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dimanche 13 avril 2025

Et j'ai ri

Dans "la meilleure version de moi-même", Blanche Gardin, qui joue son propre rôle, décide de mettre un terme à sa carrière sur les planches afin de se consacrer à la recherche de son bien-être, d'elle-même. La série est éminemment caustique, et, si l'autodérision est une cause identifiée du mal-être du personnage, il est remarquable que l'autrice joue au contraire à se portraiturer en "pire version d'elle-même", s'amusant ainsi de son image.


Dans l'extrait suivant, la Blanche Gardin de la série annonce sa "retraite" à son agent.


— Comment tu vas gagner ta vie en attendant ? parce que ça prend un peu de temps...
— Bah, en attendant je me disais que peut-être tu pouvais me trouver un truc comme Marion [Cotillard, ndlr]... Un truc qui me mette ne valeur.... Où on me voit plus souvent... les arrêts de bus...
— Egérie
— Egérie, c'est ca !
— Tu veux faire égérie ?!
— Oui
— Pour... ?
— Ben...
— Naturalia !
— Naturalia...? tu crois ? Ah tu te fous de moi
— Non, je me fous pas de toi... Je cherche. Alors, Dior, Chanel, tout ça, on oublie, bien sûr.
— Pourquoi ?
— Mmmm... Parce que... c'est plus... le mystère, toujours
— Mais putain, c'est à cause de trois sketches sur mon colon ?
— Non... ca dépend pour quel produit
[son assistant personnel] : — Pour une bière ?

J'avoue avoir pouffé en entendant "Naturalia": tellement juste !
-
La Meilleure Version de moi-même, Blanche Gardin (2021)

mardi 3 décembre 2024

Une insatisfaction organisée


Pour la première fois de son histoire, l'enjeu pour l'humanité va être de se survivre à elle-même. Non plus à des prédateurs, à la faim ou aux maladies, mais à elle-même. Elle n'y est pas préparée. Devant ce défi suprême, elle ne répond que par des incohérences. La preuve : pourquoi, alors que nous sommes dotés d'outils extrêmement précis qui nous informent clairement de la tournure que vont prendre les événements dans quelques décennies, restons-nous impassibles ? Pourquoi, face à la catastrophe, continuons-nous à agir comme par le passé ? Qu'est-ce qui, en nous, est si dysfonctionnel ? 


C'est là le propos du livre "Le bug humain", dans lequel l'auteur cherche à comprendre et expliquer "pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher". Commençons par déterminer ce que cherche notre cerveau : 
 
[il] est programmé pour poursuivre quelques objectifs essentiels, basiques, liés à sa survie à brève échéance : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, le faire avec un minimum d'efforts et glaner un maximum d'informations sur son environnement. Ces cinq grands objectifs ont été le leitmotiv de tous les cerveaux qui ont précédé le nôtre sur le chemin accidenté de l'évolution des espèces vivantes. Et ce, depuis les premiers animaux qui ont vu le jour dans les océans à l'ère précambrienne, il y a un demi-milliard d'années, jusqu'au dirigeant d'entreprise qui règne sur des milliers d'employés et gère le cours de ses actions depuis son smartphone.

L'atteinte de ces objectifs active "le circuit de la récompense" (lié à la sécrétion de dopamine). Là où le bas blesse, et ce que montrent des expériences sur des rats, c'est qu'à gain égal, la récompense diminue. Nous sommes donc "programmés pour vouloir toujours plus". Cet aspect neurologique entre tragiquement en résonance avec l'une des puissants moteurs du capitalisme :

A partir des années 1920, le discours publicitaire insista justement sur la comparaison sociale. Pour amener chaque foyer américain à se procurer une automobile puissante et luxueuse alors que la sienne était amplement suffisante et que de toute façon les limitations de vitesse rendaient totalement abscons un moteur de 180 chevaux, les slogans firent vibrer la corde de l'envie et du statut : "Savez-vous que votre voisin possède déjà la Buick 8.64 sport roadster ?"

