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lundi 9 février 2026

De petits snobs tatillons

Dans certains chapitres de "Bien-être", l'auteur double la narration d'un angle technique, culturel, psychologique incroyablement bien documenté. Témoin la bibliographie impressionnante du chapitre qu'il consacre aux questions éducatives que se pose Elizabeth à propos de Toby.

Derrière chaque doute, réflexion ou choix de la mère - par ailleurs chercheuse en psychologie - le titre d'un ouvrage. On n'ose se représenter le volume de travail qu'a nécessité le roman lors de ses phases de préparation puis d'écriture... d'autant que la lecture ne pâtit absolument pas de ce travail documentaire. Elle en ressort même bonifiée.

[Toby] laissa tomber sa cuillère par terre. Et fondit en larmes. Il était 12h02.

Dans ces moments-là, se remémorer l'éclairage apporté par la psychologie évolutionniste sur le comportement parfois déroutant des enfants était d'une grande aide. Elizabeth appréciait particulièrement la théorie selon laquelle les jeunes enfants qui souffraient de néophobie alimentaire se comportaient comme le réclamaient un million d'années de sélection naturelle. L'argument (clairement décrit chez Cashdan, 1998) était le suivant : depuis le début de l'histoire biologique des humains, les enfants cessaient généralement de téter le sein de leur mère aux alentours de deux ans pour passer à une nourriture solide, qui resterait la leur toute leur vie. Mais l'environnement alimentaire de nos ancêtres était traître, plein de plantes toxiques et de viande avariée. Contexte dans lequel un jeune omnivore allait devoir survivre. Mais comment ? En devenant, brusquement, à deux ans, excessivement difficile, exigeant, pinailleur. Autrement dit : la sélection naturelle avait transformé les jeunes enfants en petits snobs tatillons poussés à ne manger avec appétit que ce qu'ils avaient déjà mangé plusieurs fois, et se contentant de grignoter les nouveautés du bout des lèvres jusqu'à ce qu'elles aient fait la preuve de leur innocuité au fil des essais. Craindre la nourriture, en d'autres termes, aidait les enfants à survivre.

Bien-être, Nathan Hill (2024)

De manière fort habile, Nathan Hill apportera en fin d'ouvrage les réponses à deux comportements de Toby que sa mère, toute scientifique qu'elle est, n'avait pas même envisagées.

jeudi 25 décembre 2025

Etre un rocher, invisible, ignoré

Retour à "bien-être", et à la famille formée de Jack, Elizabeth et leur fils Toby. Elizabeth est chercheuse en psychologie. Elle investit beaucoup d'énergie pour être une bonne mère. Elle y travaille. Ardemment. Tant et si bien que chacune de ses interrogations et réflexions la renvoie à un ouvrage ou à un article de socio ou psychologie qu'elle a littéralement étudié. Je me souviens d'un chapitre dédié à sa relation avec son fils, à la bibliographie impressionnante (à laquelle se réfère le personnage).

Parfois, comme dans ce nouvel extrait, observer son fils la renvoie à sa propre enfance, ballotée d'écoles en écoles, et à son propre caractère.

Elle compatissait. Elle comprenait pourquoi Toby pouvait avoir envie d'être seul, loin des autres. Elle aussi elle avait voulu ça, quand elle avait son âge. Elle se souvenait encore d'un certain album qu'elle avait lu et relu quand elle était enfant, plus jeune que lui aujourd'hui : le livre s'appelait Sylvestre et le caillou magique, et il racontait l'histoire d'un garçon - en fait un âne, mais peu importe - qui trouvait un caillou magique capable d'exaucer les vœux. Et un jour, alors qu'il tient le caillou, Sylvestre croise un lion à l'air féroce et affamé et, terrifié à l'idée d'être dévoré, il hurle « Je souhaite être un rocher. » Et il se transforme en rocher. Un gros rocher gris-rose. Après quoi une grande tristesse l'envahit parce que même s'il n'a plus rien à craindre du lion, il ne peut plus ramasser le caillou et faire le vœu de redevenir lui-même (parce que : pas de bras), alors il reste comme ça, en rocher. Pendant des jours et des jours, les gens le cherchent et lui, muet, les regarde passer devant lui. Pour finir, bien sûr, il redevient Sylvestre et tout est bien qui finit bien, mais Elizabeth s'arrêtait le plus souvent au passage où tout le monde cherchait Sylvestre sans le trouver. Honnêtement, c'était sa partie préférée : être un rocher, invisible, ignoré. La façon dont le lion regardait le rocher d'un air impuissant avant de s'éloigner - c'était en gros ce qu'Elizabeth voulait par-dessus tout chaque fois qu'elle était « la nouvelle ». Être tranquille. Ou au moins afficher le même stoïcisme, la même indifférence et le même air détaché que ce rocher quand l'attention qu'on lui portait devenait trop étouffante. Apparaître tellement dure, grise et sans expression que rien ni personne ne puisse l'atteindre.

