jeudi 1 juillet 2021
Une vie
mardi 25 octobre 2016
La pire fiction d'anticipation
— Michel Cloup (@michelcloup) 25 octobre 2016
version ultra-satisfaction-de-gloutons-dans-l'annihilation
pas de boutons d'interruption
pas de légende
pour seul décor un chat mort pendu à la guirlande
plus quatre angles à chaque intersection
les angles intérieurs et ceux du dehors
les angles des fenêtres et ceux des corridors
les angles des immeubles et ceux des cimetières
les angles de la route
les angles au bas des feux
les angles des tuyaux et ceux des capteurs solaires
le carré-roi, le rectangle au pinacle
les comptoirs, les guichets et tout ce que l'on veut
du sucre en morceaux aux paquets de tabac
de l'histoire du nougat à l'interprétation des rêves
jusqu'au scanner de la nouvelle glande
trop d'angles, on s'étrangle
heureusement il y a la viande
pour arrondir les angles
la viande folle à l'intérieur et au-dehors
aux fenêtres, aux corridors
dans les immeubles et dans les cimetières
la viande folle sur la route
à chaque intersection
aux comptoirs, aux guichets
n'importe où on la veut
celle à manger et celle à croire
ce sont deux façons de le voir
trop de bouffe et on s'étouffe
ou on étouffe.
dimanche 4 novembre 2012
Tales (live from the Crypt]) [Top Tape]
samedi 3 mars 2012
Nous sommes la destination
(maintenant que j'ai évoqué la pièce qu'il a écrite dans l'article précédent)
L’énergie qui se dégage de nos rencontres agit. Elle est une énergie et n’a pas besoin de trouver une volonté d’agir, elle est déjà volonté et action.
Nous ne cherchons pas à générer du contenu, nous générons tout court.
Nous ne produisons pas de contenu, nous sommes le contenu.
Nous sommes un contenu qui se génère.
Nous ne questionnons pas la place de l’action, nous sommes la place et l’action et c’est ça qui questionne.
Ce qui émerge est déjà là, l’émergence est le mode normal inévitable, ce qui arrive, et toujours quelque chose arrive...
Que faisons-nous ? Nous arrivons.
Nous connaissons la destination.
Nous savons que nous allons y être nous-mêmes que nous le voulions ou non. Et nous ne savons pas, malgré ce que nous pensons, faire autre chose que ce que nous sommes.
Nous sommes la destination.
jeudi 1 mars 2012
On a grandi entre deux époques
Aussi, voir les deux derniers d'un certaine façon réunis dans la pièce déjà là au théâtre de la colline (sur laquelle je reviendrai), aura déclenché une nouvelle écoute de leur oeuvre.
Il semble d'ailleurs que Pascal Bouaziz aka Mendelson n'était pas loin, puisque la veille à Petit Bain, sur scène avec Michel Cloup.... (ils ont d'ailleurs repris "Seule la musique" de Jean-Louis Costes, et je comprends désormais pourquoi un petit nombre de personnes en cherchaient les paroles récemment, effectivement déjà publiées dans ces colonnes)
On a grandi entre deux époques,
tout a changé très vite
Ce qui nous guidait hier n’a plus vraiment cours aujourd’hui.
On a suivi comme on suivrait un film :
sans y prendre part.
L’ambition nous a lâchés
comme la politique avant nous avait trompés
comme le terrain de jeu nous avait lassés.
L'enfer tiède (Lithium, 2002)
Mais avant celà, le morceau de Programme ne s'arrête pas là :
[...]
On n’a jamais travaillé,
jamais vraiment comme nos parents :
juste quelques plans à droite, à gauche pour arrondir les fins de mois
ou compléter les minimums qu’offre l’état
pour qu’on n’aille pas mettre le nez dans ses affaires
ou faire n’importe quoi.
[...]
On n’aura pas de descendance,
on n’ira jamais promener nos familles le dimanche,
on ne s’amusera pas des bêtises des petits.
Il y a eu un choix à faire a priori, et ceux qui ont refusé de le faire n’ont rien.
Rien que des mauvaises raisons pour continuer à jouir de leurs propres frustrations
La cohérence, c’est trébucher en pleine rue et subir le rire des autres
ce n’est pas la routine dont on parle partout
On a couvé entre deux époques
les névroses de la fin de la première, et celles du commencement de l’autre.
On n’a pas eu besoin de connaître la guerre pour être perdu,
on l’a vue à la télé.
