Affichage des articles dont le libellé est David Lynch. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est David Lynch. Afficher tous les articles

lundi 27 janvier 2025

Nothing will die


Never. Oh, never. Nothing will die.
The stream flows, the wind blows,
the cloud fleets, the heart beats.
Nothing will die. 

Je me souvenais d'un film triste et difficile, jalonné de personnages cruels et malsains. Je le visionne à nouveau, agréablement surpris d'y voir autant de rencontres décisives "bienveillantes" qui auront illuminé la vie de John Merrick aka Elephant Man... Tout du moins dans le film de David Lynch.

La patte du réalisateur est discrète (le film est une commande), on la reconnait assurément dans les scènes de début et de fin.

David Lynch, elephant man (1980)

samedi 2 juillet 2022

We're like the dreamer


Près de 8 ans après l'avoir annoncée ici, je viens seulement de visionner la saison 3 de Twin Peaks. J'ai bien sûr été ravi de retrouver des endroits et personnages familiers, côtoyés tout de même pendant une trentaine d'épisodes. Les 25 ans passés depuis la clôture de la saison 2 se voient naturellement sur les visages (autant que sur le nôtre), qu'on découvre avec tendresse et bienveillance.

Les retrouvailles sont cependant loin de se dérouler dans un climat apaisé, tant le début de la saison est déstabilisant. Au final, David Lynch parachève son œuvre de belle manière. Un revisionnage serait bien sûr éclairant (*), mais n'est pas indispensable pour que l'histoire, les images et impressions laissent une trace durable.

*
*      *

Seul extrait que je transposerai ici, ce récit de Gordon Cole (interprété par David Lynch) qui évoque (la vraie) Monica Bellucci.


Last night, I had another Monica Bellucci dream : i was in Paris on a case. Monica called and asked me to meet her at a certain cafe. She said she needed to talk to me. When we met at the cafe, Cooper was there. But I couldn't see his face. Monica was very pleasant. She had brought friends. We all had a coffee. And then she said the ancient phrase : "We're like the dreamer, who dreams and then lives inside the dream."

I told her I understood. And then she said... "But who is the dreamer ?" A very powerful uneasy feeling came over me...



David Lynch, Twin peaks the return (2017)

(*) au moins toutes les scènes en noir et blanc, dans la loge noire, avec S. Palmer et tous les flashbacks...

samedi 25 mars 2017

An illusion


Mulholland Drive, aka le film qu'il faut nécessairement voir deux fois de suite (et de préférence, pas à 15 ans d'écart). S'il vous a paru abscons, l'internet regorge d'explications finalement assez limpides (par exemple ici, ou encore ), basées sur la chronologie réelle des scènes. Entre autres scènes mémorables, il y a celle du Silencio, donnant l'une des clefs du film.


No hay banda! There is no band!
Il n'est pas de orquestra!
This is all...a tape-recording.

No hay banda!
And yet we hear a band.

If we want to hear a clarinette... listen...

Un trombone "à coulisse".
Un trombone "con sordina".

Hear le son... and mute it... drop it...
It's all recorded.

No hay banda!
It's all a tape.

Il n'est pas de orquestra.
It is... an illusion.



David Lynch, Mulholland Drive (2001)

mercredi 15 juin 2016

I'm falling

Hold me. I'm falling! I'm falling! Hold me.

David Lynch, Blue Velvet (1986)


*
*      *

Il aura fallu que j'attende les trente ans de Blue Velvet pour avoir l'occasion de le voir au cinéma. (vivement 2017, qui me permettra peut-être de compléter la filmographie de Lynch par Eraserhead) Tout ce qui fera le Lynch de Twin Peaks, Lost Highway ou Mulholland Drive est déjà là (thèmes, réalisation, ambiance, acteurs, personnages, dialogues)


En bonus, une autre image d'Isabella Rossellini et Kyle MacLachlan - juste parce qu'ils sont mignons

lundi 22 février 2016

Don't you fucking ever tailgate!

Je retrouve parmi mes "brouillons" trace d'un de ces moments drôlatiques comme il peut y en avoir dans les films de Lynch... Ou comment un gangster fini perd son sang-froid à cause d'une queue-de-poisson et en vient à sermonner un automobiliste en reprenant le discours de la Sécurité Routière.


