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vendredi 29 novembre 2024

Un mauvais vivant

Il y a les bons et les mauvais
Je suis un mauvais vivant
En guerre, jamais en paix
Toujours prêt à contrer les bons vivants
Mauvais vivant
Cela dit bon perdant
Respirant lentement
Traînant, râlant, rechignant
Mais bien présent
Avançant à faible allure
Allant là où il vente
Toujours plus immature
Luttant contre la pente
J′avoue je vis en reculant
J'avoue je suis un peu lent
J′avoue je vis en reculant
Je suis un mauvais vivant
J'ai tout le temps de prendre
Du bon temps par mauvais temps
En attendant, je prends
La pose du mauvais vivant
Par les temps qui courent
Je marche lent, je suis un opposant
Je suis contre si vous êtes pour
Râlant, traînant, rechignant
Toujours à contretemps

Bertrand Betsch - Un mauvais vivant
La Soupe à la grimace (1997)

jeudi 22 décembre 2022

2022, un palmarès

Et voici mon bilan (principalement) musical de l'année écoulée.
Playlist à suivre d'ici quelques jours.




Les Albums
Daniel Rossen - You Belong There
Built to Spill - When The Wind Forgets Your Name
the Smile - A Light for Attracting Attention
Kiwi Jr. - Chopper
Birds in Row - Gris Klein

Gwendoline - Apr​è​s c'est gobelet!
the Reds, Pinks And Purples - Summer At Land's End / / They Only Wanted Your Soul
Marlowe - Marlowe 3
Melody's Echo Chamber - Emotional Eternal
Ari Roar - Made to Never Use


Mais aussi
Alex G - God Save The Animals
Alvvays - Blue Rev (*)
the Beths - Expert in a Dying Field
Bertrand Betsch - J'ai horreur de l'amour
Big Thief - Dragon New Warm Mountain I Believe In You
C'MON TIGRE - scenario
Cola - deep in view
Dehd - Blue Skies
Eggs - A Glitter Year
Flasher - Love Is Yours
Florent Marchet - Garden party (*)
Ghost Woman - s/t
Horsegirl - Versions of Modern Performance
Hot Chip - Freakout Release
Jenny Hval - Classic Objects
Jérôme Minière - La Mélodie, Le Fleuve et La Nuit (*)
Kenny Beats - Louie
Kurt Vile - (watch my moves)
Martin Courtney - Magic Sign
Pan American - The Patience Fader
Pedro the Lion - Havasu
Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky
Roc marciano & the alchemist - the elephant man’s bones pimpire edition
Rolling Blackouts Coastal Fever - Endless Rooms
Sorry - Anywhere But Here (*)
Spoon - Lucifer On The Sofa
Stupeflip - Stup Forever


Les morceaux
(en plus de tous ceux figurant dans les albums ci-dessus) :
Basia Bulat - Go On ; Caroline - Good morning (red) ; Ex-voto - Comme la fin du mondeMauvais Sang - Décor ; Mountain Goats (the) - Need More BandagesOld Fire - Corpus (feat. Bill Callahan) Spiritualized - I'm Coming Home AgainWet Leg - Chaise Longue


Des concerts
08/03 Gwendoline @ Boule noire
20/04 Rhume @ Petit bain
03/04 Porridge Radio @ Boule noire
16/09 Kiwi Jr. @ Boule noire
05/11 Marlowe @ Sacré


Des séries
Better Call Saul / Fleabag


Des films
incroyable mais vrai (Quentin Dupieux)


Jeux-vidéo
Celeste

mardi 26 octobre 2021

Le bruit de ma déconvenue

Toi que je n’ai jamais aimée
Pas faute d’avoir essayé
Paupières lourdes grande fatigue
Et larmes sourdes que rien n’endigue

Toi que je n’ai jamais connue
Dont je n’ai jamais franchi le seuil
Telle une mariée mise à nue
Qu’aucun désir jamais ne cueille

La vie est un poème
Qui ne dit jamais je t’aime

Toi que je n’ai jamais comblée
Et cet enfant que je ne t’ai pas donné
Entends-tu ce tohu-bohu
C’est le bruit de ma déconvenue

Toi à qui je n’ai donné
Que le fruit de mon amertume
Dans le fossé git le passé
Dans le lit rien que l’écume

