Affichage des articles dont le libellé est edito. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est edito. Afficher tous les articles

mardi 2 janvier 2024

Kit de survie pour les fêtes

Plus on vieillit, plus on devient de droite.

Sans même aller jusqu'à l'extrême (et donc jusqu'à la xénophobie), il est probable qu'à l'occasion des fêtes de fin d'année, vous ayez été confrontés à des propos louant le marché, les mesures impulsés par l'actuel président, les riches patrons qui soutiennent l'économie (et peuvent se montrer d'une grande générosité pour une grande cause), la réduction de tel ou tel impôt (sur le capital, le patrimoine), etc.

Dans ce contexte, je relaye, bien qu'un peu tard, deux vidéos diddactiques qui se chargent pour l'une de rappeler et illustrer une évidence (les inégalités en France, sans doute le problème premier), pour l'autre de remettre en question une notion qui fait débat : le mérite.

S'interroger sur cette dernière notion est certes dérangeant, mais néanmoins salutaire dans la mesure où elle peut à elle seule servir à justifier les premières ! Il est étonnant comme les plus fervents soutiens de la méritocraties sont souvent ceux qui ont d'avantage "hérité que mérité".

La méritocratie est un système social problématique qui reproduit, légitime et naturalise l'inégalité [...] parce que ce système postule que les personnes douées et peu soucieuses d'autrui méritent un statut social, un niveau d'éducation, une profession et un revenu plus élevés [...]

Elle fait de la solidarité un projet presque impossible
(Pierre-Michel Menger / Michael Sandel)

A visionner, donc, le kit de survie pour des fêtes en Macrono-Lepénie de François Ruffin, et "Pourquoi la méritocratie n'existe pas" par Salomé Saqué (Blast).

mardi 11 avril 2023

#notallcops (?)


La tension politique et sociale actuelle, exacerbée par l'adoption au forceps de la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale, place à nouveau dans le débat publique la question des "violences policières". En l'absence de chiffres sur les violences "avérées", il est impossible de prouver (et ou quantifier) leur augmentation. Une chose est sûre : le nombre de signalements et enquêtes de l'IGPN a bel et bien augmenté, ainsi bien sûr que la visibilité des abus, filmés puis relayés sur les réseaux sociaux.

Faisons un effort d'empathie : dans le contexte des manifestations récurrentes de gilets jaunes, ou en prévision d'affrontements annoncés avec des manifestants prêts à en découdre (Ste Soline), je peux m'imaginer qu'à être collectivement hué, moqué, caillassé, attaqué sur la seule foi d'un uniforme, un groupe soudé d'individus puisse se sentir menacé, traqué, acculé. Je conçois que le cerveau, dopé à l'adrénaline, bascule en mode "instinct de survie", oublie toute "règle" et voit en tout inconnu un ennemi.

Comprendre n'est pas excuser. On peut bien entendu questionner la stratégie du maintien de l'ordre à la française... mais il doit y avoir plus que ça.

Que disent les violences policières gratuites ou disproportionnées, et le sentiment d'impunité qui les accompagne ? J'aimerais beaucoup que sociologues et psychologues étudient de tels comportements. A l'évidence, le devoir de réserve et la culture du silence de l'institution n'aident pas. On peut tout de même avancer que ces violences traduisent le fait que la protection des individus n'est pas au coeur de l'ADN, a minima, de la direction centrale de la sécurité publique (en charge du maintien de l'ordre public). En voyant la manière dont sont considérés méprisés les immigrés en situation irrégulière et parfois reçues les femmes victimes de violences sexuelles et sexistes, on pourrait sans mal élargir la portée. La comparaison avec les professions de la sécurité civile (pompiers, sauveteurs...) ou de santé est certes biaisée, mais néanmoins éclairante : il y a quelque chose de fondamental à changer dans le recrutement, la formation et le fonctionnement de la police.

jeudi 14 avril 2022

Scrutin crétin

Le premier tour de l'élection présidentiel est passé, donnant le triste podium que l'on connaît, à savoir : 
  1. Emmanuel Macron (LREM) : 27,8 % / 9 784 985 voix
  2. Marine Le Pen (RN) : 23,1 % / 8 135 456 voix
  3. Jean-Luc Mélenchon (LFI) : 22 % / 7 714 574 voix
Le reste? Un candidat à 7%, tout le reste en-dessous de la barre des 5% [dont Yannick Jadot (EELV) 4,6 %]. Ayant rédigé un article "engagé", je me devais donc d'y revenir.

Ce qui saute aux yeux, à la lecture de ce résultat, et quel que soit le résultat du second tour, c'est que notre système de vote n'est pas adapté au paysage politique actuel... et que les forces politiques actuelles en retour ne tirent pas les leçons de ce constat.

Quel est-il ? Le système électoral français prévoit pour l'élection présidentielle un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. S'il convient en situation de bipartisme, il trouve ses limites avec un paysage politique éclaté, avec ses deux inconvénients principaux (devenus criants avec cette élection) :

- Les interférences entre deux candidats idéologiquement proches, qui provoquent la défaite irrémédiable d'un camp même majoritaire s'il arrive en ordre dispersé

- le vote utile que finissent par adopter, en réaction, les électeurs, empêchant malgré tout un vote de conviction, c'est-à-dire un vote pleinement en accord avec ses idées.

A défaut de pouvoir changer ce système (nous y reviendrons), comment palier à ces inconvénients? Le désistement (que dissuade la perspective de non-remboursement des frais de campagne) ou, mieux, une f*cking primaire (en amont). Et là, les seules raisons qui vont à l'encontre de cette idée sont de nature égoïste (ego surdimensionné, crainte de voir disparaître son parti ou soi-même). A ceux qui craignent de voir le candidat affaibli par des mois de précampagne pugnace : un peu de tenue, bon sang, que le meilleur projet gagne !

On peut ainsi légitimement reprocher à Jadot/Hidalgo/Roussel de ne pas s'être désistés... Mais on peut tout autant déplorer que Mélenchon ait décliné la primaire. Disons qu'il aurait "juste" pu être Président de la République...

