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jeudi 13 août 2015

Lately I'm not feeling like myself

Lately I'm not feeling like myself
When I look into the glass I see someone else
I hardly recognize this face I wear
when I stare into her eyes - I see no one there
Lately I'm not feeling like myself

Lately I've been losing all my time
All that mattered to me slept my mind
Everytime I hit another town strangers appear to lock me down
Lately I've been losing all my time

The mystery that no one knows
Where does love go when it goes?

Lately words are missing from now on
Vanished in the haze of love gone wrong
There's no future, there's no past, in the present nothing lasts
Lately someone's missing from now on

The mystery that no one knows
Where does love go when it goes?

Lera Lynn, Lately
dans True Detective (S02E08) - Nic Pizzolatto

True Detective, Saison 2, c'est fini.
Une saison certes en-deçà de la première (l'atmosphère si particulière n'y est pas), mais qui a toutefois selon moi fait l'objet de critiques bien injustes [...]
Bref, à voir malgré tout, car l'intensité y est, elle.

mercredi 29 juillet 2015

La Isla Mínima

La Isla Mínima est film policier se déroulant en 1980 dans une Espagne post-franquiste, en "transition" démocratique. Deux inspecteurs enquêtent sur un crime sexuel dans une région reculée (les marais du Guadalquivir, en Andalousie).
Enquête bien ficelée, très belle photographie et ambiance prenante, avec en effet une touche True_Detective_Saison1.

A défaut d'avoir pu extraire des dialogues de ce film, en voici quelques images
(Je vous recommande, bien sûr, de NE PAS voir la bande-annonce)


La Isla Mínima, Alberto Rodríguez (2015)

mardi 7 juillet 2015

Towards Tomorrow

Ainsi donc la saison 2 de True Detective a débuté. Les trailer et générique ont pu m'inquiéter, la faute sans doute à l'absence de Matthew McConaughey, des paysages de Louisiane ou encore de la Handsome Family. Et peut-être à la présence de Colin Farrel.

Le premier épisode laisse cependant augurer une saison qui aura sa personnalité et ses attraits propres. Les paysages ont changé, la verdure et les routes de campagnes laissent la place à des paysages urbains/industriels et à d'imposants échangeurs, le tout dans la banlieue de Los Angeles.
Par moment, l'ambiance et la photographie me rappellent "A most violent year".
Aperçu.


*
*     *

La ville concernée? Son nom est écrit sur le réservoir ci-dessus : Vinci.
Cette ville est fictive, les plans quant à eux ont été tournés à Vernon, California.
Par exemple, ici : https://goo.gl/maps/TStGY

dimanche 5 juillet 2015

The whisper of two broken wings


This is my least favorite life
The one where you fly and I don’t
A kiss holds a million deceits
And a lifetime goes up in smoke

This is my least favorite you
Who floats far above earth and stone
The nights that I twist on the rack
Is the time that I feel most at home

We're wandering in the shade
And the rustle of fallen leaves
A bird on the edge of a blade
Lost now forever, my love, in a sweet memory

The station pulls away from the train
The blue pulls away from the sky
The whisper of two broken wings
May be they’re yours, maybe they’re mine

This is my least favorite life
The one where I am out of my mind
The one where you are just out of reach
The one where I stay and you fly

I'm wandering in the shade
And the rustle of fallen leaves
A bird on the edge of the blade
Lost now forever, my love, in a sweet memory


Lera Lynn, my least favorite life, dans
True Detective (S02E01) - Nic Pizzolatto

samedi 12 avril 2014

True Detective, Saison 2 - les repérages


Ca pourrait, non?

En vrai, ces clichés ont été pris en 1909 / 1910 par Sergueï Mikhaïlovitch Procoudine-Gorsky (1863-1944). Il a parfait le procédé de trichromie, et a parcouru la Russie pré-révolutionnaire réalisant ainsi environ 3500 vues (dont 1902 subsistent aujourd'hui).

