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lundi 1 janvier 2018

My new resolution

There are things some people classify as pleasures
That just before I die I'll have no regrets for having missed
Camping and orgies and places on the body I've never kissed

But however you define whatever you have in mind
We both have a need for things we don't need
Like belief and relief and pleasure and grief

Now I'm sitting here waiting to leave New Year's Eve
Nothing good came from [2017*]
But death and destruction and my new resolution
To drink more and laugh more and sleep more and dream more

The New Year - MMV
s/t (Touch and Go, 2008)
- - -
(*) "MMV" (ie "2005") dans le texte original

mardi 4 octobre 2016

Le bonheur, c'aurait dû être quelque chose de différent

Dans cette nouvelle, Henry James nous livre le journal d'un homme revenu en Italie, et replongé dans les souvenirs d'une romance interrompue de sa jeunesse.
"Retour à Florence" est l'histoire d'une erreur prégnante.

J'avoue que je suis surpris. J'ai mené une vie trop sérieuse ; mais cela, après tout, conserve peut-être la jeunesse. Quoiqu'il en soit, j'ai voyagé trop loin, j'ai travaillé trop dur. J'ai vécu sous des climats brutaux, et me suis associé à des gens épuisants. Quand un homme a atteint sa cinquante-deuxième année sans être tout à fait usé, quand il jouit d'une bonne santé, d'une jolie fortune, d'une conscience en ordre, et d'une totale dispense de parents encombrants, je suppose qu'il est tenu, par délicatesse, d'écrire qu'il est heureux. Mais j'avoue que j'esquive cette obligation. Je n'ai pas été malheureux, je n'irais pas jusqu'à dire cela, du moins jusqu'à l'écrire. Mais le bonheur, le bonheur effectif, aurait dû être quelque chose de différent. Je ne sais pas si, tout compte fait, c'aurait été quelque chose de mieux, et si cela m'aurait laissé dans un meilleur état aujourd'hui. Mais cela aurait certainement fait cette différence que je n'aurais pas été réduit, poursuivant une image séduisante, à exhumer un épisode enterré voilà plus d'un quart de siècle. J'aurais trouvé une distraction  plus comment dirai-je? — plus contemporaine. J'aurais eu une femme et des enfants, et je n'aurais pas été d'humeur à faire (pour parler comme les Français) des infidélités au présent.

Bien sûr, c'est un grand avantage que d'avoir gagné la liberté, et de ne pas avoir commis une énorme sottise. Et je suppose que, quelle que soit l'importance du pas qu'on puisse avoir fait à vingt-cinq ans. après un combat, et avec un effort violent, et de quelle manière que se trouve justifiée par les événements la conduite qu'on a pu avoir, il restera toujours un certain élément de regret, un certain sentiment de privation embusqué dans le sentiment des avantages, une tendance à imaginer, avec bien des vœux, ce qui aurait pu être. Ce qui aurait pu être, dans ce cas précis, aurait été, sans aucun doute, très triste, et ce qui a été l'a été d'une façon confortable et allègre. Mais il y a néanmoins deux ou trois questions que je devrais me poser. Pourquoi, par exemple, ne me suis-je jamais marié ? Pourquoi n'ai-je jamais été capable d'être pris par aucune femme comme j'ai été pris par elle ? Ah, pourquoi les montagnes  sont-elles bleues,  et  pourquoi   les rayons du soleil sont-ils chauds? Bonheur mêlé de conjectures importunes, voilà mon lot.

Henry James, Retour à Florence (1879)

mercredi 29 janvier 2014

I'm not THAT bad

En guise de premier article sur Raging Bull, je reprenais le monologue d'introduction... mais la scène du film qui marque, c'est celle de l'incarcération (temporaire) de Jake Lamotta, alors gérant de son propre club.

Why? Why? Why?...Why'd you do it? Why? You're so stupid, so fucking stupid...They call me an animal, I'm not an animal. Why do you treat me like this? I'm not that bad. I'm not that bad...

