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mardi 26 mars 2024

Le dernier concert (bis)

Si je tarde en 2024 à redonner à ce blog un rythme de publication décent, c'est que je sais devoir revenir sur un "au revoir" qui aura marqué la fin d'année précédente, je pense au dernier (!) concert de Taulard.


Mon cinquième concert de ce groupe énergique, simple et attachant, souvenir heureux et emprunt d'un voile de nostalgie.

De manière inéluctable, cela me renvoie à un récent autre dernier concert vécu à Petit Bain, plus "grand" : Mendelson.


Grande et belle consolation, j'ai en découvert un enregistrement intégral, à voir ici :
Frissons garantis

dimanche 29 novembre 2020

Bouffée d'Art

Les lieux de culture restant résolument fermés, une petite bouffée d'art pictural ne fera pas de mal. Petite sélection de choses vues au MAC VAL (musée d'art contemporain du val-de-marne), entre deux confinements.

Vues dans l'exposition monographique du duo d’artistes Brognon et Rollin, ces marqueteries de paille qui donnent à voir "l'attente dans sa construction"


David Brognon et Stéphanie Rollin« I Lost My Page Again » (2018)


J'ai d'autre part apprécié ce que j'ai vu de Bianca Argimón (ci-dessous, un détail de Weltschmertz, avec cette cabine networkless, et Melancholia XXI)


On termine en vidéo, avec ce finalement très arnaud-fleurent-didiesque "Tunnel of Mondialisation" de 
Jean-Charles Massera

et les images saisissante du documentaire « Braguino » de Clément Cogitore, parti filmer une petite société vivant en autarcie en Sibérie. A voir et à revoir, si vous pouvez.


dimanche 4 mars 2018

Friends of Wonder

Si je devais franciser la formule d'un célèbre meme américain, je dirais : 

"Vous êtes peut-être cools, mais vous ne serez jamais aussi cools que Courtney Barnett et Kurt Vile jouant leur album dans un magnifique cinéma construit dans les années 20 à Jersey City".


Friends of Wonder: Courtney Barnett + Kurt Vile (Documentary)

Irene Chin and Kurt Vincent (2018)
Photos : Laura June Kirsch

La vidéo du dimanche soir, c'est donc ce documentaire, à voir, sur Youtube

mardi 5 septembre 2017

La saison des festivals

Outre plage, ciel bleu ou décors exotiques, la saison estivale est aussi celle des festivals

36h de St Eustache
Je triche un peu car ce festival débute traditionnellement la veille de la fête de la musique, soit à quelques heures de l'été. Buvette y jouait dans une formule allégée [photo], le résultat aura été moins probant que Buvette illimité(e)... Egalement présent ce soir là, Stranded Horse (accompagné de Boubacar Cissokho) [video].

Garage MU Festival
Courant Juillet, le collectif MU investissait la Station, un de ces lieux éphémères qui fleurissent l'été dans la ceinture parisienne... Ambiance Berlin (en tout cas selon mon imaginaire), pour être IN, il fallait arborer une coupe mulet ou au bol, porter un survêtement (soit trop petit, soit trop grand) et des mocassins, exhiber ses chaussettes blanches ou jacquard, et se munir d'un accessoire vintage type bandana ou banane. Dans ce contexte, on aura pu apprécier Jessica93 [photo] et Taulard (au look so norm core)

Pendant ce temps là, en Bretagne...

Route du Rock
❤ BZH...ne serait-ce que parce que la Route du Rock avait eu l'idée de convier Arab Strap (aka le meilleur concert d'un festival qui sait ménager son lot de temps morts...)

Belle formation (6 personnes sur scène), un Aidan sobre (*), en bermuda, et heureux d'être là, un Malcolm sobre (**) et efficace, une Setlist bien équilibrée et du meilleur goût... A revoir dans des circonstances similaires sur ArteConcert, ici : [video]

(*) sobre: "Qui mange ou boit avec modération et, en particulier, qui boit peu de boissons alcoolisées." (**) sobre : "Qui montre de la mesure, de la réserve en quelque chose".


Retenons tout de même aussi le concert de Future Islands [video], feat. un Samuel T. Herring barbu, convergeant ainsi dangereusement vers François-Xavier Demaison... Pas de surprise, à l'exception de quelques nouveaux "special moves" chorégraphiques.

