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lundi 7 novembre 2022

We are someone else

My name is Phil Elverum and I live at xxxxxxxxxxx
My family, the Lowman family, has been in Anacortes since the 1800s.  For future generations and for this present moment, I care deeply about this place and what we mean when we say “Anacortes”.
 

[Pour le contexte, reportez-vous s'il vous plaît au précédent article de ce blog]
J’ai déniché le fac simile de cette déclaration de Phil Elverum (Mt. Eerie, The Microphones) au conseil municipal d'Anacortes (WA) sur le tumblr anacortesunknown.tumblr.com, essentiellement dédié à la vie du projet culturel du même nom, à vocation locale. Le texte n’était donc nullement destiné à diffusé en dehors de ce cadre, et c’est moi-même qui l’en extrais. Pourquoi ? Pour l’anecdote, et parce qu’il car me paraît révélateur de l'artiste.

Son objet? Protester contre l'implantation d'une grande surface (« Box store ») .


It seems to me that you, the city council, basically have 2 jobs:  

One is managing a large complicated business, “the City of Anacortes”.  Seemingly the entirety of these city council meetings is often taken up by these economic questions of budget and expense, surplus and deficit.  It’s a big math problem and is certainly necessary and deserving of focus, but it is only half of the project.

Your other job is less tangible and less related to quantifiable results.  You are responsible for representing the spirit of the population and steering the constantly changing identity of our town, in a cultural and poetic way, towards an ideal community.  I imagine it’s difficult to hear yourself think when it’s time to consider these questions, considering how loud and unscrupulous the voice of money is.  In a situation like this, you ask the community for guidance.  

Judging from the response at the last meeting, not to mention the reactions from the community when similar proposals arise every few years, the answer seems extremely clear.  We do not want this.  A large box store is not who we are.  We are someone else. 

Having traveled around North America almost constantly as a touring musician for the past 15 years, I have become attuned to the varying sensations of first entering different towns. Most places don't feel like anywhere. Just the usual cubes and logos, cars and anonymity. There are some rare exceptions still though; places that have managed to hold on to a sense of character through the challenging economic eras that every place endures. Anacortes is one of those magical exceptions, for now. We are lucky to be remote enough from the freeway and perhaps stubborn enough to have evaded large scale corporate colonization so far. This means that Anacortes is a place that feels like a place. We have something that is rare and precious.

dimanche 6 novembre 2022

Not like the typical music festival (Part. 1)

Critères constitutifs d’un festival musical idéal (selon moi) :
- jauge restreinte (donc à taille humaine)
- bonne programmation
- bonne ambiance
- cadre appréciable

Le troisième point pouvant aller jusqu'à une proximité entre public et artistes, ainsi qu'entre artistes (je pense par exemple au Mo#Fo 2003).

Relevons tout de même que je peux me satisfaire d'un festival ne réunissant que trois de ces critères. Les remplir tous induit un but non lucratif et une programmation à la fois pointue et cohérente.

Des exemples ?
Peut-être le "What the heck" festival à Anacortes (WA), auquel j'ai longtemps rêver me rendre. Si vous suivez assidûment ce blog, le nom de cette ville située entre Seattle et Vancouver (donc en face de Victoria) ne vous est pas inconnu. Lieu de résidence de Ryland Bouchard [the Robot Ate Me] que j'interviewais il y a 10 ans... et de Phil Elverum [the Microphones / Mt Eerie].


Ce dernier est d'ailleurs l'un des cofondateurs de ce festival, fondé en 2002. L'idée de départ était simplement d'ouvrir une scène dans le cadre de la grande braderie annuelle d'Anacortes.
Et puis le projet s'est étoffé, jusqu'à de bien belles affiches : Calvin Johnson, Mount Eerie, YACHT, The Blow, Laura Veirs, Little Wings, Thanksgiving, Karl Blau, D+, Earth, Arrington de Dionyso, Wolves in the Throne Room, Kimya Dawson, Grouper, No Kids, Ô Paon, Mirah, Tara Jane O’Neil...




Laissons Phil en parler :
From 2002 to 2011 we held a weekend festival of music and other stuff every 3rd weekend in July at various spaces in Anacortes, Washington. It was called “What The Heck? fest”. People came from all over and it was awesome. It was not like the typical music festival, with beer sponsors and dehydration rehab tents and golf carts for the bands. It was a small town version where everyone hangs out together and discovers new slang and eats food. 