Bien-être, Nathan Hill (2024)

jeudi 24 novembre 2022

Des années de honte

Yasmina Reza saupoudre ses romans de références visuelles, qu'il s'agisse de peintures (Hopper...), de prises de vue de photographes célèbres (Robert Frank en tête) ou anonymes :

En haut, il y a la toute petite tête de l'enfant. Une nuque chauve à l'exception d'une traîne de queue au milieu, des oreilles décollées, des cheveux noirs épars et filasses. Quel âge a-t-elle ? Cette robe ne lui va pas du tout. On l'a attifée et sortie dans la nuit. Je me suis tout de suite associée à cette forme en blanc embarquée pour des années de honte. Quand j'étais enfant on me faisait jolie. Je comprenais que je ne l'étais pas à l'état naturel. Mais on ne doit pas endimancher une enfant ingrate. Elle se sent anormale. Je trouvais que les autres enfants étaient harmonieux. Moi je me sentais ridicule avec des habits de vieille qui m'empêchaient de gigoter, des cheveux constamment courts (ma mère a interdit toute mon enfance les cheveux longs), aplatis en arrière avec la barrette pour contrecarrer la frisure et dégager le front. [...] Ma mère voulait que je présente bien. Ça voulait dire propre, léchée, engoncée et laide.

Yasmina Reza, Babylone (2016)

jeudi 4 novembre 2021

Old

Je ne sais pas ce que vaut son adaptation cinématographique par Michael Night Shyamalan (passée inaperçue cet été pour cause d'embouteillage post-covid de nouveaux films), mais ce qui est sûr, c'est que la bande-dessinée originale ("Château de Sable") comporte son lot de moments marquants. A lire, sans n'en rien savoir.
 


Château de sable, Frederik Peeters et Pierre-Oscar Lévy (2010)
Old, M. Night Shyamalan (2021)

dimanche 31 octobre 2021

samedi 14 novembre 2020

You will remember this

This image on repeat
A mouth that cannot speak
A huge force pressing in
A giant looming fist
You will see us again
You will remember this

Ces mots sont ceux de Polly Jean Harvey, qui signe la bande originale de la série The Virtues (six morceaux originaux dont cinq instrumentaux + des morceaux d'Aphex Twin, Micah P. Hinson, Mono, Set Fire to flames...).


Si vous ne l'avez déjà pas fait, dépêchez vous d'aller visionner ce chef d'oeuvre de mini-série, disponible jusqu'au 30/12/20 sur arte.tv. Les acteurs sont merveilleux (Stephen Graham, Niamh Algar en tête), les vies cabossées des personnages filmés avec sensibilité, justesse (et brio) par le réalisateur Shane Meadows.



Shane Meadowsthe Virtues (2019)

PJ Harvey - The Crowded Cell
(The Virtues / Original Series Soundtrack, 2019)

lundi 14 septembre 2020

Des jeunes filles et épouses agréables

Il y a quelques jours, je relayais ici un article, dans laquelle l'autrice parlaient de  ces mères "qui élèvent ses filles afin, surtout, qu’elles soient les plus gracieuses et aimables possibles."
Je ne pensais pas que cette pensée recouperait à ce point ce que Marianne (dans "Scènes de la vie conjugale") écrivait dans son journal intime. Le résultat d'un regard rétrospectif sur sa vie, qu'elle livre à son mari... hélas endormi


[... ] j'ai regardé une vieille photo sur mon bureau où j'étais avec mes camarades de classe. j'avais 10 ans. Et j'ai eu tout à coup la révélation de quelque chose qui se préparait depuis longtemps et qui toutefois était encore insaisissable. À ma grande surprise, j'ai découvert que je ne savais pas qui j'étais. Absolument pas. J'ai toujours fait ce que mon entourage me demandait de faire. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai été obéissante, flexible et arrangeante.


Maintenant que j'y réfléchis, je me souviens qu'enfant, j'ai eu de violents accès de colère pour affirmer ma personnalité. Mais ma mère punissait chacun de mes manquements aux conventions et chacune de mes incartades avec une sévérité exemplaire qui n'a plus cours de nos jours. Toute mon éducation et celle de mes sœurs a eu pour unique but de faire de nous des jeunes filles, et plus tard des épouses, agréables.



