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mardi 8 mars 2016

Belle et douce liberté

Lu aujourd'hui
(journée internationale des droits de la femme)

- Allez, messieurs, dit-elle, allez... Les hommes sont bien heureux de pouvoir courir ainsi... N'est-ce pas ma fille?
- C'est vrai, répondit Marguerite, c'est une si belle et douce chose que la liberté.
- Cela veut-il dire que j'enchaîne la vôtre, madame? dit Henry en s'inclinant devant sa femme.
- Non, monsieur ; aussi ce n'est pas moi que je plains mais la condition des femmes en général.

Alexandre Dumas, la Reine Margot (1845)
(conversation entre Catherine de Médicis, le reine Marguerite de Valois aka la reine Margot et Henry de Navarre aka Henri IV)

mardi 31 août 2010

Très souvent on devrait se taire

Elle : Vous venez souvent ici ?

Lui : Non, quelques fois. Aujourd’hui, c’est par hasard.

Elle : Pourquoi vous lisez ?

Lui : C’est mon métier.

Elle : C’est drôle, tout à coup je ne sais pas quoi dire. Ca m’arrive très souvent. Je sais ce que je veux dire, je réfléchis avant de le dire pour savoir si c’est bien ça qu’il faut dire. Mais au moment de le dire… puff je ne suis plus capable de le dire.

Lui : Oui évidemment. Ecoutez, vous avez lu "les trois mousquetaires"?

Elle : Non, mais j’ai vu le film, pourquoi ?

Lui : Parce que. Vous voyez il y a là-bas Porthos, d’ailleurs c’est pas dans "les trois mousquetaires", c’est dans "vingt ans après". Porthos le grand, le fort, un peu bête, il n’a jamais pensé de sa vie, vous comprenez. Alors une fois il faut qu’il mette une bombe dans un souterrain pour la faire éclater, il le fait, il place sa bombe, il allume la mèche et puis il se sauve naturellement. Et en courant tout à coup il se met à penser. Il pense à quoi? Il se demande comment il est possible qu’il puisse mettre un pied devant l’autre, ça vous est arrivé aussi sans doute. Alors il s’arrête de courir, de marcher, il peut plus, il peut plus avancer. Tout explose, le souterrain lui tombe dessus, il le retient avec ses épaules, il est assez fort, mais finalement au bout d’un jour, deux jours je sais pas, il est écrasé, il meurt.
En somme la première fois qu’il a pensé, il en est mort.

Elle : Pourquoi vous me racontez des histoires comme ça ?

Lui : Comme ça, un peu pour parler.

Elle : Mais pourquoi est-ce qu’il faut toujours parler ? Moi je trouve que très souvent on devrait se taire. Vivre en silence. Plus on parle, plus les mots ne veulent rien dire.

(...)

Vivre sa Vie, Jean-Luc Godard (1962)
Le film du week-end...
(à suivre)


Cette scène constitue le onzième "tableau" du film

PLACE DU CHÂTELET - L'INCONNU - NANA FAIT
DE LA PHILOSOPHIE SANS LE SAVOIR