Raging Bull, Martin Scorcese (1980)

Si vous avez déjà vu le film, et souhaitez vous remémorer ce moment, voici le lien vers la vidéo correspondante (sur cette page youtube intitulée "best scene ever?")

mardi 31 décembre 2013

Je n'ai pas toutes ces choses

Pas le temps de vous parler Cinéma à nouveau avant cette fin d'année. Ce sera donc pour les premiers jours de 2014. Du coup, rebelotte, du Gontard! à nouveau, où il est question du 31 décembre, vous comprenez, il faut donc que ça paraisse ce jour, c'est forcé.



Tu me dis que l'homme ne doit pas vivre seul
Il doit vivre en société et fonder une nombreuse famille
Se réunir chaque dimanche avec semblables et peigne-culs
Aller partout où il y a foule
Aux courses, au cinéma, à l'église,
Aux expos photos, au café, au théatre, et caetera
Tu me dis "l'homme qui vit seul a l'âme d'un criminel"
alors moi suis-je encore vivant?
Qui suis-je?

Moi,
Je n'ai pas de chien, je n'ai pas de chat
Je n'ai pas de maîtresse, pas d'ami d'enfance
Je n'ai pas de plante verte, pas de propriétaire,
Je n'ai pas de patron, pas de rêve de jacuzzi ni de saut en parachute
Je n'ai pas de jour de fête, de conscience écologique
Je n'ai pas d'horaire pour faire l'amour
Je n'ai pas de vélo à réparer
Je n'ai pas de blog à alimenter sur le vélo que j'ai réparé
Je n'ai pas de scrupule, pas de mauvaise conscience
Je n'ai pas de scooter, pas de goûts arrêtés en peinture
Je n'ai pas de concours à passer l'année prochaine
Je n'ai pas honte à fouiller dans ma propre merde pour en sortir des choses
Je n'ai pas de saut à champagne
Je n'ai rien à fêter
Je n'ai pas d'ardoise dans mon bar préféré
Je n'ai pas de dealer
Je n'ai pas de cafetière
Je n'ai pas d'actions en bourse
Je n'ai pas de locataire
Je n'ai pas de philosophie
Je n'ai pas d'habitudes chez le commerçant
Je n'ai pas de pitié pour les princesses mortes
D'ailleurs, je n'ai même pas TF1
Je n'ai pas de souvenir dans un objet de famille
Je n'ai pas de comité d'entreprise
Je n'ai pas envie d'être heureux le 31 décembre
Je n'ai pas envie de lire le prix Goncourt
Je n'ai pas envie de faire du sport tous les lundis soirs
Je n'ai d'ailleurs pas d'ordres à recevoir
Je n'ai pas de traces indélébiles
Je n'ai pas toutes ces choses
Mais quand je te vois, j'ai envie de tout ça
Mais quand je te vois, moi, je crève d'envie de tout ça

Quand je te vois...

Mais...
J'ai déconné de ne pas t'avoir épousée
J'ai déconné d'avoir toujours la main sur la couture du pantalon
J'ai déconné aussi de te dire que je faisais de la tachycardie sous la pluie tiède de l'été
J'ai déconné aussi quand je te dis qu'il fallait casser tous les asiles,
Abattre toutes les prisons et libérer toutes les sexualités
Que le monde irait bien mieux
J'ai déconné dans toutes ces choses
Pour toi, pour moi, pour moi, j'ai déconné
J'ai déconné dans toutes ces choses
Pour moi, pour toi, pour moi

Pour moi, pour moi, pour moi
j'ai déconné... dans toutes ces choses

et encore, j'ai déconné...


Gontard! - Comment ramener un noyé à la rive
Comment ramener un noyé à la rive (Sorry but home recordings, 2013)



lundi 9 novembre 2009

What I learned from TV

A travers ma derniere mixtape et l'article un peu plus bas, je vous parlais récemment de la sortie de l'album de Felix, sur Kranky. Il est temps de développer un peu plus, car ça fait vraiment parti des bonnes surprises du moment.