Quant à changer de mode de scrutin : l'idéal me paraît être un vote par approbation ! "Dans ce système l'électeur s'exprime sur chaque candidat en indiquant s'il le soutient ou non, et le candidat soutenu par le plus grand nombre est élu.". Un peu comme dans un doodle pour trouver une date pour un rassemblement entre amis (il ne viendrait à l'idée de personne de ne choisir qu'une seule date). Des millions de français auraient alors pu sereinement mêler convictions et vote utile.

vendredi 18 février 2022

They already knew


Reçu en début d'année dans la Matinale de France Inter, Yannick Jadot, candidat Europe Ecologie Les Vert à l'élection présidentielle, était introduit par Nicolas Demorand en ces termes :

"Température record, sécheresse, incendies, inondation, banquise en train de fondre : les catastrophes climatiques sont presque quotidiennes et se voient désormais à l'oeil nu. Dans ce contexte, vous devriez bénéficier d'une puissante dynamique électorale. Or ce qu'on voit, c'est que la planète brûle et que pourtant, les écologistes en France ne sont pour l'instant crédités que de 7% dans les intentions de vote. Comment expliquez-vous ce qui semble être une contradiction majeure entre notre époque et votre offre politique ?"

Avant d'en venir à mon propos, relevons tout de même que Nicolas Demorand omet de citer l'autre versant du problème, à savoir l'effondrement de la biodiversité (après tout, la sixième extinction de masse est en cours)... et passons sur le paralogisme contenu dans la question, qu'on supposera mal formulée. Il renchérit :

"L'écologie politique est perçue comme négative, punitive, liées aux idées de limitation, de privation, de retour en arrière, d'ascèse, vous disiez, 'il faut de l'enthousiasme', mais pourquoi n'arrivez vous pas à mobiliser des affects positifs, à enchanter le combat écologique, à le rendre passionnant et excitant ?"

On voit l'idée. Je vois moins en quoi le candidat en serait comptable.

Sur la faiblesse des intentions de votes : pourquoi ne pas poser la question aux électeurs eux-mêmes, à toute personne qui s'apprête à NE PAS voter Ecologie. Personnellement, j’ai du mal à comprendre : il y a une crise écologique ; nous-mêmes, les jeunes générations, nos enfants vont en pâtir, et tout (TOUT) sera impacté. J'ai un jour entendu Eric Zemmour se targuer d'avoir une vision à mille ans... mais il lui manque la vision à 30 ans, et le désert sera en France avant les Touaregs. Quant aux autres candidats : qui peut croire qu'un saupoudrage de mesures, qu'une politique de « petits pas », qu'un récent verdissement pourront être efficaces ?

Sur le manque d'attrait des thèmes écologiques... ou de manière plus inquiétante, sur leur manque tout court. N'est-ce pas la responsabilité des journalistes de rendre ces thèmes centraux ? Tout comme il eût été de leur responsabilité de ne pas "faire" Zemmour ? Dans cet article (Pourquoi la crise climatique ne parvient pas à émerger dans la campagne présidentielle), Cécile Duflot explique : "Le climat, ça n’intéresse pas les journalistes politiques – trop technique, trop anxiogène –, ils sont autant dans le déni que les politiques."

La réponse à ces deux questions tient en effet en quatre lettres (bien connues de Y. Jadot également) : D, E, N, I.

Faut-il rendre l'écologie plus "sexy" ? Sans doute suffisamment pour la faire accéder au pouvoir, dois-je concéder. Mais quelle conception infantilisante a-t-on des électeurs ? Car oui, désolé, il faut consommer moins, manger moins de viande, rouler et voler moins. Consommer "mieux" ne suffira hélas pas (voir par exemple L'utopie de la mode durable). On peut aussi relire mon article de 2011 sur "le pari de la décroissance" de Serge Latouche (2006)… Notre immobilisme collectif fait peur.

Bref, votons, l'impact pourrait être bien plus important que "nos petits gestes du quotidien". L'enjeu est d’obtenir une classe politique déterminée à agir… et à remettre le capitalisme en question. Souvenons-nous que "nos vies valent plus que leurs profits" et que, comme le tweetait le journaliste de mediapart Mickaël Correia, "la seule minorité dangereuse, ce sont les 1% les plus riches qui brûlent notre planète."

Nouvelle marche pour le climat, un peu partout, le samedi 12 mars

mercredi 22 juillet 2015

Note pour plus tard - Yo La Tengo

Ceci pourrait bien être le début d'une nouvelle rubrique. "Note pour plus tard" (qui a failli s'appeler "Note for Self") se permettra ce qui n'a jamais été fait ici: publier un morceau de musique, ni pour son texte, ni pour le visuel de sa pochette, mais en tant que tel. Dingue, oui, je sais.

Il faut dire que je m'y suis toujours refusé, préférant me livrer à l'exercice de la mixtape dans (feu) Top Tape sur Radio Campus Paris. Etant donné que je raccroche les gants cet été (après 14 ans de bande FM), cette rubrique constitue une nouvelle façon pour moi de diffuser de la musique... et aussi de noter les sorties à venir auxquelles je dois prêter attention.

Qu'on se rassure : Arise Therefore ne deviendra pas un robinet à clips (c'est écrit dans les "statuts"!)

*
*       *


Note pour plus tard : écouter le prochain album de Yo La Tengo ("Stuff Like That There"), dont est extrait cette superbe reprise de "Friday I'm in Love" de the Cure, chantée par la délicieuse voix de Georgia Hubley.



Yo La Tengo, Friday I'm in Love (Cure cover)
Stuff Like That There (Matador, 28 août 2015)

- - -
Oui, je sais c'est #old d'une semaine : j'étais en vacances!

dimanche 6 octobre 2013

Album Cover of the Week (+ talking shite)

La semaine a filé, sans que j'aie le temps ou la disponibilité d'esprit de publier le moindre article.

Quelque chose m'aura chiffonné : Qu'est-ce qui peut bien pousser une administration ou une grande entreprise qui passe de loooongs mois à construire un appel d'offre à exiger une réponse en une dizaine de jours?

Enfin, les raisons de l'organisation, je le devine, mais ne dépersonnalisons pas la problématique, ce serait trop facile... Cruauté? Sadisme?
Désintérêt total envers son prochain?

