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mardi 15 juillet 2014

Voyages immobiles

Quel célèbre trio du New-Jersey interprète fugacement le Velvet Underground dans le film « I Shot Andy Warhol », de Mary Harron (96) ?
- Yo La Tengo

Quelle est la différence entre Kim Deal en 1995 et maintenant [=2007, ndlr] ?
- 20 kilos (*)

Après trois parties endiablées d'indie quizz courant mai (ce trivial pursuit version indie rock, publié par Discobabel en 2007 et librement téléchargeable ici), je pensais la saison des jeux de société en lien avec la musique bel et bien close... jusqu'à ce que j'apprenne l'existence de ce jeu de 7 familles édité par l'Aeronef (la salle de concert lilloise).


Serez-vous plutôt famille "Ballade solitaire", "Symphonie de poche", "Voyages immobiles", "Slow langoureux", "Parlé / chanté", "Riffs qui tuent" ou "Grooves imparables" ?

Quoiqu'il en soit, et puisque le jeu n'est pas disponible en vpc, le prochain qui se rend à Lille me fait signe !


- - -
(*) Félicitations à B. de Bagnolet qui a spontanément trouvé la réponse à cette question, et sans le moindre indice

samedi 24 mars 2012

We are the only winners

For guys like me, Las Vegas washes away your sins. It's a morality car wash. It does for us what Lourdes does for humpbacks and cripples. And, along with making us legit, comes cash. Tons of it. I mean, what do you think we're doing out here in the middle of the desert? It's all this money. This is the end result of all the bright lights and the comped trips, of all the champagne and free hotel suites, and all the broads and all the booze. It's all been arranged just for us to get your money. That's the truth about Las Vegas. We're the only winners. The players don't stand a chance.


Martin Scorcese, Casino (1995)

mercredi 1 février 2012

La sensation d'être un voyant

J'ai beau avoir l'impression de publier souvent des extraits de romans, je conserve cinq mois de retards dans la liste de ceux que je souhaite évoquer ici.

Août 2011.
Sur ma table de nuit, dans un gîte quelque part au milieu des Pyrénées, "La vie mode d'emploi". Sur le buffet de la salle à manger, un vaste puzzle, déjà entamé ; l'occasion de m'imprégner un peu plus du roman de Perec, puisque l'art du puzzle y est central.

La préface lui est d'ailleurs entièrement consacrée. Par la suite, on découvrira un certain Bartlebooth se livrant de manière récurrente à cette activité. Il faut dire que, pour lui, cela dépasse de beaucoup la notion de passe-temps... et s'inscrit même dans un vaste projet (de vie).

N'y pensons pas, pour l'heure, puisque j'y reviendrai.
Et profitons de ces moments de félicité qui parfois succèdent à de longues périodes d'impuissance et d'inaction, au "sentiment d'impasse", à cette "sorte de torpeur, de ressassement, d'abrutissement opaque à la recherche de quelque chose d'informe dont [on] n'arriv[e] qu'à marmonner les contours"


Plus souvent heureusement, au terme de ces heures d'attente, après être passé par tous les degrés de l'anxiété et de l'exaspération contrôlées, Bartlebooth atteignait une sorte d'état second, une stase, une espèce d'hébétude toute asiatique, peut-être analogue à celle que recherche le tireur à l'arc : un oubli profond du corps et du but à atteindre, un esprit vide, parfaitement vide, ouvert, disponible, une attention intacte mais flottant librement au-dessus des vicissitudes de l'existence, des contingences du puzzle et des embûches de l'artisan. Dans ces instants-là, Bartlebooth voyait sans les regarder les fines découpes de bois s'encastrer très exactement les unes dans les autres et pouvait, prenant deux pièces auxquelles il n'avait jamais prêté attention ou dont il avait peut-être juré pendant des heures qu'elles ne pouvaient matériellement pas se réunir, les assembler d'un geste.
Cette impression de grâce durait parfois plusieurs minutes et Bartlebooth avait alors la sensation d'être un voyant : il percevait tout, il comprenait tout, il aurait pu voir l'herbe pousser, la foudre frapper l'arbre, l'érosion meuler les montagnes comme une pyramide très lentement usée par l'aile d'un oiseau qui l'effleure : il juxtaposait les pièces à toute allure, sans jamais se tromper, retrouvant sous tous les détails et artifices qui prétendaient les masquer, telle griffe minuscule, tel imperceptible fil rouge, telle encoche aux bords noirs qui lui auraient, de tout temps, désigné la solution s'il avait eu des yeux pour voir : en quelques instants, porté par cette ivresse exaltante et sûre, une situation qui n'avait pas bougé depuis des heures ou des jours et dont il ne concevait même plus le dénouement, se modifiait du tout au tout : des espaces entiers se soudaient les uns aux autres, le ciel et la mer retrouvaient leur place, des troncs redevenaient branches, des oiseaux vagues, des ombres goémon.
Ces instants privilégiés étaient aussi rares qu'ils étaient enivrants et aussi éphémères qu'ils semblaient efficaces. Très vite Bartlebooth redevenait comme un sac de sable, une masse inerte rivée à sa table de travail, un demeuré aux yeux vides, incapables de voir, attendant pendant des heures sans comprendre ce qu'il attendait.

