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vendredi 19 mai 2017

L’invraisemblable cité

Venise, destination choisie par Gustav d’Aschenbach dans cette nouvelle (et par d'autres) pour échapper à l'ordinaire... Venise, ses canaux et ruelles, ses palais, ses campi et SA place San Marco.


C’était donc elle, il allait une fois encore y atterrir à cette place qui confond l’imagination et dont l’éblouissante, la fantastique architecture emplissait d’émerveillement et de respect les navigateurs abordant autrefois le territoire de la république : l’antique magnificence du Palais et le Pont aux soupirs, sur la rive, les colonnes, le lion, le saint, la fastueuse aile en saillie du temple fabuleux, la vue sur la Porte et la Grande Horloge ; et à ce spectacle il se prenait à penser qu’arriver à Venise par le chemin de fer, c’était entrer dans un palais par la porte de derrière ; il ne fallait pas approcher l’invraisemblable cité autrement que comme lui, en bateau, par le large.

Thomas Mann, la mort à Venise (1913)

jeudi 18 mai 2017

Echapper à l’ordinaire

Quelque chose en lui le poussait à partir sans savoir encore où se rendre. Il étudiait l’horaire des bateaux, il interrogeait l’horizon, et tout d’un coup – comment n'y avait-il pas pensé plus tôt ? – il vit où il fallait aller. Où va-t-on quand on veut du jour au lendemain échapper à l'ordinaire, trouver 'incomparable, la fabuleuse merveille ? Il le savait. Que faisait-il ici ? Il s’était trompé. C’est là-bas qu’il avait voulu aller. Sans délai, il annonça [...] qu’il partait. Moins de quinze jours après son arrivée [...], un canot automobile le ramenait à toute vitesse dans le port de guerre et il n'atterrit que pour aussitôt traverser la passerelle qui le conduisit au pont mouillé du bateau prêt à appareiller pour Venise.

Thomas Mann, la mort à Venise (1913)

(à suivre...)