Mon incompréhension est de même nature que face à de grands scandales industriels / écologiques : JE VEUX PARLER au type qui fait du lobbying dans l'objectif d'exploiter un gisement de pétrole dans un Parc Naturel, à celui (ou à celle) qui décide dans son bureau que sa flotte de pêche pratiquera le chalutage de fond, etc.

Je m'égare... Mais c'est vrai, quoi, pourquoi si peu de temps?
(il s'agit d'une question rhétorique, vous l'aurez compris, je n'attends pas de vous, lecteurs, un dossier façon "Challenge", ou "Management Mag")


-

Heureusement, cette semaine au métier m'aura laissé le loisir de réjouissantes pauses-déjeuner à la cantine au restaurant d'entreprise... Autant dire le meilleur moment et les meilleurs intervenants qui soient pour une revue d'actualité, principalement à base de "question roms", tout en relâché et en décontraction, vu la teneur du débat publique (qui a tendance a désinhiber). J'ai fait l'erreur de relever et de creuser... pour déterrer in fine des a priori sur les étrangers... disons pas jojo (voir franchement hideux).

C'est là la deuxième chose qui m'aura "chiffonné" cette semaine, forcément plus sérieuse que la première, surtout dans la perspective d'élections.
Vendredi, Marine Le Pen a contesté le terme d'"extrême-droite" à l'endroit de son parti (et menacé de procès quiconque l'en qualifierait). Bon move (comme on dit au Québec)... avec pour dessein de contourner peu à peu, et à moyen terme, les interdits moraux dans la tête de certains électeurs. Sachant que la frange radicale restera acquise à ce parti.

En réaction à cette tectonique des partis, les analystes ou adversaires politiques devront faire mieux que d'exhumer des citations ou images d'archives (*), mais argumenter sur le plan des idées.

Lu dans Le Monde :
Pour elle, qualifier son parti d'"extrême droite" serait donc, carrément, une "faute déontologique". Redisons-le donc clairement : par sa seule position sur l'échiquier politique français, autant que par ses idées et son projet, le Front national est, aujourd'hui comme hier, un mouvement d'extrême droite. Sa dénonciation du "système" et des élites, la préférence (ou priorité) nationale qu'elle veut imposer, la stigmatisation de l'immigration et de l'islam, la condamnation de l'Union européenne et du "mondialisme" en font un parti réactionnaire. Un parti opposé aux principes républicains d'égalité, de fraternité et de liberté – en l'occurrence de liberté de la presse –, dès lors que Mme Le Pen prétend dicter à chacun son vocabulaire et ses analyses.

(*) Edit : Sauf si, évidemment, elle affirme que le Front national ne serait "absolument pas" né, voilà quarante ans, du regroupement de groupuscules d'extrême droite.

Any bref...
A la base, je voulais seulement expliquer l'absence d'activité sur Arise Therefore cette semaine. Et publier une nouvelle "pochette de la semaine" !


Agnes Obel, Aventine (PIAS, 2013)

mardi 19 mars 2013

Hold on, Magnolia

Hold on, Magnolia, to that great highway moon
No one has to be that strong
But if you’re stubborn like me
I know what you’re trying to be

Hold on, Magnolia, I hear that station bell ring
You might be holding the last light I see
Before the dark finally gets a hold of me

Hold on, Magnolia, I know what a true friend you’ve been
In my life I have had my doubts
But tonight I think I’ve worked it out with all of them

Hold on, Magnolia, to the thunder and the rain
To the lightning that has just signed my name to the bottom line
Hold on, Magnolia, I hear that lonesome whistle whine
Hold on, Magnolia, I think its almost time



Aujourd'hui, j'ai reçu quatre mails perso et un texto porteurs de la triste nouvelle du décès de Jason Molina, à l'âge de 40 ans. Jason Molina était depuis 1996 l'homme derrière Songs: Ohia. J'ai découvert sa musique folk-rock sur une borne d'écoute à la FNAC de Grenoble en 2000 pour la sortie de l'album "the Lioness" (distribué en France par Poplane... je dis ça pour les gens du métier).
L'année qui suivit, durant mon exil teuton et grâce à la fabuleuse plateforme d'écoute libre qu'était Epitonic, j'ai pu me familiariser avec ses albums précédents (notamment "Axxess and Ace"), et me réjouir de la sortie de "Ghost Tropic" en 2001 (deuxième meilleur album des 00's à mon sens). De retour en France, ça n'est qu'en 2003 que s'est présentée pour moi l'occasion de voir le groupe en concert (un 13 avril à Mains d'Oeuvre). Un poil trop tard, puisque déjà le virage Magnolia Electric Co. s'amorçait. Depuis, j'ai revu Jason Molina en solo dans cette même salle quatre années plus tard (avec Stanley Brinks en première partie), avant un ultime concert au Café de la Danse en 2009 (précédé d'une rencontre / session dans les locaux voisins de Radio Campus Paris).

Je publierai un peu plus tard dans la semaine d'autres paroles de Songs: Ohia, accompagnées d'extraits sonores. Si vous ignorez tout de son oeuvre, et souhaitez la découvrir immédiatement, un bon départ est la chanson Tigress.

Songs: Ohia, Hold on Magnolia
Magnolia Electric Co. (Secretly Canadian, 2003)

lundi 7 janvier 2013

Plus c'est frais, meilleur c'est (ou pas)

Etant victime l'autre jour d'une publicité internet dans laquelle un cuisinier cathodique vante les mérites d'un téléphone, je l'entendais dire:

"Je suis accro aux nouvelles fraîches. De l'actualité, ou de mes restaurants. Et c'est comme en cuisine : plus c'est frais, meilleur c'est"

Et bien "Non". Je récuse cette affirmation formulée au présent de vérité générale concernant l'actualité, ou plus généralement l'information (je ne parle pas des cuisines du dit chef, hein). D'ailleurs, personnellement, je préfère l'information synthétisée et éclairée à l'information temps réel (dont je n'ai pas besoin).