La vie est un poème
Qui ne dit jamais je t’aime

Toi l’avenir va je t’oublie
Toi le présent je t’injurie
Je dis tant tard je dis tant pis
Tout maintenant s’évanouit

Toi que je n’ai jamais croisé
Pas même au détour d’un escalier
Au fond je l’ai toujours su
L’amour est un pari perdu

La vie est un poème
Qui ne dit jamais je t’aime

Bertrand Betsch, Tant tard
J'ai horreur de l'amour (2022)

Bertrand Betsch, plus prolifique depuis qu'il est passé à l'auto-production et au financement participatif, s'apprête à sortir un nouvel album, dont est extrait le titre ci-dessus.

Il en parle mieux que moi sur cette page, depuis laquelle vous pouvez déjà précommander votre exemplaire. Est prévu également un album de reprises, ce qui m'enthousiasme moins... quoique je suis hypé à l'idée d'y entendre un morceau de Herman Düne !

lundi 2 mars 2015

Enfin, la vie apprivoisée

En douceur, en profondeur
Dans l’écume du destin
Après la course des heures
Sans plus jamais compter les points

Sans une peine, sans un remords
Sans amertume, en plein accord
Chemin faisant, jamais très loin
De la caresse du matin

A l’aube claire, le ventre nu
Dans le plein ciel et plein la vue
Dans le sillage d’un bateau
Ou dans la course d’un cerceau

Au fond du temps, au point du jour
A l’issue d’un beau parcours
Sans un regret et sans chagrin
Sans plus penser à demain

Le cœur léger de ne plus porter
Ce qui hier pesait si lourd
Le cœur à neuf, bien nettoyé
Et dans la soie et le velours

Je partirai…

En brasse coulée vers l’horizon
Revenu de toute illusion
En solitaire, en liberté
Pas entravé, pas enchaîné

Comme on récolte une moisson
De rêves faisant provision
Au clair de lune, au clair de terre
Dans la cendrée, dans la lumière

Dans l’abondance, la profusion
Non pas sans un, sans solution
La bouche pleine d’un poème
Qui dit que ça valait la peine

La barbe drue, tête chenue
Le corps lavé de tout soupçon
La fierté des invaincus
Et cette joie qui dit son nom

Epris d’une longue éternité
Et à jamais réconcilié
Enfin la vie apprivoisée
Dans l’inflexion d’une nuit d’été

Je reviendrai…

Bertrand Betsch, La Vie Apprivoisée

Le prochain album de Bertrand Betsch est actuellement en cours de financement (participatif), via le site Microcultures

jeudi 27 janvier 2011

Quand le passé remonte


Bertrand Betsch présentait hier au Pop In quelques une de ses nouvelles chansons, à paraître dans un album courant 2011. De très beaux textes, qui seront sans doute mieux mis en valeur en studio. A l'écoute de ce concert, j'ai réalisé combien les synthés cheap et autre mélodicas importaient dans sa musique : la configuration "guitare acoustique simple" ne sied en effet pas à tous ses morceaux. Il y aura bien sûr eu beaucoup de chouettes moments, que ce soit parmi les inédits, les morceaux connus ("pas de bras, pas de chocolat", "ne sachant pas", "les vents contraires", "les rendez-vous manqués", "passer sous le métro"...) ou les reprises (André Herman Düne!).



Bref, vivement l'album, dont les paroles promettent encore de remplir de belles pages de ce blog!

vendredi 17 décembre 2010

Je ne sais plus parler


Je vais au silence,
Comme on retourne à l'enfance
Et je vais à l'enfance
Comme on retourne au silence

On me parlait
Et je n'écoutais pas
Les mots fuyaient
Très loin de moi

Je n'entendais
qu'un drôle de bruit
Qui menacait
de trouver la nuit

Je vais au silence
Comme on quitte la danse
Le corps fatigué
La bouche ankylosé

Je vais au silence
Je n'ai plus la patience
D'affronter la parole
Cette chose un peu folle

Je ne sais plus parler
Je ne sais que regarder
Le flot des adieux
Couler dans mes yeux

Adieu

Bertrand Betsch - Je vais au silence
Je vais au silence (3h50)
bertrandbetsch.bandcamp.com


lundi 22 novembre 2010

La vie m'appelle

Avec "La chaleur humaine" (2006), nous avions quitté Bertrand Betsch amoureux ("Toute ma vie dans tes bras"), apaisé ("Les gens qui s'aiment")

