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jeudi 22 décembre 2022

2022, un palmarès

Et voici mon bilan (principalement) musical de l'année écoulée.
Playlist à suivre d'ici quelques jours.




Les Albums
Daniel Rossen - You Belong There
Built to Spill - When The Wind Forgets Your Name
the Smile - A Light for Attracting Attention
Kiwi Jr. - Chopper
Birds in Row - Gris Klein

Gwendoline - Apr​è​s c'est gobelet!
the Reds, Pinks And Purples - Summer At Land's End / / They Only Wanted Your Soul
Marlowe - Marlowe 3
Melody's Echo Chamber - Emotional Eternal
Ari Roar - Made to Never Use


Mais aussi
Alex G - God Save The Animals
Alvvays - Blue Rev (*)
the Beths - Expert in a Dying Field
Bertrand Betsch - J'ai horreur de l'amour
Big Thief - Dragon New Warm Mountain I Believe In You
C'MON TIGRE - scenario
Cola - deep in view
Dehd - Blue Skies
Eggs - A Glitter Year
Flasher - Love Is Yours
Florent Marchet - Garden party (*)
Ghost Woman - s/t
Horsegirl - Versions of Modern Performance
Hot Chip - Freakout Release
Jenny Hval - Classic Objects
Jérôme Minière - La Mélodie, Le Fleuve et La Nuit (*)
Kenny Beats - Louie
Kurt Vile - (watch my moves)
Martin Courtney - Magic Sign
Pan American - The Patience Fader
Pedro the Lion - Havasu
Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky
Roc marciano & the alchemist - the elephant man’s bones pimpire edition
Rolling Blackouts Coastal Fever - Endless Rooms
Sorry - Anywhere But Here (*)
Spoon - Lucifer On The Sofa
Stupeflip - Stup Forever


Les morceaux
(en plus de tous ceux figurant dans les albums ci-dessus) :
Basia Bulat - Go On ; Caroline - Good morning (red) ; Ex-voto - Comme la fin du mondeMauvais Sang - Décor ; Mountain Goats (the) - Need More BandagesOld Fire - Corpus (feat. Bill Callahan) Spiritualized - I'm Coming Home AgainWet Leg - Chaise Longue


Des concerts
08/03 Gwendoline @ Boule noire
20/04 Rhume @ Petit bain
03/04 Porridge Radio @ Boule noire
16/09 Kiwi Jr. @ Boule noire
05/11 Marlowe @ Sacré


Des séries
Better Call Saul / Fleabag


Des films
incroyable mais vrai (Quentin Dupieux)


Jeux-vidéo
Celeste

lundi 21 septembre 2020

10 ans, 40 albums (Part.3)

Troisième salve de mon top musical des années 2010s.
Do you speak french ?


Cinq albums français. Origines : Valence, Orléans, Grenoble, Dax et Paris. Ambiance : labels Lithium et Ici d'Ailleurs. Fortement imprégné du catalogue du premier, Gontard a d'ailleurs été signé sur le tard sur le second. Il est présent ici pour l'ensemble de son oeuvre : j'aurais pu retenir un autre album, une mixtape, l'un de ses EPs, mais je choisis in fine "Tout naît, tout s'achève dans un disque". Jérôme Minière, depuis sa retraite montréalaise, continue son parcours sans faute, entamé en 1996 sur Lithium. Dilemme, là encore, allez, va pour son album 2018 (sinon, c'aurait été "Le Vrai Le Faux"). Vient ensuite le punk à synthé de Taulard, pour lequel j'ai un attrait presque irrationnel. En 2014, j'en avais même quitté le festival Pitchfork pour me rendre à leur concert à la Mécanique Ondulatoire. Grand disque "coup de poing" (ou, pour être exact, "coup de poing dans la gueule"), Rhume, dans la grande tradition de ce que le Sud-Ouest sait nous offrir de mieux (Arnaud Michniak, Non-Stop...). Concluons avec ce groupe unique, adulé par certains et dénigré par d'autres, seul ici à avoir composé des hymnes générationnels, indubitablement marquants : Fauve.

