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mardi 31 janvier 2017

Savoir qui je suis

Charlotte, mère d'Héléna, dans le train du retour, après un week-end éprouvant chez sa fille...

Paul, est-ce que tu sais que ma fille Héléna a de beaux yeux, un regard clair, un regard pur? Elle a les yeux de Joseph, et quand on lui tient la tête, elle peut soutenir votre regard. Est-ce que tu comprends comment elle a la force de vivre en souffrant comme elle souffre? Ma vie a moi a été magnifique, grosso modo, bien sûr, mais la sienne?
Je suis bien. Evidemment, je me sens un peu mélancolique, je ne peux pas dire le contraire, mais je me sens quand même bien, ça ne m'intéresse pas de savoir qui je suis, je m'en passe.

Ingmar Bergman, Sonate d'automne (1978)

jeudi 8 septembre 2016

Au nom de l'amour

Sonate d'automne, suite.
Ouais, je sais, ça rigole pas...

Une mère et une fille, quel effroyable amalgame de sentiments, de confusion et de destruction. Tout est possible, tout se passe au nom de l'amour. Il faudra que les infirmités de la mère soient transmises à la fille, que la fille paye pour les déceptions de la mère, que le malheur de la mère soit le malheur de la fille, comme si le cordon ombilical n'avait jamais été coupé. Le malheur de la fille, c'est le triomphe de la mère, le chagrin de la fille, la volupté secrète de la mère.

Ingmar Bergman, Sonate d'automne (1978)

mercredi 24 août 2016

J'existais de moins en moins

Retrouvailles mère-fille. Ambiance.

Tu commentais, tu racontais, je ne comprenais rien à ce que tu disais et je n'avais qu'une peur, c'était d'être démasquée et que tu ne découvres ma stupidité sans bornes. Je vivais comme paralysée mais il y avait une chose que je comprenais avec toute la clarté nécessaire : pas un iota de ce qui était vraiment moi ne pouvait être aimé ni même accepté. Tu étais comme une forcenée, j'avais de plus en plus peur, j'existais de moins en moins. Je ne savais plus qui j'étais puisque, à chaque instant, j'avais l'obligation de te plaire. Je n'étais plus qu'une marionnette maladroite dont tu tirais les ficelles. Je disais ce que tu voulais que je dise, je répétais tes gestes, tes mouvements pour recevoir ton satisfecit, il n'y avait pas une minute où j'osais être moi-même, même quand j'étais seule, puisque j'étais en désaccord violent avec tout ce qui était à moi. C'était atroce, maman, et je tremble encore de tout mon être quand je parle de ces années.

Ingmar Bergman, Sonate d'automne (1978)

jeudi 12 mai 2016

We're like strangers

[Alexander]  Are you sure you know when I'm happy?
[Katherine]  No, ever since we left on this trip I'm not so sure. I realised for the first time that we... we're like strangers.


— That's right. After eight years of marriage, it seems like we don't know anything about each other.
— At home everything seemed so perfect, but now that we're away, alone...
— Yes, it's a strange discovery to make...


Voyage en Italie, Roberto Rossellini (1954)