mardi 25 avril 2017
Une idée du vide
mercredi 12 octobre 2016
C'est l'ennui
Déjà pour se rendre à la capitale il est obligé de prendre le train
J'ai grandi dans cette ville construite autour d'une petite cabane de chasse
Où le poids de l'histoire te rappelle qu'il faut que tu t'effaces
Afin de rentrer dans un rang d'enfants tous très sympas
Dont les principaux passe-temps sont le scoutisme et le bénévolat
Le carcan social est lourd, tout comme "la masturbation rend sourd"
C'est ce qu'ils me répétaient au catéchisme après les cours
Jamais un Versaillais ne sera capable de faire de mal à une mouche
C'est impossible puisqu'au fond de lui il respecte bien trop la vie
Moi c'est en grandissant à leurs côtés que je suis devenu
Un fervent défenseur en faveur de l'avortement ainsi que de l'euthanasie
Pour savoir à quoi ressemble une ville de province dans les années soixante
Il n'y a pas besoin d'inventer de machine à remonter dans le passé
En partant de Paris il suffit de prendre le bon RER C
Je suis inquiet, toutes les rues d'ici semblent avoir une maladie
Je ne suis pas docteur ès villes mais je crois bien que c'est l'ennui
Nés sous le signe du V
Peut-être que ma ville n'est pas Hip-Hop
Mais il y a quand même plusieurs taggeurs
Le plus présent est sans nul doute celui qui signe partout « Vive le Roy »
Il y a aussi « La France aux Français » mais son style est nettement plus démodé
Le soir il n'y a rien à faire à part prendre des verres Place du Marché
Si les parents de François s'absentent il y aura sans doute un squat organisé
Nous y descendrons quelques packs de Kro en écoutant du rock et fumant des
Car nous sommes des rebelles sans causes depuis que l'argent nous les a
Et chaque jeune a dans son placard un T-shirt à l'effigie du Che
Même si la plupart sont incapable de pouvoir expliquer qui il est
Enfermés dans leurs chambres Jean-Benoît et Nicolas écoutent les Pink Floyd
En rêvant de fonder un groupe de rock pour pouvoir vivre de leur musique
Mais perdus entre les 3 Avenues ils entendent la ville leur chuchoter
Qu'un vrai métier c'est architecte ou professeur de mathématiques
Nés sous le signe du V
Tous sont persuadés de faire partie d'une élite éduquée
Alors que tous se piquent leur place dans la queue de la boulangerie ou du
C'est d'ailleurs ici que plein de jeunes ont rencontré Notre Seigneur Jésus
J'ai beau arpenter les rues, pas de chance je ne l'ai jamais vu
Marie-Charlotte aimerait me faire croire qu'elle a quelques amis basanés
Mais ce ne sont que Pierre et Louis qui rentrent bronzés de l'Ile de Ré
Dans la bibliothèque municipale le temps semble soudain s'être arrêté
Ce qui n'empêche personne de réviser pour Sciences-Po ou HEC
Ici bizarrement il y a des choses dont on ne parle pas
Comme du nombre de jeunes qui chaque année se suicident en classe prépa
Ils pourront dire tout ce qu'ils veulent sur le 11 Septembre et ses évènements
Pour moi ce ne sont que des Versaillais voulant capter l'attention de leurs
Quoi qu'il advienne je porte en moi d'être né sous le signe du V
lundi 5 janvier 2015
Booooring [MRW]
Je poursuis donc mes articles consacrés au Procès de Kafka, par ce passage dans lequel K. subit une conversation des plus ennuyeuses.
lundi 13 juin 2011
Travail et Ennui
Friedrich Nietzsche, Le gai savoir (1882)
mercredi 10 novembre 2010
vous traversez l'existence comme s'il s'agissait d'un nuage
[...]
Vous ne bronchez pas, vous ne soufflez pas, vous ne râlez pas, vous lisez, vous écrivez, vous remplissez des copies, vous passez des examens et des concours, vous étudiez sans effort, vous êtes à côté, derrière, sur le bord, vous êtes vagues, vous êtes légère, vous êtes insaisissable, vous êtes nonchalante, vous traversez l'existence comme s'il s'agissait d'un nuage, d'une fine buée, d'une matière cotonneuse et sans résistance, vous vivez en somnanbule, vous êtes anesthésiée, vous êtes endormie, vous êtes assommée, rien ne peut vous réveiller. Vous apprenez qu'on ne peut être ensemble et séparés. Vous vous absentez.
