mardi 25 octobre 2022

Tier List "Songs: Ohia"


Un premier single pour happy fews paru sur Palace Records, une signature ensuite sur Secretly Canadian, et la carrière de Jason Molina était lancée. Le natif de l'Ohio publiera sous les appellations Songs: Ohia, Magnolia Electric Co et sous son nom propre... jusqu'à son décès prématuré en 2013 à 39 ans. Musicalement, il débute dans une veine folk dans laquelle il finira par se sentir à l'étroit, préférant la puissance d'un son rock/country alternatif qui trouvera sa meilleure expression dans l'album parfait "Magnolia Electric co." (seulement 3ème dans ma tier list : c'est dire....)


SONGS: OHIA
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MÉMORABLES
Songs: Ohia - Ghost Tropic (2000)
Songs: Ohia - The Lioness (2000) [!]
Songs: Ohia - Magnolia Electric Co. (2003)
 

REMARQUABLES 
Songs: Ohia - Axxess & Ace (1999)
Songs: Ohia - [Black album] (1997)


AGRÉABLES
Songs: Ohia - Impala (1998)
Jason Molina - Pyramid Electric Co. (2004)
Songs: Ohia - Hecla & Griper (1998)
Jason Molina - Let Me Go, Let Me Go, Let Me Go (2006)
Magnolia Electric Co. - Fading Trails (2006)


DISPENSABLES
Songs: Ohia - Didn't It Rain (2002)
Magnolia Electric Co. - What Comes After the Blues (2005)
Magnolia Electric Co. - Josephine (2009)
Jason Molina - Autumn Bird Songs (2012)
Molina and Johnson (2009)


(*) Parmi mes disques favoris, tout groupe / artiste confondu
(**) très bons albums
(***) bons albums
(****) moins réussis / plus inégaux
[!] album par lequel j'ai connu le groupe

jeudi 20 octobre 2022

Propension à l'horizontalité

Nancy déborde d'énergie. Elle m'accuse de me plaindre sans cesse, elle ne comprend pas qu'un homme qui n'a pas un endroit pour geindre ne peut pas être un homme normal. Elle m'accuse de ne jamais l'aider, elle m'accuse, lorsque nous allons quelque part, de m'affaler sur le lit pendant qu'elle défait les bagages, elle ne comprend pas que je suis toujours plus fatigué qu'elle. Elle, même fatiguée, n'a pas de propension à l'horizontalité, moi je suis d'une lignée de vautrés, de renoncés de la ceinture abdominale. Nancy ignore la misère du corps. Et de la même façon, réfute le tragique de la vie.

Yasmina Reza, Heureux les heureux (2013)

Yasmina Reza Reza, une dizaine de pièces de théâtre à son actif, et quatre romans. Parmi ces derniers, trois que j'aurai vraiment apprécié, et "heureux les heureux", au bout duquel je ne suis pas allé. La faute, peut-être, à cet enchevêtrement de personnages et de pensées, dans lequel je n'ai pu déceler de direction claire, impression renforcée par la mise en page de son édition poche (gros caractères, ruptures de paragraphes peu visibles). Je tâcherai d'y revenir. Ce sera en tout l'unique extrait que je citerai, tandis que "Babylone" et "Hommes qui ne savent pas être aimés" auront plus d'échos dans ces colonnes.

mardi 18 octobre 2022

Une année en Normandie

Un peu de lumière printanière, alors que nous sommes au plein coeur de l'automne, avec deux "échantillons" de l'oeuvre quasi-impressionniste de David Hockney présentée l'an passé au Musée de l'Orangerie. Résident du pays d'Auge en Normandie, l'artiste a usé de sa technique de peinture sur ipad (numérique, donc) pour produire une fresque de 18 mètres de long. La parcourir revient à évoluer non seulement dans l'espace, mais également dans le temps, puisqu'on y voit les quatre saisons se succéder.



David Hockney, A Year in Normandy (2021)

mercredi 5 octobre 2022

Tell me again

 

Ainsi donc, au terme de six saisons, c'en est fini de "Better Call Saul"... Avec cette série se referme l'univers de "Breaking Bad", né à la télévision en 2008. La première étant un spin-off de la seconde. Les personnages principaux campés par Bryan Cranston et Aaron Paul possédaient respectivement un tel charisme et un tel capital sympathie que l'annonce en 2014 d'une série consacrée à un personnage secondaire, certes fantasque, m'avait alors laissé perplexe. Ce personnage, c'était Saul Goodman ("it's all good, man"), avocat des crapules en tout genre, narrativement dénué de toute "back story".

Deux raisons de ne pas m'y attacher.

Or, back story, il y eut. Comment imaginer qu'avant "Saul Goodman", était un certain Jimmy McGill, terriblement humain. La série prend son temps, pourtant, chaque épisode, chaque moment est nécessaire pour comprendre la genèse de Saul Goodman. Ajoutons enfin un nombre de rôles qu'on n'ose qualifier de secondaires tant ils sont construits, attachants ou intrigants. Même parmi les "méchants". La série mêle avec brio le récit de petites escroqueries et de méfaits du crime organisé.

Côté "fan service", on n'est évidemment pas déçu de la manière dont sont égrainés les visages connus à mesure que la série progresse. Soyons en sûr, dès le premier épisode, et comme pour Breaking Bad, les créateurs de la série en connaissaient la conclusion. Maîtrise de la narration et de la réalisation achèvent de faire de cette série une oeuvre qui restera, et qu'on reverra avec plaisir dans une dizaine d'année.

Better Call Saul, Vince Gilligan, Peter Gould (2014-2021)