Don't tailgate! Don't you fucking ever tailgate! Do you know how much space is needed to stop a car traveling at 35 miles per hour? Six car lengths! Six fuckin' car lengths! That's a hundred and six fuckin' feet, mister! If I had to stop suddenly, you woulda hit me! I want you to get a fuckin' driver's manual, and I want you to study that motherfucker! And I want you to obey the the goddamn rules of the road! Fifty-fuckin' thousand people were killed on the highways last year 'cause of fuckin' assholes like you! Tell me you're gonna get a manual!

Lost Highway, David Lynch (1997)

mardi 25 novembre 2014

Rien ne sera bientôt plus

Comme chacun de vous, j'ai appris il y a peu que David Lynch et Marc Frost réactiveraient prochainement la série Twin Peaks, écriraient et produiraient 9 nouveaux épisodes, pour une diffusion courant 2016.

Ce que j'ignorais, c'est que le timing ne devait rien au hasard.
Twin Peaks, dernier épisode, Between Life and Death (1991) :



1991 + 25 = 2016 (donc)


*
*       *

Si 2016 sera l'année d'une renaissance, 2014 pourrait bien être celle d'un fin annoncée.
La fin de Rien. Extrait de la newsletter envoyée dimanche dernier.

La plaisanterie n'a pas assez duré, elle a duré ce qu'il fallait. Il devait être minuit et demi dans ce squat grenoblois, le premier décembre 1999, t'en souvient-il ? Vous portiez des bonnets péruviens pour jouer un rock languide sur fond de chants de baleines. Vous êtes sortis de scène sous une timide salve d'applaudissements. Tu t'es retourné vers moi et tu m'as dit «ceci durera quinze ans ».

Le premier décembre 2014. La promesse sera tenue.

Rien ne sera bientôt plus. Juste le temps de sortir un dernier disque, d'honorer une dernière tournée, de terminer le boulot correctement par respect des mêmes principes qui nous poussent à suicider l'aventure à tout jamais. Si dans vingt ans, Thom Yorke se déplace en personne de son aéronef planant au-dessus de l'Ardèche pour nous demander un concert exceptionnel, on lui crachera à la gueule. Qui est-il pour mettre en doute la parole donnée ? Certaines personnes se croient tout permis.

Vendredi, je verrai en effet mon douzième et dernier concert du groupe grenoblois RIEN. D'ici peu, mon t-shirt RIEN (1999-2014) acheté en 2006 aura perdu de son impact. Au final, 
"Requiem pour des baroqueux", "Il ne peut y avoir de prédiction sans avenir", "3", "2", et bientôt "1" [pré-écoute] constitueront donc leur discographie complète.


"Ci-gît Rien, et rien d'autre"


Qu'allons nous devenir lorsque nous n'aurons plus Rien ?




Centenaire+ Aquaserge + Rien, en concert Vendredi 28 novembre
@ Maroquinerie, (soirée Gonzaï)

RIEN, 1 (L’Amicale underground, 2014)

vendredi 26 septembre 2014

The worst part about being old


Alvin Straight: You don't think about getting old when you're young... you shouldn't.

Cyclist #1: Must be something good about gettin' old?

Alvin Straight: Well I can't imagine anything good about being blind and lame at the same time but, still at my age I've seen about all that life has to dish out. I know to separate the wheat from the chaff, and let the small stuff fall away.

Cyclist #2: So, uh, what's the worst part about being old, Alvin?

Alvin Straight: Well, the worst part of being old is rememberin' when you was young.


David Lynch, a straight story (1999)

dimanche 6 avril 2014

Best movie opening credits ever



Il est bon dans une vie de savoir qu'il y a des films de David Lynch qu'on n'a pas encore vus... "Lost Highway" était de ceux-là.
La surprise était d'autant meilleure que j'ignorais complètement le pitch (l'associant inconsciemment au "Crash" de Cronenberg sorti dans la même période).

L'obscurité se fait, la bobine démarre, et là, j'assiste à une séquence d'opening credits saisissante, que je qualifie sans conteste de Best movie opening ever.