Une centaine d'entre elles sont exposées au musée Zadkine à Paris, jusqu'au 18 mai.
L'intérêt, vous l'aurez compris, est donc de voir des photos couleurs de cette époque, qui plus est prises (et cadrées) avec un sens artistique indéniable.

mercredi 26 février 2014

The Long Bright Dark

True Detective poursuit sa route. Pour l'heure, je n'émets aucune réserve sur cette série. Si j'ai pu penser l'espace d'un épisode (S1E04) qu'elle s'acheminait vers des territoires connus, dès le suivant, le cours de l'histoire m'a détrompé... Et c'est à ce moment que le dispositif narratif prend tout son relief.

Il est bien probable que seuls ceux qui regardent la série comprenne ce que j'écris là... mais c'est que je tiens à ne spoiler personne !

Puisque je ne peux rien dire, ni même restituer l'ambiance sonore des plus réussies, parlons photographie et admirons la Louisiane.


True Detective, Nic Pizzolatto (2014)

mercredi 5 février 2014

A language virus


Débat d'idées impromptu entre les détectives Rust Cohle et Martin Hart (dans la série True Detective), tandis qu'ils assistent à un prêche prononcé lors d'un rassemblement religieux.

: What do you think the average IQ of this group is?

M : Can you see Texas up there on your high horse? What do you know about these people?

R : Just observation and deduction. I see a propensity for obesity, poverty, a yen for fairy tales. Folks putting what bucks they do have into a wicker basket being passed around. Safe to say nobody here’s going to be splitting the atom, Marty.

M : See that? Your fuckin’ attitude. Not everybody wants to sit alone in an empty room and get off on murder manuals. Some folks enjoy community, common good.

R : If the common good’s got to make up fairy tales, it’s not good for anybody.

: Can you imagine if people didn’t believe, the things they would get up to?



R : The same things they do now, just out in the open.

M : Bullshit. It would be a fucking freak show of murder and debauchery, and you know it.

R : If the only thing keeping a person decent is the expectation of divine reward, then brother that person is a piece of shit. [...] What does it say about a life? You gotta get together and tell yourself stories that violate every law of the universe just to get through the goddamn day? What’s that say about your reality, Marty? Certain linguistic anthropologists think that religion is a language virus that rewrites pathways in the brain and dulls critical thinking.

M : I don’t use ten-dollar words as much as you, but for someone who sees no point in existence, you sure fret about it an awful lot.

*
*     *

Les arguments sont connus, mais l'échange est intéressant. C'est d'ailleurs un des points forts de la série que d'enrichir la narration de telles réflexions.

Je ne suis pas calé en "histoire des idées" donc je ne saurais ici retracer l'origine des arguments avancés. Je peux toutefois établir un lien avec Schopenhaueur (encore !) qui dans l'un de ses écrits annexes (les Parerga et Paralipomena) a mis en scène un débat fictif entre un religieux (Démophèle) et un philosophe (Philalèthe).

Dans ce qui suit, je m'attache à relever un parallélisme amusant (sans pour autant soutenir que les scénaristes ont construit le dialogue autour de ce texte, hein)

La scène décrite ci-dessus s'ouvre sur une remarque que le défenseur de la Religion trouve méprisante ("See that? Your fuckin’ attitude").
Idem du côté de Schopenhauer : pas d'intro, rien, directement, cette réplique :

D : Soit dit entre nous, mon cher et vieil ami, il me déplaît qu'à l'occasion tu manifestes ta compétence philoskophique par des sarcasmes, et même une raillerie ouverte à l'encontre de la religion. À chacun, sa foi religieuse est sacrée; il devrait en être par conséquent de même pour toi.

La réponse du philosophe ne se fait pas attendre. Elle renvoie à la notion de vérité, et il reprochera tout au long de l'entretien à Démophèle de la masquer sciemment (cf. plus haut : "fairy tales" ; "stories that violate every law of the universe").

P : Je nie la conséquence ! Je ne vois pas pourquoi je devrais, en raison de l'ingénuité d'autrui, respecter le mensonge et la tromperie. En tout lieu je respecte la vérité, mais non, pour cette raison précise, ce qui lui est contraire. Jamais sur terre ne brillera la vérité aussi longtemps que vous en entraverez d'une telle façon les inspirations.