Rock en Seine
Pourquoi Rock en Seine cette année, alors que je n'y avais pas mis les pieds depuis 2003? Parce que At the drive-in. Et aussi Beach Fossils, the Shins... et Franz Ferdinand [photo + video]

Prochain festival, le Paris Popfest, avec notamment : Michael Hiscock & friends play The Field Mice

dimanche 30 juillet 2017

Is this what we wanted ?


La vidéo du dimanche soir, ce sera ce joli clip pour ce retour surprenant de Julie Doiron (un poil vénèr ici, elle qui se révèle une crème en interview).
Ce titre annonce la sortie de l'album de Julie and the wrong guys début septembre, il devrait ravir celles et ceux qui ne sont pas contre une bonne rasade de guitare 90's.



Julie and The Wrong Guys - You Wanted What I Wanted
(Dine Alone Records, 2017)

dimanche 2 juillet 2017

Perdu


La vidéo du dimanche soir, c'est ce court-métrage, signé Michel Gondry (et commandé par Apple).
Déception, vu qu'une lecture trop rapide d'un publicité dans le métro, associée au visuel de l'affiche m'avait laissé croire que c'était une réalisation du génial Quentin Dupieux...

In fine, les univers partagent effectivement quelques traits communs (les objets animés façon "Rubber", la représentation d'une banlieue pavillonnaire comme dans "Wrong / Wrong Cops"), et puis, Michel Gondry, c'est quand même pas si mal.

Verdict (en paraphrasant le système d'évaluation du Canard Enchaîné) :
"On peut voir".

Détour, Michel Gondry (2017)

lundi 26 décembre 2016

Ci-gît RIEN, et rien d'autre

... C'est l'épitaphe choisie par RIEN, ce groupe grenoblois regretté, rendue publique à la veille de leur ultime concert, le 1er décembre 2014. J'étais quant à moi à leur dernier concert parisien, 3 jours auparavant à la Maroquinerie. C'était mon douzième concert (depuis 2002), c'était leur 15ème année.

Souvent, je pense à Rien.
Encore aujourd'hui.

Je profite de cette date quasi-anniversaire et de ces fêtes pour publier sur youtube ce vieux clip perdu de "Stare Mesto", retrouvé sur un CD-ROM poussiéreux.
Il s'agit d'une version du morceau tel qu'il était en 2001, instrumental
(avant que Jull n'y pose sa voix, comme vous pouvez l'entendre dans l'album "Requiem pour des Baroqueux")

Joint par e-mail, yugo solo a même répondu à quelques questions.
Merci à lui. (de rien).
Et bonnes fêtes à tous !




RIEN, Stare Mesto (early version)
(Amicale Underground, 2001)

*
*       *

Où en était le groupe au moment où cette version de Stare Mesto est parue ?
yugo solo: On est en 2001... on a tous entre 21 et 24 ans comme en attestent nos bouilles. c'est la deuxième année d'existence de RIEN. Aka, notre batteur était alors exilé pour 2 ans sur Limoges et on l'avait remplacé par une boîte à rythme jouée par ce fameux soft qu'était Rebirth... d’autres temps mon bon monsieur... Aka revient en 2002 et on enregistrera le morceau dans sa version album en décembre 2002 en remplaçant la drum machine par de la batterie jouée par Aka.


Ce clip, c'est un peu la madeleine de mes années à Grenoble. On y voit la Bastille, les 3 tours, le vieux centre, des références à Radio Campus Grenoble... Il y a une histoire dans laquelle on retrouve votre goût pour les choses structurées... Quelle a été sa genèse ?
yugo solo: oui, le clip ressemble à s'y méprendre à un mauvais spot publicitaire pour la ville de Grenoble... C'était une époque où goulag et moi même, ainsi que dans une moindre mesure Dos.3 étaient investis dans Radio Campus Grenoble. A la Radio on s'est liés d’amitié avec d'autres personnes et un "proto collectif artistique amateur" est né.. ce collectif a donné naissance au premier clip de RIEN qui fut aussi le dernier, et à une pièce de théâtre qui fut aussi la dernière. Mais on a tous de bons souvenirs de ce temps là.. chaque ‘oeuvre’ se voulait définitive.. et elles le furent :)