J'étais plutôt laide et peu gracieuse. C'est une chose qu'on me pardonnait mal et qu'on ne manquait pas de me répéter. Au fur et à mesure que j'avançais en âge, j'ai découvert que si je ne disais pas ce que je pensais, et qu'au contraire, je devenais la jeune fille polie et prévenante que l'on souhaitait mon attitude était payante. Je devenais un exemple et la fierté de mes parents. J'ai commencé le grand jeu de la tricherie à l'époque de la puberté et de mes premiers émois.. A ce moment là, toutes mes pensées, mes actes, mes sentiments tournaient autour de la sexualité. Etant donné mon système d'éducation, je n'en ai jamais soufflé mot à mes parents, ni à personne d'autre, d'ailleurs. Alors je suis entrée dans le cerce vicieux du mensonge, des échappatoires et de la dissimulation. Mon père voulait que je sois avocat, comme lui. Une seule fois, j'ai laissé entendre que le droit ne me plaisait pas que je voulais être comédienne. Ou en tout cas m'occuper de théâtre, même si je ne montais pas sur les planches. Mes parents m'ont tout simplement ri au nez. Alors j'ai pris la forte résolution de mentir quoiqu'il arrive. Je voyais donc des tas de gens sans leur permission, j'avais des fréquentations masculines. C'était la dissimulation permanente. Et aussi des efforts désespérés pour plaire aux adultes. 

Je n'ai jamais pensé : "Marianne, qu'est-ce que TU veux ?"
Mais toujours : "Marianne, qu'est-ce que les autres ont envie que tu veuilles ?"

Mais cette façon de penser n'était pas du détachement comme je le croyais à l'époque. Au contraire c'était une forme de lâcheté pernicieuse et, plus grave, cela traduisait une totale méconnaissance de moi-même. A mon avis, notre erreur a été de n'avoir pas su rompre avec nos deux familles, afin de créer une cellule durable qui soit la base de notre vie commune et le garant de la réussite de notre couple.

Scènes de la vie conjugale, Ingmar Bergman (1974)

mardi 20 mars 2018

2018, Barbara - Je regarde et je profite

Obligé.


1974, 1977, 1978, 1983... Aujourd'hui je m'en fous, je me souviens de tout comme s'il avait fait beau toute cette époque-là. Les souvenirs, c'est comme une fausse vie qu’on subit. Les souvenirs, c’est comme les films super-huit, ça a comme sa propre vitesse ; faut pas ralentir la machine de peur de brûler ce qui reste, faut prendre ça comme ça vient. Je regarde et je profite, et je revois mes amis, et je me revois là, à ce coin... Hey, c’est fou ce que je suis petit ! Hey, c’est fou ce que je rigole ! C’est fou ce que je rigole pour n’importe quoi.

Ma mère descend l'allée, m’appelle et moi je souris quand elle me voit. Elle me dit peut-être qu’elle aime pas trop mes amis. Hey, mais c'est pas grave, plus tard, on ira quand même ensemble mettre des pétards Mammouths dans les poubelles, marcher dans les roses rouges du concierge, faire du skate-board dans la descente jusqu'au virage... Je suis surpris de pas être mort au moins une fois !

1982 : j’étais si amoureux j’étais si content d’être malheureux. Je croyais que ça finirait pas, ça s’est fini tout seul bien sûr en 1983. Moi et elle, moi et Barbara, on se regardait, on restait là. J’aimais sa mère aussi un peu je crois. J’attendais devant sa porte, je restais dans l'escalier, j’appuyais la minuterie jusqu'à ce que je parte en courant, jusqu'à ce que de l’autre côté, j’entende ta voix. Il y a eu d’autres filles plus tard... J’ai jamais compris ce qu’elle pouvait me voir que toi tu ne voyais pas. J'ai jamais rien compris, Barbara. Tu sentais bon le parfum de ta mère, je t’avais acheté des fleurs pour ton anniversaire, ma mère disait qu’c'était des fleurs pour les cimetières. Et je te revois plus tard, sur le chemin de l’école, sur le trottoir d’en face, la patinoire, je te faisais signe, je te filais mes devoirs, je te regardais les mains, les cheveux, j’aurais voulu toucher ton bras, et ton cou, et l'endroit où y avait rien sur ta poitrine. J’y pensais la nuit, j’y pensais le jour, je pensais plus jamais rien qu’à ça. Tout le monde disait que je t’aimais, tout le monde savait que je t’aimais. J’prenais l’air malheureux  pour te faire honte, on se défend comme on peut. Hey tu sais j’fais toujours comme ça

Je revois la famille d’à côté qu’étaient nos pauvres (ça rassure dans un monde compliqué, y a toujours plus pauvres que soi), à qui ma mère a donné ma collection de Pif et encore nos vieux vêtements, nos jouets, qu’avait un chien plus grand que je croyais que c’était possible, qui dormait dans leur baignoire. Leur père faisait du cyclisme, un peu d’alcoolisme aussi je crois. Sylvie, leur fille qu’était bizarre, on disait qu’elle était en retard. Ma mère disait qu’ils avaient pas eu de chance. Je disais qu’ils sentaient pas bon. Ma mère disait qu’elle avait honte que je puisse dire une chose comme ça. Ils habitaient face aux hippies. Entre eux ils s’aimaient pas. Les hippies étaient jeunes et beaux. A ce qui me semblait, c’était plus propre chez eux... et puis plus chiant aussi un peu. Ma mère essayait de les aimer ; elle avait besoin d’amis, elle disait qu’ils étaient sympas. Ils avaient des tentures aux murs indiennes, des tapis Incas, ils écoutaient de la musique étrange, buvaient du thé, revenaient de voyage, étaient bronzés. C’était une autre vie que nous. Ma mère essayait bien d’être à l’aise, mais il me semble bien que ça marchait pas. Et je me revois avec mon père distribuer les dimanches de porte en porte "l’Humanité", et je revois les voisins plus riches, des collègues à Maman qui vivaient dans les petits pavillons plus chics. La lutte des classes, c'est un jardin, une table de ping-pong, une chambre pour chacun, une cheminée dans le grand salon, un mari qui fume la pipe, une voiture neuve un frigo plein, des vacances été, hiver, des chouettes habits, c’est propre et ça sent l’air.

