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dimanche 11 septembre 2011

Sharp, naked without a sheath

You're too sharp. That's your trouble. You're like a drawn sword. Sharp, naked without a sheath. You cut well. But good swords are kept in their sheaths.


"Sanjuro" aura été mon sixième Kurosawa de l'été.

Toshiro Mifune y incarne un samouraï vagabond à la fine lame et aux manières grossières.
Un jeu d'acteur d'ailleurs repris par Clint Eastwood... ne serait-ce que dans "Pour une poignée de dollars", adapté de "Yojimbo" (dont "Sanjuro" est la suite).




Si le ton du film est à la comédie (voire au burlesque), le duel final revêt une intensité dramatique particulière : c'est d'ailleurs le seul passage où le sang coulera jaillira
(dans une gerbe spectaculaire)


Takeshi Kitano reprendra ce procédé sanguinolant quelques années plus tard (avec des effets numériques) dans son Zatoichi.

(Le film appuierait sans doute plus mon propos que cette simple capture d'écran)

Akira Kurosawa, Yojimbo (1961)
Akira Kurosawa, Sanjuro (1962)
Sergio Leone, Pour une poignée de dollars (1964)
Takeshi Kitano, Zatoichi (2003)

samedi 27 août 2011

the ferocity of man

Priest: I don't want to hear it. No more horror stories.
Commoner: They are common stories these days. I even heard that the demon living here in Rashômon fled in fear of the ferocity of man.


Rashômon, mon cinquième Kurosawa de l'été.


L'histoire d'un assassinat raconté a posteriori par différents témoins. Un film de Kurosawa un peu en deça selon moi, même si son importance aura été capitale pour le cinéma. C'est en effet la première fois qu'une narration non-linéaire et multi points de vue aura été si richement imaginée et utilisée. L'événement central prend ainsi une nouvelle coloration ou revêt même une toute autre forme au fil des versions.

Tout un tas de films lui sont donc redevables, pour ceux qui me viennent à l'esprit, Usual Suspects, pas mal de Tarantino, "Mother" de Joon-ho Bong, "Kokuhaku" de Tetsuya Nakashima, la liste est longue.

Beaucoup de jolis plans, ici pendant le procès...

...ou dans la forêt
Akira Kurosawa, Rashômon (1950)

Commoner: What's wrong with that? That's the way we are, the way we live. You just can't live unless you're what you call selfish.

Je dédie cette citation à la spectatrice pourtant elle-même de taille normale et à la chevelure volumineuse (vous allez saisir le pourquoi du "pourtant" dans 2 secondes) qui aura changé trois fois de places, refusé à plusieurs personnes - de taille moyenne - le droit de s'asseoir devant elle, pour in fine, en plein désarroi et sous l'ire montante de la salle, chercher et demander à un spectateur de petite taille de se mettre devant elle (au premier rang).


dimanche 24 juillet 2011

Je ne tremblerais que si je devais aller au Ciel

Ce cycle Kurosawa à la filmothèque du quartier latin est décidément très addictif.
"Entre le ciel et l'enfer" aura pour l'instant été mon film préféré.

/!\ léger spoiler /!\

Long film dont la première partie se déroule en huis clos
avant qu'une enquête magistrale ne se mette en marche
jusqu'à un final marquant.

Je ne crains ni la mort, ni l'enfer.
Ma vie n'a cessé d'être un enfer.
Je ne tremblerais que si je devais aller au ciel

En plus d'un scénario captivant, on trouve dans ce film tout un tas de personnages essayant de trouver leur voie entre Bien et Mal, pour un résultat tout en nuance.

Vu aussi "Le château de l'Araignée", soit le souffle tragique de Macbeth de Shakespeare transposé dans le japon féodal du XVIème siècle.

Dans sa réalisation et dans sa direction d'acteurs, Kurosawa a choisi de reproduire les codes du théâtre Noh
(ce qui se répercute donc sur les expressions faciales des personnages, leur évolution dans l'espace, la narration, l'esthétique et la bande son)





ambition is false fame and will fall,
death will reign, man falls in vain

Akira Kurosawa, Entre le ciel et l'enfer (1963)
Akira Kurosawa, Le château de l'araignée (1957)

jeudi 21 juillet 2011

Les salauds dorment en paix

Dans l'article précédent, après avoir parlé musique, je glissais vite fait une référence aux films visionnés récemment, notamment dans le cadre du cycle Kurosawa à la Filmothèque du Quartier Latin.

Le film que je viens de voir ce soir m'incite à accorder à ce sujet une place spécifique.

Kurosawa, Akira de son prénom (rien à voir avec Kiyoshi), réalisateurs de films de samouraïs (parfois transposés en Western: cf. "Pour une poignée de dollars" de Leone, et "les sept mercenaires"), mais pas que.

Dans "mais pas que", il y a "Les salauds dorment en paix", qui se déroule dans le japon d'après-guerre.


L'histoire d'une vengeance (avec les questionnements qui vont avec), librement adaptée d'Hamlet.


Le contexte, celui de la corruption des institutions dans l'attribution de marchés publiques. Ca a d'ailleurs tout de suite fait écho en moi à the Yards de James Gray, vu peu avant.


Ouh là là, je sens que l'intensité dramatique monte.
Un regard de Toshirô Mifune en Barbe Rousse pour calmer tout le monde


Cette fois, évidemment, c'est un peu plus éloigné de nous, par l'époque et la culture. Un film humaniste, avec des bons sentiments parfois appuyés, et tout de même un propos politique.

Il est souvent présenté comme un des (plus) grands Kurosawa, je l'ai pourtant bien moins apprécié que le film que j'ai vu ce soir...
...et dont je parlerai bientôt ici!

Akira Kurosawa, Les salauds dorment en paix (1960)
James Gray, the Yards (1999)
Akira Kurosawa, Barbe Rousse (1965)