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mardi 26 septembre 2017

Militant quotidien de l'inhumanité

Tant que la maximisation du profit immédiat guidera l'économie, cette chanson restera d'actualité.

Je suis un mannequin glacé, avec un teint de soleil
Ravalé, homme pressé
Mes conneries proférées sont le destin du monde
Je n'ai pas le temps, je file : ma carrière est en jeu
Je suis l'homme médiatique
Je suis plus que politique
Je vais vite, très vite
Je suis une comète humaine universelle
Je traverse le temps
Je suis une référence
Je suis omniprésent
Je deviens omniscient
J'ai envahi le monde que je ne connais pas
Peu importe, j'en parle, peu importe, je sais

J'ai les hommes à mes pieds
Huit milliards potentiels de crétins asservis
A part certains de mes amis du même monde que moi
Vous n'imaginez pas ce qu'ils sont gais

Qui veut de moi et des miettes de mon cerveau ?
Qui veut entrer dans la toile de mon réseau ?

Militant quotidien de l'inhumanité,
Des profits immédiats, des faveurs des médias
Moi je suis riche, très riche, je fais dans l'immobilier
Je sais faire des affaires, y'en a qui peuvent payer
J'connais le tout Paris et puis le reste aussi
Mes connaissances uniques, et leurs femmes que je...
...Fréquente évidemment
Les cordons de la bourse se relâchent pour moi
Il n'y a plus de secrets, je suis le Roi des rois
Explosé l'audimat, pulvérisée l'audience
Et qu'est-ce que vous croyez
C'est ma voie, c'est ma chance
J'adore les émissions à la télévision
Pas le temps de regarder, mais c'est moi qui les fais
On crache la nourriture à ces yeux affamés
Vous voyez qu'ils demandent!
Nous les savons avides de notre pourriture
Mieux que de la confiture à des cochons

Qui veut de moi et des miettes de mon cerveau
Qui veut entrer dans la toile de mon réseau

Vous savez que je suis un homme pressé
Je suis un militant quotidien de l'inhumanité
Et des profits immédiats et puis des faveurs des médias
Moi je suis riche, très riche, je fais dans l'immobilier
Je sais faire des affaires, y'en a qui peuvent payer
Et puis je traverse le temps,
Je suis devenu omniprésent
Je suis une super référence,
Je peux toujours ramener ma science
Moi je vais vite, très vite
Ma carrière est en jeu
je suis l'homme médiatique
Moi je suis plus que politique
Car je suis un homme pressé

Noir Désir, L'homme pressé
666.667 Club (Barclay, 1996)

dimanche 29 janvier 2012

Se souvenir de rien

La mer est immense
Et glacée parfois
Autant s'aligner
Se souvenir de rien
Autant planter l'aiguille
Quand les bottes font du foin
O luxuriance
O Broadway, O Byzance
O miroirs électifs
Lupanar à Sisyphe

Noir Désir - Son style (2)
Des Visages, Des Figures (Barclay, 2001)

Tandis que j'écris cet article, je m'aperçois que les compositions de Bertrand Cantat épaulé - entre autres - de Pascal Humbert (Passion Fodder / 16 Horsepower / Woven Hand) créées dans le cadre de la trilogie Le Cycle des femmes : trois histoires de Sophocle de Wajdi Mouawad sont disponibles depuis le mois de Décembre dans un livre-CD intitulé Choeurs (extrait).

Ceux qui s'intéressent à ses récentes apparitions l'auront sans doute vu récemment aux côtés de Eiffel, Brigitte Fontaine, Shaka Ponk, Amadou et Mariam.

mercredi 3 février 2010

Il est temps pour nous d'envisager un autre cycle

Je l'ai dit, cette semaine, ici, c'est la Révolution.
A nouveau abordée par le biais des paroles d'une chanson.
Extraite de "Des Visages, Des Figures" de Noir Désir.

Les thèmes abordés dans cet album (sorti le 11 septembre 2001) sont encore d'actualités, et d'ailleurs bien plus aujourd'hui qu'à l'époque.

Le morceau emblématique reste pour moi celui qui clôture l'album, dure 23 minutes, feat. Brigitte Fontaine.
Sans doute, pourrez vous les lire dans ces colonnes un peu plus tard.