J'ai purgé ma peine
Que le calme revienne
Et coule dans mes veines
Comme une douce rengaine

optimiste ("O les beaux jours")

J'ai des histoires / à inventer
J'ai des cadeaux / à déballer
[...]
Fais juste un voeu / Regarde un peu
Comme nous sommes beaux
Quand nous sommes deux
Ecoute l'écho

et bientôt père ("ce ventre-là"), quoique pas tout à fait réconcilié avec lui-même :

Oh mais faites qu'il ne me ressemble pas
Oh oui faites qu'il te ressemble toi
J'espère qu'il ne sera pas
aussi timbré que moi
Oh épargnez lui ça

B. de Genève m'apprenait tantôt que Bertrand Betsch avait publié de nouveaux titres cet été. Des inédits époque "La soupe à la grimage" (1996), et "Je vais au silence" avec des morceaux composés et enregistré entre 2003 et 2010.

Deux sorties digitales qui valent assurément le coup d'être téléchargées (et rémunérées)... Avouons-le, on s'inquiète un peu ("quand le passé remonte", "rien ne sera plus comme avant", "je vais au silence", 'Berceuse pour un bébé mort").

Pour prolonger l'extrait de "Lettre d'une inconnue"; voici une chanson sur le deuil.

Toi l'enfant mort
Qui bouge encore
Toi l'enfant mort
Qui crie encore

Quand me lâcheras-tu la main
Toi suspendu à mes lèvres
Pauvre gamin
Ton front brûlant de fièvre

Toute chose connait sa fin
Toutes choses se défont
Je ne peux plus tenir ta main
Les morts un jour s'en vont

Toi l'enfant mort
Toujours pendu à mon cou
Toi l'arbre mort
quand plieras-tu genoux

Les bras tremblants
Je te rends à tes parents
Le coeur battant
Je te laisse glisser doucement

La vie m'attend
La vie m'appelle
Il y a longtemps
que je te veille

Il faudra bien se dire adieu
Tu es si vieux
Je ne suis plus de taille
à te suivre vaille que vaille

Mon pire ami
Mon meilleur ennemi
Il faut t'en retourner maintenant
Laisse-moi regarder devant

il te faudra faire sans moi
Allez, rabattons le drap
Toute chose connait sa fin
Toutes choses se défont

Je ne peux plus tenir ta main
Les morts un jour s'en vont... pour de bon

Bertrand Betsch - Philippe
Je vais au silence (3h50, 2010)
bertrandbetsch.bandcamp.com


Pour ceux qui l'ignoraient, sachez que Mendelson vient également de mettre à disposition des inédits. Un disque inégal, mais tout de même intéressant (J'ai d'ailleurs diffusé hier dans Top Tape "La vie avance comme un vieille")



Mendelson, tantôt sombre à outrance, tantôt lucide :

Le fait d'être grave ne mène pas forcément à la vérité
Le fait de penser des horreurs ne veut pas dire forcément penser

Il faut en effet toujours se rappeler cette phrase d'Alain
(in Propos sur le bonheur, 1928)

La tristesse n’est jamais ni noble, ni belle, ni utile.

mardi 5 octobre 2010

10 ans, 50 albums (Part.3)

10 ans, 50 albums, en français dans le texte pour cette fois...



En tant que lecteurs assidus de ce blog, vous avez peut-être noté à quel point les artistes de feu le label Lithium étaient présents dansces colonnes. Il y a bien sûr Dominique A, avec Remué, son album le plus sombre, celui que je préfère de loin à tous les autres. Le chanteur a l'air de s'en souvenir comme étant un bide retentissant en termes de ventes, et me disait lors d'une interview qu'il ne reviendrait pas à un tel son et à de telles ambiances, à moins de refaire "une bonne dep' " (l'expression m'avait marquée). Partant de là, rien d'étonnant à ce que je place dans ma sélection les premiers albums de Mendelson (tous les trois mois, je me fais l'intégrale Mendelson...) et Bertrand Betsch. Tous deux ont des paroles tellement justes. L'un des autres albums emblématiques du label est ce fameux #3 de Diabologum, avec lequel j'ai fait connaissance en écoutant "La Maman et la Putain" (grâce à Mélanie Bauer, à nouveau). Enfin, l'ami Murat, pour son timbre et son phrasé, ici avec l'album Mustango, enregistré avec la participation de Calexico.