Du coup, les propos de Franck Annese (créateur de Sofa, So Foot, So Film...) ce matin dans le portrait de Libération m'ont réjoui : 

Titillé sur la recette, Annese dégaine un triple H : «De l’humain, de l’humour et des histoires. Je comprends pas pourquoi la presse dévie vers la dépêche AFP. Les mecs ont flippé à cause d’Internet et se sont jetés dans la course à qui balancera le plus vite ce que tout le monde sait déjà.»

Portrait réalisé par Mathieu Palain, dans Libération du 7/1/2013

mardi 18 septembre 2012

Choose your own adventure


S'il y a une chose à laquelle on ne peut échapper, en Septembre, c'est bien les éditos décrétant que c'est la rentrée. Eternel marronnier, qui veut qu'une fois l'an (et rien qu'une), dans un souci d'empathie, il est admis que le travail, ça plombe un peu finalement, au regard des vacances tout juste écoulées.

S'en suit généralement une évocation de ce paradis perdu, renvoyant de préférence au farniente, au soleil, à la mer... C'est donc le moment idéal pour glisser l'image qui aura été placée en tête du présent blog durant tout le mois d'août, et que vous ne reverrez pas de sitôt :

Ceux qui auront reconnu la pochette de l'album Rule of thirds, par Azure Blue sont très très forts (limite "trop", puisqu'il n'y a pas tellement de raisons de connaître/retenir l'existence de ce disque)

Là où cet édito diffère des autres, c'est qu'il survient à peine tard. Ca fait belle lurette (le 27/08) que "A Nous Paris", le gratuit des urbains consommateurs a lancé l'offensive... et à peine moins que je pense de nouveau reconnaître l'intro de Kids chaque Samedi matin (j'habite près d'une école).


Bon, mais si on prend Radio Campus Paris, par exemple, la rentrée ne se fera que la première semaine d'octobre. L'occasion rêvée pour vous dire ce qui se profile.

*
*    *

TOP TAPE, la mixtape indie pop multifacette, rempile pour une saison, toujours une fois par mois, toujours le dimanche, mais à 21h. Première mixtape, Dimanche 7 octobre. Les suivantes tombent donc les premiers dimanches du mois : facile. Sur le 93.9FM en direct, ou bien  pour la balado-diffusion (ou un bête player).

Pour ce premier volume de la Saison 5, je vous ferai gagner des albums de the Pharmacy. The Pharmacy, c'est un groupe qui vient de Seattle, avec un son lo-fi / psyche / pop / fou-fou, que j'avais beaucoup apprécié courant 2008. La bonne nouvelle, c'est que le groupe se produira le Vendredi 19 octobre à l'International pour la soirée de Rentrée de Radio Campus Paris !

(Quand je vois ce clip, je me dis qu'il y a un peu de the Unicorns en eux)

Autrement, et pour finir de parler radio, notez que la sélection des albums du moment de Radio Campus Paris, en plus d'être à l'antenne, se retrouve via des playlists Spotify et Deezer, prêtes à emporter: http://www.radiocampusparis.org/newsletteractu/playlist/
[Les albums du moment, avant sélection]

Quand j'ai commencé cet article, j'ambitionnais de vous parler également de ce qui vous attend sur Arise Therefore, mais... ce sera pour un prochain message de service. 

the Pharmacy - WAYDWYL
Weekend (Seayou, 2010)

vendredi 31 août 2012

The mechanisms of Democracy are hopeless for Art

Quel fond d'écran pour son ordinateur professionnel? Il y a les images corporate, les gros plans de nourrissons (souvent déformés, puisqu'étirés au format de l'écran... un traitement finalement peu enviable), les paysages imaginaires, ou alors réalistes, qu'ils soient photoshopés ou cadrés de manière hasardeuse, puisqu'extraits du dernier album de photos de vacances.

Voici pour les cas les plus répandus, en tout cas hors boîtes de "créatifs". De mon côte, je suis plutôt partisan de la sobriété, et quoiqu'il arrive d'une stricte séparation entre vies personnelle et professionnelle. 

Entrevoyant mon fond d'écran à deux reprises en l'espace de dix minutes, une cliente ne put contenir par deux fois un "Oh, c'est bizarre, ça..." (à lire avec l'accent belge). Et telle fût sa vision :


J'admets que c'est sombre, certes (mais les icônes n'en sont que plus visibles) : a posteriori, je me dis qu'elle peut-être cru voir une potence (?). Sombre, sobre aussi, en noir et blanc, avec un joli grain, un jeu d'ombres et de lumière, un peu de flou, et un cadrage réfléchi.

Ajoutons une ambiance sonore :

Lecteur, lectrice, toi qui auras reconnu que cette image et ce son proviennent du jeu vidéo Limbo, tu gagnes... un point d'affinité!

Pour les non-initiés, sachez que ce jeu est paru en 2010, qu'il émane d'un studio indépendant danois, (Playdead), qu'on a souvent entendu prononcer "chef d'oeuvre" à son sujet, et qu'en tout cas son esthétique, son gameplay et sa bande-son (qui ne dépareillerait pas sur le label kranky) rendent cette oeuvre unique. Elle ne s'adresse surtout pas qu'au public des hard gamers.
Perso, je m'y sens comme dans "Aguirre " ou dans "Dead Man", qui sont des films (portés par une bande-son) que je peux revoir indéfiniment.   


Un enthousiasme et un goût visiblement non universellement partagés.

Dans son livre "Let's Talk About Love - a journey to the End of Taste" (cf. mon article du 18.08.12), Carl Wilson rapporte les travaux d'un duo d'artistes, Comar et Melanid, s'étant mis en tête, au travers de vastes sondages et d'un questionnaire précis, d'arriver à représenter deux peintures:
"America's Most Wanted" et "America's Most Unwanted"

Le résultat : America's Most Wanted Painting 

As refugees from a totalitarian state, they were earnest about democracy, as artists, they understood (as their project inevitably demonstrates) that the mechanisms of democracy are hopeless for art.

Carl Wilson - Let's Talk about love (2010)
Limbo (Playdead, 2010)
Komar and MelamidThe Most Wanted Paintings on the Web

mercredi 23 mai 2012

Aujourd'hui...

