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lundi 21 avril 2014

Pour en finir avec le “bonheur”

Partant du constat que les livres traitant de la quête du bien-être et du bonheur se multiplient et deviennent quasi-systématiquement des succès de librairie, cette critique lue sur le site des Inrockuptibles présente en réaction l'ouvrage Pour en finir avec le "bonheur".

Je n'aurai probablement jamais ce livre entre les mains, aussi me contenté-je de reproduire sans vergogne les deux tiers de la critique (car l'analyse est intéressante) 

S'il "n’y a pas de honte à préférer le bonheur" (Albert Camus), cette obsession cache un vice plus pernicieux que l'aspiration légitime à vouloir "réussir sa vie" : sa dérive normative et apolitique. Comme le souligne André Guigot dans Pour en finir avec le "bonheur" (Bayard), l’aspiration au bonheur est une "injonction terrifiante, absolument normative et inséparable d'une police des conduites". Trop parler du bonheur est le signe d’une manière froide de l’appréhender comme une "performance" individuelle, une lutte de soi contre soi convoquant des recettes fixes (vaincre ses peurs, se détacher du monde, équilibrer les plaisirs, vivre selon sa nature, atténuer la tristesse), même si chacun pressent que le bonheur ne surgit que lorsqu'on ne l'a pas cherché ; il est inversement proportionnel à l’obsession qu'on lui porte.

Ces voyages au pays du bonheur forment l’indice de l’abandon collectif dont nous sommes victimes et acteurs. "Seul compte le bien-être individuel, le salut de sa petite tribu", regrette Guigot. "On se moque des utopies du grand soir en rabaissant sournoisement l'étalon d’une vie réussie à l’égoïsme le plus décomplexé", renchérit-il. Et comme s'en désole Roland Gori, dans Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux?, le déclin de la participation citoyenne aux affaires publiques "va de pair avec cette recherche d’un bonheur restreint au domaine privé". L'injonction au bonheur devient le plus sûr "allié de la servitude". En son nom, on serait prêt à renoncer à notre liberté, celle d’assumer le risque même de l’existence, le jeu de l'aléatoire, sans autre promesse que celle du plaisir de jouer, de gagner mais aussi de perdre.

Jean-Marie Durand (Les Inrockuptibles)
André Guignot, Pour en finir avec le "bonheur" (2014)

samedi 27 août 2011

the ferocity of man

Priest: I don't want to hear it. No more horror stories.
Commoner: They are common stories these days. I even heard that the demon living here in Rashômon fled in fear of the ferocity of man.


Rashômon, mon cinquième Kurosawa de l'été.


L'histoire d'un assassinat raconté a posteriori par différents témoins. Un film de Kurosawa un peu en deça selon moi, même si son importance aura été capitale pour le cinéma. C'est en effet la première fois qu'une narration non-linéaire et multi points de vue aura été si richement imaginée et utilisée. L'événement central prend ainsi une nouvelle coloration ou revêt même une toute autre forme au fil des versions.

Tout un tas de films lui sont donc redevables, pour ceux qui me viennent à l'esprit, Usual Suspects, pas mal de Tarantino, "Mother" de Joon-ho Bong, "Kokuhaku" de Tetsuya Nakashima, la liste est longue.

Beaucoup de jolis plans, ici pendant le procès...

...ou dans la forêt
Akira Kurosawa, Rashômon (1950)

Commoner: What's wrong with that? That's the way we are, the way we live. You just can't live unless you're what you call selfish.

Je dédie cette citation à la spectatrice pourtant elle-même de taille normale et à la chevelure volumineuse (vous allez saisir le pourquoi du "pourtant" dans 2 secondes) qui aura changé trois fois de places, refusé à plusieurs personnes - de taille moyenne - le droit de s'asseoir devant elle, pour in fine, en plein désarroi et sous l'ire montante de la salle, chercher et demander à un spectateur de petite taille de se mettre devant elle (au premier rang).