vendredi 29 novembre 2024
Un mauvais vivant
jeudi 22 décembre 2022
2022, un palmarès
mardi 26 octobre 2021
Le bruit de ma déconvenue
lundi 2 mars 2015
Enfin, la vie apprivoisée
jeudi 27 janvier 2011
Quand le passé remonte
vendredi 17 décembre 2010
Je ne sais plus parler
Comme on retourne à l'enfance
Et je vais à l'enfance
Comme on retourne au silence
On me parlait
Et je n'écoutais pas
Les mots fuyaient
Très loin de moi
Je n'entendais
qu'un drôle de bruit
Qui menacait
de trouver la nuit
Je vais au silence
Comme on quitte la danse
Le corps fatigué
La bouche ankylosé
Je vais au silence
Je n'ai plus la patience
D'affronter la parole
Cette chose un peu folle
Je ne sais plus parler
Je ne sais que regarder
Le flot des adieux
Couler dans mes yeux
Adieu
lundi 22 novembre 2010
La vie m'appelle
Que le calme revienne
Et coule dans mes veines
Comme une douce rengaine
J'ai des cadeaux / à déballer
[...]
Fais juste un voeu / Regarde un peu
Comme nous sommes beaux
Quand nous sommes deux
Ecoute l'écho
et bientôt père ("ce ventre-là"), quoique pas tout à fait réconcilié avec lui-même :
Oh oui faites qu'il te ressemble toi
J'espère qu'il ne sera pas
aussi timbré que moi
Oh épargnez lui ça
B. de Genève m'apprenait tantôt que Bertrand Betsch avait publié de nouveaux titres cet été. Des inédits époque "La soupe à la grimage" (1996), et "Je vais au silence" avec des morceaux composés et enregistré entre 2003 et 2010.
Deux sorties digitales qui valent assurément le coup d'être téléchargées (et rémunérées)... Avouons-le, on s'inquiète un peu ("quand le passé remonte", "rien ne sera plus comme avant", "je vais au silence", 'Berceuse pour un bébé mort").
Pour prolonger l'extrait de "Lettre d'une inconnue"; voici une chanson sur le deuil.
Qui bouge encore
Toi l'enfant mort
Qui crie encore
Quand me lâcheras-tu la main
Toi suspendu à mes lèvres
Pauvre gamin
Ton front brûlant de fièvre
Toute chose connait sa fin
Toutes choses se défont
Je ne peux plus tenir ta main
Les morts un jour s'en vont
Toi l'enfant mort
Toujours pendu à mon cou
Toi l'arbre mort
quand plieras-tu genoux
Les bras tremblants
Je te rends à tes parents
Le coeur battant
Je te laisse glisser doucement
La vie m'attend
La vie m'appelle
Il y a longtemps
que je te veille
Il faudra bien se dire adieu
Tu es si vieux
Je ne suis plus de taille
à te suivre vaille que vaille
Mon pire ami
Mon meilleur ennemi
Il faut t'en retourner maintenant
Laisse-moi regarder devant
il te faudra faire sans moi
Allez, rabattons le drap
Toute chose connait sa fin
Toutes choses se défont
Je ne peux plus tenir ta main
Les morts un jour s'en vont... pour de bon
Bertrand Betsch - Philippe
Je vais au silence (3h50, 2010)
bertrandbetsch.bandcamp.com
Pour ceux qui l'ignoraient, sachez que Mendelson vient également de mettre à disposition des inédits. Un disque inégal, mais tout de même intéressant (J'ai d'ailleurs diffusé hier dans Top Tape "La vie avance comme un vieille")

Le fait de penser des horreurs ne veut pas dire forcément penser
(in Propos sur le bonheur, 1928)
La tristesse n’est jamais ni noble, ni belle, ni utile.
mardi 5 octobre 2010
10 ans, 50 albums (Part.3)

Diabologum - #3 (Lithium, 1996)
Dominique A - Remué (Lithium, 1999)
Jean-Louis Murat - Mustango (Labels, 1999)
Mendelson - L'avenir est devant (Lithium, 1997)
Bertrand Betsch - La soupe à la grimace (Lithium, 1997)
mardi 6 octobre 2009
Sinon, il n’y aurait rien
Dans ses BB Sides, Bertrand Betsch s'y est essayé...
et c'est très réussi.
On pourra déplorer que ce blog ne fournisse aucun moyen d'en convenir, pour qui ne possèderait pas l'album.
Certes.
On pourra également objecter que le poème de Paul Eluard n'est pas en vers.
C'est vrai aussi.
Il n’y aurait rien
Pas un insecte bourdonnant
Pas une feuille frissonnante
Pas un animal léchant ou hurlant
Rien de chaud rien de fleuri
Rien de givré rien de brillant rien d’odorant
Pas une ombre léchée par la fleur de l’été
Pas un arbre portant des fourrures de neige
Pas une joue fardée par un baiser joyeux
Pas une aile prudente ou hardie dans le vent
Pas un coin de chair fine pas un bras chantant
Rien de libre ni de gagner ni de gâcher
Ni de s’éparpiller ni de se réunir
Pour le bien pour le mal
Pas une nuit armée d’amour ou de repos
Pas une voix d’aplomb pas une bouche émue
Pas un sein dévoilé par une main ouverte
Pas de misère et pas de satiété
Rien d’opaque rien de visible
Rien de lourd rien de léger
Rien de mortel rien d’éternel
Il y aurait un homme
N’importe quel homme
Moi ou un autre
Sinon il n’y aurait rien.

Le monde n'est rien
juste un château de sable que le vent
à tout moment
d'un seul souffle
peut emporter
Le vide n'est pas autour
il est à l'intérieur
et il ne demande qu'à grandir
L'estourbir sous des tonnes de mélodica
est un bon moyen de le contenir.
A la fin cependant il fait entendre
son écho absurde
jeudi 17 mai 2007
J'avoue, ma perte me convient
Il faudra bien le direil faudra bien en venir aux mots
à défaut d'en venir aux mains
le geste, je le retiens
le geste, ça n'est rien
J'aimerais ne pas laisser grandir le ressentiment
ne pas dévaler la pente des sentiments
si durement gravie
que mon corps s'en souvient encore par coeur
s'en souvient encore...
Il faut du temps pour oublier, se remettre à neuf
il faut du temps pour regagner de l'ignorance
J'aimerais ne pas laisser pourrir la situation
qui me fait le temps bien long
j'aimerais sortir de cette cervelle de plomb
qui ne me sert que de poids
me maintient au sol
imbécile toiture molle
Il faut du temps pour fatiguer les souvenirs
qui, groupés, reviennent médire, me railler
il faut du temps pour enfin fléchir les volontés
il faut du temps pour regagner de l'ignorance
Impatient, je guette mes absences
j'avoue ma perte me convient
j'applaudis a mes défaillances
conscience ne m'est d'aucun soutien
la vérité ne me vaut rien
je renoncerais au sens
ainsi qu'à toute science
pour un seul moment d'absence
Paupières closes je laisse dans le flou
les choses prendre de l'avance
volontiers je myoperais tout
et perdrais connaissance
pour un seul moment d'absence
La soupe à la grimace (Lithium, 1997)
www.myspace.com/bertrandbetsch

