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vendredi 22 avril 2016

Tout plaquer

Elle est un peu folle... Elle... Elle... C'est-à-dire, elle bavarde tout le temps... Ca me tape sur les nerfs... Je ne peux jamais parler avec elle sans que ça concerne les enfants. Nous n'avons jamais de moments à nous. Si on pouvait les confier à quelqu'un, rien qu'une nuit et filer à la mer... et dormir dans la voiture et prendre du bon temps. [...] J'ai étudié tout le temps pour quitter ce boulot de merde, pour avoir un meilleur boulot de merde... On pourrait être si bien si on plaquait tout, toute cette merde, le boulot, les dettes, les factures. [...] Chaque soir quand je me couche, je sais que c'est une journée pour rien. Rien. Le 14 mai n'a jamais existé. Je ne m'en souviendrai jamais...

Lars Norén, Démons (1994)

jeudi 24 mars 2016

Un mur autour de toi

Avec "IDEM" au Théâtre de la Tempête, l'autre choc théâtral de 2015 aura été pour moi "Démons" au Théâtre de Belleville, librement adapté de Lars Norén par Lorraine de Sagazan. Outre la force de la pièce et son lot de surprise, c'est le jeu des comédiens Lucrèce Carmignac et Antonin Meyer Esquerré qui m'aura scotché.

"Démons", c'est le tableau d'un couple qui vit ensemble depuis des années, depuis trop d'années. Au envolées amoureuses se sont substituées les discussions pratico-pratiques et les remarques - dirait-on aujourd'hui - passives-agressives.

De l'incommunicabilité au sein du couple (ce thème magnifiquement dépeint par Antonioni dans ses films).


Katarina - Les femmes veulent des hommes qui [...] cherchent un réconfort auprès d'elles... qui disent: "J'ai besoin de toi... serre-moi... console-moi." [...] C'est quelque chose que tu ne peux pas comprendre et que je ne peux pas t'expliquer. [...] Mais tu... tu ne peux pas faire ça... tu n'es pas comme ça... pas toi... tu construis toujours un mur autour de toi et tu t'arranges avec tes problèmes... [...] Tu ne diras jamais : "Katarina, serre-moi, aide-moi, j'ai envie de pleurer, j'ai besoin de toi... je me sens tellement seul et abandonné..." même si tu l'es. Tu le dirais?
Silence.
Tu vois.... t'arrives pas à le dire... Même maintenant que ta mère est morte, tu ne peux pas venir vers moi... J'ai besoin d'un homme qui n'ait pas ce contrôle aussi terrifiant sur lui-même...
Je veux quelqu'un qui peut craquer....
Je veux... un homme normal.

Lars Norén, Démons (1994)