Une fois qu'on en est là, Démophèle est forcé de nuancer en arguant  qu'il s'agit d'une vérité "sous une forme mythico-allégorique", et là, BIM, on passe à l'argument suivant, selon lequel sans religion, le monde ne serait qu'anarchie et barbarie (cf. plus haut : "Can you imagine if people didn’t believe, the things they would get up to?" ; "It would be a fucking freak show of murder and debauchery")

D: il s'agit tout d'abord d'enchaîner les esprits grossiers et mauvais de la foule afin de la tenir éloignée de l'injustice extrême, des cruautés, des actes violents et honteux. Maintenant, si l'on voulait attendre qu'elle ait reconnu et embrassé la vérité, on viendrait immanquablement trop tard. En effet, même en posant que la vérité vient d'être trouvée, celle-ci excèdera la faculté de compréhension de la foule. La seule chose qui lui convienne en tous les cas, c'est un habillement allégorique de cette vérité, une parabole, un mythe.

Exemples à l'appui (dont je vous dispense), Philalèthe rejette l'argument (tout comme Rust)

P : les fins pratiques et la nécessité de la religion au sens [...] généralement affectionné aujourd'hui, à savoir un fondement indispensable de tout ordre légal, je ne peux les reconnaître et je dois me défendre contre cette idée.

La suite, je vous laisse la découvrir dans le texte original (édité dans un recueil titré "Sur la religion"). Je ménage mon lectorat en m'abstenant de reproduire les tirades relatives à la fonction d'"apaisement et consolation dans la souffrance et la mort" de la religion, et à ses méthodes d'endoctrinement, telles que les analyse Schopenhauer. Rust Cohle s'en charge, et de manière plus consise :

The ontological fallacies of expecting a light at the end of the tunnel, well that is what the preacher sells, same as the shrink. See, the preacher he, encourages your capacity for illusion then he tells you, to a fucken virtue, one is about to be had doing that. It is such a desperate sense of entitlement, isn't it? 
"Surely this is all for me?"
"Me ? Me , me , I , I ..."
"I am so fucking important"

True Detective (S01E03)
Arthur Schopenhauer, Sur la religion (1851)

dimanche 26 janvier 2014

Ce "meilleur des mondes possibles"

Dans l'article reprenant un dialogue de la série True Detective que je publiais la semaine passée , le détective Rust Cohle se référait à la notion de "pessimisme" en philosophie.

Je saisis cette opportunité pour revenir au "Monde comme volonté et représentation" (dont j'ai déjà cité de nombreux extraits) et ainsi illustrer ce terme, qui est souvent le premier qualificatif qui vient à l'esprit, lorsqu'il est question de Schopenhauer.

Chacun qui est sorti de ses premiers rêves de jeunesse, qui considère son expérience propre et celle d’autrui, qui a promené son regard dans la vie, dans l’histoire du passé et de son époque, et enfin dans les œuvres des grands poètes, celui-là, à supposer qu'aucun préjugé profondément ancré et indélébile ne paralyse sa faculté de juger, admettra la conclusion que le monde des hommes est l'empire du hasard et de l'erreur qui y gouvernent sans pitié, à petite comme à grande échelle, épaulés par la bêtise et la méchanceté qui agitent leur fouet. C'est ce qui explique que le meilleur ne perce que péniblement, que le noble et le sage ne se manifestent que très rarement et ne trouvent guère influence ou audience, alors que l'absurde et le faux dans le domaine de la pensée, le plat et le banal dans le domaine de l'art, le méchant et le perfide dans le domaine de la conduite, continuent effectivement d'exercer leur empire, lequel n’est perturbé que par de brèves interruptions. Par contre, l'excellent en tout genre n'est toujours qu'une exception, un cas parmi des millions, et, lorsqu'il s’est déclaré dans une œuvre durable, celle-ci, après avoir survécu à l'animosité de ses contemporains, se tient isolée, conservée comme une météorite tombée d’un autre ordre de choses que celui qui domine ici-bas. [...]