Cette stratégie s'est avérée diablement efficace. Sans le savoir, les cabinets de publicitaires avaient libéré la force profonde de nos cerveaux, une énergie primate ancienne, capable de faire tourner toute une économie. Le principe d'action de cette nouvelle incitation à consommer était presque miraculeux car il supposait une escalade permanente. Lorsque tout le monde possède un certain type de produit sophistiqué, le seul moyen de gagner un petit cran de statut supplémentaire est de s'en procurer d'encore meilleurs. Charles Kettering, alors vice-président de General Motors, déclarait ainsi dans les années 1920: «La clé de la prospérité économique, c'est la création d'une insatisfaction organisée.» Le même principe était énoncé quelques années plus tard par l'économiste John Galbraith, pour qui l'économie avait pour principale mission de « créer les besoins qu'elle cherche à satisfaire». En 1929, Herbert Hoover, alors président des États-Unis, commanda un rapport sur les changements dans l'économie. [...] extrait [...] : 

L'enquête démontre de façon sûre ce qu'on avait longtemps tenu pour vrai en théorie, à savoir que les désirs sont insatiables ; qu'un désir satisfait ouvre la voie à un autre. Pour conclure, nous dirons qu'au plan économique un champ sans limites s'offre à nous ; de nouveaux besoins ouvriront sans cesse la voie à d'autres plus nouveaux encore, dès que les premiers seront satisfaits. [...] La publicité et autres moyens promotionnels [...] ont attelé la production à une puissance motrice quantifiable. [...] Il semble que nous pouvons continuer à augmenter l'activité. [...] Notre situation est heureuse, notre élan extraordinaire. 
 
Sébastien Bohler, Le Bug humain (2019)

Je me permets de détourner le sens premier du titre de l'essai, et choisis comme illustration à cet article une image marquante d'une série marquante (dont je tais le nom pour ne pas vous spoiler) qui donne tout à coup une autre lecture du titre !

dimanche 20 octobre 2024

Lois de la robotique


"Contes et légendes" de Joël Pommerat n'est pas une pièce "sur" les robots, mais "avec" des robots. L'auteur exploite ce contexte futuriste plausible pour interroger l'humanité de ses personnages.

Comme toute histoire un minimum bien écrite faisant intervenir ces créations humanoïdes, elle cependant touche du doigt des sujets assez vertigineux, dès lors qu'on prend le temps de la réflexion.

Qui a étudié Frankenstein de Mary Shelley (1818), se rappellera les idées préalables ayant nourri l'imagination de l'autrice : le golem du folklore juif, le galvanisme... Plus tard, Karel Čapek, un auteur tchèque emploiera le terme "robot" (inventé par son frère) pour la première fois dans la pièce de théâtre "R. U. R. (Rossum's Universal Robots)" (1920).

Elle raconte l'histoire de robots qui se révoltent contre les hommes et les exterminent tous. À la fin de la pièce, après avoir perdu le secret de leur fabrication, deux d'entre eux découvrent l'amour, et le dernier être humain leur remet la responsabilité du monde.

Si les interrogations existentialistes apparaissent dès le premier écrit avec des robots, c'est qu'elles découlent du concept même. On découvre, enfant, les robots sous le prisme technologique, mais leur essence est d'être des créatures fabriquées "de toute pièce".

Puisque le robot peut être un danger (et on pourra se reporter aux discussions actuelles sur l'IA), Isaac Asimov gravera dans le marbre, en 1942, ses trois fameuses lois de la robotique, qui seront reprise par tout auteur ou toute oeuvre postérieur(e).
  • Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
  • Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;
  • Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
Plus proche de nous, on pourra se souvenir de la série "Real Humans" (discutée dans ces colonnes, et référence de Joël Pommerat) et surtout regarder l'excellent animé Pluto (feat. un certain Astro). Y sont soulevés dans une histoire haletante les thèmes du libre-arbitre, des sentiments (amour, tristesse, peur de la mort, haine), de la violence envers la race humaine, les possibilités d'effacement/altération de la mémoire...



Joël Pommerat, Contes et Légendes (2020)
 Toshio KawaguchPluto (2023)
Lars Lundström, Real Humans (2013-2014)

vendredi 23 août 2024

It's just not there

"Curb your enthousiasm", ultime saison, premier épisode. Après avoir participé à une soirée privée à laquelle il était convié en tant que "people", Larry David se défend de l'impression qu'il a laissée, certain.e.s invité.e.s l'ayant jugé pas suffisamment "cordial" .

— You're saying to me that I wasn't cordial? I most certainly was cordial.

— Do you know what "cordial" means?

— Yes, I know exactly what it means. It means to be polite, to be friendly, and not to tell people what you really think of them and what assholes they all were. Yes. That's cordial.

— You were not cordial. [...]

— I think I did to the best of my ability. I faked cordiality and I feigned interest. [...]