Et je revois le crépi dans notre appart, mon père qui partait au cours du soir, le Guernica dans l’entrée. Il y avait sur les murs, peut-être, un dessin de Follon plus un de moi, une poupée qu’avait ramenée mes grands-parents pour leur retraite d’un voyage à l’étranger. Y avait l’affiche d’une ronde de petits chinois, Buster Keaton qui souriait jamais ; tous les jours, je le regardais, je le fixais : peut-être c’est lui qui savait, je voulais comprendre pourquoi.

Et je revois la télé noir et blanc, et moi assis en tailleur, et la chambre, et le christ au dessus du lit de ma petite sœur qu’était toute une histoire dans la famille que je ne comprenais pas. Et tout ça se mélange... Et la tristesse de maman. Et le bruit des gens qui jouait aux boules dehors les soirs d’été quand on se couchait avant le soleil, le soleil rouge qu’on devinait à travers le rideau avec mon frère depuis les lits superposés. On rentrait à six heures pour le bain du soir, on évitait la malade du bas de la cité qu’avait notre âge et qui crachait sur tout le monde qui se promenait tous les soirs pareil avec son père (on disait "la mongolienne") qui me faisait peur et puis de la peine.

A l’époque j’ai dû tout pleurer. J’pleurais pour rien : pour la voiture qu’on changeait, pour un nouveau papier peint... et puis je restais des heures dans la cage d’escalier à remonter les étages dans le vide, de l’autre côté de la rambarde, avec toujours la peur et l’envie que quelqu’un vienne et me surprenne en train de tomber.

J’avais deux meilleurs amis, à l’époque j'aurais pas choisi. L’un sa famille était moins drôle, son père était harki, que j’ai jamais vu dehors de chez lui. Sa mère me paraissait immense, pas très facile, et puis son frère avait la plus grande collection de comics que j’ai jamais vu de ma vie. Que des Marvels et des Stranges qu’on lisait dans sa chambre, qu’on s’échangeait moi et lui après le soir au fond de mon lit. Je regardais le plafond, je testais mes pouvoirs, j’avais un laser (si je me concentrais) qui me sortait par les yeux. Je pouvais tuer des gens. J’étais un dieu... Et je m’endormais comme ça content. J’étais heureux.

J’écoutais le son des peupliers dans le vent. J’écoutais la respiration de mon frère. J’écoutais le bruit des amants de ma mère. Elle attendait toujours un peu mon père... Je savais moi aussi qu’il allait rentrer un jour sûrement, que ça pourrait pas être autrement. Le matin, à l'école, on me racontait toujours des films incroyables avec un mec, à un moment à la fille, il lui fait tout... "Ah oui, tout? mais quoi ?" On se montrait un peu fermé le creux de nos bras ; Paraissait que les filles, en dedans, au milieu, c'était comme ça.

Et moi, toujours, je voulais que tout le monde m’aime. J’avais un tel besoin d’amour qu’il aurait fallu tout l’amour de la terre (et ça faisait encore pas beaucoup) pour que je me sente enfin à l’aise. Me faire aimer de la boulangère, des gens qui passent dans la rue, me faire aimer de toutes les grand-mères. J’aurais demandé de l’amour à un clochard. Toutes ces histoires d’enfants perdus qu’on retrouve pas... les enfants, leurs problèmes, c’est qu’ils sont pas regardant : ils prennent ce qui vient. Je sais : moi j’étais comme ça.