J'ai longtemps trouvé que votre musique ne ressemblait qu'à Rien (et donc à rien de connu), jusqu'à ce jour où j'ai réécouté 'the Argument' de Fugazi, et où je me suis dit que peut-être vous étiez cousins éloignés. Ce groupe te parle, ou pas plus que ça ? De ta réponse, dépend l'emplacement de vos albums dans ma discothèque...
yugo solo: well spotted dood! The Argument de Fugazi sorti en 2001 est définitivement un grand disque, je pense qu’il parle peut être plus à Goulag et moi qu’à Dos. 3 et Aka… Je ne dirais donc pas que c'est l'unique ou principale influence du groupe RIEN, mais le jeu des 2 guitares et l'ambiance générale de ce disque a résonné à l'époque avec ce que nous essayions de développer de notre côté, dans cette cave située rue Génissieu.. le fait que chaque guitare évolue librement et que l'une joue une mélodie l'autre son contrechamp est quelque chose qui nous a toujours plu (plutôt que d'avoir une en accord, une en solo...)
Un autre disque qui nous a profondément marqué à l'époque c'est le ‘Melody of Certain Damaged Lemons’ de Blonde Redhead, je ne crois pas me  tromper en disant que tous les membres de RIEN l'ont écouté.. même Francis Fruits arrivé plus tard dans le groupe.


Mon superbe T-Shirt jaune de RIEN (1999-2014) annonçant la mort programmée du groupe claque toujours, mais, maintenant que la date est révolue, il suscite moins de perplexité. Je le déplore. Avec deux années de recul, 2014, c'était la bonne année pour raccrocher ?
yugo solo: je pense oui.


Et toi? Quels projets musicaux t'animent en ce moment ?
yugo solo: on finit le quatrième disque de Jull avec l’ami Dos.3 et toujours Fred ‘Brain’ Monestier (lui aussi rencontré à Radio Campus Grenoble) à la technique. Cela devrait sortir au printemps, et je trouve le résultat "pas dégueu" comme dirait l'ami Jull... Un autre projet composé de Rescue et moi-même nommé 'Otto Ritta' sortira un EP sur Rock To The Beat en Janvier. C'est plus orienté "piste de danse"... et d'autres projets sont à venir.. mais chaque chose en son temps.

lundi 4 juillet 2016

Une épaisse brume de plus dans le présent


C'est avec les ambitions qu'on attrape le financier,
avec des munitions que dérape le policier.

C'est une condition de devoir nous laisser vivre,
la foule en érection est déjà bien ivre.

En réanimation dans des lits noirs et blancs,
ne tire aucune leçon de nos arracheurs de dents.

Ils crachent comme des cons sur le pavé des enfants,
les cigarettes s'allument à l'annonce de leur 13 ans.

C'est juste une épaisse brume de plus dans le présent,
un grumeau qui se glisse dans un liquide charmant,
un cuni bien triste dans une belle au bois dormant,
des poils qui se hérissent sur un bras bien coiffé,
une pulpeuse nourrice dans un pavillon parfait.

On vit, on s'aime, à travers nos écrans.
On cache, on garde nos envies dans des écrins.

Il y a des yeux qui débordent, des vieux qui te bordent,
des haches qui se dressent, des tresses qui se lient.

La détresse est visible, elle se couche dans nos lits.

Un matin de novembre nargué par un suçon,
ils ont repris la vie de n'importe qu'elle façon.

De l'accumulation, naît la révolution.
Une étincelle brille entre deux explosions.

Réveille les instincts de ces morbides pulsions.
Les gens bien pensants vont quitter leur fonction.

Notre armée triomphante est rentrée dans Paris,
pénètre dans cette fente aux lèvres déjà meurtries,
un viol quand tu rentres dans une foule asservie,
brûler ces H&M et leurs 12 collections!
Du haut des H.L.M. certains n'ont qu'une saison!

Ça chuchote en coulisse et l'élève entend des sons,
les mômes s'établissent un nouveau dessein,
ça barbote dans l'abysse de nos belles flaques de sangs.

Odezenne - Novembre
RIEN EP (Universeul, 2014)


Novembre est un titre d'Odezenne paru en mai 2014 (et écrit en 2010). Il sert aujourd'hui de bande-son à des images tournées notamment lors des manifestations  contre la Loi Travail, dans ce "clip-documentaire" du réalisateur Jérôme Clément-Wilz.

