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vendredi 24 juin 2022

Le département du Cantal

 Elections législatives 2022, 89 députés "Rassemblement National"... Banalisation/normalisation de leurs idées, stratégie de dédiabolisation menée par MLP depuis de nombreuses années, siphonnage des partis traditionnels de gauche et droite menée par EM, on en est donc là.

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Un dimanche dans une famille française, désespérée de ne trouver aucun sujet de conversation.
Vu par l'excellent Fabcaro.





Fabcaro, Formica: Une tragédie en trois actes (2019)

lundi 25 janvier 2021

Du triomphe à bons frais

Il faudrait décidément presque citer intégralement ce livre de Virginie Despente. Je retiens ce prochain extrait, car il résonne avec des débats affrontements d'idées récents, comme par exemple ceux qui suivirent  les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne. A ma droite, on y vit la preuve de la criminalité consubstantielle à l'immigration. A ma gauche, on se refusa d'instrumentaliser ce fait alors que les agressions sexuelles sont finalement assez uniformément réparties. Le premier camp reprocha au second de rester muet face à de telles mésactions, et le second, au premier, de ne s'intéresser à l'oppression masculine que lorsqu'elle était le fait d'étrangers. 

Quand, à la télé, consternés, ils passent en boucle des images de « Happy slapping », un gamin qui met une trempe à une fille qu'il dépasse de deux bonnes têtes et de facile quinze kilos, en se faisant filmer par un pote pour ensuite frimer devant d'autres mecs, on nous montre ça comme pour dire : « Ces musulmans, fils de parents polygames, ils n'ont aucun respect de la femme, on n'en peut plus. » Sauf que c'est exactement ce que vous faites dans un tiers de la littérature masculine blanche. Raconter comment vous profitez de vos statuts de dominants pour abuser de gamines que vous choisissez parmi les plus faibles, raconter comment vous les trompez les baisez les humiliez, pour vous faire admirer par vos potes. Du triomphe à bons frais. [...] Dans un tiers de la production cinématographique blanche contemporaine, regardez ce qu'on leur fait, aux filles. Triomphes de lâches. C'est qu'il faut rassurer les hommes. Ça passe par là.

Virginie Despentes, King Kong Théorie (2006)

jeudi 8 février 2018

Les autres

Autre personnage loufoque de "Lune captive dans un œil mort", Maxime, "white male" (comme on dirait aujourd'hui), puant, misogyne, homophobe, raciste... Alors, forcément, quand il se sent menacé par la proximité d'un campement de gens du voyage, ça donne des dialogues savoureux. 

Marlène était parvenue à improviser un petit en-cas constitué de biscottes, de sardines à l'huile et de tomates.
— À la guerre comme à la guerre!... Tu sais ce qu'ils mangent, les gitans ?
— Non?
— Du hérisson ! Parfaitement, du hérisson.
— C'est normal. On en voit beaucoup écrasés au bord des routes... Gitans, route, hérisson... C'est logique.
— C'est idiot ce que tu dis... On trouve aussi des enjoliveurs au bord des routes, ils ne bouffent pas des enjoliveurs...
— Non. ils les volent. On dit qu'ils peuvent démonter une voiture le temps qu'on aille acheter son pain.
— Parle pas de pain! Ces fumiers-là nous obligent à manger des biscottes. C'est pratique, pour saucer!...

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... un peu plus tard...

— On voit bien que vous ne les connaissez, pas! Ce sont les rois de la dissimulation, du camouflage! On ne les voit pas, on se croit tranquille et paf! On se retrouve avec un couteau planté dans le dos!
— Vous exagérez, Maxime!
— Pas du tout, Odette! J'ai fait la guerre, moi, je sais ce que c'est qu'une embuscade...
— Vous avez fait la guerre aux gitans ?
— Mais non! Mais ils sont tous pareils...
— Qui ça, «ils » ?
— Les autres ! Tout ceux qui veulent notre peau, nos biens!... Et puis merde! Si vous préférez fermer les yeux et attendre qu'on vienne vous égorger dans votre lit, ça vous regarde!

Pascal Garnier, Lune captive dans un œil mort (2009) 

mardi 30 mai 2017

I want your eyes

Parfait complément de "I am not your negro" (dans un tout autre style), "Get Out", en ce moment au cinéma...

jeudi 4 mai 2017

An emotional poverty so bottomless

I have always been struck, in America, by an emotional poverty so bottomless, and a terror of human life, of human touch, so deep that virtually no American appears able to achieve any viable, organic connection between his public stance and his private life. This failure of the private life has always had the most devastating effect on American public conduct, and on black-white relations.

If Americans were not so terrified of their private selves, they never would have become so dependent on what they call "the Negro problem". This problem, which they invented in order to safeguard their purity, has made of them criminals and monsters, and it is destroying them. And this, not from anything blacks may or may not be doing but because of the role of a guilty and constricted white imagination as assigned to the blacks.

If Americans were not so terrified of their private selves, they would never have needed to invent and could never have become so dependent on what they still call ‘the Negro problem.’ This problem, which they invented in order to safeguard their purity, has made of them criminals and monsters, and it is destroying them; and this not from anything blacks may or may not be doing but because of the role a guilty and constricted white imagination has assigned to the blacks… People pay for what they do, and, still more, for what they have allowed themselves to become. And they pay for it very simply: by the lives they lead. The crucial thing, here, is that the sum of these individual abdications menaces life all over the world.

Propos de James Baldwin entendus dans
I am not your negro, Raoul Peck (2017)


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Bonus citation :

"It is certain, in any case, that ignorance, allied with power,
is the most ferocious enemy justice can have."

vendredi 28 avril 2017

All men are brothers - That's the bottom line

Le docu - ce terme est réducteur, s'agissant ici d'un véritable objet cinématographique - à voir du moment, c'est "I am not your negro" ("Je ne suis pas votre nègre", en VF). Le réalisateur Raoul Peck nous donne à voir et comprendre la longue lutte pour les droits civiques des noirs américains, sur la base des écrits et d'un projet littéraire inachevé du brillant écrivain James Baldwin (1924-1987).

L'Histoire est connue (tout du moins dans ses grandes lignes), mais c'est sa réalité tangible dont le spectateur prend ici conscience. Sans concession, mais en toute intelligence. (Ai-je déjà écrit que ce James Baldwin était brillant?)

Plus largement, est-ici posée la problématique d'une Nation qui n'accepte pas tous ses enfants...


I can't be a pessimist because I'm alive. To be a pessimist means that you have agreed that human life is an academic matter, so I'm forced to be an optimist. I'm forced to believe that we can survive whatever we must survive. But the future of the Negro in this country is precisely as bright or as dark as the future of the country. It is entirely up to the American people and our representatives -- it is entirely up to the American people whether or not they are going to face, and deal with, and embrace this stranger whom they maligned so long.
What white people have to do, is try and find out in their own hearts why it was necessary to have a nigger in the first place, because I'm not a nigger, I'm a man, but if you think I'm a nigger, it means you need it and you got to find out why. And the future of the country depends on that.

Raoul Peck, I am not your negro (2017)
au cinéma à partir du 20 mai, sur arte+7 pendant 4 jours encore