Aujourd'hui, j'ai mangé deux fois au restaurant dont une fois de trop, mais le midi, c'était bon avec notamment un poisson accompagné d'un pesto de roquette - et c'est quelqu'un qui s'est déjà essayé au pesto à la menthe qui vous dit ça. Quand j'y repense, à ce poulet basquaise servi au dîner, c'est exactement l'image que je me fais d'un poulet basquaise en conserve, asubtil et bien trop salé. En même temps que moi dînait une soixantaine de retraités italiens, je les ai regardés se placer par affinités, je me suis demandé si à leur âge, j'aurais envie, moi, de faire des sorties en groupe comme ça, mais je ne crois pas. A la fin, la serveuse a dit que mes tickets restaurants étaient jolis. Je ne crois pas non plus qu'un jour je pourrais dire ça. Au métier, malgré l'ambiance détendue et sans faux-semblant, les clients que je formais n'arrivaient pas à me dire "tu". Ca fait 2-3 fois récemment que ça m'arrive, peut-être que j'en impose un max, ou alors juste que je fais plus âgé. Perso, j'ai toujours dit "vous" aux gens qui me paraissent sensiblement plus âgées que moi. "Vous", j'apprécie modérément, sauf la façon avec laquelle Jean-Louis Murat vouvoie les femmes aimées dans ses chansons. Dans la voiture, j'ai d'abord écouté un morceau de la compilation d'Eps (1988-1991) de My bloody valentine, puis Uptight de the Cribs, et enfin le début de Top Tape Vol.5 (S4), parce qu'il n'y avait rien d'autre sur la clef USB que j'avais branchée à l'autoradio. En fin d'après-midi, j'ai couru, j'ai fait 3 fois le tour de l'étang de St Ferréol. Pendant le dernier tour, me sont revenues à l'esprit les intonations de Bernard Faure lorsqu'il commente le marathon, et décrit avec enthousiasme et admiration les coureurs qui en fin de course ne foulent le sol plus que mécaniquement. C'était moi. Avec mon short, on voyait la teinte violacée de mon genou gauche et les éraflures du droite, tout ça parce que je suis tombé, dimanche, comme quand on était gamin et qu'on se faisait des bleus, des croûtes et des bobos. J'ai caressé un chien qui n'avait que trois pattes et s'en accommodait très bien (le savait-il seulement?), ça m'a renvoyé à Mike, le mystérieux manchot dans Twin Peaks. Après j'ai réservé un bungali pour Samedi, oui, un bungali. J'ai appris ce mot, aussi, du coup. En revenant du restaurant, j'ai fait une partie du tour de l'étang, mais dans l'autre sens cette fois. Et très lentement. J'ai écouté un peu du nouvel album de Capitol K, ça passait bien, mieux qu'hier en tout cas, mais évidemment sans comparaison avec "Clear Moon" de Mount Eerie. Cette nuit, à l'hôtel, juste avant que je mette la tête au-dessus de la cuvette, poulet basquaise oblige, Solange m'a parlé, elle m'a parlé WC justement, et c'était fascinant. 

Demain, je rentre.

dimanche 16 octobre 2011

Modern ≠ Progress

Nous sommes le 16 octobre, et jusqu'à aujourd'hui, il n'y avait pas vraiment eu d'article de "rentrée", sur Arise Therefore. C'est que pour ce blog, la notion a moins de sens, étant donné qu'il n'est sujet à aucune saisonnalité.

En revanche, puisqu'il est couplé à une émission de radio, il est grand temps que je vous parle de la nouvelle saison de Top Tape.
Bien entendu, c'est toujours sur Radio Campus Paris [93.9FM / Web], le créneau est identique, mais la fréquence devient mensuelle. Comme le met en évidence la page des archives de l'émission, je n'avais pu en diffuser que 16 l'an passé (vs 21 pour les deux premières saisons).
A part ça, rien ne change, le contenu est identique, il y a toujours régulièrement des disques à gagner, et les visuels donnent toujours dans le Poster Art.

Avec tout ça, j'en profite pour vous signaler que la première émission a été diffusée le dimanche 2 octobre, feat. Feist, Disco Inferno, Apparat, Neon Indian et cinq vinyles de Housse de Racket à gagner !
Voici le lien direct.
Première anomalie de l'année, mais c'est pour cause de calendrier des Rockomotives, le volume 2 de la saison 4 sera diffusé ce soir !
(avec des compilations du festival à gagner, idéales pour les blindtest dans l'autoradio)
A tout à l'heure, donc!

What else? (oui, parce que maintenant que je me suis lancé dans une communication officielle, j'ai plein de choses à dire).
Oui, les sessions se poursuivent, vous l'avez vu en photo sur ce même blog, dans la boîte, j'ai donc Hospital Ships, Avi Buffalo, Jérôme Minière, Stranded Horse...
La diffusion, c'est le mercredi à 17h30.
Le mieux serait encore de vous inscrire au podcast et/ou de suivre le flux RSS de la page, comme ça, vous ne louperez rien
(C'est bon, tout le monde est passé en mode WEB 2.0? En même temps, j'écris ça, sans être sur facebook, ni live-twitter en temps réel mes pensées, des weather status, la dernière page web visitée, ou des anecdotes désopilantes type j'ai loupé mon train ou je mange une flammeküche #PersonalBranling)

A côté de ça, la vie sur Arise Therefore continue tranquillement, et puisque vous avez été privés de saga estivale cette année (d'ailleurs toute idée de sujet au long cours est la bienvenue), sachez que je prépare une série d'articles sur des artistes ayant designé tout un tas de chouettes pochettes d'albums!
(en fait, ça fait six mois que j'ai ça en tête, mais ça y est, c'est écrit, il faut donc que je vous le livre)

Dernière chose : Blogger a développé de nouvelles façons de naviguer sur ses blogs. Il y a plusieurs visualisations, ma préférée est celle-ci:
Ah et sinon, j'ai aussi coché une case quelque part dans les options, qui rend le contenu plus facilement accessible/lisible à partir d'un mobile!

vendredi 29 juillet 2011

I can face the sun as it rises

Si j'étais sur Facebook, je créerais un groupe "J'attends la fin de la chanson pour sortir de chez moi, ou arriver au travail".