On pourra trouver facile et partisane la mise en image. Je n'ai de mon côté aucun sentiment anti-police... je suis simplement anti-violence. On peut néanmoins dresser le constat que pas mal de manifestations anti-Loi Travail ont dégénéré, et, de là, s'interroger.

Etant donné que la Police vante régulièrement son excellence en termes de maintien de l'ordre (on se souvient de Michelle Aliot-Marie, Ministre de l'Intérieur en 2011, proposant à la Tunisie de Ben Ali le "savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité", afin d'aider à mater ce qui allait rester comme l'historique Révolution tunisienne), la mise en lumière de certains faits peuvent, qui sait, aboutir à une remise en question bénéfique.

Le rapport de "Reporterre" rendu publique ces jours-ci pointe par exemple la "mise en place de dispositifs générant de fortes tensions" :

Présence visible, au plus proche des cortèges et risque d'attiser les tensions / Réactivité instantanée par usage de lacrymogène sans menace patente pour le corps policier / Enfermement des manifestants au sein d'un dispositif sans issue, dit « nasse » / Mise en joue par LBD à distance très proche des manifestants, y compris pacifiques, équipes médicales, journalistes / Mise en joue de manifestants par arme de service / Interventions policières et interpellations au sein même des cortèges / Disproportions des moyens / Sommations inaudibles

A ces dispositifs susceptibles de faire dégénérer une situation même calme, on peut opposer "un nouveau modèle européen de maintien de l’ordre" tel qu'exposé dans cet article publié dans La Vie des Idées. Ses principes sont les suivants :

1/ une conception [alternative] des logiques de la foule 
2/ la facilitation et l’accompagnement des manifestations de rue ; 
3/ le développement de la communication à tous les stades d’une opération de maintien de l’ordre ; 
4/ la différenciation et le ciblage des interventions de rétablissement de l’ordre.

L'article poursuit :
La nouvelle psychologie des foules, inspirée par des psychologues sociaux, au premier rang desquels Stephen Reicher et Otto Adang, s’appuie sur une idée simple, inspirée d’une démarche d’observation expérimentale et participative. Toute présence réelle ou psychologique hostile au groupe minore l’individualité des membres du groupe, qui tendent alors à former un bloc uniforme, tendu vers la réduction ou l’éloignement du danger perçu. Les membres du groupe expriment leur appartenance en affichant les traits et les normes les plus distinctifs de leur groupe face aux membres de l’autre groupe. Lorsque cette présence s’estompe, leurs relations s’inscrivent davantage dans un contexte interindividuel où ils peuvent affirmer des caractéristiques qui les différencient des membres de leur(s) groupe(s) : l’homogénéité et la solidarisation au sein du groupe se désagrègent.

L’appel à manifester introduit d’emblée un changement de la définition identitaire : il renforce des aspects spécifiques de l’identité sociale, en lien avec les groupes manifestants et les revendications défendues. Le déroulement de la manifestation dépend ensuite des rapports intergroupes dans lesquels sont pris les participant.e.s. Lorsque les signes, drapeaux ou slogans sont organisés autour d’un point de vue homogène et clairement opposé à un adversaire, la cohésion du groupe et l’identification de ses membres se renforcent et invitent à des actions déterminées vers les espaces occupés par l’adversaire. C’est dans de telles situations que l’on observe le développement d’émeutes et d’affrontements, notamment face à la police, dont la présence accentue la cohésion de la manifestation. À l’inverse, dès que l’homogénéité se lézarde par l’apparition de sigles qui signalent des points de vue différents, les manifestants sont amenés à redéfinir leur identité en s’inscrivant dans tels ou tels groupes militants présents. À l’extrême, lorsqu'une manifestation prend la forme d’un agrégat d’entités hétérogènes, l’action collective se dissout à mesure que la déambulation des participant.e.s se résume à des relations interindividuelles au sein de petites unités disloquées.