[...]
Vous découvrez que, contrairement à ce que vous disent les spécialistes des animaux en captivitié, l'ennui n'est pas pire que la mort. Il en constitue la forme lente, la lente mesure d'un temps qu'on ne sait utiliser parce qu'on n'a pas appris à penser par soi-même, à agir par soi-même, à sentir par soi-même, à vivre par soi-même. On s'ennuie de ne pas être indépendant et de ne voir devant soi aucune moyen de le devenir. En captivité, l'imagination s'épuise.
La suite, dans le livre!
jeudi 28 octobre 2010
liberté perdue (2)

[...] Le jeudi après-midi, plus encore que les autres jours, vous vous ennuyez. L'ennui est pire que tout, pire que la mort.
Dans la nature, le bien-être coïncide avec un éphémère moment de satisfaction qui pourrait ressembler, si on cherchait à trouver des équivalents humains pour le qualifier, à la réalisation provisoire d'un objectif, conserver sa propre vie. Mais dans un zoo, les objectifs manquent. Tout captif doit, pour survivre à l'absurdité de son existence, s'inventer des objectifs précis et dépenser toute son énergie à leur réalisation. Il est important, dans cette perspective, qu'il se fixe des buts extrêmements difficiles mais pas impossibles à atteindre. La conservation du captif dans un état physique et moral satisfaisant est fonction de sa capacité à se projeter dans l'avenir.
Olivia Rosenthal sera dans l'invitée de Livres et Vous, l'émission littéraire de Radio Campus Paris, Samedi, à 19h
(comme quoi, le monde est bien fait)
mardi 15 juin 2010
vous me détestez parce que vous êtes tous morts...
Elle y incarne l'opposition à la société d'ordre gaullienne.
mercredi 28 avril 2010
un vide plein de promesses

George Perec, Un homme qui dort (1967)
mercredi 21 avril 2010
Le sentiment de ton existence se met à te faire défaut
Si j'ai choisi celle du 15 février, c'est parce que je comptais bien y voir Katerine (finalement retenu).
En réalité, le bénéfice de cette soirée aura vraiment été le film projeté ce soir-là, plus que les deux trois morceaux d'AFD, dont "France Culture" chantée en espagnol par un pote à lui, c'est malin.
Le film, c'était "Un homme qui dort" de Perec. A mesure qu'il avançait, je me suis rendu compte qu'ilm était tiré de ce livre entamé quelques années plus tôt, que je n'avais jamais terminé, rebuté par un style trop monocorde.
Or c'est là un texte marquant, dans lequel le personnage central passe lentement et de manière imperceptible d'un état pyschologique à un autre, en se détachant de plus en plus du monde extérieur qui l'entoure, jusqu'à atteindre une indifférence absolue.
D'abord synonyme de plénitude, elle s'avèrera vite destructrice.

Le film met en image le texte de Perec, lu par Ludmila Mikaël. La progression du personnage est donc soulignée par les variations d'intonations de la narratrice, tandis que la lecture du livre nécessite une attention particulière, ou peut-être simplement la clef que je viens de donner.
Extrait n°1:
Tu n'es pourtant pas de ceux qui passent leurs heures de veille à se demander s'ils existent, et pouquoi, d'où ils viennent, ce qu'ils sont, où ils vont. Tu ne t'es jamais sérieusement interrogé sur la priorité de l'oeuf ou de la poule. Les inquiétudes métaphysiques n'ont pas notablement buriné les traits de ton noble visage. Mais, rien ne reste de cette trajectoire en flèche, de ce mouvement en avant où tu as été, de tout temps, invité à reconnaître ta vie, c'est-à-dire son sens, sa vérité, sa tension : un passé riche d'expériences fécondes, de leçons bien retenues, de radieux souvenirs d'enfance, d'éclatants bonheurs champêtres, de vivifiants vents du large, un présent dense, compact, ramassé comme un ressort, un avenir généreux, verdoyant, aéré. Ton passé, ton présent, ton avenir se confondent: ce sont la seule lourdeur de tes membres, ta migraine insidieuse, ta lassitude, la chaleur, l'amertume et la tiédeur du Nescafé.
mardi 31 mars 2009
Il se trouve que l'ennui me convient
Le temps presque s'arrête quand on le retient.
