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| Toile d'araignée tissée sous caféine. La métaphore arachnéenne est souvent utilisée pour décrire le processus de création littéraire |
mardi 24 février 2015
Des torrents d’eau noire
mardi 20 mars 2012
L'esclavage, c'est la liberté
Effectivement, une drogue plus addictive aura de meilleures retombées économiques. Simple logique. Un raisonnement aussi froid pourrait sembler réservé aux pires esprits criminels, sans foi ni loi.
Après tout, même Don Corleone dans Le Parrain refuse de toucher à ce qu'il qualifie de "dirty business".

D'autres manoeuvres sont plus anciennes. Le plan Marshall, par exemple. Le grand programme d'aide à la reconstruction de l'Europe dévastée par la seconde guerre mondiale a également été "mis à profit par les cigarettiers américains pour rendre les populations européennes accros au tabac blond flue-cured, facilement inhalable". Tout est là. Le flue-curing est une technique de séchage des feuilles de tabac qui se répand largement aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, et qui permet de rendre la fumée moins irritante, donc plus profondément inhalable. Or jusque dans la première moitié du XXe siècle, on fume encore, dans une bonne part de l'Europe continentale, du tabac brun, très âcre, beaucoup moins dangereux et addictif. Car plus la fumée peut pénétrer profondément dans les poumons, plus l'afflux de nicotine dans l'organisme est rapide, plus l'addiction qui se développe est forte. Et plus les dégâts occasionnés sur les tissus pulmonaires sont importants. "Au cours de la réunion de Paris (le 12 juillet 1947) qui a mis en mouvement le plan Marshall, il n'y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac, raconte Robert Proctor. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe."
Outre ces révélations, j'ai trouvé particulièrement bien vu le rapprochement avec le novlangue d'Orwell, pour dénonce l'imposture du message associant cigarette et liberté. Au-delà de l'image, celle du cowboy marlboro par exemple, il est vrai qu'on entend souvent les fumeurs dire d'un ton agacé qu'il s'agit là de la dernière liberté (de choix, d'action).
Et ce message fait mouche. Les adolescents voient souvent dans la cigarette une manifestation d'esprit rebelle. Convaincre qu'inféoder ses fonctions biologiques à de grands groupes industriels tient de la rébellion, voilà un tour de force marketing, dont le projet est inscrit en toutes lettres dans les "tobacco documents" : il faut vendre aux jeunes l'idée que fumer procède d'une "rébellion acceptable".
Francis Ford Coppola, Le Parrain (1972)
Robert Proctor, Golden holocaust (2012)
vendredi 17 février 2012
I've just discovered the meaning of life
mardi 27 décembre 2011
That stupid plastic container
mercredi 4 août 2010
Putain toi, t'es trop wild
L'avenir est devant (Lithium, 1997)
mendelson.free.fr
Cette chanson reflète mon point de vue quand j'étais en Ecole. Autant dire, une position ultra-minoritaire, là où le mot d'ordre tacite était "be drunk, be cool". Qu'on s'entende: ce que je dénie, c'est la corrélation entre les deux.
C'était la troisième et dernière partie de ma série de lyrics sur la Cool Attitude.
Lire aussi:
http://arise-therefore.blogspot.com/2010/08/you-think-that-poor-is-cool.html
http://arise-therefore.blogspot.com/2010/08/teenage-guide-to-popularity-part1.html
mercredi 24 février 2010
Disparaître Ici
Le style de Bret Easton Ellis est là, et tout au long de la lecture de ce roman, certaines phrases me renvoyaient aux intonations d'Erik Arnaud dans son interprétation d'un extrait d'American Psycho (lien)
Je suis dans la grande salle de chez Chasen avec mes parents et mes soeurs; il est tard, neuf heures et demie ou dix heures, c'est le soir de Noël. Au lieu de manger, je regarde fixement mon assiette dans laquelle je déplace ma fourchette d'avant en arrière, et je deviens complètement obsédé par le vide que la fourchette crée entre les petits pois. Mon père me surprend en me resservant du champagne. Mes soeurs sont bronzées, s'ennuient ferme, parlent d'amies anorexiques, d'un mannequin de Calvin Klein, elles paraissent plus âgées que dans mon souvenir, et plus encore quand elles lèvent leurs flûtes à champagne pour boire lentement; elles me racontent une ou deux plaisanteries que je ne comprends pas, puis disent à mon père ce qu'elles désirent pour Noël.
[...]
Papa termine son verre de champagne et s'en verse un autre. Ma mère réclame le pain. Mon père s'essuie la bouche avec sa serviette, se racle la gorge, et je me crispe car je sens qu'il va demander à chacun ce qu'il désire pour Noël, même si mes soeurs le lui ont déjà dit. Mon père ouvre la bouche. Je ferme les yeux. Il demande si nous voulons un dessert. Soupir de soulagement. Le garçon arrive. Je lui dis que non. Je ne regarde pas très souvent mes parents, je ne cesse de me passer la main dans les cheveux en regrettant de ne pas avoir de coke, n'importe quoi pour m'aider à surmonter cette épreuve, et puis je regarde le restaurant qui est seulement à moitié plein; les gens chuchotent mais leurs paroles portent d'une table à l'autre, et je réalise qu'en fin de compte j'ai dix-huit ans, des mains qui tremblent, des cheveux blonds, un début de bronzage et que je suis seulement à moitié défoncé, assis chez Chazen au coin de Doheny et de Beverly, et que j'attends que mon père me demande ce que je désire pour Noël.





