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dimanche 12 avril 2026

La tendance épouvantable d'un catholicisme mal compris

Je récite tous les jours le Notre Père, dans lequel je dis :
"Notre Père, qui es aux cieux,
Pardonne[-nous] nos offenses,
comme nous pardonnons les offenses"

(sic)
Qui prononce cette phrase ?
Vincent Bolloré, le 13 mars 2026, lors de son audition par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Il était interrogé sur "le soutien sans faille de la direction de Cnews à M. Morandini" (bien que définitivement condamné pour corruption de mineurs)

Pourquoi cette citation (inexacte, nous y reviendrons) ?
Pour justifier qu'on puisse vouloir pardonner :

Donc je pardonne. [...] Justice est passée, maintenant miséricorde doit passer.


Rien ne va dans cet déclaration et ce raisonnement.
Déjà qu'un catholique pratiquant puisse se tromper en citant la prière "Notre Père"... Ensuite qu'à croire les dirigeants de Cnews, il n'est donc jamais opportun de sanctionner : ni avant condamnation définitive (présomption d'innocence oblige), ni après puisque "miséricorde doit passer". Enfin et surtout que la citation fausse induise un contre-sens majeur.
Elle aurait dû être "comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensé". Eh oui, c'est en effet aux victimes qu'il revient de pardonner !

Si je prends le temps d'aborder le sujet sur ce blog, alors que tant d'autres occasionnent stupeur, colère et indignation dans notre monde, c'est que j'ai lu une "opinion" diablement (si j'ose dire) intéressante et éclairante, énoncée dans le journal La Croix.

Ce qui le pousse à tordre explicitement la prière du Seigneur, c’est bien sûr l'effacement des victimes. Car ce n’est pas Vincent Bolloré, ni la direction de CNews, qui a été victime des agissements pédocriminels de Jean-Marc Morandini.

La véritable rigueur catholique veut donc que dans cette affaire, l’homme d’affaires breton et la direction de CNews ne sont absolument pas concernés par la question du pardon, mais uniquement par leur responsabilité sociale et leur devoir d’exemplarité [...].

En s’appropriant indûment le pouvoir de pardonner une offense qui ne le concerne pas, Vincent Bolloré s’assied sur la place des victimes, ou bien sur le trône de Dieu. Dans un cas comme dans l’autre, il en sera un jour dégagé brutalement s’il ne se ressaisit pas de lui-même.

D’autre part, l'homme d'affaires ne refuse pas seulement aux victimes le droit d'octroyer ou de retenir leur miséricorde ; il les empêche également de recevoir miséricorde, en effaçant parfaitement de sa réflexion la souffrance que peut représenter pour elles l'impunité sociale de leur agresseur, et l'indécence de sa célébrité.

Il s'inscrit ici dans une tendance épouvantable d'un catholicisme mal compris qui réduit la miséricorde au pardon des pécheurs, en le dépouillant de toute considération pour les victimes innocentes.

Matthieu Poupart
Membre d’un groupe de travail post-Ciase sur l’analyse des causes des violences sexuelles dans l’Église, auteur du livre Le Silence de l’agneau, La morale catholique favorise-t-elle la violence sexuelle (Seuil, 2024)

A lire également les développements de la réflexion de l'auteur, rapportée à l'histoire de l'Eglise (qui m'est étrangère)

samedi 18 mai 2013

What if our world worked differently?

He made many mistakes during the time they spent together, all those years ago. Memories of their relationship have become muddled, replaced wholesale, but one remains clear: the princess turning sharply away, her braid lashing at him with contempt.

He knows she tried to be forgiving, but who can just shrug away a guilty lie, a stab in the back? Such a mistake will change a relationship irreversibly, even if we have learned from the mistake and would never repeat it. The princess's eyes grew narrower. She became more distant.

Our world, with its rules of causality, has trained us to be miserly with forgiveness. By forgiving them too readily, we can be badly hurt. But if we've learned from a mistake and became better for it, shouldn't we be rewarded for the learning, rather than punished for the mistake?

What if our world worked differently? Suppose we could tell her: 'I didn't mean what I just said,' and she would say: 'It's okay, I understand,' and she would not turn away, and life would really proceed as though we had never said that thing? We could remove the damage but still be wiser for the experience.

Braid, Jonathan Blow (Number one, 2008)

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Braid est un jeu vidéo de plateforme et réflexion, créé par un studio indépendant et sorti en 2008. Il bénéficie d'un univers graphique et sonore léché, et surtout d'une mécanique de jeu des plus imaginatives. Elle a trait à la manipulation du Temps, chaque niveau reposant sur procédé différent. Des textes énigmatiques et métaphoriques se chargent de l'introduire, tout en donnant étoffant l'intrigue.


Si on ajoute à cela le twist final, Braid joue clairement dans la même cour que Limbo (sans  toutefois atteindre son degré de perfection, IMO).

La bande-annonce rend bien compte de tout cela.
Infos, achat :