Et je me souviens encore de mon voisin Johnny qu’était nerveux (je crois qu’a mal fini), que j’ai revu plus tard que j’étais vendeur. Il m’a pas reconnu. Je l’ai laissé prendre en douce dans le magasin tout ce qu’il a pu. Il a pas compris. Il a cru qu’il était plus malin. Et moi je me souvenais de lui qu’était chef de bande... A le voir, j’avais de la peine. Plus tard, à ce qu’on m’a dit, qu’il prenait des trucs graves dans les mêmes cages d’escalier où on mangeait nos BNs, où on se tenait contre l’chauffage, les jours d’hivers où il neigeait, où il y avait une bataille de neige géante dans tout le quartier... On se partageait les gants, on attaquait en rang serrés. Fallait prendre tout le côté droit des immeubles "bis" de la cité. Johnny, c’était notre chef. On se serait fait prendre pour lui. On avait la fidélité. On mettait des cailloux, des calots, des billes, tout ce qu’on pouvait trouver, dans la neige au milieu des boules. Je me rappelle quand j’ai vu mon caillou ouvrir la tête d’un mec d’en face... Et je revoyais le sang du mec. J’en revenais pas. Je croyais qu’on allait venir me chercher, j’attendais la police la nuit, j'entendais tous les pas venir dans l’escalier. Et je me souviens, la dernière nuit avant qu’on parte, j’ai senti le monde disparaître au dedans de moi. Je regardais les valises déjà faites... J'ai commencé tôt, la nostalgie ; j'étais déjà tellement doué pour ça tout petit.

Et je me souviens encore d’un jour la fille de la voisine que j’aimais pas. Elle me montrait tout ce qu’il y avait à voir... et moi j’imaginais Barbara. Je lui montrais moi aussi. Elle voulait que je lui dise que je l’aime, elle me courrait après dans les couloirs. Je lui disais que non je ne l’aimais pas.

Mais toi, je t’aimais bien,
Toi je t’aimais, Barbara
en 1982-83, oh oui, depuis longtemps, je t’aimais Barbara
Et Jérome aussi. Et Kacem,
Et le parrain de ma sœur,
Et ses filles,
Et Maman, et mon petit frère
Et mon père qui revenait pas.
Je les aimais tous, à l’époque, tous ces gens-là,
Et Johnny aussi. Et même Sylvie qu’était en retard 
Je les aimais tous...
...mais surtout toi,
Toi, toi je t’aimais, Barbara
en 1982, en 1983, depuis longtemps, je t’aimais Barbara

Jamais, jamais su, Barbara, si tu m'aimais, Barbara
J'ai jamais su, jamais su, si toi tu m'aimais, Barbara,
en 1982, en 1983... J’ai jamais su si tu m’aimais rien qu’un peu, toi.

Mendelson - 1983 (Barbara)
Personne Ne Le Fera Pour Nous (2003)

samedi 8 juillet 2017

Pour de vrai

Un de ces passages qui font le sel de "Vie et Destin"...
Un de ces moments par lequel tout enfant est passé...

Les étals de boucherie le fascinaient et le repoussaient. David vit des hommes décharger un corps de veau mort, sa langue pâle pendait et le pelage frisotté sur son cou était taché de sang.
La grand-mère acheta une petite poule tachetée et elle la portait en la tenant par ses pattes qu'attachait un petit chiffon blanc ; David marchait à côté et s'efforçait d'aider la poule à lever sa tête qui pendait sans force ; il s'étonnait de voir sa grand-mère faire preuve soudain d'une cruauté si inhumaine.
Il se souvint des paroles incompréhensibles de sa mère disant que la famille du côté de son grand-père était de tradition intellectuelle mais que, du côté de la grand-mère, c'étaient tous des boutiquiers. C'était sûrement pour cela que sa grand-mère n'avait pas pitié de la poule.
Ils pénétrèrent dans une cour, un vieillard, coiffé d'une calotte, sortit à leur rencontre et la grand-mère prononça quelques phrases en yiddish. Le petit vieux prit la poule, marmonna quelque chose, la poule, rassurée, caquetait. Puis il fil un geste rapide, à peine perceptible mais sûrement horrible, et jeta la poule par-dessus son épaule ; elle poussa un cri et se sauva en battant des ailes, et le garçon vit qu'elle n'avait plus de tête, seul courait un corps sans tête ; le petit vieux l'avait tuée. Apres quelques pas, le corps tomba et griffa le sol de ses pattes jeunes et puissantes puis cessa de vivre.
Au cours de la nuit, David eut l'impression qu'une odeur humide de vaches abattues et d'enfants égorgés pénétrait dans la chambre.
La mort, qui vivait jusqu'alors dans une image de forêt où une image de loup guettait une image de chevreau, quitta ce jour-là les pages du livre de contes. Pour la première fois, il comprit avec une acuité extraordinaire que lui aussi mourrait un jour, pas dans un conte mais pour de vrai.
Il comprit qu'un jour sa mère mourrait. La mort, la sienne, celle de sa mère, ne viendrait pas de la forêt imaginaire où des sapins se dressent dans la pénombre, elle viendrait de l'air qui l'entoure, des murs de sa chambre, de sa vie, et il était impossible de se cacher.
Il ressentit la mort avec l'acuité et la profondeur dont seuls les enfants et les grands philosophes sont capables.