En 2011, le festival laissera la place aux "Anacortes Unknown Music Series” (Quatre éditions entre 2012 et 2014)... Et puis plus rien jusqu'à un éphémère retour à la vie du WTH fest en 2019, en même temps que Phil Elverum réactivait "The Microphones".

Heureusement, j'ai depuis trouvé un autre festival de rêve auquel je n'irai jamais !
La suite, demain prochainement...

D’ici là, vous pouvez :
- regarder ce court documentaire, feat. Phil Elverum et feu Geneviève Castrée 
- parcourir le tumblr des "Anacortes Unknown Music Series" pour y voir Phil et sa clique, percevoir leur investissement ainsi que l'attachement à leur ville

mardi 6 mars 2018

Mieux vaut s'y amuser de l'insignifiant, plutôt que de s'en éloigner

Il y a deux façons différentes de lire et appréhender Tokyo Sanpo de Florent Chavouet... avant, ou après être allé au Japon. Se replonger dans ces jolis dessins crayonnés, en saisir tous les détails, quatre mois après mon retour, aura été un plaisir.

Lorsque j'évoquais mon goût pour le Japon avant ce voyage, il y avait toujours un moment où je finissais par dire que rien qu' "une simple rue, un poteau électrique" tels que j'ai pu en voir par film ou manga interposés suffirait à mon bonheur. L'auteur, lui, choisit d'autres objet triviaux pour illustrer ce même attrait.

Le dépaysement, à Tokyo et au Japon en général, tient plutôt dans cet état d'éveil un peu con qui nous fait admirer un panneau de route tout simplement parce qu'il n'est pas comme chez nous, ou une étiquette de fruit parce qu'on ne comprend pas ce qui est écrit dessus.

Ci-dessous quelques planches extraites de ce carnet de voyage. Globalement, on pourra regretter quelques défauts (dans la structure, dans les couleurs, dans les thèmes - pas assez de nourriture ou d'interaction avec les autochtones... bref, de vie, quoi), dont l'auteur a assurément eu conscience, dans la mesure où ils furent TOUS corrigés dans son ouvrage suivant : "manabé shima".

Florent Chavouet, Tokyo Sanpo (2009)

mercredi 10 janvier 2018

Suresnes, un paradis perdu

J'ai une petite "wish list" de livres à lire qui tourne sporadiquement dans ma tête, passe et revient... mais il suffit que je me rende à la bibliothèque, pour que toute inspiration s'évanouisse. La page blanche en quelque sorte.

Cette fois, j'avais pris des notes. Je m'étais rappelé ce roman qu'on m'avait offert à l'époque (en 2008?) et que j'avais beaucoup apprécié : "La théorie du Panda" de Pascal Garnier. Je mis donc très rapidement la main sur "Lune captive dans un œil mort" (du même auteur).

Et j'ai à nouveau passé un très bon moment. Il m'a semblé trouver la même loufoquerie que chez Queneau (je pense au Chiendent par exemple), teintée par la noirceur célinienne de certains personnages, parachutés dans un corps, une vie, dont ils n'ont jamais trop su quoi faire.

Le catalogue de documentation échoua mollement sur la table basse en verre fumé dont les pieds en métal doré évoquaient des pattes de lion. Martial croisa les mains sous sa tête et ferma les yeux. Suresnes, où ils avaient vécu pendant plus de vingt ans, lui apparut comme un paradis perdu. Tant d'années à accumuler mille et une petites habitudes avec la pugnacité du Facteur Cheval pour se tisser un cocon de vie douillet, le buraliste, le boulanger, le boucher qu'il appelait tous par leur prénom, le marché du samedi matin, la promenade dominicale au mont Valérien... Et puis, l'âge venant, l'un qui s'en va prendre sa retraite dans l'Indre-et-Loire, l'autre en Bretagne, à Cannes... ou au cimetière. Le quartier avait changé, presque du jour au lendemain, on ne s'était aperçu de rien. La population aussi. Le paisible territoire s'était métamorphosé en une sorte de jardin d'enfants hystériques où ils n'avaient plus leur place.