Et on s'est senti coupable de ne rien faire
avant d’être capable d’y penser.
Et on n’a eu besoin de rien faire
pour écrire cette page d’histoire.
(places à gagner avec Radio Campus Paris ; 13,50 € sinon)
mardi 1 novembre 2011
Un nouveau départ en quelque sorte
samedi 15 janvier 2011
Musique, Frissons et Dopamine
mardi 5 octobre 2010
10 ans, 50 albums (Part.3)

Diabologum - #3 (Lithium, 1996)
Dominique A - Remué (Lithium, 1999)
Jean-Louis Murat - Mustango (Labels, 1999)
Mendelson - L'avenir est devant (Lithium, 1997)
Bertrand Betsch - La soupe à la grimace (Lithium, 1997)
mercredi 28 juillet 2010
Personne ne m'arrêtera puisque je vais nulle part
Mais d'ici là je dois rester calme
Les rêves sont la prison que j'aime
Parce qu'elle est mienne, je l'aime
Je ne finis rien
Ce sont les gens et les choses qui se finissent en moi
J'exagère
Les mots n'ont pas le poids que j'espère
A chaque nouvelle phrase
Je donne une nouvelle interprétation des faits
Incomplète et imparfaite
Je suis cette succession de personnes différentes
Partiellement fausses, partiellement vraies
Cette instabilité.
Très tôt je suis devenu soldat
je ne sais pas dans quelle armée
ni quel combat
Je n'ai pas trouvé le moyen de me sentir utile
Tout ce que j'ai trouvé
C'est le pouvoir de me poser mille fois les mêmes questions
Sans les formuler exactement de la même manière
Et je me demande encore si ca vient de moi
Ou si ca vient des autres
S'il y a un seul problème général
Ou plusieurs différents qui s'affrontent
Poing perdu, j'ai survécu
Personne ne m'arrêtera, personne me voit
Je ferme la marche, des rêves éventrés sur les bras
Leur sang regorge de souvenir
C'est trop tard
Personne ne m'arrêtera puisque je ne vais nulle part
Poing Perdu (Ici d'ailleurs, 2007)

mardi 22 juin 2010
Tu te souviens de nous, étudiants?
je veux dire inscrits pour la sécurité sociale et les tarifs réduits,
de nos trente mètres carré pour mille quatre-cents vingt francs,
(en prime, le papier partout qui fout le camp)
de ces soirees interminables,
des spaghettis pour dix, des tâches de vin sur le canapé,
je passe des cendriers.
Tu te rappelles, la distribution de prospectus
à l'entrée du parking - promo sur les autoradios,
de ces gamins qui démarraient des BM' sans en avoir les clefs,
puis d'un signe de la main... Dégagez!
Qu'est ce qu'on est con à 20 ans,
c'est clair
mais quel plaisir on y prend,
tu te rappelles?
Toujours à contredire, nous deux contre la terre entière
Ce qui me rassure:
On est encore capable d'en faire autant
Aujourd'hui, maintenant...
C'est clair, on a aussi pris de grosses claques,
de celles qui foutent en l'air, qui marquent,
de celles qui font du mal aux confessions.
C'est sûr, on n'a pas été gâtés,
regarde ce qu'ils nous ont laissé :
De vieux reste d'idéologie qu'on a toutes vu se planter.
D'entrée on était vaccinés contre l'espoir naïf,
l'optimisme creux, les lendemains qui chantent, les jours heureux.
On n'a pas laché l'affaire pour autant,
il y a encore plusieurs sujets sur lesquels on est restés intransigeants
on rêvait de danger permanent,
de prise de risque perpétuel,
et quand vient la peur de la routine, des habitudes,
au quotidien la lassitude,
j'ai envie de te dire, regarde: on est vivants!
J'ai l'impression que ça suffit pour faire de nous des débutants
il y a tant de choses que nous n'avons pas vues
tant de choses que nous n'avons pas encore vécues
ensemble ou séparément
ensemble, aujourd'hui, maintenant
Aujourd'hui, Maintenant (Lithium, 2001)
dimanche 21 février 2010
Il y a une seule chose très belle
Le dimanche soir, c'est le moment où, lorsque l'occasion se présente, je poste une vidéo. Ici, elle est liée aux paroles d'une chanson, et plus précisémment à "La maman et la putain", de Diabologum, reprenant un monologue tiré du film du même nom.