Vassili Grossman, Vie et destin (1962/1980)

vendredi 23 septembre 2016

Life is unfair, kill yourself or get over it

"Child Psychology" est le premier single de Black Box Recorder (1998), nouveau groupe emmené par Luke Haines, connu et reconnu grâce à the Auteurs et Baader Meinhof. Le refrain a valu à ce morceau d'être banni des radios anglaises (hors XFM), et d'être amputé sur les radios américaines (puisque sorti peu après le massacre de Colombine)

Aussi percutante qu'elle soit, il ne faut cependant pas réduire les paroles à cette unique maxime.


I stopped talking when I was six years old
I didn't want anything more to do with the outside world
I was happy being quiet
But of course they wouldn't leave me alone
My parents tried every trick in the book
From speech therapists to child psychologists
They even tried bribery
I could have anything, as long as I said it out loud

Life is unfair, kill yourself or get over it

Of course this episode didn't last forever
I'd made my point and it was time to move on
To peel away the next layer of deceit
And see what new surprises lay in store
My school report said I showed no interest
'A disruptive influence' I felt sorry for them in a way
And when they finally expelled me
It didn't mean a thing

Life is unfair, kill yourself or get over it

The November when I came home the Christmas decorations were already up
Spray on snow, coloured flashing lights
And an artificial tree that played Silent Night
Over and over again
My parents welcomed me with loving arms
But within an hour were back at each others throats
Normal, happy childhood back on course
Batteries not included

Life is unfair, kill yourself or get over it

Black Box Recorder, Child Psychology
England made me (Chrysalis, 1998)
-
Luke Haines poursuit aujourd'hui sa carrière solo (avec plus ou moins de réussite) : son prochain album (Smash the System) paraîtra courant octobre

dimanche 27 avril 2014

Rêves d'enfant

" J'ai peur des rêves. Je marche dans une maison, et puis plein de snipers m'encerclent ...Et là, ils me tirent dessus. Ici, là, là, et là."


"Syrie: la vie obstinément", un reportage tournée à Alep durant l'été 2013.
On y suit notamment une famille (trois filles, un garçon et leurs parents), dont le père est partie prenante du front de libération.
A voir jusqu'au 5 mai sur arte+7


*
*      *

Une rue, à Alep. Les bâches tendues masquent la vue
et visent à empêchent les snipers de tirer

lundi 26 août 2013

Growing Up In Meriden [Album Cover of the Week]

Meriden est un village de l'Etat du New Hampshire, aux Etats-Unis (à ne pas confondre avec Meriden dans le Connecticut). Pour situer, c'est au Sud de Montréal (3h en voiture), et au Nord-Est de New-York (4h30).

C'est ici qu'a grandi le jeune garçon que vous voyez ci-dessous... et que certain(e)s d'entre vous reconnaîtront immédiatement.



...

...

Gagné, c'est bien Will Sheff, de Okkervil River.
Will Sheff se raconte, dans le nouvel album du groupe, intitulé "the Silver Gymnasium" (à paraître le 30 septembre).


L'artwork est à nouveau signé William Schaff. Normal (cf Saga 2011, Down the River of Golden Dreams part. 1 et part. 2). La collaboration est allée plus loin cette fois, puisque l'artiste a créé la "carte personnelle" de Will Sheff.
Cela rappelle l'oeuvre allégorique qu'il avait créée à l'intention de Jason Molina (également évoquée dans ces colonnes).Cette fois, les lieux sont réels, et à chacun d'eux sont rattachés des souvenirs.

Cliquez to enlarge
La carte en HD et en interactif, est dispo ici. Vous pourrez y naviguer, y entendre des commentaires audio de Will Sheff, et voir quelques photos souvenirs (comme celle qui ouvre cet article). Dommage que ce soit si court.
L'idée est en tout cas excellente
(moi aussi, je veux que William Schaff cartographie ma vie !)


Okkervil River, the Silver Gymnasium (Ato, 2013)
pre-order (vinyle, CD ou K7)

mardi 5 mars 2013

When I was a kid



La vidéo du Dimanche... (publiée un lundi à minuit, mais tout va bien).

Cette vidéo, donc, illustre un poème d'un certain Shane Koyczan. Elle se compose d'une succession de séquences animées, chacune signée d'un contributeur différent.

J'ai choisi d'en extraire une poignée captures d'écran, qui suivront la courte intro ci-dessous. En toute fin d'article, l'animation en elle-même, oeuvre assez forte comme vous pourrez en juger.

My experiences with violence in schools still echo throughout my life but standing to face the problem has helped me in immeasurable ways.

I wrote “To This Day”, a spoken word poem, to further explore the profound and lasting impact that bullying can have on an individual.

Schools and families are in desperate need of proper tools to confront this problem. We can give them a starting point… A message that will have a far reaching and long lasting effect in confronting bullying.



Shane Koyczan, To This Day (2012)


(ou sur youtube)

vendredi 1 juin 2012

De douces larmes d'enfant, presque joyeuses

Guerre et Paix, Livre III, 2ème Partie.

