jeudi 25 décembre 2025
Etre un rocher, invisible, ignoré
vendredi 22 juillet 2022
L'attente de rien
jeudi 4 février 2021
In jedem Ton liegt eine Hoffnung
mardi 25 août 2020
Une disponibilité de temps inouïe
"Perdrix" m'aura permis de découvrir le Parc naturel régional des Ballons des Vosges sous un jour presqu'attractif... dissipant quelque peu la noirceur qui transparaissait du film de Frank Beauvais "Ne croyez surtout pas que je hurle", reclu lui dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord (je présume à Graufthal)
Au moment de la rupture, je me retrouve sans permis de conduire, dans ce bel endroit isolé où les allées et venues de chacun sont observées derrière les rideaux voilés des fenêtres, uniformément bordées de jardinières de géraniums. Le dialect alsacien est omniprésent. Je n'entends que rarement parler français. Un français à la grammaire agonisante, malmené par les germanismes.
La première gare est à trente kilomètre, il n'y a pas de réseau de bus, aucun commerce de proximité, pas même un distributeur de billets à moins de deux heures de marche.
L'exil loin de Paris est subi maintenant donc, ici où la généreuse opulence de la nature parvient à dissimuler, à l'oeil non exercé, la raideur parfois protestante, presque immanquablement droitière de ses habitants.
[...]
J'ai découvert une forme d'ivresse de la solitude qui, peu à peu, s'est transformée en vertige. Vivre seul, c'est tout d'abord le plaisir de vivre à mon rythme. Je dors peu. Je dispose à mon gré de journées de dix-huit heures. En dehors de petites obligations journalières : nourrir les animaux, m'alimenter, maintenir un semblant de fonctionnement domestique, ma retraite m'offre la compensation d'une disponibilité de temps inouïe.
Frank Beauvais, Ne croyez surtout pas que je hurle (2020)
La première fois que je vous ai parlé de ce film, c'était dans mon bilan cinéma 2019. Maintenant que j'ai mis la main sur le texte, je publierai encore d'autres extraits dans les prochains jours.
lundi 7 octobre 2019
Monologue... ou dialogue intérieur ?
samedi 31 décembre 2016
the Loneliest Night of the Year
‘Round midnight, I suppose.
I’ve been drinking since September
And the time just kind of goes.
No party mood, just room for two;
Me all alone with my last beer.
New year’s eve’s the loneliest night of the year
Your leaving left a bitter taste-
Like lithium in a stream-
But I wouldn’t change you
For all the stolen Roman marble
In the British Museum.
All gone, it's lost. I'll count the cost:
One lonely night for every tear.
New year's eve's the loneliest night of the year
It had to be in winter
When the night lasts most of the day
I haven't smiled since summer
When I mistook the world for OK
Guess I'll spend another year that way
Now my only resolution
Is to stagger through this day
Somewhere Sinatra growls low
And a dog whistles ‘My Way’
The death knell strikes; it’s now midnight
And all so painfully clear;
New year's eve's the loneliest night of the year
dimanche 25 décembre 2016
Christmas will crush your soul
[audio]
jeudi 12 mai 2016
We're like strangers
dimanche 20 mars 2016
I need someone to comfort me
I'm sitting in the railway station.
Got a ticket for my destination.
On a tour of one-night stands my suitcase and guitar in hand.
And every stop is neatly planned for a poet and a one-man band.
Homeward bound,
I wish I was homeward bound,
Home where my thought's escaping,
Home where my music's playing,
Home where my love lies waiting
Silently for me.
Every day's an endless stream
Of cigarettes and magazines.
And each town looks the same to me, the movies and the factories
And every stranger's face I see reminds me that I long to be...
...Homeward bound,
I wish I was homeward bound,
Home where my thought's escaping,
Home where my music's playing,
Home where my love lies waiting
Silently for me.
Tonight I'll sing my songs again,
I'll play the game and pretend.