Chanson marquante, effectivement (cf. commentaires de l'article "Ces temps sont effrayants"), que j'ai découverte en 1996 grâce à Mélanie Bauer (à l'époque, sur Oüi FM), dans son émission "Ketchup & Marmelade". J'avais eu la bonne idée d'enregistrer cette émission sur K7.
Autant dire que j'ai écouté ce morceau un paquet de fois, par la suite.
Le texte, l'extrait vidéo, puis un lien vers le morceau de Diabologum.
Que je vous aime...
Regardez, je commence à être saoule et je bégaie et c'est absolument horrible, parce que ce que je dis, je le pense réellement. Et je pourrais rester tout le temps avec vous tellement je suis heureuse. Je me sens aimée par vous deux.
...Et l'autre qui me regarde avec les yeux en couilles de mites, d'un air sournois, en pensant : oui ma petite, tu peux toujours causer, mais je t'aurai. Je vous en prie Alexandre, je ne joue pas la comédie. Mais qu'est-ce que vous croyez?
...Pour moi il n'y a pas de putes. Pour moi, une fille qui se fait baiser par n'importe qui, qui se fait baiser n'importe comment, n'est pas une pute. Pour moi il n'y a pas de putes, c'est tout. Tu peux sucer n'importe qui, et te faire baiser par n'importe qui, tu n'es pas une pute. Il n'y a pas de putes sur terre, putain comprends-le! Et tu le comprends certainement.
La femme qu'est mariée, qu'est heureuse et qui rêve de se faire baiser par n'importe qui, par le patron de son mari, ou par je ne sais quel acteur merdique, ou par son crémier ou par son plombier, ça, c'est une pute! Y a pas de putain, mais qu'est-ce que ça veut dire, "putain"? Y a que des cons, y a que des sexes. Qu'est-ce que tu crois, c'est pas triste, hein, c'est super gai. Et je me fais baiser par n'importe qui, et on me baise et je prends mon pied.
...Pourquoi est-ce que vous accordez autant d'importance aux histoires de cul? Le sexe... Tu me baises bien. Ah! Comme je t'aime. Il n'y a que toi pour me baiser comme ça. Comme les gens peuvent se leurrer, comme ils peuvent croire: il n'y a qu'un toi, il n'y a qu'un moi. Il n'y a que toi pour me baiser comme ça. Il n'y a que moi pour être baisée comme ça par toi.
...Quelle chose amusante. Quelle chose horrible et sordide. Mais putain, quelle chose sordide et horrible!
Si vous saviez comme je peux vous aimer tous les deux. Et comme ça peut être indépendant d'une histoire de cul. Je me suis fait dépuceler récemment, à vingt ans. Dix-neuf, vingt ans. Quelle chose récente. Et après, je me suis fait baiser, j'ai pris un maximum d'amants. Et je me suis fait baiser. Et je suis peut-être une malade chronique... le baisage chronique. Et pourtant le baisage, j'en ai rien à foutre.
Me faire encloquer, ça me ferait chier un maximum, hein! Là, j'ai un tampax dans le cul, pour me le faire enlever et pour me faire baiser, il faudrait en faire un maximum. Il faudrait m'exciter un maximum. Rien à foutre.
Oh, si les gens pouvaient piger une seule fois pour toute que baiser c'est de la merde. Qu'il y a une seule chose très belle: c'est baiser parce qu'on s'aime tellement qu'on voudrait faire un enfant qui nous ressemble et qu'autrement c'est quelque chose de sordide...
...Il ne faut baiser que quand on s'aime vraiment.
Et je ne suis pas saoule... si je pleure... Je pleure sur toute ma vie passée, ma vie sexuelle passée, qui est si courte. Cinq ans de vie sexuelle, c'est très peu.
Tu vois, Marie, je te parle parce que je t'aime beaucoup. Tant d'hommes m'ont baisée, m'ont désirée, tu sais. On m'a désirée, parce que j'avais un gros cul qui peut être éventuellement désirable. J'ai de très jolis seins qui sont très désirables. Ma bouche n'est pas mal non plus. Et quand mes yeux sont maquillés, ils sont pas mal non plus.
On m'a souvent baisée comme ça, tu sais, dans le vide. On m'a souvent désirée comme ça, et baisée dans le vide. Je ne dramatise pas, Marie. Je ne suis pas saoule. Qu'est-ce que tu crois, tu crois que je m'appesantis sur mon sort merdique? Absolument pas.