Au ralenti près des hommes qui travaillent,
Je me plais à les laisser faire mille choses.
Là, je traîne au milieu de nulle part,
Ici, je promène mon esprit ailleurs.
Rien ne m'arrête dans mon immobilité,
Je n'ai aucune limite puisque je ne désire rien
Il se trouve que l'ennui me convient,
Le temps presque s'arrête quand on le retient.
samedi 21 février 2009
sous le signe du V
Dès sa naissance un versaillais sait qu'il se devra d'aller très loin. Déjà pour se rendre à la capitale, il est obligé de prendre le train. J'ai grandi dans cette ville construite autours d'une petite cabane de chasse / où le poids de l'histoire te rappelle qu'il faut que tu t'effaces /afin de rentrer dans un rang d'enfants tous très sympas / dont les principaux passe-temps sont le scoutisme et le bénévolat. Le carcan social est lourd, tout comme la masturbation rend sourd. (C'est ce qu'ils me répétaient au catéchisme après les cours)
Jamais un versaillais ne sera capable de faire de mal à une mouche / C'est impossible puisque au fond de lui il respecte bien trop la vie. Moi c'est en grandissant à leurs côtés que je suis devenu /un fervent défenseur en faveur de l'avortement ainsi que de l'euthanasie. Pour savoir à quoi ressemble une ville de province dans les années '60 / il n'y a pas besoin d'inventer de machine à remonter dans le passé / En partant de Paris il suffit de prendre le bon RER C. Je suis inquiet, toutes les rues d'ici semblent avoir une maladie / je ne suis pas docteur ès ville mais je crois bien que c'est l'ennui.
Né sous le signe du V
Peut-être que ma ville n'est pas Hip-Hop mais il y a quand même plusieurs taggers. Le plus présent et sans nul doute celui qui signe partout " Vive le Roi ". Il y a aussi " La France aux français " mais son style est nettement plus démodé. Le soir il n'y a rien à faire à part prendre des verres Place du Marché. Si les parents de François s'absentent il y aura sans doute un squat organisé. Nous y descendrons quelques packs de Kro en écoutant du rock et fumant des joints. Il n'y aura sûrement pas de filles mais l'alcool et la drogue c'est déjà bien. Car nous sommes des rebelles sans causes depuis que l'argent nous les a enlevées. Certains vivent même dans des camions et font de la Techno dans la forêt. Et chaque jeune a dans son placard un T-shirt à l'effigie du Che / même si la plupart sont incapables de pouvoir expliquer qui il est. Enfermés dans leurs chambres Jean-Benoît et Nicolas écoutent les Pink Floyd / en rêvant de fonder un groupe de rock pour pouvoir vivre de leur musique. Mais perdus entre les 3 Avenues, ils entendent la ville leur chuchoter / qu'un vrai métier c'est Architecte ou Professeur de Mathématiques.
Né sous le signe du V
Tous sont persuadés de faire partie d'une élite éduquée / alors que tous se piquent leur place dans la queue de la Boulangerie ou du Marché. Je ne connais pas d'autre endroit où à 40 ans les femmes portent encore le serre-tête en velours. Attendent un douzième enfant et vont se confesser tous les jours. C'est d'ailleurs ici que plein de jeunes ont rencontré notre Seigneur Jésus. J''ai beau arpenter les rues, pas de chance, je ne l'ai jamais vu. Marie-Charlotte aimerait me faire croire qu'elle a quelques amis basanés / mais ce ne sont que Pierre et Louis qui rentrent bronzés de l'Ile de Ré. Dans la Bibliothèque Municipale le temps semble soudain s'être arrêté / ce qui n'empêche personne de réviser pour Sciences- Po ou HEC. Ici bizarrement il y a des choses dont on ne parle pas / comme du nombre de jeunes qui chaque année se suicident en Classe Prépa. Ils pourront dire tout ce qu'ils veulent sur le 11 Septembre et ses évènements /pour moi, ce ne sont que des versaillais voulant capter l'attention de leurs parents. Je pourrais partir 20 ans, à mon retour rien n'aurait changé.
Quoi qu'il advienne, je porte en moi d'être né sous le signe du V.
Vive la vie (Record makers, 2004)
www.myspace.com/klubdesloosers
Nouvel album en avril 2009
www.myspace.com/leklubdes7