Felix, c'est en fait surtout Lucinda Chua, jeune londonienne de 24 ans. Elle est par ailleurs diplômée en photographie (en 2007) avec à son actif quelques expositions et photos promo pour des groupes (Stars of the Lid, par exemple, la classe). J'ignore pour le moment son lien avec le label kranky, toujours est-il que sont premier album "You Are the One I Pick" est disponible et qu'elle cherche des dates en Europe (et donc en France) en Janvier.



J'aurais presque envie d'organiser un concert à Paris... (dans un monde où les contraintes pécuières seraient secondaires). Tout comme j'aurais presque envie de monter une structure pour sortir les albums de General Bye Bye et Hold your horses. Bref...

Voici les paroles de What I learned from TV, une magnifique chanson, lente et nerveuse à la fois.



If I could take back all the bad words and if I had prayed for all the pregnant girls and if I had told my mother I loved her, my sister I missed her, my father that he was like no other and if I was not bitter about the lover, who left me crying at the alter, I would be better, I would be stronger.

If the skies were clear and the stars were bright and if it was not pollution that caused the Northern Lights and everything was safe at night and people didn't fuss and fight, it would be better, we would live longer, I want to run faster, I wish I was more clever.

If guilt trips weren't my last resort and if I could hear that guys voice off Transworld Sport and if I hadn't cheated or lied to coincide with whatever game I was playing, we would be winning, we'd both be singing, my cat wouldn't be missing, my kitchen would be gleaming, I hate this feeling.



Felix - What I learned from TV
You Are the One I Pick (Kranky, 2009)
www.myspace.com/mybeautifulfelix

samedi 18 octobre 2008

sur le chemin de rien du tout

Allez, tiens, comme j'avais fait avec La Plaisanterie de Kundera, je reprends Voyage au bout de la nuit, et recopie ici quelques passages, extraits des pages de mon exemplaires marquées d'une corne. Le titre de cet article est une expression commune à Céline et à Mendelson (cf. Le monde disparaît). Je m'en suis rendu compte par hasard, mais pour autant, il m'a toujours semblé évident que le second devait avoir lu le premier.

Ce qu'on entend souvent à propos de Céline, c'est qu'il a marqué un tournant dans la littérature, au point qu'il n'est plus possible d'écrire "après" comme on écrivait "avant"... il faut avoir lu le livre pour concevoir cela. Notamment le dénouement et les dernières phrases prononcées par Robinson. Mais, pas de spoiler, ici, c'est la règle.
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La vie, c'est une classe dont l'ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d'ailleurs, il faut avoir l'air d'être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et il vous bouffe le cerveau. Un jour qui n'est rien qu'une simple journée de 24 heures c'est pas tolérable. Ca ne doit être qu'un long plaisir presque insupportable une journée, un long coït une journée, de gré ou de force.

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il me semblait que je commençais alors à tricher avec mon fameux destin, avec ma raison d'être comme je l'appelais [Molly, ndlr], et je cessai dès lors brusquement de lui raconter tout ce que je pensais. Je retournai tout seul en moi-même, bien content d'être encore plus malheureux qu'autrefois parce que j'avais rapporté dans ma solitude une nouvelle façon de détresse, quelque chose qui ressemblait à du vrai sentiment. [...]

C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.

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"Je vais me tuer!" qu'il me prévenait quand sa peine lui semblait trop grande. Et puis il parvenait tout de même à la porter sa peine un peu plus loin comme un poids trop lourd pour lui, infiniment inutile, peine sur une route où il ne trouvait personne à qui en parler, tellement qu'elle était énorme et multiple. Il n'aurait pas su l'expliquer, c'était une peine qui dépassait son instruction.
Lâche qu'il était, je le savais, et lui aussi, de nature espérant toujours qu'on allait le sauver de la vérité, mais je commençais cependant, d'autre part, à me demander s'il existait quelque part, des gens vraiment lâches... On dirait qu'on peut toujours trouver pour n'importe quel homme une sorte de choses pour laquelle il est prêt à mourir et tout de suite et bien content encore. Seulement son occasion ne se présente pas toujours de mourir joliment, l'occasion qui lui plairait. Alors il s'en va mourir comme il peut, quelque part... Il reste là l'homme sur la terre avec l'air d'un couillon en plus et d'un lâche pour tout le monde, pas convaincu seulement, voilà tout. C'est seulement en apparence la lâcheté.