Gontard! – Tout naît, tout s'achève Dans un disque (2018)
Rhume – s/t (2013)
TaulardLes abords du lycée (2014)
FauveVieux Frères, Part.1 (2014)
Jérôme Minière – Dans la forêt numérique (2018)


Bonus Tracks :
Finalement écartés dans ce groupe :
Chevalrex – Futurisme
Gontard  Repeupler
Gontard2029
Jérôme Minière – Le Vrai Le Faux
Tue-Loup – 9

lundi 2 mars 2020

J'apprivoise la mélancolie



Rares sont les retours en France du désormais montréalais Jérôme Minière. Si rares, que le public de l'Auguste Théâtre (courant Novembre) était constitué en bonne partie de proches, ce qui collait tout à fait avec l'aspect intimiste de ce spectacle tendre et drôle, parcellé de références autobiographiques. Le dispositif scénique voyant Jérôme Minière accompagner des vidéos de lui vieilles de plus d'une vingtaine d'années était très réussi.


De manière plus conventionnelle, il aura également égrainé des morceaux de ses deux précédents albums, notamment le très beau "Vaste".


J'apprivoise la mélancolie de la fin de l'été
Suspendue sous un grand arbre
J'ai vu le rivage entre les feuillages
Qui semblait poser une question sans réponse
L'air moite, un nuage sur ma droite
L'intensité de quelque chose de vaste
Ce paysage que l'on va laisser derrière soi
Pour retrouver des préoccupations plus étroites

J'apprivoise la mélancolie
Parce que je travaille pour une boîte et pas pour l'horizon
Dans une ville champignon
Agglomérée en strates de plastique et de béton
Loin des forêts et les lacs
J'ai déplacé le curseur de mes humeurs
La ligne de mes pensées
La ligne de mes préoccupations
Des diagrammes et des fleurs

J'ai toujours l'appétit de ce qui est juste
De ce qui est juste à coté de l'incompréhensible solitude des villes
Et semble poser une question sans réponse

Le goût de ce qui est vaste
Le goût de ce qui est vaste

Jérôme Minière, Vaste
Une clairière (Objet Disque, 2019)

jeudi 12 décembre 2019

2019, un palmarès

Et hop, je vous délivre avec un peu d'avance mon bilan musical de l'année écoulée. Il pourra évoluer à la marge, notamment dans la sélection de morceaux isolés, lorsque je m’attellerai à la constitution d'une playlist. Ce qui ne changera assurément pas, c'est la sur-représentativité de noms issus des 90s/00s... Et pour vous, ça donne quoi ?
Un bilan décennal devrait suivre courant 2020. La tâche s'annonce ardue.


Les Albums
Purple Mountains - s/t
Mount Eerie with Julie Doiron - Lost Wisdom Pt.2
DIIV - Deceiver
Spencer Radcliffe and Everyone Else - Hot Spring
the Flaming Lips - King's Mouth

Black Midi - Schlagenheim
Black Belt Eagle Scout - At the Party With My Brown Friends
Jérôme Minière - Dans la forêt numérique *
(Sandy) Alex G - House of Sugar
Foxwarren - s/t


Mais aussi
Baden Baden - La nuit devant
Bill Callahan - Shepherd in a Sheepskin Vest
Bonnie 'prince' billy - I Made a Place
Brandt Brauer Frick - Echo
Bruit Noir - II.III
Damien Jurado - In The Shape Of A Storm
Efdemin - New Atlantis
Fujiya And Miyagi - Flashback
Gontard - 2029
Hildur Guðnadóttir - Chernobyl
Howe Gelb - Gathered
Kazu - Adult baby **
Labelle - Orchestre Univers
Lomelda - M for Empathy
Mountain Goats (the) - In League With Dragons
Nick Cave and The Bad Seeds - Ghosteen
Pan American - a son
Pixies - Beneath the Eyrie
Requin Chagrin - Sémaphore
Sacred Paws - Run Around The Sun
Sasami - s/t
Shana Cleveland - Night of the worm moon **
Slowthai - Nothing Great About Britain
Thom Yorke - Anima **
Tindersticks - No Treasure But Hope
Tr/st - The Destroyer Part.1
Vivian Girls - Memory
Wilco - Ode to joy