On n'est pas encore revenu du pays des mystères
Il y a qu'on est entré là sans avoir vu de la lumière
Il y a là l'eau, le feu, le computer, Vivendi, et la terre
On doit pouvoir s'épanouir à tout envoyer enfin en l'air

On peut toujours saluer les petits rois de pacotille
On peut toujours espérer entrer un jour dans la famille
Sûr que tu pourras devenir un crack boursier à toi tout seul
On pourrait même envisager que tout nous explose à la gueule
Autour des oliviers palpitent les origines
Infiniment se voir rouler dans la farine

A l'envers, à l'endroit, à l'envers, à l'endroit
A l'endroit, à l'envers, à l'envers, à l'endroit

Y'a t'il un incendie prévu ce soir dans l'hémicycle
On dirait qu'il est temps pour nous d'envisager un autre cycle
On peut caresser des idéaux sans s'éloigner d'en bas
On peut toujours rêver de s'en aller mais sans bouger de là

Il paraît que la blanche colombe a trois cents tonnes de plombs dans l'aile
Il paraît qu'il faut s'habituer à des printemps sans hirondelles
La belle au bois dormant a rompu les négociations
Unilatéralement le prince entame des protestations
Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?
Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d'une boîte
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie

Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine
No pasaran sous les fourches caudines

A l'envers, à l'endroit, à l'envers, à l'endroit
A l'endroit, à l'envers, à l'envers, à l'endroit

Noir Désir - A l'envers, à l'endroit
Des Visages, Des Figures (Barclay, 2001)
www.noirdez.com

Le prochain article sur cette thématique sera d'un autre genre. Et plus interactif.

vendredi 14 novembre 2008

On pourra toujours refuser
de devenir les premiers ou les derniers


Tous ces beaux jeux inventés
Pour passer devant les premiers
Pour que chacun soit écrasé
S’il refuse encore de plier
Les dégâts, les excès
Ils vont vous les faire payer
Les cendres qui resteront
C’est pas eux qui les ramasseront
Mais les esclaves et les cons
Qui n’auront pas pas su dire non

Nous on n’veut pas être des gagnants
Mais on acceptera jamais d’être des perdants

Pimprenelle et Nicolas
Vous nous endormez comme ça
Le marchand de sable est passé
Nous on garde un oeil éveillé
O la peur, ô le vide
O la victoire des avides
Faut pas bouger une oreille
Toutes sortes de chiens nous surveillent
Pas un geste, une esquisse
Sinon on tourne la vis
Nous on n’a rien à gagner
Mais on ne peut plus perdre puisque c’est déjà fait.

Toi qui viens de loin d’ici
Avec Ta peau et Tes os
On t’a parlé du paradis
On t’a menti, tout est faux
O mon ami o mon frère tout ce nerf
Perdu pour la guerre
Tu vas voir tout l’amour
Qui traîne au fond du discours

Dis t’en veux des papiers ?
Dis tu l’as vu mon palais ?
T’auras rien, c’est ainsi
C’est pas fait pour les perdants, le paradis

Il y a la chair à canon
Il y a la chair à spéculation
Il y a la chair à publicité
Enfin y’a tout ce que vous aimez
Vous et moi on le sait
Le spectacle est terminé
Pourtant c’était presque idéal
C’était loin du féodal
Oh maint’nant c’est foutu
Ça fait joli dans ton...
Fort intérieur c’est gênant
De rejoindre comme ça la cohorte des perdants

Il faut pas se faire d’illusions
Mais c’est mieux debout pour l’action
Et pour nos âmes, c’est égal
Dieu n’est pas dans la bataille
O messieurs les décideurs
De toutes parts, de tous côtés
Sachez que profond dans nos coeurs
On n’arrête pas le progrès
Sous l’Iris, sous la peau
Sous les ongles et dans l’étau
On pourra toujours refuser
De devenir les premiers ou les derniers

Pas de leaders triomphants
On s’ra jamais des gagnants ni des perdants

Noir désir - Gagnants / Perdants (Bonne nuit les petits)
unreleased, 2008