Play it loud and fullscreen (double-clic)

Lost Highway, David Lynch (1997)
David Bowie, I'm deranged (Outside, 1995)
*
*      *

J'ignore qui a pour la première fois exprimé l'idée selon laquelle la construction de ce film ressemblait à celle d'un ruban de Moebius, mais c'est très très bien vu.
Deux faces qui n'en forment qu'une, et une structure en boucle.

(le ruban de Mobius présente en effet la particularité d'avoir un seul bord, et une unique face. Coupé dans le sens de la longueur, il constitue toujours unique objet. Fascinant, n'est-il pas?)

*
*      *

Bonus :
Get Well Soon - I'm Deranged (David Bowie Cover)


vendredi 28 mars 2014

I like to remember things my own way

Ed: Do you own a video camera?
Renee : No. Fred hates them.
Fred : I like to remember things my own way.
Ed : What do you mean by that?
Fred : How I remembered them. Not necessarily the way they happened.


Lost Highway, David Lynch (1997)

dimanche 26 janvier 2014

Ce "meilleur des mondes possibles"

Dans l'article reprenant un dialogue de la série True Detective que je publiais la semaine passée , le détective Rust Cohle se référait à la notion de "pessimisme" en philosophie.

Je saisis cette opportunité pour revenir au "Monde comme volonté et représentation" (dont j'ai déjà cité de nombreux extraits) et ainsi illustrer ce terme, qui est souvent le premier qualificatif qui vient à l'esprit, lorsqu'il est question de Schopenhauer.

Chacun qui est sorti de ses premiers rêves de jeunesse, qui considère son expérience propre et celle d’autrui, qui a promené son regard dans la vie, dans l’histoire du passé et de son époque, et enfin dans les œuvres des grands poètes, celui-là, à supposer qu'aucun préjugé profondément ancré et indélébile ne paralyse sa faculté de juger, admettra la conclusion que le monde des hommes est l'empire du hasard et de l'erreur qui y gouvernent sans pitié, à petite comme à grande échelle, épaulés par la bêtise et la méchanceté qui agitent leur fouet. C'est ce qui explique que le meilleur ne perce que péniblement, que le noble et le sage ne se manifestent que très rarement et ne trouvent guère influence ou audience, alors que l'absurde et le faux dans le domaine de la pensée, le plat et le banal dans le domaine de l'art, le méchant et le perfide dans le domaine de la conduite, continuent effectivement d'exercer leur empire, lequel n’est perturbé que par de brèves interruptions. Par contre, l'excellent en tout genre n'est toujours qu'une exception, un cas parmi des millions, et, lorsqu'il s’est déclaré dans une œuvre durable, celle-ci, après avoir survécu à l'animosité de ses contemporains, se tient isolée, conservée comme une météorite tombée d’un autre ordre de choses que celui qui domine ici-bas. [...]

Si enfin on mettait sous les yeux de chacun les douleurs et les tourments terribles auxquels sa vie est constamment exposée, il serait figé d'effroi; et si on conduisait l’optimiste le plus borné à travers les hospices, les lazarets et les salles d’opérations chirurgicales, dans les prisons, les chambres de torture et les étables à esclaves, sur les champs de bataille et aux lieux de supplice, si on lui dévoilait ensuite tous les obscurs logis où la misère se cache des regards de la froide curiosité [...], il finirait certainement par comprendre lui aussi la nature de ce meilleur des mondes possibles. Car où Dante aurait-il puisé la matière pour son Enfer sinon dans ce monde réel qui est le nôtre ? Et encore, c'est devenu un Enfer plutôt bien ordonné. Mais lorsqu'il devait s'atteler à la tâche de dépeindre le Ciel et ses joies, il était confronté à une difficulté insurmontable, car notre monde n’offre pas du tout le matériau à cette fin. [...]

Et de conclure (attention, c'est radical) :
A mon sens l'OPTIMISME, lorsqu'il n est pas le bavardage irréfléchi de ceux qui derrière leur front bas n’abritent rien d'autre que des mots, n’est pas seulement une manière de penser absurde, mais aussi véritablement INFÂME, car elle revient à railler et à mépriser les souffrances sans nom de l'humanité.