Les morceaux
(en plus de tous ceux figurant dans les albums ci-dessus) :
Baden BadenPost romantiqueElbow - Empires ; Fat White Family - Feet ; Glauque - Robots / PlaneHot Chip - SpellIlgen-nur - Silver Future ; Jérôme Minière - VasteKanye West - Follow God ; Kishi Bashi - Angeline ; Labelle - Playing at the end of the Universe ; La Dispute - Rhodonite and Grief ; Metronomy - Lately ; Rodrigo Amarante - That Old Dreams Of Ours (demo) ; Titus Andronicus - (I Blame) Society ; Vagabon - Flood

Des concerts
28/06 Fujiya + Miyagi @ Super Sonic
05/07 Glauque @ Hôtel de Ville
16/09 Black Midi @ Boule Noire

Des séries
Chernobyl / Successions / Big Little Lies / Watchmen

Des films
Ne croyez surtout pas que je hurle (Frank Beauvais) ; Joker (Todd Philipps), Parasite (Bong Joon-ho) ; Le daim (Quentin Dupieux) ; Ad Astra (James Gray) ; Once upon the time... in Hollywood (Quentin Tarantino)



(*) sorti décembre 2018
(**) envisagés pour faire partie du top10

vendredi 28 juin 2013

Lève la tête

Dans la ruelle, les arbres, le soleil,
Il regarde quelque chose de rectangulaire
Qui dans sa main émet de la lumière

Aux abords d'une école, les oiseaux, les enfants, une farandole
En attendant, elle écoute quelque chose de rectangulaire
Qui dans sa main émet de la lumière

Des gens sur la place, un soir,
L'ivresse d'être là, ensemble,
Ils écoutent et regardent, ils se parlent, solitaires
Dans quelque chose de rectangulaire

Dans une salle obscure, un spectacle de musique
On reconnait le public qui écoute et regarde non pas la scène authentique
Mais quelque chose de spectaculaire
Dans quelque chose de rectangulaire

Celui qui donnait le spectacle,
Abandonne le combat de guerre lasse
S'oublie lui aussi dans son quelque chose de rectangulaire

Il y voit celle qu'il aime
Elle fait l'amour dans son quelque chose de rectangulaire
Qui l'envoie en l'air

En silence le ciel est magnifique,
Qui lui aussi dégage une clarté hypnotique
Et ne possède aucun rebord, aucune limite

Lève la tête au lieu de t'oublier
Dans quelque chose de rectangulaire

Jérôme Minière, Quelque chose de rectangulaire
Jérôme Minière danse avec Herri Kopter (La tribu, 2013)

jeudi 6 octobre 2011

Re-use, Reduce, Recycle

"Le fait que les Hébreux vivaient pour adorer Dieu, et que nous, nous vivons pour augmenter le produit national, ça ne découle ni de la nature, ni de l'économie, ni de la sexualité... Ce sont des positions imaginaires premières, fondamentales, qui donnent un sens à la vie"
(*)

C'est en regardant le documentaire "Prêt à jeter" dont je faisais écho en février dernier, que j'ai fait la connaissance de Serge Latouche, économiste, professeur et penseur de la décroissance. J'ai depuis lu certains de ses écrits, sans pour autant trouver comment les aborder sur ce blog.
Entre mes mains, aujourd'hui, "le pari de la décroissance".

Pour être convaincu, on pourrait presque ce contenter d'un constat trivial pour certains, ou d'une prise de conscience pour d'autres, sur le mode "Hé ho, une croissance infinie dans un monde aux ressources finies, c'est pas possible..!"
(le premier qui objecte qu'il existe des croissances asymptotiques sort).

Quand nous aurons tout avalé
Tout consommé, tout consumé
Quand nous aurons tout englouti
Comme des fourmis sur un fruit
Il ne restera que nos corps
Nous commencerons par les pieds
puis nous mangerons notre main
Et nous garderons l'autre pour demain
(**)

Mais il n'y a pas que ça.
"Même et surtout si une croissance infinie était possible, ce serait à nos yeux une raison de plus pour la refuser pour pouvoir rester simplement humains. [...] Notre combat est avant tout un combat de valeurs. Nous refusons cette société de travail et de consommation dans la monstruosité de son ordinaire et pas seulement dans ses excès."
(***)

On peut effectivement relever que
"la société de croissance n'est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire, elle ne suscite pas pour les 'nantis' eux-même une société conviviale mais une 'antisociété' malade de sa richesse."