On me baisait comme une pute. Mais tu sais, je crois qu'un jour, un homme viendra et m'aimera et me fera un enfant, parce qu'il m'aimera. Et l'amour n'est valable que si on a envie de faire un enfant ensemble. Si on a envie de faire un enfant, on sent qu'on s'aime. Un couple qui n'a pas envie de faire un enfant n'est pas un couple, c'est une merde, c'est n'importe quoi, c'est une poussière...
Les super-couples libres... "Tu baises d'un côté chérie, je baise de l'autre. On est super-heureux ensemble. On se retrouve. Comme on est bien".
Oh, c'est pas un reproche que je fais, au contraire. La tristesse n'est pas un reproche, vous savez... C'est une vieille tristesse qui traîne depuis cinq ans... Vous en avez rien à foutre. Comme vous pouvez être bien, ensemble. Regardez, vous allez être heureux.
mercredi 23 septembre 2009
Je me souviens, je pensais à demain
Je prétends pouvoir parler sans précaution ni détour pour affirmer ce que j'ai vérifié. Ce sur quoi on ne me fera pas revenir avec des doutes. C'est le disque de quelqu'un qui sait et qui n'en retire aucune fierté, parce que la vérité distribue la honte. Honte d'être minable, égoïste et sans projet, si ce n'est celui de continuer à cultiver la seule chose qui ait porté ses fruits : l'idéalisme. [...]
Je ne tiens pas spécialement à vous accrocher avec du style, mais j'y suis obligé, sans quoi il n'y aurait sans doute pas lieu d'être commercialisé. Mais sachez bien que c'est de la merde. Tout ce qui fait qu'on parvient à décrocher un rôle dans ce monde vient de la partie la plus merdique de nous-mêmes : celle qui mérite un salaire, le salaire de l'égoïsme. C'est toujours la même chose, non ? Certains s'arrangent avec leurs illusions, certains trouvent de quoi être sereins. D'autres viennent mourir pour rien au nez des premiers, d'autres viennent pour venger.
D'abord je ne suis rien. Quand j'ai eu la faculté de me battre, la bataille était finie. Quand j'ai eu conscience de moi et de ma vie, c'en était déjà décidé. La bataille ne se situe pas dans le temps, elle est le temps. C'est à dire une chose sur laquelle on est toujours en retard. J'avance en me sachant en retard. Je repousse l'échéance, car tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, même si l'espoir me parait être une drôle de danse.
Il arrive un point où tu ne peux plus faire marche arrière sans renier ce qui t'a forgé. Ca fait partie des trucs à piger vite avant que les autres en profitent ou te protègent des erreurs que tu pourrais commettre. Ils disent n'importe quoi, et tant qu'ils le pourront, ils diront n'importe quoi, jusqu'à ce que la leçon rentre.
Je te jure qu'il y en a un paquet qui attendent que ça, et si c'est pas toi, ce sera un autre. Il arrive un point où tu n'arrives plus à te réveiller. Tu te répètes "tout va bien se passer, tout va bien se passer, je ne me fais pas de soucis, j'ai confiance, il ne m'arrivera rien, j'ai pas besoin des autres, ni de leurs promesses, ni rien pour décrocher un rôle dans leur kermesse, au contraire, plus je m'en éloigne et plus j'avance", et tu te vois finir seul quand tout le monde aura vu vraiment qui tu es.
Je me souviens je pensais à demain
et plus j'y pensais, plus le temps semblait long
et les chances d'y arriver réduites
et puis je pensais que demain serait le contraire d'aujourd'hui
et c'était des conneries
demain c'est un poster aux chiottes je l'ai compris
demain c'est du parfum sur des croûtes
demain c'est parler de cailloux lancés dans un lac
et de l'horreur qui est belle,
de l'horreur qui est vraie.
mon cerveau dans ma bouche (Lithium, 2000)
vendredi 17 juillet 2009
Quand j'ai ouvert les yeux, le monde avait changé

Quand j'ai ouvert les yeux
le monde avait changé
Au milieu du mois d'août
je crois qu'il a neigé.
Il n'y avait plus personne
aux terrasses des cafés
et tous les magasins étaient fermés
On aurait dit la guerre
ou bien un jour férié
sans repas de famille
et sans électricité.