But all my words come back to me in shades of mediocrity
Like emptiness in harmony I need someone to comfort me.
samedi 3 janvier 2015
Postcards from Pripyat, Chernobyl
mardi 19 août 2014
Where I feel safe
mardi 18 mars 2014
It must end somewhere
Professor Isak Borg: I don't understand.
jeudi 27 décembre 2012
Tu ne rêves plus que de ce que tu pourrais peut-être un jour t'acheter
loin, si loin de paris
dans une maison légère, au bord d'une voie rapide
dans un lotissement
dans une vie légère, légèrement vide
en voie d'achèvement
Ta porte en claquant fait un bruit de bricolage
C'est un endroit silencieux
aux couleurs de village
avec ses rues au nom délicieux
sous un ciel très blanc
par dessus ces pylônes, en bordure d'un champ
Plus loin, des pelouses, espaces herbeux
délaissés, déjà sales,
des immeubles en verre, des tours
Les gens vivent là plus nombreux
comme sur une autre planète
jamais personne de toute manière
ne s'imaginera un jour
devoir être heureux
Tu manges toute seule, le soir, au restaurant
et tu n'as même pas trente-cinq ans
tu n'as pas de famille ici
tu n'as pas d'amis
tu n'as plus que des collègues
tu t'accroches aux personnages des séries
tu connais leur prénom, leur visage,
et tu leur donnes tes weekends
Et ton existence doucement se dissout
dans ces espaces trop vastes et trop mal pensés
tu te sens flotter, dans la foule, hagarde
le dimanche, le samedi soir, au supermarché
et plus la foule est nombreuse
et plus tu te sens seule, désertée
Et tu restes là, sans plus de gestes, sans parole
prête à tout, sans rien faire
à vivre comme vaguement
à vivre comme tout un chacun
sans l'idée que revienne un jour
l'envie d'avoir un destin,
une vie
plutôt que des vacances
Dans ces déjà très vieilles villes nouvelles
peuplées de vies en ruine
et d'espoirs se ruinant
tu écoutes de l'utre côté du mur
quelqu'un se tourner en dormant
Plus rien que des regards vides
devant des caddies pleins
dans des voitures neuves
au fond de parking
dans ce monde d'embouteillage
en journée désert
ces contre-allées, lieux de vie, rond-points
ces aires de repos
où tu te vois de plus en plus souvent
dans un vertige de nausée
dormir, tomber d'un sommeil transparent
Et tu ne rêves plus jamais
que de ce que tu pourrais peut-être un jour t'acheter
tu ne crois plus à rien vraiment
Rien ne vaut le bonheur après t'être fait bousculer
de trouver ta place dans le métro bondé
t'assoir, fermer les yeux
et reposer tes pieds
Ville nouvelle (2012)
A écouter / acheter (3€) sur Bandcamp
Titres probables des albums ?
La Force quotidienne
Les Heures
Le chemin
lundi 15 octobre 2012
Quelque chose de grand
C’est un peu à cause de tout ça si tous les soirs, c’est la même histoire: Métro, apéro, lexo, clopes et films pornos à l’ancienne, sur lesquels tu t’entraînes rageusement, même si ça fait longtemps que ça t’amuse plus vraiment.
Mais il faut pas que tu désespères
Perds pas espoir
Promis-juré qu'on la vivra notre putain de belle histoire
Ce ne sera plus des mensonges
Quelque chose de grand
Qui sauve la vie
Qui trompe la mort
Qui déglingue enfin le blizzard
Imagine-toi : t’es là, en train de te reprendre un verre au bar, quand tout à coup tu croises un regard qui te perfore de part en part. Imagine-toi, t’es là, ça te tombe dessus sans crier gare. Un truc bandant, un truc dément qui redonne la foi.
Un truc comme ça :
« Bonsoir / Bonsoir / quelle chance de se croiser ici
Bonsoir / Bonsoir / Je voudrais partager tes nuits »
Tu connaîtras les nuits fauves, je te le promets. Elle sera tigre en embuscade quand tu viens te glisser sous ses draps, tandis que toi, tu feras scintiller tes canines lorsqu'elle enlève le bas. Elle t’offrira des feulements dans sa voix lorsqu’elle reprend son souffle qui s’échappent dans la cour pour aller faire gauler la lune, des coups de bélier invoqués comme un miracle, et qui veulent dire : « Si tu t’arrêtes, je meure ». Toutes ces choses qui te la feront raidir, rien qu'à te souvenir, pour le million d’années à venir.