— I'm gonna be honest, I'm disappointed. I was expecting more from my childhood hero.

— I've been expecting more from myself my whole life, and it's just not there.

— Do you accept that it was a bad vibe, actually, and kind of ruined my party?

— I've ruined every party I've ever gone to in my entire life. I have bad energy.

— I just expected that you'd be more grateful.

— I really did the best under the circumstances of a person who hates people and yet had to be amongst them.

— I feel like you are being honest. For someone to admit that they don't like people and they have a bad vibe is not easy.

— I don't like myself. I'm a person.


Larry David, S12E01 Atlanta 
Curb Your Enthusiasm (2024)

jeudi 9 novembre 2023

#harcelementscolaire


- Tu sais que c'est méchant, les enfants. Tu le sais, tu as déjà entendu ça?
- Je suis pas méchante.
- Alors pourquoi tu dis des choses méchantes?
- Je sais pas, peut-être parce que j'ai ça dans le sang.
- On n'imagine pas le mal qu'on peut faire quand on est jeune. On veut faire rire, on veut survivre parfois, et pour ça, on sacrifie des choses, des gens, et ça, ça reste.

La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveilléXavier Dolan (2022)

mardi 5 septembre 2023

Everything here is bullshit

Je n'ai pu en extraire ni punchline, ni tirade, ces séries méritent cependant d'apparaître dans ces colonnes. Micro-chronique sans divulgâcher au-delà du pitch.


Quel est-il? Durant leur journée de travail chez Lumon Industries, les employés sont coupés des souvenirs de leur vie personnelle, et inversement en dehors du cadre de l'entreprise.

Lorsqu'on se lance dans Severance, on peut penser que le dispositif servira principalement à alimenter une critique du monde de l'entreprise (vacuité des tâches, froideur de la bureaucratie, fausseté des relations, exploitations des employés...). On se retrouve face à une série à l'atmosphère étrange, un brin inquiétante, dont l'écriture et la réalisation exploitent complètement puis dépassent les données du pitch.
A voir (d'autant que le casting est ***)

Severance, Dan Erickson (2022)
[9 épisodes sur AppleTV+]

PS : Une série préfigurée d'une certaines manière par "Les opérateurs" dont je me faisais l'écho ici il y a 10 ans

dimanche 15 janvier 2023

The difference between a good day and a bad day

Fleabag, série drôle, rythmée, sensible et intelligente, dotée d'un artifice de réalisation qui s'avérera ne pas en être un (cette phrase cryptique est destinée à ceux qui ont vu la série).
Ecrite et jouée par l'excellente Phoebe Waller-Bridge, elle passe bien entendu haut la main le test de Bechdel, et se retrouve fréquemment dans le peloton de tête des meilleures séries ever.
La scène rapportée ci-dessous est emblématique.


“Hair is everything. We wish it wasn’t so we could actually think about something else occasionally. But it is. It’s the difference between a good day and a bad day. We’re meant to think that it’s a symbol of power, that it’s a symbol of fertility. Some people are exploited for it and it pays your fucking bills. Hair is everything.”

Phoebe Waller-Bridge, Fleabag S2E05

mercredi 5 octobre 2022

Tell me again

 

Ainsi donc, au terme de six saisons, c'en est fini de "Better Call Saul"... Avec cette série se referme l'univers de "Breaking Bad", né à la télévision en 2008. La première étant un spin-off de la seconde. Les personnages principaux campés par Bryan Cranston et Aaron Paul possédaient respectivement un tel charisme et un tel capital sympathie que l'annonce en 2014 d'une série consacrée à un personnage secondaire, certes fantasque, m'avait alors laissé perplexe. Ce personnage, c'était Saul Goodman ("it's all good, man"), avocat des crapules en tout genre, narrativement dénué de toute "back story".

Deux raisons de ne pas m'y attacher.

Or, back story, il y eut. Comment imaginer qu'avant "Saul Goodman", était un certain Jimmy McGill, terriblement humain. La série prend son temps, pourtant, chaque épisode, chaque moment est nécessaire pour comprendre la genèse de Saul Goodman. Ajoutons enfin un nombre de rôles qu'on n'ose qualifier de secondaires tant ils sont construits, attachants ou intrigants. Même parmi les "méchants". La série mêle avec brio le récit de petites escroqueries et de méfaits du crime organisé.