Pascal Garnier, Lune captive dans un œil mort (2009) 

jeudi 15 octobre 2015

福島, "Good-Fortune Island"

Dans la série des villes fantômes (après Détroit, Kangbashi et Pripyiat), Fukushima, par le photographe polonais Arkadiusz Podniesinski, quatre ans et demi après l'accident nucléaire ayant provoqué l'évacuation de 160'000 personnes

Photos (Arkadiusz Podniesinski/REX Shutterstock/SIPA) [via]

samedi 3 janvier 2015

Postcards from Pripyat, Chernobyl

La fusion du cœur d'un réacteur nucléaire survient lorsque les crayons de combustible nucléaire, qui contiennent l'uranium ou le plutonium ainsi que des produits de fission hautement radioactifs, commencent à surchauffer puis à fondre à l'intérieur du réacteur. C'est ce qui s'est produit le 11 mars 2011 sur les réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima. Mais aussi le 26 avril 1986 à 1h23 à la centrale nucléaire de Tchernobyl, provoquant l'explosion du réacteur 4, et le rejet , dans l'atmosphère, de l'équivalent radioactif de 400 fois la bombe d'Hiroshima.

Pripyat est la ville ouvrière attenante bâtie pour héberger les travailleurs... Elle est donc dans "la zone", cet espace inhabité de 30km autour de la centrale [Carte]

Danny Cook, en marge d'un reportage pour CBS, a ramené les images suivantes de la ville fantôme...


La vidéo complète :


D'autres villes fantômes, déjà évoquées ici,
Detroit :
Kangbashi :

mardi 18 février 2014

What happened to Detroit ?

J'ai déjà publié ici des images de la ville fantôme de Ordos, en Chine. Il s'agissait d'une vie nouvelle. Mais les déserts urbains peuvent également se rencontrer dans des villes anciennes. La destinée de Détroit ne vous est sans doute pas étrangère (parce que les médias l'ont pas mal relayée).
Fondée en 1701 (par un Français, soit dit en passant), la ville comptait 285'000 habitants en 1910, 1'850'000 en 1950, et 713'000 en 2010. Elle s'est donc dépeuplée à grande échelle. Crise de ses industries automobiles, pauvreté des habitants, dette abyssale de la ville (18.5 milliards de dollars en juillet 2013) : ceci explique les nombreux bâtiments publiques et habitations délabrés et laissés à l'abandon.


Les photographies ci-dessus proviennent du site Detroiturbex.com. Allez-y, il y a beaucoup à lire et voir. Leur mot d'ordre :

Detroit has no other option but to change.
Detroiturbex.com is documenting that change

Une récente série de photos se charge de rappeler la vie qui coulait autrefois dans certains de ses bâtiments, et notamment le lycée technique Lewis Cass.
Emouvant.

dimanche 28 octobre 2012

Ghost Town Riders


Kangbashi, est un district rattaché à la ville Ordos, préfecture de la Mongolie Intérieure (donc au Nord de la Chine, cf. googlemaps). Construite en plein désert, cette ville nouvelle est sortie du sable à grand renforts d'investissement massifs, la région s'étant révélée exceptionnellement riche en charbon, en gaz naturel et en divers minerais précieux.
Les travaux ont débuté courant 2003, et tablaient à long terme sur une population d'un million d'habitants. En 2010, alors que les capacités de logement étaient de 300 000 places, la population atteignait péniblement les 28'000 habitants. Si beaucoup de logements (de standing) ont été achetés, la plupart l'ont été à des fins spéculatives, et demeurent vides. Ces chiffres, ainsi que les reportages d'Aljazeera et de Time ont contribué à donner à Ordos la réputation de "Ville Fantôme" (*).

C'est ce qui a attiré le réalisateur Charles Lanceplaine et une brochette de skaters, partis profiter pleinement d'un environnement urbain moderne et désert.
  
Et c'est la vidéo du dimanche soir
(à voir en plein écran, évidemment) :

ORDOS, Charles Lanceplaine (2012)
Crédit 1ère photo: Chaloos / Flickr


(*) Cette caractéristique étant l'unique angle avec lequel le sujet est abordé, il est certain qu'on ne trouve via google que des articles ou photos dépeignant cette cité comme vide.