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jeudi 1 octobre 2009

A quoi pensent les joggers du dimanche?


Ce texte n'a rien d'exceptionnel...
il n'est pas particulièrement beau, ni bien écrit, ni porteur d'idées remarquables.
Pour autant, il y a autour de moi suffisamment de joggers pour que je le publie ici.

Il est chanté par Miossec dans son dernier album.
L'écriture n'a pas changé, les intonations non plus.
Si le morceau devait faire l'objet d'un clip, j'imagine très bien Miossec, assis sur le dossier d'un banc, au Bois de Vincennes, par exemple.
Le statisme de ce plan serait bien entendu opposé à une galerie (pittoresque) de joggers en exercice, seuls ou en groupes.
Certains seraient filmés au ralenti.
D'autres traverserait le champ, tandis que Miossec chante.


Et ca passerait sur W9.
Non?

A quoi pensent les joggers du dimanche
Quand à petites foulées ils avancent?
A la semaine passée
Ou à celle qui se présente
A la prochaine montée
Quand ils dévalent leur pente?

A quoi pensent les joggers du dimanche?
Calculent-ils les minutes et les secondes
Qui les approchent de la fin du monde?
Est-ce pour quitter le foyer
Ou pour la joie d’y retourner?

Tous les dimanches
Tous les dimanches
Après quoi courons-nous
C’est la question qui me démange
Tous les dimanches
Tous les dimanches
Je pense à toi et je pense à eux
Et je pense à nous et j’ai le coeur qui flanche
Après quoi courons-nous tous les dimanches
C’est la question qui me démange
Tous les dimanches
Tous les dimanches

A quoi pensent les joggers du dimanche?
Regardent-ils toujours la cime des peupliers
Ou bien ont-ils les yeux fixés
Sur les surfaces goudronnées?
Ont-ils en tête l’envie de tuer
Ou est-ce juste l’envie de s’épuiser?
Veulent-ils s’alléger de leur poids
Ou ne font-ils que compter compter leurs pas?

Tous les dimanches
Tous les dimanches
Après quoi courons-nous
C’est la question qui me démange
Tous les dimanches
Tous les dimanches
Je pense à toi et je pense à eux
Et je pense à nous et j’ai le coeur qui flanche
En pensant aux joggers du dimanche

Refont-ils toujours le même trajet
Avec leurs petites foulées?
Finissent-ils toujours par sprinter
Ou se laissent-ils relâcher?
Est-ce que ça soulage leur conscience?
Est-ce que ça donne à leur vie un peu de sens?


Miossec - Les joggers du dimanche
Finistériens (PIAS, 2009)
www.myspace.com/miossec


« On ne court pas en plein soleil, même le dimanche, sans avoir bu.
Ça me servira de leçon. »

mercredi 26 août 2009

Recouvrance

4h35 de train.

Plus de 5h en comptant le trajet en métro. C'est le temps qu'il m'a fallu pour rallier Brest. Je suis parti la veille de mon rendez-vous. Paris, Le Mans, Laval, Rennes, St Brieux, Guingamp, Morlaix [...] et Brest. Il existe plus rapide, mais ça s'est trouvé comme ça, cette fois.


Passé Rennes, le train se dépeuple. J'entends des étudiantes déplorer qu'ici, l'été dure moins longtemps.

Brest c'est loin, et c'est très bien comme ça. C'est même la moindre des choses, c'est tout de même le bout du monde! Littéralement, je veux dire... enfin du vieux Monde. Bon, de la France, OK. N'empêche que c'est la perception qu'en ont les locaux pures souches. L'effet péninsule, sans doute. Et puis, il n'y a rien à l'Ouest avant l'Amérique.
Ca, on le ressent par exemple lorsqu'on traverse le pont de Plougastel (l'ancien, celui qui est piéton). L'Erorn derrière, l'océan devant, et le vent qui s'engouffre dans les terres, de face.

Mais aujourd'hui, je n'étais pas de ce côté là.
En descendant la rue de Siam, tourner non pas à gauche, mais légèrement à droite. Pont de Recouvrance.

Mais rend toi à l'évidence
Que tout nous sépare
Qu'il ne faut pas me faire confiance
Que je n'ai rien à voir
Merde c'est pas de chance
On n'a plus rien à boire
Moi je pensais qu'à Recouvrance
Ca fermait un peu plus tard
Moi je pensais qu'à Recouvrance
On trouvait toujours à boire

Voilà, ce pont là.
Et là encore, le vent. De ceux qui font dévier votre trajectoire. Une Brestoise que je croise, tient la rembarde, tout en avançant. Une rafale, et je manque de mettre un pied sur la route, tandis qu'un bus s'approche.
J'aime Brest (*), parce qu'on y éprouve la force des éléments naturels, ce qui n'arrive approximativement jamais en environnement urbain/continental. Désolé pour le cliché...

... je poursuis donc ma route. Il y a sous mes pieds des frégates de la marine, couleur gris/bleu. J'arrive à la Direction des Constructions Navales, on vient m'y chercher en voiture au poste de garde, évidemment, c'est tellement grand. A ma gauche le Bugaled Breizh, et, oui, ok, à voir la coque, il a pris cher, les 5 marins décédés aussi.

Fin du récit, et des détails très "couleur locale".
A cet endroit, j'aurais voulu insérer une photo. Il faut dire que le bâtiment dans lequel je me suis rendu était vraiment au pied de la mer... Même la vue des toilettes était impressionnante. Hélas, je n'avais sur moi que mon téléphone portable pro, qui n'a jamais réussi à régler la luminosité correctement, il n'avait pourtant qu'à prendre ce que mon oeil voyait, ça n'était pourtant pas bien compliqué !
Me voilà réduit à décrire cette non-photo.


[Le format est rectangulaire, vertical. Sur la partie droite, un urinoir, fixé à un mur carrelé. A sa gauche, et à mi hauteur, une fenêtre en PVC rouge grande ouverte, par laquelle on voit la mer agitée. Aucune côte n'est dans le champ. Le ciel est brumeux, étant donné qu'il crachine depuis ce midi.]


Je vous ai parlé du crachin?

Miossec - Recouvrance
Boire (PIAS, 1995)
www.myspace.com/miossec

(*) Ceci est bien sûr à nuancer. Le calme de la ville en soirée (personne dans les rues à mon arrivée, vers 21h30) et la vue, qui, de la plupart des endroits, donne sur le port de commerce, me paraissent finalement des points rédhibitoires.