Si vous lisez les extraits ci-dessous, ca va donc spoiler. En même temps, c'est cet exact premier passage (vu par hasard en feuilletant une revue littéraire) qui m'a décidé à lire le roman. Et puis, il est en quatrième de couverture de l'édition Folio.


1812, la bataille de la Moskova (appelée ici bataille de Borodino)
André  Bolkonsky toujours.

/!\   spoiler   /!\ 


- Couchez-vous! cria l'aide de camp en se jetant à terre. Le prince André, debout, hésitait. La grenade fumante tournait comme une toupie entre lui et l'aide de camp, à la limité de la prairie et du champ, près d'une touffe d'armoise.
"Est-ce vraiment la mort? se dit le prince André en considérant d'un regard neuf, envieux, l'herbe, l'armoise et le filet de fumée qui s'élevait de la balle noire tourbillonnante. Je ne veux pas, je ne veux pas mourir, j'aime la vie, j'aime cette herbe, cette terre et l'air..."

Le prince André sera gravement blessé au ventre... puis rapidement mené à l'infirmerie. Il y sera opéré, sans connaissance. Alors qu'il s'éveille doucement, des images de sa toute première enfance reviennent à sa mémoire.

Après les souffrances qu'il venait de subir, le blessé ressentait une béatitude depuis longtemps inconnue. Les plus heureux moments de son existence, et surtout de sa lointaine enfance, quand on le déshabillait et le couchait dans son petit lit, quand sa nounou le berçait en chantonnant, quant la tête enfouie dans l'oreiller, la seule conscience de vivre suffisait à sa joie, tous ces moments se présentaient à son imagination, et non même comme révolus mais comme présents, réels. [...]

Le prince André avait envie de pleurer ; était-ce parce qu'il mourait obscurément, était-ce parce qu'il regrettait de quitter la vie, était-ce à cause de ces souvenirs d'une enfance à jamais disparue, était-ce parce qu'il souffrait et que cet homme [son voisin d'infirmerie, ndlr] gémissait si lamentablement, mais il avait envie de pleurer, de verser de douces larmes d'enfant, presque joyeuses

La guerre et la Paix, Léon Tolstoï (1865-1869)
[ Livre III, 2ème partie, Chapitre XXXVI ]

samedi 8 octobre 2011

Je trouve que c'est très beau

Fabienne Tabard à Antoine Doinel:
J'ai lu le lys dans la vallée. Je suis comme vous, je trouve que c'est très beau. Mais vous oubliez une chose, c'est que Madame de Mortsauf aimait Félix de Vandenesse... c'est pas une belle histoire d'amour, c'est une histoire lamentable parce que finalement, elle est morte de n'avoir pas pu partager cette amour avec lui

François Truffaut, Baisers volés (1968)
On note que Balzac est décidément une référence pour Antoine Doinel (et donc François Truffaut), dans Baisers Volés, comme dans les 400 coups.
(Crédit gif: iwdrm.tumblr.com)

dimanche 1 mai 2011

Dent pour dent, œil pour œil

Ici souffrit le pauvre Antoine Doinel, puni injustement par Petite Feuille pour une pin-up tombée du ciel. Entre nous ce sera dent pour dent, œil pour œil.



Les 400 coups, François Truffaut (1959)

mercredi 29 décembre 2010

le travail et le devenir-adulte

Ca y est, j'ai fini le tome 1 de Spères, de Sloterdijk. Dans la fin de cet ouvrage, il aura beaucoup été question, de l'enfant, depuis la gestation (lors de laquelle l'ouïe est d'une importance constitutive) jusqu'aux premiers mois.

Ici, il est question de la première traduction pratique de la notion de travail dans la vie de l'enfant.
Un enfant pas trop frustré acquiert dans le milieu maternel la croyance protoreligieuse qu'entre son appel et la boisson, il existe une équivalence pragmatique toujours valable. [...] Le devenir-adulte consiste à comprendre que [cette] équivalence entre l'appel et le succès [...] porte en elle la tendance à pâlir avec le temps, pour finir par s'éteindre presque entièrement. Mais que se passe-t-il quand ce qui est appelé ne vient plus? La première magie se dissout peu à peu dans la lutte et le travail, jusqu'à ce que soit atteint le point où le sujet - frôlant la limite de l'amertume - admet que celui qui ne travaille pas ne doit pas manger, et que celui qui ne veut pas renoncer ne peut pas jouir. Le mot travail englobe un état du monde dans lequel il ne suffit plus à personne de se contenter d'appeler ou d'utiliser des formules magiques pour trouver la satisfaction. Là où le travail est arrivé à l'horizon, l'expérience du fait qu'appeler sert à quelque chose ne peut être défendue que par des moyens religieux ou esthétiques. Et la croyance dans le fait que le bonheur appelé viendra dans un délai adéquat ne survit que parce qu'on ne précise pas qui, en dernière instance, doit être considéré comme celui qui donne le pain quotidien. La religion survit comme souvenir d'une époque où appeler servait encore à quelque chose.

