemächern,
Aus Handwerks- und Gewerbesbanden,
Aus dem Druck von Giebeln und Dächern,
Aus der Straßen quetschender Enge,
Aus der Kirchen ehrwürdiger Nacht
Sind sie alle ans Licht gebracht.
Sieh nur, sieh! wie behend sich die Menge
Durch die Gärten und Felder zerschlägt,
Wie der Fluß, in Breit und Länge
So manchen lustigen Nachen bewegt,
Und bis zum Sinken überladen
Entfernt sich dieser letzte Kahn.
Selbst von des Berges fernen Pfaden
Blinken uns farbige Kleider an.
Ich höre schon des Dorfs Getümmel,
Hier ist des Volkes wahrer Himmel,
Zufrieden jauchzet groß und klein:
Hier bin ich Mensch, hier darf ich's sein!
dimanche 28 décembre 2014
Noël et l’humanisme anthropocentrique
Quelques jours passent : animaux morts, vin, chocolat, de temps en temps un verre d’eau pour faire style, et beaucoup d’esquive de maintenance informatique.
[...]
Le matin de Noël, je suis en mode furtif [...] je traverse le salon tel un ninja obèse. Les enfants regardent un dessin animé, c’est drôle, ces trois derniers jours j'ai bouffé absolument tous les animaux présents dans l’épisode
(ioudgine, sur son blog)
Le fait de visualiser une volaille, un crustacé dans son entièreté, ou tout simplement l'opulence d'un plat peuvent aboutir à cette formulation (et donc à cette prise de conscience)... que ne provoquent jamais ni un mets préparé, ni un filet (Lévi-Strauss dirait un "lambeau").
C’est ce qu’on nomme l’humanisme anthropocentrique : une conception fondée sur l’idée de l’exceptionnalisme humain, que la tradition judéo-chrétienne n’a fait que renforcer. Notamment le christianisme, selon lequel la bête a été créée pour le bien de l’homme, centre et maître de la création.

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