Pour lire les précédents textes, suivez le tag, et pour en connaître d'avantage sur l'intrigue que je n'ai pas même abordé ici, lisez le livre.
dimanche 5 juin 2011
Sinon, impossibe de survivre
Pour lire les précédents textes, suivez le tag, et pour en connaître d'avantage sur l'intrigue que je n'ai pas même abordé ici, lisez le livre.
mercredi 1 juin 2011
à peine une vie
mardi 24 mai 2011
Mon corps s'était dissous dans les ténèbres
mercredi 18 mai 2011
Sourire n°16
dimanche 27 juin 2010
Ils ne savaient rien de la vie
Suite...
Le gouffre me parut encore plus profond que dans mon souvenir. Je fourrai la lampe électrique dans ma poche et commençai à descendre. Les échelons étaient humides, comme la dernière fois, et, si je ne faisais pas attention, je risquais de faire un faux pas. Tout en descendant, je pensais à la musique de Duran Duran, et au couple de la Skyline Nissan. Ils ne savaient rien de la vie, ces deux-là. Moi j'étais en train de descendre au fond des ténèbres avec une lampe de poche et un grand couteau, en essayant de supporter ma douleur au ventre. Et eux, tout ce qu'ils avaient en tête, c'était les chiffres du compteur de vitesse, un avant-goût de sexe, des souvenirs, des chansons de variété insipides qui montaient ou descendaient au hit parade. Evidemment, je ne pouvais pas leur reprocher ça, mais ils ne savaient pas, c'est tout.
Moi-même, si je n'avais rien su, je m'en serais tiré en évitant ce genre de singeries. J'essayais de m'imaginer, moi, au volant de la Skyline, avec la femme à côté de moi, écoutant Duran Duran tout en traversant à toute allure la ville dans la nuit. Je me demandais si cette fille enlevait les deux fins bracelet d'argent qu'elle avait au poignet gauche quand elle faisait l'amour. Ce serait mieux qu'elle ne les enlève pas, pensai-je. Même entièrement déshabillé, elle devait garder ces deux bracelets au poignet comme s'ils faisaient parti de son corps.
jeudi 24 juin 2010
un genre de beauté qu'on trouve partout
Les deux mains posées sur le volant, en attendant que le feu passe au vert, je bâillai très fort. Juste devant ma voiture était arrêté un énorme camion chargé de liasses de papier empilées jusqu'au ciel sur sa plate-forme. Sur ma droite se trouvait un jeune couple dans une Skyline modèle sport. Je ne sais s'ils étaient en route pour une virée nocturne ou en revenaient, mais ils avaient l'air de s'ennuyer passablement. La femme, dont le bras gauche, chargé de deux bracelets en argent, était appuyé à la fenêtre, jeta un coup d'oeil dans ma direction. Ce n'est pas que je l'intéressais particulièrement, mais, comme elle n'avait strictement rien d'autre à regarder, elle me regardait, moi. Pour elle c'était pareil: l'enseigne Chez Denise, les panneaux de circulation, ou ma tête. Je lui rendis son regard. Elle était plutôt belle, mais d'un genre de beauté qu'on trouve partout. Je l'aurais bien vue par exemple jouer le rôle de la meilleure amie de l'héroïne dans un feuilleton télé, celle qui va boire un thé dans un troquet avec elle, et lui dit: "Qu'est-ce qui se passe, ma chérie, tu n'as pas l'air en forme ces temps-ci". Elle n'apparaît généralement qu'une seule fois et, dès que son visage a disparu de l'écran, on oublie complètement à quoi elle ressemblait. Le feu passa au vert et, pendant que le camion devant moi redémarrait péniblement, la Skyline blanche disparut de ma vue en même temps que la musique de Duran Duran que diffusait la stéréo, en soulevant un nuage de gaz d'échappement.
Tout au long du roman, cette image reviendra à plusieurs reprise à l'esprit du narrateur, comme l'illustrera le prochain extrait.