Peter Sloterdijk, Sphères (1998)

Ce sera le dernier extrait que je vous citerai, en réalité, il y a vraiment plein plein d'idées intéressantes dans ce livre, mais elles nécessitent "maturation". Peut-être donc, y reviendrai-je d'ici quelques mois. Ou pas.
Note to Self : relire chapitres VI et VII

mercredi 27 octobre 2010

liberté perdue (1)

J'en viens donc à ce fameux roman, "Que font les rennes après Noël?" que je cite de manière annexe depuis quelques temps.
J'ai acheté le livre lors de mes dernières vacances, c'était la première fois qu'une critique littéraire (lue dans Le Canard Enchaîné) me donnait suffisamment envie pour passer à l'acte, qui plus est, au prix fort (càd pas au format poche).

Le thème de ce roman est la nécessaire émancipation que chacun doit réaliser pour se construire et s'affranchir du modèle façonné par son éducation. L'auteure établit d'incessants parallèles entre cette trajectoire et la situation d'animaux élevés par l'Homme (que la finalité soit scientifique, alimentaire, ou touristique).

L'histoire commence jeune:

Durant les toutes premières années de votre existence, malgré votre docilité et la parfaite régularité de votre crâne, vous avez tendance à mettre votre vie en danger en secouant violemment votre berceau ou en hurlant avec véhémence. De cette période, où vous vous manifestez avec une liberté qui s'est perdue par la suite, vous ne gardez aucun souvenir.

[...]

Vous avez besoin de vos parents, vous pouvez mourir en dormant, en avalant de travers, en mettant les doigts dans les prises, en renversant une bassine d'eau chaude, en manipulant des objets contondants, en basculant par une fenêtre ouverte, en tombant dans une piscine, vous êtes en péril, on doit jour et nuit veiller sur vous, les accidents sont si vite arrivés, vous êtes sous la surveillance attentive de vos parents.

[...]

Enfant, vous ne vous demandez pas quel métier vous ferez, quelle vie vous mènerez, dans quel lieu vous habiterez, quels amis vous aurez, à quel âge vous mourrez, quels amoureux vous éconduirez, votre mère vous tient lieu de vie, de métier, d'ami, d'amoureux, et de tout le reste.

[...]

Dans les premières années de votre vie, vous pensez que vous êtes la propriété de votre mère. Parfois, vous le regrettez.

Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël? (2010)

mardi 4 mai 2010

Family Matters

"Low Battery"
C'est ce qui a fait que je n'ai pas pu prendre de photo (satisfaisante) du groupe de la troupe que je recevais Samedi à la radio. En attendant la diffusion de la session, je vais donc tâcher d'illustrer cette visite en paroles.

Cela faisait plusieurs mois que j'étais en contact épisodiquement avec Milenka, duo mixte que je savais venir des hauteurs de Nice. Quand j'ai ouvert la porte, Samedi, à midi, c'est une famille que j'ai vue, Gini Helie et Oomiaq, une fillette de 7/8 ans, leur fils d'un an environ, et la babysitter de fortune, mais costumière dans la vraie vie.
(rejoints plus tard par un autre musien)

Ambiance chaleureuse et familiale, donc, puisque nous avons bavardé, enregistré la session et l'interview pendant que tout ce petit monde continuait à vivre dans le studio, et dans ce grand espace vide que constitue la Maison des Initiatives Etudiantes un 1er mai.

Je publie malgré tout un photo (ratée), sur laquelle on distinge un quatrième musicien.



Chouette moment, bientôt diffusé sur Radio Campus Paris (93.9FM), et prolongé le lendemain à l'International, où Milenka a pu jouer sa musique bio, ethnique et onirique.



TERRE TERRE MERE MERVEILLE VEILLE VEILLE SUR NOUS

Tout ceci me fait dire qu'il doit faire bon vivre à Bezaudun-les-Alpes.

Milenka
www.myspace.com/milenkathepyramids

jeudi 22 avril 2010

Children of the Beast

Deux albums parus ces jours-ci, et reprenant dans des tons similaires le visuel classique
de la photo de déguisement...
(Pas moyen de trouver un tumblr sur le sujet, alors que ça existe forcément!)


Fang Islands, s/t (Sargent House, 2010)
the Get Up Kids, Simple Science (Vagrant, 2010)

Allez, et puisqu'Arise Therefore aime (un peu) les enfants,
deux chouettes photos vintage sur ce thème, pour accompagner ce vendredi!




[Edit: J'ajoute après coup la pochette du prochain album de Wolf Parade, rendue publique il y a quelques temps]



Wolf Parade, Expo 86 (Sub Pop, 2010)
Active Child, Curtis Lane (Beggars Banquet, 2010)
Magic Kids, Memphis (Merok, 2010)

Voir aussi les photos de Christophe Beauregard ici.

[Edit: a posteriori, j'ajoute M83 à cette sélection]