Georges Perec, La vie mode d'emploi (1978)

vendredi 17 juin 2011

un film pour ordinateur

Il m'arrive ici de parler courts métrages (d'animation) ou "jeux" à vocation artistique.
A la frontière entre les deux, le nouveau projet de Vincent Morisset (déjà auteur du clip interactif Neon Bible pour Arcade Fire) : Bla Bla.

Communiqué de presse:

BLA BLA de Vincent Morisset est un conte interactif qui explore la communication humaine et ses principes fondamentaux. Grâce au spectateur, le récit devient possible. Sans lui, les personnages demeurent inertes et attendent la prochaine interaction. Le spectateur clique, joue et cherche dans les scènes sobres et épurées. Il est le véritable guide de l’expérience.

Chacun des six chapitres du récit dépeint un aspect de la communication : l’apprentissage d’une langue, le bavardage, les interactions sociales, l’expression de sentiments, etc. Rempli de découvertes, BLA BLA illustre ces concepts avec des personnages attachants et déconcertants.
L’oeuvre se distingue par l’accent mis sur la réponse affective du spectateur. « Je voulais générer des émotions à travers une oeuvre interactive, affirme-t-il. Il est difficile de créer des crescendos dramatiques sur un site Web… Je trouvais que c’était un défi intéressant. »

Pendant la création de BLA BLA, Morisset a effectué un travail de recherche sur la narration interactive. En quête d'un langage cinématographique propre à l'ordinateur, Morisset propose une grammaire de montage non linéaire. Ainsi, par la forme même de l'oeuvre, il s'interroge sur les enjeux de la communication et les défis de raconter une histoire où le spectateur est participant. « Le projet en soi explore la grammaire d'un nouveau médium », dit-il.

BLA BLA propose ainsi un nouveau regard sur la communication au sens large et la façon dont nos comportements naturels et nos interactions avec les autres ont un impact sur le monde. « La relation qui unit l’internaute et le film fait partie du message, explique-t-il. Nous l’avons écrit et créé en nous inspirant de choses universelles : le caractère social des humains, la peur de l’inconnu, la soif d’appropriation et de liberté et, paradoxalement, le désir d'être pris par la main.»

BLA BLA
un film pour ordinateur de Vincent Morisset
[via Ecrans.fr]

lundi 23 mai 2011

Keep on running in the dark

En plus de l'installation Leviathan à la Nef du Grand Palais, l'autre expo du Weekend aura été celle de Richard Prince, à la BNF. L'occasion de voir tout un tas de photos, dessins, peintures, livres, documents en lien avec l'univers de l'artiste, et aussi de contempler de nouvelles nurses...
Soit sur les couvertures de ces romans des années 50s, matériau de base de Richard Prince pour sa série, soit en peinture.


Car oui, souvenez-vous, j'abordais déjà ce sujet ici au cours de ma saga Sonic Youth, à propos de l'album Sonic Nurse.
En guise de complément, voici d'ailleurs la Dude Ranch Nurse, et les paroles de la chanson du même nom (qui gagne d'ailleurs à être réécoutée. En plus, c'est Kim Gordon qui chante).