Dans ce modèle, il est possible de comprendre comment certains cortèges a priori paisibles peuvent se transformer en action collective violente, alors que des manifestations supposées agressives se déroulent sans heurts. Ici, l’usage indiscriminé de la force par la police durant un événement protestataire est susceptible d’avoir un impact négatif sur les dynamiques de la foule, dont la cohésion se renforce à l’encontre d’un adversaire tout désigné : la police. Pour les auteurs dont nous parlons, il est donc nécessaire d’éviter tout recours indiscriminé à la force, pour éviter toute radicalisation de la foule : que ceux qui manifestent sans intention malveillante se trouvent solidaires de ceux dont l’intention était d’en découdre. Pour cela il faut trouver le moyen de véhiculer une perception de la légitimité de l’action policière auprès du plus grand nombre (et non pas seulement les organisateur.trice.s déclaré.e.s) par une stratégie de facilitation des comportements pacifiques de la foule (information, orientation, liaison permanente) ; un profil tactique encourageant le dialogue et la communication avec les manifestant.e.s, avant, pendant et après l’événement ; l’évitement de toute action répressive indiscriminée et la mise en place d’une stratégie incrémentale et ciblée de recours à la force.

L'article complet est à lire ici :
Olivier Fillieule & Fabien Jobard, Un splendide isolement
(La vie des idées, 24 mai 2016)

mardi 10 mai 2016

Le Grand Incendie

De Renault à France Télécom devenu Orange, les exemples de privatisation suivies de transformations réussies sont nombreux [...]

Robin Rivaton, "Aux actes dirigeants !" (2016)


*
*      *

Il est tout de même bon de rappeler quelques éléments de contexte... ce que me permet de faire l'exposition "Le Grand Incendie" - dérivée du web documentaire du même nom, et - sous-titrée :
"ils se sont immolés par le feu pour se faire entendre".
Parmi les sept gestes tragiques narrés, celui de Rémy Louvradoux.


Rémy Louvradoux a intégré France Télécom à 20 ans en tant que technicien. Tout au long de sa mission de service public, il a gravi les échelons jusqu'à devenir cadre pour, finalement, être "placardisé" dans une agence près de Bordeaux. Suite à la privatisation du groupe, il est victime des nouvelles techniques managériales alors mises en œuvre.

Le plan NEXT conçu par Didier Lombard, PDG du groupe France Télécom / Orange de 2003 à 2010, a pour but de diminuer la masse salariale de 10 %. "Je ferai partir 22 000 salariés par la porte ou par la fenêtre", dit-il sans complexe lors d'une réunion interne

Environ 4000 employés ont été formé afin d'accompli,r sur le terrain, la réduction des effectifs. Mobilités forcées, placardisations, les nouvelles stratégies de management sont violemment appliquées. Les directives déshumanisées de l'encadrement consistent à dégrader les conditions de travail, afin de pousser psychologiquement au "départ volontaire" une partie des employés au statut de fonctionnaire. Ce plan provoque une vague de suicides sans précédent dans l'entreprise - "une mode" selon son PDG.

Rémy était préventeur chez France Télécom / Orange : il avait pour mission d'apporter un éclairage sur les dysfonctionnements au sein de l'entreprise et les raisons des suicides, afin d'en améliorer la prévention. On ne lui a attribué pour cela qu'un bureau sans fenêtre, sans ordinateur, ni téléphone. Ses courriers d'alerte envoyés à la direction nationale du groupe sont restés sans réponse. Son manager "n+1" a reçu l'ordre de ne pas lui répondre non plus. Il dira par la suite "avoir obéi aux ordres".

Rémi Louvradoux s'est immolé par le feu le 26 avril 2011 sur le parking de son entreprise.


Samuel Bollendorff, Olivia Colo, Le Grand Incendie (2013)
Web doc, à voir ici.


Enfin, Robin Rivaton, vu à la TV le 30 avril dernier.

dimanche 3 janvier 2016

You're about to hack time. Are you sure ?

La vidéo du dimanche soir, c'est Kung-Fury, court-métrage drôlatique à l'esthétique 80s. Hyper référencé, il mêle brillamment les univers de films d'art martiaux et de série policières d'époque, avec tout un tas de geekeries.


Un film de Kung-Fu avec des Nazis et des dinosaures, que demander de plus, franchement ?
Extrait.

Hackerman : What're you gonna do?

Kung Fury : My job. I'm gonna go back in time to Nazi Germany, and kill Hitler once and for all

- So, how are you gonna do that?

- I'm not sure. I need some sort of time machine.


- Wait a minute. Using an RX modulator, I might be able to conduct a mainframe cell direct and hack the uplink to the download.

- What the hell does that mean?

- It means that with the right computer algorithms, i can hack you back in time. Just like a time machine.