Malheureusement, tout ce qu'on t’offre pour l’instant, c’est des chattes épilées et des seins en plastique en vidéo. C’est terrifiant, tout le monde veut la même chose: même les travelos rêvent du prince charmant. Et pourtant, on passe notre temps à se mettre des coups de cutter dans les paumes, à trop mentir, à force de dire : « Par pitié, range la guimauve, écarte les jambes, je t’en supplie, me parle pas. Laisse-moi seulement kiffer mon va-et-vient de taulard, et m’endormir direct moins de trois minutes plus tard ». A force de faire tout ça, on croyait quoi ? On se meurtrit, on fait l’amour comme on s’essuie. Quel gaspillage.
Mais il faut pas que tu désespères
Perds pas espoir
Promis-juré qu'on la vivra notre putain de belle histoire
Ce ne sera plus des mensonges
Quelque chose de grand
Qui sauve la vie
Qui trompe la mort
Qui déglingue enfin le blizzard
Imagine-toi : t’es là, en train de te reprendre un verre au bar, quand tout à coup tu croises un regard qui te perfore de part en part. Imagine-toi, t’es là, ça te tombe dessus sans crier gare. Un truc bandant, un truc dément qui redonne la foi.
Offre-moi dès ce soir ta peau brune et tes lèvres mauves, tes seins, tes reins, tes cheveux noirs, et qu'on se noie dans les nuits fauves. En échange de tout ça, je t’offre ce dont je dispose, mon corps, mon âme, prends tout, tout de suite, et qu'on se noie dans les nuits fauves
Tant pis si on nous prend pour des demeurés. Bien sûr qu'on sait qu'ici c’est pas Hollywood. Sauf qu'aux dernières nouvelles, le fantasme c’est encore gratuit. C’est pour ça qu'on se réfugie dans nos pensées, qu'on ferme les yeux très fort, jusqu'à voir des couleurs en attendant que ça passe.
Y a que comme ça qu'on peut rêver de caresses au réveil et de regards qui veulent dire: « T’inquiète plus, t’inquiète plus », de coups de poings dans le cœur, de quarantièmes qui rugissent dans nos poumons à faire sauter les côtes, de torrents dans nos veines, d’une épaule pour pleurer sans honte et d’une oreille pour tout dire - Tout dire, toujours, quoiqu'il arrive... -, de serments argentés prononcés face au rayon vert: « Est-ce que tu veux m’épouser ? Vivre et mourir à mes côtés ? »
On rêve de réapprendre à respirer, que la médiocrité qui nous accable aille se faire enfler au Pakistan. On attend désespérément celui ou celle qui apaisera d’un doigt nos muscles noués et nos encéphales en sous-régime. On attend désespérément celui ou celle qui fera battre notre cœur plus grand
C’est pour ça qu'il faut pas que tu désespères
Perds pas espoir
Promis-juré qu'on la vivra notre putain de belle histoire
Ce ne sera plus des mensonges
Quelque chose de grand
Qui sauve la vie
Qui trompe la mort
Qui déglingue enfin le blizzard
mardi 6 décembre 2011
Dust, Flesh and Bones

I swear to god I thought it was a sign
This shallow grave recedes with every darkened patch of sky
The withered, wearied features start resembling mine
And in the disparate clamour of the chaos that surrounds you
It's hard to know which of the voices that you hear
Are your own
Some things scar your heart so deeply that a howl is not enough
To adequately purge the soul of pain
Still you yearn for contact but the burden that you shoulder means
you'll never trust a living soul again
And in the disparate clamour of the chaos that surrounds you
It's hard to know which of the voices that you hear
Are your own
This is how it feels to be alone, just like we'll die alone
This is how it feels to be alone
This is how it feels to be alone
This is all that we can call our own
Dust flesh and bone
This is how it feels to be alone
Just like we'll die alone
dimanche 5 juin 2011
Sinon, impossibe de survivre
Pour lire les précédents textes, suivez le tag, et pour en connaître d'avantage sur l'intrigue que je n'ai pas même abordé ici, lisez le livre.