Une nouvelle fois dans ces colonnes, je me permets un rapprochement avec des dialogues entendus dans Twin Peaks :

- James, don't leave ... It's not our fault!
- It doesn't matter. Don't you see? Nothing we do matters. Nothing's ever going to change. It doesn't matter if we're happy when the rest of the world goes to hell.

La pauvre Donna n'a pas le temps de répliquer, que James a déjà enfourché sa moto, et est sorti du cadre. Bien sûr, la question qui vient à l'esprit, est celle que formule immédiatement Hart à l'endroit de son collègue dans True Detective :

Hart : So, what’s the point of getting out of bed in the morning?
Cohle: I tell myself I bear witness, but the real answer is that it’s obviously my programming. And I lack the constitution for suicide.

Pour être tout à fait complet, je cite la réponse de Schopenhauer :
Si le suicide nous en offrait réellement la possibilité, en sorte que l'alternative «être ou ne pas être» se présentait au sens le plus concret, alors il faudrait absolument le choisir, comme un dénouement éminemment désirable (a consummation devoutly to be wish’d), Mais quelque chose en nous dit qu’il n’en sera pas ainsi, que ce ne sera pas terminé, que la mort ne sera pas un anéantissement absolu.

Twin Peaks (E16), David Lynch (1990)
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et Représentation (1819)

Que mon lectorat se rassure, après ses propos noirs et durs, un prochain article se chargera de louer l'Optimisme.

samedi 3 août 2013

Have you ever experienced absolute loss?

Have you ever experienced absolute loss?
It's more than grief. Its deep down inside. Every cell screams.
You can hear nothing else.


Voici comment je m’explique que la folie est souvent occasionnée par une souffrance véhémente de l’esprit, par des événements terribles et imprévus. En tant qu'événement réel, toute souffrance de cette espèce est toujours limitée au présent, elle n’est donc qu'éphémère et, dans cette mesure, elle n'est pas encore excessivement pesante: elle ne devient outrancièrement lourde que lorsqu'il s'agit d'une douleur durable; or, comme telle, la souffrance n'est qu'une pensée et réside donc dans la MEMOIRE : si un tel chagrin, un tel savoir ou souvenir douloureux, est atroce au point de devenir purement et simplement insupportable, au point que l’individu risque d'y passer, alors la nature ainsi angoissée recourt à la FOLIE comme à l'ultime moyen de sauver la vie: l’esprit tant tourmenté déchire alors en quelque sorte le fil de sa mémoire, comble les trous par des fictions et se réfugie ainsi dans la folie face à cette douleur qui dépasse ses forces, à l'instar d'un membre brûlant qu’on ampute pour le remplacer par un membre en bois — Qu’on prenne comme exemple Ajax enragé, le roi Lear et Ophélie, car les créatures du génie authentique, auxquelles seules on peut se référer ici comme étant universellement connues, égalent dans leur vérité les personnes réelles: l’expérience réelle montre d’ailleurs souvent tout à fait la môme chose. Un cas analogue, mais affaibli, de cette espèce de passage de la douleur à la folie nous est fourni par le fait que bien souvent, nous cherchons à chasser de manière quasi mécanique un souvenir pénible, qui revient subitement, par une remarque à voix haute ou par un mouvement, nous cherchons à en détourner notre propre attention, à nous en distraire de force. —

Twin Peaks (E11), David Lynch (1990)
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et Représentation (1819)

De nouveau, un peu de Schopenhauer appliqué... le paragraphe qui précède pourra sembler ne pas porter en soi d'idée novatrice, et pour cause : la théorie de la folie qui y est développée est "conforme à ce qui est aujourd'hui admis" (dixit Wikipedia). On est cependant au début du XIXème siècle, qui plus est avant l'essor de la psychologie. Carl Jung (1875 - 1961 / collaborateur à ses débuts de Freud) parlera même à un moment donné de la psychologie comme une continuation de « l'héritage de Schopenhauer ».

-

De manière annexe, Alain reprendra lui aussi plus tard l'idée selon laquelle la folie constitue un cas "grossi", amplifié, de nos comportements ou erreurs.

jeudi 6 septembre 2012

A circle of pain, a circle of suffering

As the night wind blows, the boughs move to and fro.
The rustling, the magic rustling that brings on the dark dream.
The dream of suffering and pain.
Pain for the victim, pain for the inflicter of pain.
A circle of pain, a circle of suffering.
Woe to the ones who behold the pale horse.