Récemment, ça aura été un poil handicapant puisque j'écoutais un live de Godspeed You Black Emperor (live @ Brooklyn Masonic Temple, mars 2011) :
deux heures et dix minutes, réparties en 7 morceaux.

Tout à l'heure, j'ai non seulement attendu la fin "Philly - San Fran" de Stanley Brinks avant d'aller chercher de quoi remplir mon frigo chez Franprix, mais je l'ai même rejouée.

Il faut dire que je venais de trouver dans ma boîte à lettres l'album "Back in the Dales", celui-là même dont je vous parlais tantôt. Je remercie mes amis suédois G+J pour cette belle surprise, qui s'inscrit d'ailleurs dans une journée très bien démarrée, et achevée au septième ciel.

Avant d'aller plus loin, je m'empresse de saisir l'occasion pour compléter ma série d'articles sur la Suède et les Düne par ces quelques mots qu'André (Herman Düne) écrivait au dos :

I hadn't been back to my house in the Dales for two years, apart from the twenty-six hours of Yom Kippur that I spent there in 2003. That's the house of my ancesters, that's where my father tried and teached me to make wood horses. It turned out a knife was a dangerous thing in my hand, so I started making songs instead. In my teenage I played guitar all night in the smaller winter house my grandfather buit for us. Since I got my first minidisc device I've been recording in the sauna, about a hundred feet from the main house, still always at night. At the break of day I walk or ride my bicycle to the lake that used to be a river and I can face the sun as it rises.

J'ai l'impression d'y être à nouveau...

Que vous dire d'autre?
Je vous raconte le concert de Jérôme Minière demain, car je vais aller dormir.... J'attends juste que se termine cette chanson de Snowman
(je kiffe)

Stanley Brinks, Back in the Dales (2004)

Snowman - Whitewall
Absence (Dot Dash, 2011)

mardi 22 mars 2011

It's the end of the world as we know it


Les événements majeurs qui marquent l'actualité internationale ces derniers temps ont ceci de frappant qu'ils forcent à concevoir un monde différent, à rendre le fictionnel probable, tangible.


En avril dernier, l'éruption du volcan islandais permettait tout à coup d'imaginer un monde sans transport aérien, c'est-à-dire un monde dans lequel les distances reprendraient le sens qu'elles avaient jusqu'au début du XXème siècle. Avec bien sûr ce que ça implique pour la circulation des êtres et des marchandises.


Depuis ce début d'année, le monde arabe nous montre que la Révolution est possible: Il est possible pour un peuple de renverser un régime autoritaire en place. Je m'empresse d'ajouter: "Encore aujourd'hui" (car tout de même, j'ai eu des cours d'Histoire à l'école).
Cela tend à donner raison à Etienne de la Boétie et à son "Discours de la Servitude Volontaire" (1581). Rappelons que son idée maîtresse est que si un peuple souffre de la domination d'un tyran, c'est d'abord parce qu'il y consent.
Je prendrai le temps prochainement de revenir sur ce raccourci et d'approfondir ce texte... Car enfin, il semble bien que les rebelles libyens, aussi déterminés soient-ils, se seraient fait ratatiner, sans aide extérieure.


Fukushima, enfin. En dehors de toute considération scientifique qui peut-être démentirait ma vision, la néo-Tokyo détruite telle que la dessine Otomo dans Akira n'est plus aussi impensable.


Et avec elle, la vie qui persiste dans ce territoire hors de contrôle de l'Etat et de l'armée, dans lequel l'anarchie règne. Là, il faut connaître le manga, pour bien visualiser. Je vous laisse vous y reporter!

Sinon, sur Arise Therefore, on continue à parler de fin du monde toute cette semaine.
Car un événement plus grave devait survenir...

(à suivre)

Etienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire (1581)
Katsuhiro Otomo, Akira (1982-1989)

jeudi 17 juin 2010

Sex, Dreams and Denim Jeans

Uffie est partout en ce moment, en couverture de Trax, en couverture des Inrocks et sans doute ailleurs. Je ne lis pas la presse musicale... mais je prends le métro !

Il faut dire qu'Uffie est plutôt mimi, alors forcément elle se retrouve en couv'. Il faut dire aussi qu'il y a un sacré plan promo autour de la sortie de son album. Uffie est d'ailleurs aussi sur Radio Campus Paris, puisque nous faisons gagner des maxis et des T-shirts. En même temps, ca ne date pas d'aujourd'hui, on a joué son premier single dès sa sortie, il doit y avoir quelque chose comme 5 ans. Mais si j'avais su, là, cette semaine, on aurait peut-être fait autrement. Fin de l'aparté.

Je reviens au plan promo, façon Blitzkrieg:
Mieux vaut une exposition maximale durant un minimum de temps, que le contraire. C'est d'ailleurs ce qui fait que certains annonceurs se paient parfois un couloir de métro entier. Le but est de créer de la notoriété (idéalement spontanée, sinon assistée). So what?

Peut-être l'avez vous remarqué, à la question "qu'est-ce que tu écoutes et apprécies en ce moment?", le fait de citer un ou des groupes non identifiés voile d'un nuage de déception (paradoxale) l'oeil de votre interlocuteur, pourtant curieux.
Ainsi, si je partage avec un collègue qu'en ce moment, je surkiffe Tame Impala ou encore Avi Buffalo, cela lui fera une belle jambe. Et à moins que j'ai à disposition un pitch marquant de journaliste (façon Gonjasufi, genre ouais, c'est un type qu'on a retrouvé dans le désert aux States, qui faisait de la super musique et que Warp a signé tout de suite), ces noms seront vite oubliés.

A l'inverse, le fait de citer un nom déjà entendu a une toute autre résonnance. Et pourra qui sait susciter une intention d'achat. De l'intérêt de créer de la notoriété, donc.

Uffie, c'est la pouliche du label Ed Banger, avec aux manettes Feadz, Sebastian et Mr. Oizo... Si j'étais vache, j'oserais le rapprochement avec l'album d'Alizée, produit récemment par la team Institubes.

En réalité, à la différence de la lotita, Uffie a toujours eu un pied dans l'underground... Vise-t-elle le mainstream de l'autre?