Si enfin on mettait sous les yeux de chacun les douleurs et les tourments terribles auxquels sa vie est constamment exposée, il serait figé d'effroi; et si on conduisait l’optimiste le plus borné à travers les hospices, les lazarets et les salles d’opérations chirurgicales, dans les prisons, les chambres de torture et les étables à esclaves, sur les champs de bataille et aux lieux de supplice, si on lui dévoilait ensuite tous les obscurs logis où la misère se cache des regards de la froide curiosité [...], il finirait certainement par comprendre lui aussi la nature de ce meilleur des mondes possibles. Car où Dante aurait-il puisé la matière pour son Enfer sinon dans ce monde réel qui est le nôtre ? Et encore, c'est devenu un Enfer plutôt bien ordonné. Mais lorsqu'il devait s'atteler à la tâche de dépeindre le Ciel et ses joies, il était confronté à une difficulté insurmontable, car notre monde n’offre pas du tout le matériau à cette fin. [...]

Et de conclure (attention, c'est radical) :
A mon sens l'OPTIMISME, lorsqu'il n est pas le bavardage irréfléchi de ceux qui derrière leur front bas n’abritent rien d'autre que des mots, n’est pas seulement une manière de penser absurde, mais aussi véritablement INFÂME, car elle revient à railler et à mépriser les souffrances sans nom de l'humanité.

Une nouvelle fois dans ces colonnes, je me permets un rapprochement avec des dialogues entendus dans Twin Peaks :

- James, don't leave ... It's not our fault!
- It doesn't matter. Don't you see? Nothing we do matters. Nothing's ever going to change. It doesn't matter if we're happy when the rest of the world goes to hell.

La pauvre Donna n'a pas le temps de répliquer, que James a déjà enfourché sa moto, et est sorti du cadre. Bien sûr, la question qui vient à l'esprit, est celle que formule immédiatement Hart à l'endroit de son collègue dans True Detective :

Hart : So, what’s the point of getting out of bed in the morning?
Cohle: I tell myself I bear witness, but the real answer is that it’s obviously my programming. And I lack the constitution for suicide.

Pour être tout à fait complet, je cite la réponse de Schopenhauer :
Si le suicide nous en offrait réellement la possibilité, en sorte que l'alternative «être ou ne pas être» se présentait au sens le plus concret, alors il faudrait absolument le choisir, comme un dénouement éminemment désirable (a consummation devoutly to be wish’d), Mais quelque chose en nous dit qu’il n’en sera pas ainsi, que ce ne sera pas terminé, que la mort ne sera pas un anéantissement absolu.

Twin Peaks (E16), David Lynch (1990)
Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et Représentation (1819)

Que mon lectorat se rassure, après ses propos noirs et durs, un prochain article se chargera de louer l'Optimisme.

jeudi 16 janvier 2014

A tragic misstep in evolution


- You're not a Christian, so what do you believe?
- I consider myself a realist, but in philosophical terms I'm a pessimist.
- What's that mean?
- It means I'm bad at parties.
- Let me tell you: you ain't great outside of parties either.
- ... I think human consciousness is a tragic misstep in evolution. We became to self-aware. Nature created an aspect of nature separate from itself. We are creatures that should not exist by natural law… We are things that labor under the illusion of having a self, a secretion of sensory, experience, and feeling — programmed with total assurance that we are each somebody, when in fact everybody is nobody. The honorable thing for our species to do is to deny our programming, stop reproducing and walk hand in hand into extinction, one last midnight, brothers and sisters, — out of a raw deal. 

True Detective (S01E01)
(écrit par Nic Pizzolatto)

J'ai déjà dû écrire ici que je ne regardais les séries que lorsque la postérité leur a conféré une importance notable (the Wire récemment, peut-être bientôt les Sopranos)
Je m'apprête à faire une exception avec True Detective, dont les quelques images perçues au vol avant sa diffusion m'ont interpellé. Très belle photographie, ambiance troublante, et casting alléchant (Matthew McConaughey, vu dans Mud cette année)