- il n'y avait rien à faire
- et rien n'a été fait
- il n'y avait rien à faire
- incroyable mais vrai
aujourd'hui série Z
problème de scénario
l'hiver est de retour
six mois trop tôt
on s'attend donc au pire
il faut en profiter
on n'a pas tous les jours
de la neige en été
Quand j'ai ouvert les yeux
le monde avait changé
au milieu du mois d'août
zéro degré
Il y avait un grand feu
dans la rue d'à-côté
apparemment les gens
voulaient se réchauffer
- penser à autre chose
- parler un peu de tout
- parler un peu c'est bien
- et ça ne gâche rien
comme ça tous en K-way
comme ça en plein été
ils ont tiré les rois
il y avait deux, trois chiens
je les ai vus trinquer
les gens de mon quartier
quelqu'un a même dit
qu'il était désolé
ils ont mangé du pain
ils ont l'air d'être à bout
et si ça continue
ils vont devenir fous.
on s'attend donc au pire
il faut en profiter
on n'a pas tous les jours
de la neige en été
on n'a pas tous les jours
de la neige en été
Il était dix sept heures trente
et personne n'a rien dit
On s'est tous regardé
et personne n'a rien dit
ça ne fait plus aucun doute maintenant
aucun doute j'en ai bien peur
on s'est trompé de A jusqu'à Z
on s'est foutu le doigt dans l'oeil
et personne n'a rien dit
on voudrait bien faire marche arrière
un nouveau départ en quelque sorte
mais personne n'a rien dit
ce qui est fait est fait
il est trop tard il n'y a plus rien à faire
ce qui est fait est fait il est trop tard,
et personne n'a rien dit
Sur le toit d'un immeuble
on a joué aux champions
on a marqué des buts
entre quatre blousons
De ce coin de la ville
et jusqu'à l'horizon
il y avait des flammes
toutes les dix maisons.
#3 (Lithium, 1996)
Un texte de circonstance...
Qui se souvient de la chanson pourra aisément retrouver à partir de ces paroles la scansion de Michel Cloup.
Cet album de Diabologum fait décidément partie à vie de mon top 20 des albums fondamentaux.
Comment se dispenser d'un tel disque?
Je remercie au passage Melanie Bauer de Ketchup & Marmelade de me l'avoir fait découvrir à l'époque... J'avais enregistré sur K7 "la Maman & la Putain" que j'écoutais en boucle.
Je me souviens aussi de leur passage à Nulle Part Ailleurs... et de Zazie qui avait conclut de leur prestation live :
"on fait la même chose".
Déjà qu'en interview Arnaud Michniak avait pas super bien pris que je considère que sa musique [Programme] et celle de Michel Cloup [Experience] restait finalement assez proche...
Je n'ai jamais vu Diabologum en concert.
- - - - - - - - - - - - - - - -
[Edit]
J'utilise fréquemment pour ce blog des illustrations dont je ne peux malheureusement identifier ni la source ni le contenu
(puisqu'en provenance d'un agrégateur d'images)
Suite au premier commentaire de cet article, quelqu'un a-t-il une idée de la localisation de ce petit port aux maisons rouges ?
Je mise sur la Norvège...


Claude Monet, Les maisons rouges de Bjoornegaard
/ Village de Sandviken sous la neige (1895)
mercredi 25 juillet 2007
Nos révolutions intérieures, nos capitulations extérieures

comme un château de cartes en béton armé
nos bras tendus avec nos poings au bout
lucides sur notre propre médiocrité
conscients de la menace
Juste pouvoir se regarder, pendant des heures et même après,
en face
Je me fous de ce qu'ils pensent, de ce qu'ils disent, de ce qu'ils sont
de cet espoir qu'ils écrasent, de ces illusions qu'ils pourrissent
J'ai encore envie de croire, j'ai encore envie de rêver
qu'on peut aller quelque part, avec quelqu'un à coté
Nous construirons quelque chose ensemble, je te le promets
nous repeindrons les murs de la couleur qui nous arrange
nous choisirons tous les objets de préférence abandonnés parce qu'ils auront vécu
nous en ferons un décor, une amélioration, un aménagement du regard
point de départ à cette longue improvisation
Etablir une correspondance entre nos actes et nos idées,
nos révolutions intérieures, nos capitulations extérieures
Réinventer au jour le jour, changer de rue dans mon parcours quotidien
Savoir que si je parle, je ne dis rien qui n ait déjà été entendu et rabâché
écrit ou lu, à la minute où j'y ai pensé
Malgré tout ca, voir en grand
Réflechir aux bons moments que l'on ne retient pas
Qui finiront par manquer, à la minute où j'y ai pensé
Malgré tout ca…
Malgré tout ca…
J'ai encore envie de croire, j'ai encore envie de rêver
Juste pouvoir se regarder, pendant des heures et même après,
en face