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Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de moins en moins, avec effort quand il faut s'y mettre. On en a bien marre de s'écouter toujours causer... On abrège... On renonce... Ca dure depuis trente ans qu'on cause... On ne tient plus à avoir raison. L'envie vous lâche de garder même la petite place qu'on s'était réservée parmi les plaisirs... On se dégoûte... Il suffit désormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu'on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l'intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres... Mais on n'a plus la force de changer son répertoire. On bredouille. On se cherche bien des trucs et des excuses pour rester là avec eux les copains, mais la mort est là elle aussi, puante, à côté de vous, tout le temps à présent et moins mystérieuse qu'une belote. Vous demeurent seulement précieux les menus chagrins, celui de ne pas avoir trouvé le temps pendant qu'il vivait encore d'aller voir le vieil oncle à Bois-Colombes, dont la petite chanson s'est éteinte à jamais un soir de février. C'est tout ce qu'on a conservé de la vie. Ce petit regret bien atroce, le reste on l'a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine. On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne.


Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit (1932)

jeudi 31 janvier 2008

Regret

Regret won't change who you are,
Unless you take its lessons too far
Look out, for the road gets rough.
Look out, for you've had enough.

Change isn't a way
To blame your mistakes
On the choices you've made.
Come back, from your lonely stand
Come back, face the world you've left.

Carousel spin over our heads
Come share the sunshine
With your life as the light.

My life won't change at all,
Unless I live what I've lost.
Give more, before I give up
Live more, before life isn't enough.

Carousel spin over our heads
Come share the sunshine
With your life as the light
With your life as the light
With your life as the light

the Robot Ate Me - Regret
Carousel (5RC, 2005)
www.myspace.com/therobotateme

vendredi 16 novembre 2007

J'ai la nostalgie de ma vie future

Cette chanson est terrible.
Lorsque je l'ai écoutée, relue, puis à mesure qu'elle distillait ses effets en moi, je me souviens m'être spontanément étonné (c'est idiot, je sais) qu'elle soit... en "vente libre", disponible sans avertissement ou précautions d'usage.

J'ai dormi le plus de temps possible sur le chemin de rien du tout du vide J'ai perdu le plus de temps possible à vivre dans les livres et puis tout seul faire l'amour Mon cerveau ca fait comme une vieille éponge toute sèche et pleine de craie J'ai la nostalgie de ma vie future comme si elle n'allait jamais arriver comme si elle était déjà perdue Tu me manques déjà toi que je n'ai jamais rencontrée Je te vois dans 20ans je te regrette telle que tu serais telle que tu n'as pas encore été J'ai la nostalgie même du jour où tu voudras partir Je veux te connaître avant de devoir tout me souvenir Regarde comme je suis je vis dans un futur mal passé je vis dans un futur imparfait Des fois le monde disparaît comme si j'étais le dernier vivant sur la terre Oh je t'en prie, ne me laisse plus seul plus longtemps j'ai besoin de toi il me semble qu'il me manque la force de gravité je flotte je veux des racines quelque part je veux toucher terre je veux m'attacher je suis juste un homme et je veux me relier je suis entouré de vieux fantômes de souvenirs du futur et de futurs regrets je suis un être humain normal et je veux être aimé je veux juste être aimé.

Mendelson - Le monde disparaît
Personne ne le fera pour vous (RecSon, 2007)
www.myspace.com/mendelsonlegroupe