Alors évidemment, dans cet ouvrage, beaucoup de choses sont discutées, la pertinence du PIB comme indicateur tout puissant (et sa totale décorrélation avec la notion de bien-être), la démographie, les rapports Nord-Sud, les exemples absurdes liés aux transports de marchandises à travers la planète, etc... Plutôt que de tout vouloir aborder et résumer, et pour clore la série de billets découlant de ce livre, je reproduis donc les quelques propositions concrètes qui sont formulées par l'auteur. Elles pourront servir de base de réflexion à chacun.

Des mesures très simples et presque anodines en apparence sont susceptibles d'enclencher les cercles vertueux de la décroissance [sans préjudice d'ailleurs pour d'autres mesures de salubrité publique comme la taxation des transactions financières (...)] Le programme de transition peut tenir en quelques points tirant les conséquences de "bon sens" du diagnostic formulé. Par exemple:
1) Retrouver une empreinte écologique égale à inférieure à une planète, c'est-à-dire une production matérielle équivalent à celle des années 60-70.
2) Internaliser les coûts de transport
3) Relocaliser les activités
4) Restaurer l'agriculture paysanne
5) Transformer les gains de productivité en réduction du temps de travail et en création d'emplois, tant qu'il y a du chômage
6) impulser la "production" de biens relationnels
7) Réduire le gaspillage d'énergie d'un facteur 4
8) Pénaliser fortement les dépenses de publicité
9) Décréter un moratoire sur l'innovation technologique, faire un bilan sérieux et réorienter la recherche scientifique et technique en fonction des aspirations nouvelles.

le pari de la décroissance, Serge Latouche (2006)

(*) Cornelius Castoriadis
(**) Jérôme Minière, des pieds et des mains
(***) Paul Ariès

lundi 26 septembre 2011

le glas ou le recommencement ?

Le présent n'a même plus le temps de passer, il se voit déjà analysé, découpé en tranches, terrassé. On ne nous laisse plus rien vivre, simplement vivre, oui, tout est sujet à commentaires, à la diarrhée des images et du verbe.

L'ère de l'information, c'est l'époque des croque-morts et des charognards qui rongent jusque dans nos ventres. Je revois de vieux amis, nous évoquons de bons souvenirs autour d'une bière. Ce monde de visages et de souvenirs n'a rien à dire à la presse, il parle au ventre et aux lieux intimes dans nos têtes.

Et puis je pense à toi l'incendiaire, je sais pourquoi tu es mon meilleur ami: Parce que tu es l'incarnation de notre folie. Ton visage est tanné par des éclats aveuglant et par la chaleur. Je te vois dans tes vêtements qui te serrent. Toi l'incendiaire qui traîne qui brûle tout autour de toi. Tu enflammes les rideaux lourds, les haies le long des pavillons de province, les coeurs des jeunes bourgeoises vierges.

Va t'en toi l'incendiaire, qui traîne qui brûle tout autour de moi. Quand tu parles c' est toujours inaudible, même si tu es mon meilleur ami va t'en!

Quand tu parles c'est toujours inaudible, mais tes mains sont pleines de feu. La terre brûle alentours. Toi l'incendiaire, qui traîne, qui brûle tout sur ton passage, j'ai une question à te poser: "Ce feu donne-t-il la mort ou la vie? Sonne-t-il le glas, le recommencement, ou peut-être ces deux choses à la fois?"

[...]
Jérôme Minière, l'incendiaire
la nuit éclaire le jour qui suit (lithium, 1998)

lundi 1 août 2011

le bruit abstrait des idées qui naissent

Conformément à ce que je vous annonçais le 19 juillet, je recevais donc Jérôme Minière mercredi dernier à la radio. Quatre titres et une interview, qui seront diffusées à la rentrée.
Stay tuned.

Une émission agréable, d'une part parce que j'aime beaucoup son dernier prochain disque (à paraître en France cet automne, cette fois, c'est sûr), d'autre part puisque, connaissant bien sa carrière et son parcours, la discussion qu'on a eue était plutôt intéressante. J'ai effectivement plus de choses à dire à un artiste qui a sorti une poignée d'albums, plutôt qu'à un groupe fraîchement formé, auteur d'un maxi et quelques singles. Dans ce dernier cas, je me borne à faire connaissance.