Je me faisais la réflexion que son single A.D.D. S.U.V. (feat. Pharell Williams) pourrait très bien être chanté par Madonna. La jeune femme lui a d'ailleurs chipé son producteur : Mirwais.

D'autres traits communs?



Uffie, Sex, Dreams and Denim Jeans (Ed Banger, 2010)
Madonna, American Live (Maverick, 2003)

mardi 25 mai 2010

un feu d'artifice de saveurs

Je suis de ceux qui n'ont que très peu de recettes de cuisine imprimées / recopiées physiquement... et strictement aucune en tête. Aussi chacune de mes réalisations culinaires passe-t-elle par une consultation préalable de l'internet: Ca commence par Google, et ça finit en général par Marmiton.



Sauf que sur Marmiton, le moindre plat existe en une dizaine de variantes... Prenons la quiche lorraine.
(il se trouve que j'ai cuisiné une quiche lorraine ce weekend)


Pratique, Personnalisée ou Déterritorialisée, la quiche se décline
Il y a les variantes pratiques, bien compréhensibles :
"Quiche lorraine légère" / "Quiche lorraine rapide" / "Quiche Lorraine Hyperprotéinée" (!), et pour les experts avides de nouvelles sensations, la "Quiche lorraine améliorée"!

Il y a également les variantes personnalisées, le plus souvent par des internautes souhaitant passer à la postérité, pour avoir remplacé la crème fraîche par du fromage blanc:
"Quiche lorraine de Sophie" / "Quiche Lorraine de Mamz'elle Amélie" / "Quiche Lorraine de Valérie" / "Quiche lorraine à ma façon".

Enfin, il y a les variantes WTF
:
"Quiche lorraine à la québécoise" / "Quiche Lorraine au curry" / "Quiche lorraine aux courgettes et fromage de chèvre" / "Quiche lorraine au fromage d'ail et fines herbes" / "Quiche lorraine aux légumes du soleil".

C'est bien le "problème" des sites de cuisine façon Web 2.0. Car moi, ce dont j'ai besoin, ça n'est pas une recette de quiche lorraine, mais LA recette de LA quiche lorraine. J'ai donc une approche très Web 1.0: On objectera que je n'ai qu'à investir dans un livre de cuisine.
Soit
.


Cuisine 2.0 vs 1.0
On pourra également remarquer qu'il existe des "parades" 2.0:
La première d'entre elles, c'est le système de notation. Par exemple, un rapide coup d'oeil sur la liste des résultats permet de se rendre compte que la "quiche lorraine améliorée" atteint péniblement la note de 3/5.
(c'est malin)


La deuxième parade, c'est le filtre de recherche "Avec photo" (façon site de rencontre), histoire de savoir à quoi s'attendre. Mieux vaut être seul que mal accompagné (d'une quiche, en l'occurence).

La troisième, ce sont les commentaires : un tel aura utilisé d'avantage de tel ingrédient, tandis qu'un autre préconise de procéder dans tel ordre ou de prolonger la cuisson, etc...
Il y a de toute façon toujours quelqu'un pour raconter qu'étant à cours d'oeufs ou de lardons (j'en reviens à ma quiche), il a ajouté tout un tas de restes du frigo (du thon en boîte, des nouilles cuites la veille, des olives noires, du soja, un poireau, des corn flakes) et que c'était très bon... ce qui me fait une belle jambe, puisque moi, c'était une quiche lorraine que je voulais faire.

[Note pour plus tard: Pour une savoureuse bisque de homard, penser à me reporter à la page du boeuf bourguignon.]

Au final, cette liberté d'expression et de réaction est plutôt de nature à me faire douter du bien fondé d'une recette.


Un brin d'humour ne fait jamais de mal
Le seul commentaire "type" qui me paraît tout à fait tranquillisant est le fréquent :
"J'ai fait cette recette pour mes enfants et mon mari, et ils ont a-do-ré" (je n'ai encore jamais lu cette phrase transposée au masculin...)

Hormis ça, rien d'intéressant pensais-je. Jusqu'à ce dimanche, où je suis tombé sur l'intervention assez poilante et franchement caustique de "cuisiniere_du_dimanche". Elle justifie d'ailleurs le présent article, et sa publication sur Arise Therefore ("à la base, un florilège fleuri et léger de textes").

Ainsi, en pleine recherche d'une recette (basique) pour cuisiner une quiche lorraine (càd un plat des plus communs), je lis ce feedback:

5/5

"J'ai expérimenté ce jour-ci cette recette qui ma foi, était très goûtue. Elle m'a permis de découvrir de nouvelles saveurs encore inconnues et d'éveiller mes papilles gustatives. Ce charmant mélange d'œufs frais pondus le matin-même et de lait entier fraîchement acquis grâce à la traite de ma vache Marguerite, ont produit en moi, un tel feu d'artifice de saveurs que je ne puis plus m'en passer. Malgré tout, en tant que grand chef cuisinier, je vous conseille de laisser au moins cette quiche 1h30 au four, pour l'obtention d'un résultat finement carbonisé. Encore bravo pour cette merveilleuse recette. A bientôt pour de nouvelles aventures!! Maïté Dupuis alias la cuisinière de dimanche kissou"


Fin de citation; Il m'a semblé que ca valait la peine.

Je clos cette article par une autre photo de la série Drop Dead Gorgeous de Daniela Edburg (Death by Cake plus haut, Death by Nutella ci-dessous).


lundi 19 avril 2010

De l'indélicatesse d'une éruption volcanique

Journée tranquille aujourd'hui, au "métier". Rendez-vous annulé, les Suédois que je devais recevoir ont reporté leur déplacement.
Motif : éruption volcanique intempestive.


J'aime assez l'idée qu'une simple réunion puisse être annulée par un motif aussi fondamental, aussi constitutif de notre Planète, que cette conséquence de la tectonique des plaques. C'est évidemment moins drôle pour ceux qui n'ont pas pu partir en vacances ou week-end.
Car bien sûr, c'est un événement global.
Etrange d'ailleurs, que personne n'ait songé à rendre les éruptions illégales. Quel manque à gagner pour les compagnies aériennes ! Tout celà du fait d'un pays, en plus!