- Well then... it's hacking time


Kung Fury, (David Sandberg, 2015)

A voir et écouter également, le single extrait de la BO, chanté par David Hassel

dimanche 8 novembre 2015

Man on the Moon

Près de 55 ans après la première incursion de l'Homme dans l'Espace, sa présence désormais continue (?) a tendu à banaliser une aventure restant pourtant sensationnelle. Des oeuvres de fiction récentes (Gravity, Interstellar) ont ré-introduit des images époustouflantes et ainsi réanimé l'imaginaire lié à l'espace. 
C'est dans ce contexte qu'on a dernièrement pu découvrir sur flickr plus de 8000 photos HD des missions lunaires de la NASA.


Un internaute en a compilé certaines dans une séquence en stop motion... et c'est "la vidéo du dimanche soir" 
(rubrique exsangue, avouons-le)

(à voir en plein écran... et éventuellement en coupant le son)

vendredi 25 septembre 2015

the Writings on the Wall

La Villette proposait cet été une exposition de l'artiste contemporain suisse Felice Varini. A l'intérieur, ça donnait ça :

A l'extérieur :

Varini est un de ces artistes qui donne dans l'anamorphose, et produit ainsi des résultats visuellement surprenants et (par essence) géométriquement parfaits. Le procédé? La distorsion de forme ne reprenant leur aspect véritable qu'en étant regardée d'un certain point de vue.
(vous savez, comme ces publicités vues à la TV sur les terrains de rugby)

Autres exemples, soit de lui
soit de Georges Rousse :

Toujours à l'affut d'idées visuelles, le groupe Ok Go a d'ailleurs sorti en 2014 un clip basé sur ce principe. C'était pour the Writings on the Wall


Autre utilisation notable dans le domaine musical, la couverture de l'album "the Blueprint 3" de Jay-Z (2009). Peut-être en connaissez-vous d'autres ?
[Edit : merci @ bEN]

A voir, à lire :

samedi 3 janvier 2015

Postcards from Pripyat, Chernobyl

La fusion du cœur d'un réacteur nucléaire survient lorsque les crayons de combustible nucléaire, qui contiennent l'uranium ou le plutonium ainsi que des produits de fission hautement radioactifs, commencent à surchauffer puis à fondre à l'intérieur du réacteur. C'est ce qui s'est produit le 11 mars 2011 sur les réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima. Mais aussi le 26 avril 1986 à 1h23 à la centrale nucléaire de Tchernobyl, provoquant l'explosion du réacteur 4, et le rejet , dans l'atmosphère, de l'équivalent radioactif de 400 fois la bombe d'Hiroshima.

Pripyat est la ville ouvrière attenante bâtie pour héberger les travailleurs... Elle est donc dans "la zone", cet espace inhabité de 30km autour de la centrale [Carte]

Danny Cook, en marge d'un reportage pour CBS, a ramené les images suivantes de la ville fantôme...


La vidéo complète :


D'autres villes fantômes, déjà évoquées ici,
Detroit :
Kangbashi :

dimanche 30 novembre 2014

Des bouts de ciel se défont

Me voici à nouveau sur ce blog à parler de tout et de Rien. Il faut dire que le dernier concert (parisien) du groupe grenoblois était grandiose, avec une version (allongée?) de Masterkraft des plus intenses, et surtout, le morceau que je réclamais depuis des années, Stare Mesto, qui plus est dans sa version chantée, puisque Jull était présent ce soir-là, déclamant ce texte, véritable poème surréaliste (au sens propre du terme). Fin de cette longue phrase.


Je revois des visages comme dans un rêve...
Tous ancrés dans le même espace-temps
Ca se passe dans une ville que j'ignore
Une ville grise avec un port
C'est tout ce dont je me souviens
Et les gens je me rappelle bien
Et toutes les versions corroborent
D'abord il y a une jeune fille
Elle est assise sur la grève
De l'autre côté du rivage
Elle porte un feutre
Et sa bouche est comme un nuage
Elle fait chanter ses bracelets
A un petit bout d'homme sans visage
Le petit homme a l'air content
Il a un œil comme un cheval
La crinière qui penche en avant
Et comme s'il était d'un autre âge
Il traîne dans ses mouvements
Il est tard
Et la ville se change en étoile
Un peu plus loin trois enfants jouent
L'un d'eux peine à tenir debout
Au large un bateau fait escale
Il y a des lumières sur le pont
Un trait rouge un peu dans le fond
Et deux jaunes qui forment un signal
Tout à coup un homme se dévoile
Et d'une main la fille lui répond
Il y a un commencement d'orage
Et des bouts de ciel se défont

La jeune fille a quitté la plage
Et elle nage dans sa direction
Le petit bout d'homme sur la grève
Trace un cercle avec un bâton
Il dessine avec précision
L'homme, les enfants, la barge
Quelques bouts de ciel dans le fond
Et la fille qui dans son sillage
Change l'eau en chape de plomb...