Si j'ai pu rencontrer Jérôme Minière, c'est qu'il était invité le lendemain sur la terrasse d'un appartement parisien, ayant par ailleurs déjà reçu en d'autres occasions Josh Pearson, Loney Dear, Alexandre Varlet, St Christophers... d'ailleurs, je suis ébahi, tandis que j'écris ces lignes et source mon contenu, je m'aperçois qu'il y aura Samedi prochain, les Catchers!! Je veux dire, pas juste Dale Grundle sous le nom de the Sleeping Years, non, les Catchers... avec Alice Lemon qui chantera. Je ne m'attarde pas, peut-être ceci n'émeut-il que moi.

Jeudi, donc, rendez-vous quelque part dans le XVIIIème sous l'oeil bienveillant de M. Chat (qui est mon ami, je vous le rappelle). Départ en groupe vers le dit appartement, montée en grappes au dernier étage. La terrasse tient ses promesses, l'ambiance aussi.

Après quelques discussions apéritives, les concerts peuvent débuter, ce soir, c'est Agathe, qui jouera en premier. Agathe n'est pas seulement une petite fille de bientôt deux ans résidant en Suisse, c'est aussi une jeune femme, connue dans le milieu du ukulele (car, oui, il y a un milieu du ukulele sur l'interweb) qui a une voix remarquable, joue des compositions personnelles et des reprises.

La nuit tombe, le public est silencieux, Agathe chante des trucs comme ça, et c'est très beau.

Viendront ensuite Jérôme Minière et son complice José, percussionniste à ses heures et québécois à plein temps. J'aurai quand même pu entre temps remplir mon verre, attraper une madeleine, et délasser mes jambles. L'ambiance change, le registre sera celui de l'humour. On chantera, on ri(gole)ra, on appréciera les textes, le bruit bleu du début et de la fin, le bruit jaune du silence, le bruit abstrait des idées qui naissent, et au global, les chansons, pourtant pas taillées pour de l'acoustique.


Le bruit mat de tes pas
Le bruit rose quand tu ris
Le bruit rouge dans tes artères
Le bruit dans un coquillage
Une bossa-nova nouvel- âge

Le bruit noir de l’orgueil
Le bruit bleu du début et de la fin
Le bruit calme de ton âme
Le bruit abstrait des idées qui naissent

Le bruit sec du bois qui craque
Le bruit mouillé du passé
Le bruit jaune du silence
Le bruit orange du soleil
La lumière qui t’émerveille

Le bruit vert de ton écran ouvert
Le bruit gris des automobiles
J’aimerais les imiter
Les murmurer à ton oreille

Chaque matin mon amour
Un baiser dans ton oreille
Un baiser si doux
qu’il te dirait ces merveilles

Jérôme Minière - Dans ton oreille
Le Vrai Le Faux (La tribu, 2011)

jeudi 21 juillet 2011

Et nous n’y comprenons rien

Un homme est allongé sur un lit
On croirait qu'il dort,
Mais c’est la vie qui s’enfuit de son corps
Nous nous tenons en cercle autour de lui
Mais nous ne pouvons que pleurer
Bientôt il sera sec comme du bois mort
Alors qu'hier encore il bâtissait une maison
sur le bord du fleuve

Une poussière d’or est remontée
jusqu'à son coeur
Et lui a fait voir la mort

Une femme est allongée sur un lit
On croirait qu'elle meurt, mais c’est bien
la vie qu'elle donne ici
Nous nous tenons en cercle autour d’elle
Et nous tendons les mains
pour dire bienvenue
Au petit qui sort des bras de la mort

Une poussière d’or
Est remontée jusqu'à son coeur
Et lui a fait voir la vie
Il ne reste qu'à pleurer
de joie ou de peine
Quand la mort et la vie transportent
ceux qu'on aime

Sur un fleuve sans rebord,
éblouissant et profond
Horizon où tout passe et s’évanouit

Une poussière d’or
Est remontée jusqu'à notre coeur
Et nous n’y comprenons rien

Nous sommes comme des cartes
sans échelles ni légendes
Qui s’inventent des histoires
pour comprendre
pour savoir par quel bout il faut prendre
Ce qui n’a jamais pu s’apprendre

Voyageurs sur une ligne
de paquebot intérieur
Pour une croisière vers ailleurs
Ballottés au gré des vagues
Les gens naissent, les gens meurent
Sans raison disparaissent sous la surface

Une poussière d’or
Est remontée jusqu'à notre coeur
Et nous n’y comprenons rien

Jérôme Minière - Poussière d'Or
Coeur (La tribu, 2007)

mardi 19 juillet 2011

How Come?