C'est dans ces moments que les petites lignes des contrats d'assurance prennent leur importance. Les billets d'avions seront-ils remboursés, telle annulation sera-t-elle prise en charge? Et ces concerts qui n'auront pas lieu, alors ! (Comme the Cribs ou Frightened Rabbits à Coachella, par exemple)

Evidemment, c'est là que ca devient moins drôle : exit Basia Bulat, ce mercredi au Café de la Danse, exit Holly Miranda Samedi au point FMR. Et dire que je devais la rencontrer. Session annulée, donc, sur Radio Campus Paris.
Motif : éruption volcanique intempestive.

Avec un peu de malchance, la situation pourrait perdurer ! On anticiperait donc la situation de pénurie de Kérozène. On devrait se contenter d'écouter les groupes nord-américains sur leurs sorties digitales. On ne pourrait applaudir que la scène locale. On ne verrait plus Florent Pagny (puisqu'en Patagonie). Peut-être qu'on finirait par aimer les concerts de Cali (qui, pour le coup, prendrait le train)?

Motif : éruption volcanique intempestive.
Il fallait au moins ça.



mercredi 6 mai 2009

En quête de sens

Quelque part à Niort... ou plus exactement dans la Zone d'Activité de Chauray.

Une de ces nuits passées loin de tout, et comme souvent en déplacement, sans avoir grand chose à faire. Dans ces cas-là, il faut donc tâcher d'en tirer le meilleur parti.

L'idée première qui vient à l'esprit est celle du sommeil réparateur... même si personnellement, je ne suis jamais parvenu à la mettre en pratique. Selon la localisation de l'hôtel, on peut aussi tâcher de profiter des alentours... Hier, dans un coin aussi perdu, ceci n'a pu se traduire que par "aller courir". Ce soir-là, après un terne dîner, je suis allé faire quelques foulées et ai pu rapidement gagner des chemins déserts à travers champs... et ça, c'était bien !

S'en suit parfois le plaisir coupable du bain (à proprement parler), concept abandonné depuis mes sept ans... Plaisir "coupable", parce que tout de même,
toute cette eau, c'est pas bien.

Il existe malgré tout une activité dont l'intérêt est supérieur à tout cela, pour peu que le calendrier s'y prête : Regarder "Confessions Intimes" sur TF1. Etre à l'hôtel le soir d'une diffusion de "Confessions Intimes" et tomber dessus, est une chance, sinon un signe.

"Confessions Intimes" est une émission filmant le quotidien de gens "simples", s'étant la plupart du temps laissés enfermer au fil des ans dans une vie de merde : le plus souvent, on y voit un couple rongé par la possessivité maladive ou la jalousie exacerbée de l'un, ou bien la passion dévorante de l'autre (pour sa voiture, son chien, Johnny Hallyday, la chirurgie esthétique...). Heureusement, une psy intervient à la fin et résout tout. Ouf...

"Confessions Intimes" montre un monde dans lequel la soirée TV sur le canapé du salon (de préférence recouvert d'une housse à fleurs) est l'image du bonheur parfait pour un couple de 24 ans, un monde dans lequel un jeune homme portant le "mulet" et sortant en boîte chaque Samedi soir est qualifié de "branché", un monde qui doit être le même que celui de certaines personnes de ma boîte qui désignent leur femme par le terme "maman" (oui, je sais, ça fait peur).



Au final, on quitte cette émission et ces personnages, rassuré, et persuadé d'être intelligent, sain d'esprit, à l'écoute de l'autre et attractif.

En négatif, je trouve qu'on y mesure également le bien fait des Etudes, de l'Education en général, et de la Culture, qu'il s'agit de rendre accessible à tous. J'entendais l'autre jour je ne sais plus quel écrivain expliquer qu'il voyait le Salut de notre époque dans la Culture. Là où aujourd'hui la reprise de la (sur-) consommation est attendue avec impatience, nous pourrions donc puiser dans cette ressource illimitée.


Quelques photos pour finir. J'ai pris la première (ci-dessus) depuis ma chambre de l'hôtel. Celles qui suivent, sur le chemin du retour.


vendredi 25 juillet 2008

A perfect lie

Hier dans la rue...



Le corps désincarné et photoshopé promu
au rang d'idéal (accessible). Cela fait très vite penser à Nip/Tuck :



Make me beautiful /Make me........
a perfect soul /a perfect mind / a perfect face
a perfect life

Une vision également dénoncée par une des marques 'beauté' du groupe Unilever, notamment au travers de cette publicité virale.


On évitera cependant d'y voir d'avantage qu'un positionnement marketing différenciant.

Plus libre, drôle et instructif, je vous recommande plutôt le blog Photoshop Distasters et son lot d'images de presse retouchées, de postures impossibles, de difformités, mains oubliées, etc...

" What, run out of two-legged models or something? "

Pour finir cet article touffu, une chanson de Pulp (dédiée à la mémoire de Lena Zavaroni)

Sitting alone on a cold bar stool,
Your cold, hard eyes make me feel a fool.
Pastel-white features, High cheek-bones,
Scarlet-blooded lips and deathly tones.

The girl of my nightmares,
Sultry and corpse-like.
The girl of my nightmares.

Brittle fingers, And thin cigarettes,
So hard to tell apart,
She hasn't spoken yet.
You put your hand on mine,
Death white on brown,
Those whirlpool eyes;
Well, I begin to drown.

The girl of my nightmares,
Erotic and skull-faced.
The girl of my nightmares.

Anorexic beauty,
Feather-weight perfection,
Anorexic beauty,
Underweight Goddess.

Sitting alone on a cold bar stool,
So hard to tell apart, she hasn't spoken yet.
Pastel-white features, High cheek-bones,
Scarlet-blooded lips and deathly tones.

The girl of my nightmares,
Sultry and corpse-like.
The girl of my nightmares.

Anorexic beauty,
Feather-weight perfection,
Anorexic beauty,
Underweight Goddess

Pulp - Anorexic Beauty
Freaks -
Ten Stories about power, claustrophobia, suffocation and holding hands

(Fire records, 2006)