Twin Peaks (E14), David Lynch (1990)

Je viens de passer 2,5 mois à lire "Le Monde comme volonté et représentation" (tome 1), donc ça teinte forcément ma vision des choses. Les paroles de la Log Lady de Twin Peaks revêtent même des accents schopenhauriens, c'est dire.


Pain for the victim, pain for the inflicter of pain.
A circle of pain, a circle of suffering.


[...] la volonté étant l'en-soi de tout phénomène, le tourment affligé à autrui et celui éprouvé par soi-même, la méchanceté et le mal, ne touchent toujours que cette même et unique essence, quoique les phénomènes, par lesquels se manifeste l'un comme l'autre, se présentent comme des individus tout à fait différents, séparés même par l'éloignement dans le temps et dans l'espace. [...] la différence entre celui qui inflige la douleur et celui qui doit la supporter n'est qu'un phénomène et ne concerne pas la chose en soi, laquelle est la volonté qui vit en tous les deux et qui, dans ce cas, abusée par la connaissance attachée à son service, se méconnaît elle-même et, en cherchant un bien-être accru dans l'UN de ses phénomènes, produit une grande souffrance dans l'AUTRE ; c'est ainsi que sous une impulsion véhémente, elle enfonce ses crocs dans sa propre chair, ignorant qu'elle ne blesse toujours qu'elle-même, et révèle de cette manière, par l'intermédiaire de l'individuation, ce conflit avec elle-même qu'elle porte en son sein. Le bourreau et la victime ne font qu'un.

Ceci sans même parler des remords ou troubles de conscience, que Schopenhaueur évoquera plus tard.

Je ne souhaite pas m'attarder sur ce texte, d'une part parce que le temps n'est pas encore venu d'aborder cet ouvrage (d'autant qu'il faudra en passer par Kant, ne serait-ce que pour comprendre l'oppostion entre "chose en soi" et "phénomène"), d'autre part parce que c'est limite la partie de son "système" à laquelle j'adhère le moins : j'en serais donc un piètre avocat.

Le Monde comme volonté et représentation (Livre IV, §63),
Arthur Schopenhaueur (1819)

mercredi 29 août 2012

Histoire sans paroles


Twin Peaks (E10), David Lynch (1990)

Vous aurez noté la formidable palette d'expressions de James...

samedi 4 août 2012

Love

Sheriff Truman : Anything we should be working on?
Albert Rosenfield : Yeah. You might practice walking without dragging your knuckles on the floor. Heh heh heh.
Sheriff Truman : Albert! Let's talk about knuckles. The last time I knocked you down, I felt bad about it, the next time's gonna be a real pleasure.
Albert Rosenfield : You listen to me. While I will admit to a certain cynicism, the fact is that I am a naysayer and hatchet-man in the fight against violence. I pride myself in taking a punch and I'll gladly take another because I choose to live my life in the company of Gandhi and King. My concerns are global. I reject absolutely: revenge, aggression and retaliation. The foundation of such a method... is love. I love you Sheriff Truman.
Dale Cooper: Albert's path is a strange and difficult one.

Twin Peaks (E10), David Lynch (1990)

mercredi 20 juin 2012

Is life a puzzle?

Revoir le film m'aura immanquablement donné envie de me plonger à nouveau dans la série... plus de 10(?) ans après un premier visionnage de Twin Peaks.

Note n°1 (à destination des profanes) : Pas de spoiler ici, seulement des propos énigmatiques dispensés par la log lady, dans l'introduction de chaque épisode
Note n°2 (toujours à destination des profanes) il faut voir la série PUIS le film.


Hello again. Can you see through a wall? Can you see through human skin? X-rays see through solid, or so-called solid objects. There are things in life that exist, and yet our eyes cannot see them. Have you ever seen something startling that others cannot see? Why are some things kept from our vision? Is life a puzzle?

I am filled with questions. Sometimes my questions are answered. In my heart, I can tell if the answer is correct. I am my own judge.

In a dream, are all the characters really you? Different aspects of you? Do answers come in dreams ?

One more thing: I grew up in the woods. I understand many things because of the woods. Trees standing together, growing alongside one another, providing so much.