Keep on running in the dark
Dude ranch dream has fallen apart
Stolen kisses let's pretend my friend
You play sick and I will mend
Let the action begin again
You be patient and I'll attend
Let's rehearse let's do it again
Dude ranch nurse yr brand new friend

Let nurse give you a shot
It's something to do
Took my pulse
Let nurse give you a shot
It's something to do
I could love you
I could have you
Deep sleep coming along
Like a newborn colt you found
I'll wrap it around with gauze
Dizzy reminder
Ouch, you found
Let nurse give you a shot
Don't sleep too long

You be cowboy and I'll allow
Let me ride you till you fall
Let's pretend there's nothing at all
Nobody knows the shape I'm in
Kiss me now it's just a sin
Nobody knows the shape I'm in

Sonic Youth - Dude Ranch Nurse
Sonic Nurse (Geffen, 2004)

Ces nurses en deviendrait presques inquiétantes
("Keep on running in the dark").
Surtout si elles sont ensanglantées, comme la wayward nurse.
Peut-être rappeleront-elles à d'éventuels gamers de la fin des années 90 les nurses de Silent Hill, ce jeu de survival horror...



...qui d'ailleurs comportait des références à Sonic Youth, oh la la, tout se recoupe, c'est dingue.

dimanche 5 décembre 2010

Try Again


Stacey Pilgrim: I mean, did you really see a future with this girl?
Scott Pilgrim: Like... with jetpacks?


Ca y est, je suis allé voir Scott Pilgrim!
Le film est sorti en Août aux Etats-Unis et seulement maintenant en France...
...et seulement dans quatre salles à Paris. Moi qui me voyais déjà (enfin) pouvoir citer un film "mainstream" à la collègue lyonnaise avec laquelle on se dit ce qu'on est allés voir au cinéma, c'est rapé. En même temps, en deux ans, on n'a pas dû voir un seul film en commun.

Même pas Very Bad Cops (que j'ai beaucoup aimé, soit dit en passant).

Si l'humour, l'action ou la musique de ce film "trop lol" me paraissait pouvoir toucher le plus grand nombre, je suis pour autant bien conscient que les références ne concernent qu'une cible restreinte: Scott Pilgrim est l'adaptation cinématographique d'une BD d'un auteur trentenaire canadien (Bryan Lee O'Malley), qui a baigné dans l'indie rock et les jeux vidéos (des années 1990).


Moi qui suis sensible aux guitares américianes des nineties, que la chip tune (cf Top Tape Vol.3) ou le moindre pixel art émeut, et qui éprouve de l'affection pour le retro-gaming, ça m'a évidemment plu.

Scott Pilgrim (on stage): We are Sex Bob-Omb and we are here to make you think about death and get sad and stuff.

Scott Pilgrim vs. the World, Edgar Wright (2010)

lundi 8 février 2010

Everyday the Same Dream

Fin de cette semaine sociale, lors de laquelle Arise Therefore aura vu rouge et aura promu la Révolution.

Ici, la valeur Travail sera à nouveau remise en cause. Le court-métrage que je diffusais la semaine passée était déjà assez saisissant, voici cette fois quelque chose de plus interactif, puisqu'il s'agit d'un jeu entre guillemets.
Les guillemets, c'est parce qu'il a été créé par le collectif italien La Molleindustria, sous-titré Radical Games against the dictatorship of entertainment.

Le jeu s'appelle : "Every Day the Same Dream".
Son descriptif: "A short existential game about alienation and refusal of labour. Or, if you prefer, a playable music video".



La première fois que j'y ai joué, j'ai trouvé assez percutante l'idée d'un jeu triste, gris, linéaire, répétitif, dans lequel on "joue" à aller au travail.



Et puis on découvre des variantes.
Bonne nouvelle, on peut se foutre en l'air.

A vous de trouver toutes les fins possibles (la femme de l'ascenseur vous annonce combien d'étapes il vous reste avant d'être une nouvelle personne)

Ce jeu, le voici.
Je l'embedde dans cette page ce qui pour moi constitue une avancée technologique assez incroyable.


Pour y jouer en grand écran, c'est .

Note: la musique est bien aussi, et finalement, l'ensemble me rappelle l'atmosphère qui se dégageait du film de Paul Durango, feat. Troy von Balthazar:
Working eats my soul.
Bande Annonce, sur ce même blog, en mars 2008.