Retour du Nouveau Casino (Deerhoof), toujours au son de Jérôme Minière. Car la bonne nouvelle de ce Week-End prolongé aura tout de même été sa venue prochaine en France... et disons-le, à Radio Campus Paris si tout se passe bien, càd sauf contrainte intempestive du métier.



Depuis son départ d'Orléans pour Montréal, ses albums sont relativement difficiles à trouver: je m'étais arrêté à "Petit Cosmonaute" (2002). En vue de l'interview, j'ai pu rattraper mon retard et écouter avec grand bonheur "Coeurs" (2007) et "Le Vrai Le Faux" (2010 au Canada, automne 2011 en France). En boucle.

La session sera diffusée à la rentrée, tout comme celle d'Avi Buffalo, enregistrée il y a une dizaine de jours.


Session et concert décevants, pour moi qui ai tant aimé l'album paru en 2010. Déjà, j'ai découvert il y a peu que Rebecca ne faisait plus parti du groupe, et ça, c'est quand même très dommage, tant leur voix se complétaient bien.
Je crois comprendre qu'ils étaient ensemble et se sont séparés...

Ensuite, la direction qu'entend donner Avi (aka Avigdor Zahner-Isenberg) à sa musique me laisse perplexe (moins hi-fi, plus électrique, avec des transitions entre morceaux un poil expérimentales , le tout intégrant des rythmiques inspirées de sa découverte récente de Sea and Cake). La prestation du groupe à la flèche d'or a confirmé mes inquiétudes.

Au final, il est probable qu'on ne voit ni n'entende plus de performances du groupe semblables à celle-ci (filmée pour le compte d'une radio d'Indianapolis) [feat. Rebecca et sa couverture].


Wait and see, donc, avec le nouveau single d'Avi Buffalo (How Come? toujours chez Sub pop) et le groupe pour le moment dispensable de Rebecca, Pageants.

Jérôme Minière, Coeurs (La tribu, 2007)
Jérôme Minière, Le Vrai Le Faux (La tribu, 2010)
Avi Buffalo, How Come? (Sub Pop, 2011)

vendredi 31 juillet 2009

trop vite consommé, trop vite consumé

Depuis que j'ai ré-écouté ce CD de Diabologum, je suis retombé dans une période Lithium. Aujourd'hui, Jérôme Minière.
Quelques années après "La nuit éclaire le jour qui suit", une fois établi à Montréal, il a sorti un album concept appelé Herri Kopter (2004).

L'album est une critique du monde marchant dans lequel nous vivons, et navigue entre caricature et chanson d'anticipation, chaque chanson adoptant son propre point de vue. Jérôme Minière ménage tout de même de paisibles instants poétiques.
Je reviendrai sans doute plus tard sur ce dernier aspect.


Il y a certain jours
on ne sait plus du tout
pourquoi on existe
on se sait inutile
c'est pourquoi on achète
un objet qui nous reflète
pour être rassuré
sur notre identité
mais bien souvent dès le lendemain
cet objet on le rejette
il n'était qu'un gadget
trop vite consommé, trop vite consumé
il y a certains jours
on ne sait plus du tout
pourquoi on existe
on se sait inutile

c'est pourquoi on achète
un objet qui nous reflète
hé! bien aujourd'hui je l'ai pris au pied de la lettre
j'ai acheté... vous devinez... un très beau miroir
les courbes en sont parfaites et le monde s'y reflète
tout au fond j'y jette des questions et des regards
tout paraît si calme quand je regarde cette surface
plus de désespoir il ne reste que les contours
au fond de ce miroir dans ce périmètre
je peux recommencer à voir au fond je me rachète
disparu le mal-être j'ai pu accrocher le monde et son reflet
dans ma salle à manger arrimés à ce miroir

Jérôme Minière - le miroir aux alouettes
Herri Kopter (La tribu, 2004)
www.myspace.com/geromini

N'hésitez pas à flâner sur le site www.herrikopter.com, riche en contenu... histoire de mesurer que le concept dépasse largement la simple écriture d'une douzaine de chansons.