David Lynch, Twin Peaks (E08)

jeudi 24 mai 2012

The tender boughs of innocence

When this fire starts, it is very hard to put out. The tender boughs of innocence burn first, and the wind rises... And then all goodness is in jeopardy.

David Lynch, Twin Peaks - Fire Walk with me (1992)

jeudi 17 mai 2012

Falling

Donna: Do you think if you were falling in space you would slow down after a while, or go faster and faster ?
Laura: Faster and faster. And for a long time you wouldn't feel anything... Then you'd burst into fire. Forever. And the angels wouldn't help you, because they've all gone away.
David Lynch, Twin Peaks - Fire Walk with me (1992)

dimanche 12 décembre 2010

la réforme sociale la plus utile jamais accomplie - Brune / Blonde (Part.2)



Le calendrier me fait établir le parallèle entre ces quelques articles et l'exposition Brune Blonde en ce moment et jusqu'au 16 janvier à la Cinémathèque.
J'exhume ici d'un carnet de notes écrits par le passé un passage de La Valse aux Adieux, de Kundera.
S'en suit une tirade sur les "blondes".

Les cheveux blonds et les cheveux noirs, ce sont les deux pôles de la nature humaine. Les cheveux noirs signifient la virilité, le courage, la franchise, l'action, tandis que les cheveux blonds symbolisent la féminité, la tendresse, l'impuissance et la passivité. Donc une blonde est en réalité doublement femme. Une princesse ne peut être que blonde. C'est aussi pour cette raison que les femmes, pour être aussi féminine que possibles, se teignent en jaune et jamais en noir. […] Une blonde s'adapte inconsciemment à ses cheveux. Surtout si cette blonde est une brune qui se fait teindre en jaune. Elle veut être fidèle à sa couleur et se comporte comme un être fragile, une poupée frivole, une créature exclusivement préoccuppée de son apparence, et cette créature exige de la tendresse et des services, de la galanterie et une pension alimentaire, elle est incapable de rien faire par elle-même, elle est toute délicatesse dehors et au dedans toute grossièrté. Si les cheveux noirs devenaient une mode universelle, on vivrait nettement mieux en ce monde. Ce serait la réforme sociale la plus utile que l'on ait jamais accomplie.

Milan Kundera, la valse aux adieux (1970)

J'avais trouvé curieux de lire de tels mots résonnant avec les clichés aujourd'hui véhiculés, et pourtant écrits en 1970.
Je ne me souviens plus du contexte de ce passage, ni de qui le prononce.
J'avertis mes lectrices et lecteurs que le reproduire ici ne signifie pas souscrire à ces idées un brin mysogines (tout est dans le "doublement femme").


Illustration tirée de :
Mulholland Drive, David Lynch (2001)

dimanche 29 août 2010

Streamside Day

L'une des oeuvres que j'aurai durablement retenue, dans l'exposition Dreamlands qui s'est terminée le 9 août au Centre Pompidou, aura été cette court métrage de Pierre Huyghe : "Streamside Day".

J'en retrouve aujourd'hui, par hasard, des images sur internet.



Se dégageait de ce film une étrange atmosphère, quasi lynchienne. Je renoue avec la vidéo du dimanche, en vous proposant un aperçu, via la première moitié du court-métrage, seule trace que j'ai réussi à trouver sur internet.
Ce sera donc très incomplet, d'autant que les images "qui restent" figurent plus dans la deuxième moitié.



Quelques autres images...


Si je ne devais mettre en lumière qu'un aspect visuel de la comparaison avec lynch, ce serait ces déguisements d'homme à tête d'animaux.


Ce qui est d'ailleurs un trait commun avec (feu) Mark Linkous / Sparklehorse (outre le projet Dark Night of the Soul), tel qu'il apparaissait parfois sur ses photos (inquiétantes) promos.





Aux dernieres nouvelles, l'homme à la tête de cheval a été aperçu dans les rues d'Aberdeen, Ecosse (cf. Google maps, en mode Street View. Les vues les plus nettes ont été effacées, mais on le distingue sur le lien que je vous ai mis. Avant que Google n'intervienne, ça donnait ça:)



Pierre Huyghe, Streamside Day (2003)
David Lynch, Inland Empire (2006)