Rien, Stare Mesto
Requiem pour des Baroqueux (l'amicale underground, 2003)
www.amicale-underground.org
https://rien.bandcamp.com/

Pour vous faire une idée de ce grand moment, cette vidéo, tournée Vendredi à la Maroquinerie :

dimanche 16 novembre 2014

Ça commencera comme ça, par une indiscipline

Dans une chronique intitulée "Chère Fleur Pellerin" (Libération du 14/11), Christine Angot s'adresse à la Ministre de la Culture, qui avait concédé il y a peu "n'[avoir] pas du tout le temps de lire depuis deux ans." Elle y cite de larges passages d'une interview de Marguerite Duras datant de 1985

La prose est belle, Marguerite Duras conjugue sa vision de l'Homme au futur, avec un phrasé me rappelant les affirmations poétiques d'Alexandre dans "La Maman et la Putain"

Je retranscris ici ses propos dans leur intégralité. L'auteure répondait à l'interrogation suivante : "Les hommes ont toujours eu besoin de réponses, même si un jour elles s'avèrent fausses ou seulement provisoires. Alors en l'an 2000, où seront les réponses ?"

"Il n'y aura plus que ça, la demande sera telle qu'il n'y aura plus que des réponses, tous les textes seront des réponses en somme. Je crois que l'homme sera littéralement noyé dans l'information, dans une information constante. Sur son corps, sur son devenir corporel, sur sa santé, sur sa vie familiale, sur son salaire, sur son loisir. C'est pas loin du cauchemar.

Il n'y aura plus personne pour lire. Ils verront de la télévision, on aura des postes partout, dans la cuisine, dans les water closets, dans les bureaux, dans les rues... Où sera-t-on ? Tandis qu'on regarde la télévision où est-on ? On n'est pas seul. On ne voyagera plus, ce ne sera plus la peine de voyager. Quand on peut faire le tour du monde en huit jours ou quinze jours, pourquoi le faire ? Dans le voyage il y a le temps du voyage. C'est pas voir vite, c'est voir et vivre en même temps. Vivre du voyage, ça ne sera plus possible. Tout sera bouché. Tout sera investi.

Il restera la mer quand même. Les océans. Et puis la lecture. Les gens vont redécouvrir ça. Un homme un jour lira. Tout recommencera. On repassera par la gratuité. C'est à dire que les réponses à ce moment-là, elles seront moins écoutées. Ça commencera comme ça, par une indiscipline, un risque pris par l'homme envers lui-même. Un jour il sera seul de nouveau avec son malheur, et son bonheur, mais qui lui viendront de lui-même.

Peut-être que ceux qui se tireront de ce pas seront les héros de l'avenir, c'est très possible. Espérons qu'il y en aura encore.

Je me souviens avoir lu dans le livre d'un auteur allemand de l'entre-deux-guerres, je me souviens du titre, "Le dernier civil", de Ernst Glaeser, ça, j'avais lu ça, que lorsque la liberté aurait déserté le monde, il resterait toujours un homme pour en rêver.

Je crois... Je crois que c'est déjà commencé même."


dimanche 3 août 2014

You're gonna need a pop group

La vidéo du Dimanche soir, c'est la bande-annonce du film God Help the Girl, que Stuart Murdoch (Belle and Sebastian) a enfin réussi à sortir. Le projet début en 2009 avec la sortie d'un premier single, puis d'un album pensé comme la bande-son d'un film (et même d'une comédie musicale).


D'autre singles suivirent, puis le film, produit par le biais d'un financement participatif. Aucune date (ni projection) n'est annoncée en France pour le moment. Il faudra donc, pour ceux que ça intéresse, se contenter pour l'heure de ce teaser... qui fleure (bon?) le feel good movie.



Et.... oui, vous avez bien reconnu Hannah - Gilly dans Game of Thrones - Murray
(connue aussi grâce à Skins)