Diabologum - #3 (Lithium, 1996)
Dominique A - Remué (Lithium, 1999)
Jean-Louis Murat - Mustango (Labels, 1999)
Mendelson - L'avenir est devant (Lithium, 1997)
Bertrand Betsch - La soupe à la grimace (Lithium, 1997)

(à suivre)

mardi 6 octobre 2009

Sinon, il n’y aurait rien

Il n'est jamais aisé de mettre un poème en musique. Si l'exercice est difficile, c'est qu'il faut "composer" avec la métrique du texte, sans que la chanson en pâtisse(-mith).

Dans ses BB Sides, Bertrand Betsch s'y est essayé...
et c'est très réussi.

On pourra déplorer que ce blog ne fournisse aucun moyen d'en convenir, pour qui ne possèderait pas l'album.
Certes.
On pourra également objecter que le poème de Paul Eluard n'est pas en vers.
C'est vrai aussi.


Il n’y aurait rien
Pas un insecte bourdonnant
Pas une feuille frissonnante
Pas un animal léchant ou hurlant
Rien de chaud rien de fleuri
Rien de givré rien de brillant rien d’odorant
Pas une ombre léchée par la fleur de l’été
Pas un arbre portant des fourrures de neige
Pas une joue fardée par un baiser joyeux
Pas une aile prudente ou hardie dans le vent
Pas un coin de chair fine pas un bras chantant
Rien de libre ni de gagner ni de gâcher
Ni de s’éparpiller ni de se réunir
Pour le bien pour le mal
Pas une nuit armée d’amour ou de repos
Pas une voix d’aplomb pas une bouche émue
Pas un sein dévoilé par une main ouverte
Pas de misère et pas de satiété
Rien d’opaque rien de visible
Rien de lourd rien de léger
Rien de mortel rien d’éternel

Il y aurait un homme
N’importe quel homme
Moi ou un autre
Sinon il n’y aurait rien.

Paul Éluard, Le Droit le devoir de vivre (1942)


Dans le livret de l'album, Bertrand Betsch commente la chanson en ces termes:


Le monde n'est rien
juste un château de sable que le vent
à tout moment
d'un seul souffle
peut emporter
Le vide n'est pas autour
il est à l'intérieur
et il ne demande qu'à grandir
L'estourbir sous des tonnes de mélodica
est un bon moyen de le contenir.
A la fin cependant il fait entendre
son écho absurde

Bertrand Betsch - Sinon, il n'y aurait rien
BB sides (lithium, 2001)
www.myspace.com/bertrandbetsch

jeudi 17 mai 2007

J'avoue, ma perte me convient

[Bertrand Betsch @ Café de la Danse]

Il faudra bien le dire
il faudra bien en venir aux mots
à défaut d'en venir aux mains
le geste, je le retiens
le geste, ça n'est rien

J'aimerais ne pas laisser grandir le ressentiment
ne pas dévaler la pente des sentiments
si durement gravie
que mon corps s'en souvient encore par coeur
s'en souvient encore...

Il faut du temps pour oublier, se remettre à neuf
il faut du temps pour regagner de l'ignorance

J'aimerais ne pas laisser pourrir la situation
qui me fait le temps bien long
j'aimerais sortir de cette cervelle de plomb
qui ne me sert que de poids
me maintient au sol
imbécile toiture molle

Il faut du temps pour fatiguer les souvenirs
qui, groupés, reviennent médire, me railler
il faut du temps pour enfin fléchir les volontés
il faut du temps pour regagner de l'ignorance

Impatient, je guette mes absences
j'avoue ma perte me convient
j'applaudis a mes défaillances
conscience ne m'est d'aucun soutien
la vérité ne me vaut rien
je renoncerais au sens
ainsi qu'à toute science
pour un seul moment d'absence

Paupières closes je laisse dans le flou
les choses prendre de l'avance
volontiers je myoperais tout
et perdrais connaissance
pour un seul moment d'absence


Bertrand Betsch - Pour un seul moment d'absence
La soupe à la grimace (Lithium, 1997)
www.myspace.com/bertrandbetsch