jeudi 4 novembre 2010
I want to see life
where there's music and there's people
who are young and alive
driving in your car
I never never want to go home
because I haven't got one anymore
Take me out tonight
because I want to see people
and I want to see life
driving in your car
oh please don't drop me home
because it's not my home, it's their home
and I'm welcome no more
And if a double-decker bus
crashes in to us
to die by your side
is such a heavenly way to die
and if a ten ton truck
kills the both of us
to die by your side
well the pleasure, the privilege is mine
Take me out tonight
take me anywhere, I don't care
I don't care, I don't care
and in the darkened underpass
I thought Oh God, my chance has come at last
but then a strange fear gripped me
and I just couldn't ask
Take me out tonight
oh take me anywhere, I don't care
I don't care, I don't care
driving in your car
I never never want to go home
because I haven't got one
no, I haven't got one
And if a double-decker bus
crashes in to us
to die by your side
is such a heavenly way to die
and if a ten ton truck
kills the both of us
to die by your side
well the pleasure, the privilege is mine
There is a light that never goes out
There is a light that never goes out
There is a light that never goes out
There is a light that never goes out
Queen is Dead (Rough Trade, 1986)
dimanche 15 août 2010
Lonely at the top
I've been around the world
Had my pick of any girl
You'd think I'd be happy
But I'm not
Everybody knows my name
But it's just a crazy game
Oh, it's lonely at the top
Listen to the band, they're playing just for me
Listen to the people paying just for me
All the applause, all the parades
And all the money I have made
Oh, it's lonely at the top
Listen all you fools out there
Go on and love me, I don't care
Oh, it's lonely at the top
Oh, it's lonely at the top
lundi 3 mai 2010
la solitude n'apprend rien, l'indifférence n'apprend rien
A lire donc, si le cheminement psychologique reliant les différents états décrits dans les trois extraits cités suscite votre curiosité.

Tu n'es pas mort. Tu n'es pas devenu fou.
[...]
Le temps, qui veille à tout, a donné la solution malgré toi.
Le temps, qui connaît la réponse, a continué de couler.
C'est un jour comme celui-ci, un peu plus tard, un peu plus tôt, que tout recommence, que tout commence, que tout continue. [...]
Non. Tu n'es plus le maître anonyme du monde, celui sur qui l'histoire n'avait pas de prise, celui qui ne sentait pas la pluie tomber, qui ne voyait pas la nuit venir. Tu n'es plus l'inaccessible, le limpide, le transparent. Tu as peur, tu attends. Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber.
Note: Toutes les images utilisées en guise d'illustration sont extraites du film du même nom (et du même auteur)
dimanche 24 janvier 2010
Time line
Si j'établis le parallèle avec le roman de Thomas Mann, c'est que dans les deux cas, l'écriture donne à ressentir la perception du temps que l'histoire elle aussi décrit.
Dernier extrait de ce roman dans ce blog, sans rien à voir à mon introduction.
Au lieu de continuer en direction du châtaignier, le colonel Aureliano Buendia se dirigea lui aussi vers la porte de la rue et se mêla aux curieux qui contemplaient le défilé. Il vit une femme toute costumée d'or sur la nuque d'un éléphant. Il vit un dromadaire mélancolique. Il vit un ours vêtu en femme de Hollande qui marquait le rythme de la fanfare avec une louche et une casserole. Il vit des clowns faire des pirouettes en queue de défilé, et il vit à nouveau le misérable spectacle de sa solitude quand tout fut passé et qu'il ne resta plus rien à voir que la plage lumineuse de la rue, l'air rempli de fourmis volantes et quelques curieux penchés au bord du gouffre de l'incertitude. Il se rendit alors sous le châtaignier, pensant au cirque, et voulut continuer d'y penser tout en urinant, mais il n'en retrouva déjà plus trace dans ses souvenirs. Il rentra la tête dans ses épaules comme les poussins et demeura immobile, le front contre le tronc du châtaignier. La famille ne fut au courant que le lendemain, quand Sainte Sophie de la Piété voulut se rendre au fond du jardin pour vider les ordures et eut son attention attirée par le vol d'urubus qui descendait.