Côté "fan service", on n'est évidemment pas déçu de la manière dont sont égrainés les visages connus à mesure que la série progresse. Soyons en sûr, dès le premier épisode, et comme pour Breaking Bad, les créateurs de la série en connaissaient la conclusion. Maîtrise de la narration et de la réalisation achèvent de faire de cette série une oeuvre qui restera, et qu'on reverra avec plaisir dans une dizaine d'année.

Better Call Saul, Vince Gilligan, Peter Gould (2014-2021)

lundi 26 septembre 2022

You're one of those people



Oh, you're just like all the rest of 'em, coming out here in your fancy suit, bring your minions with you, driving them black, shiny German cars. And you think you can talk to me like I'm brain damaged? N. O! No! That big bank thinks it's gonna build a call center, so... you go around throwing people out of their homes. Well, not this house, sweetheart!

And I can see you. You're one of those people that, uh, give a little money to charity every month so you can make up for all the bad that you've done. You go to a soup kitchen once a year on Thanksgiving. That makes you feel a whole lot better about yourself. Makes you feel like one of the best rich people. Oh, I don't know how in the world you sleep at night.

Better Call Saul, the guy for this (S03E09)
(Vince Gilligan, Peter Gould : 2021)

samedi 14 novembre 2020

You will remember this

This image on repeat
A mouth that cannot speak
A huge force pressing in
A giant looming fist
You will see us again
You will remember this

Ces mots sont ceux de Polly Jean Harvey, qui signe la bande originale de la série The Virtues (six morceaux originaux dont cinq instrumentaux + des morceaux d'Aphex Twin, Micah P. Hinson, Mono, Set Fire to flames...).


Si vous ne l'avez déjà pas fait, dépêchez vous d'aller visionner ce chef d'oeuvre de mini-série, disponible jusqu'au 30/12/20 sur arte.tv. Les acteurs sont merveilleux (Stephen Graham, Niamh Algar en tête), les vies cabossées des personnages filmés avec sensibilité, justesse (et brio) par le réalisateur Shane Meadows.



Shane Meadowsthe Virtues (2019)

PJ Harvey - The Crowded Cell
(The Virtues / Original Series Soundtrack, 2019)

jeudi 9 janvier 2020

Le monde de Tchernobyl

Si l'écriture de la mini-série "Chernobyl" est une telle réussite, c'est qu'elle mêle Histoire et histoires, c'est-à-dire le récit de l'accident nucléaire (qui a confronté l'humanité à une situation inédite, prenons-en la mesure), et celui de la destinée d'une galerie de personnages, tous concernés d'une manière ou d'une autre.

Cette dernière dimension est reprise en grande partie du livre de la journaliste et autrice Svetlana Aleksievitch "La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse". Pour l'écrire, elle a rencontré plus de cinq cent témoins.

"Un événement raconté par une seule personne est son destin. Raconté par plusieurs, il devient l’Histoire." Et c'est bien ce qu'a prouvé Claude Lanzmann avec "Shoah".

Je m'apprête dans les jours qui viennent à vous en rapporter certains passages (sans spoiler). Le témoignage qui ouvre le livre est celui de Lyudmilla Ignatenko, femme d'un pompier appelé en pleine nuit pour une intervention.

Nous étions jeunes mariés. Dans la rue, nous nous tenions encore par la main, même si nous allions au magasin... Je lui disais : “Je t’aime.” Mais je ne savais pas encore à quel point je l’aimais... Je n’avais pas idée... Nous vivions au foyer de la caserne des sapeurs-pompiers où il travaillait. Au premier étage. Avec trois autres jeunes familles. Nous partagions une cuisine commune. Et les véhicules étaient garés en bas, au rez-de-chaussée. Les véhicules rouges des pompiers. C’était son travail. Je savais toujours où il était, ce qui lui arrivait. Au milieu de la nuit, j’ai entendu un bruit. J’ai regardé par la fenêtre. Il m’a aperçue : “Ferme les lucarnes et recouche-toi. Il y a un incendie à la centrale. Je serai vite de retour.”


Je n’ai pas vu l’explosion. Rien que la flamme. Tout semblait luire... Tout le ciel... Une flamme haute. De la suie. Une horrible chaleur. Et il ne revenait toujours pas. La suie provenait du bitume qui brûlait. Le toit de la centrale était recouvert de bitume. Plus tard, il se souviendrait qu’ils marchaient dessus comme sur de la poix. Ils étouffaient la flamme. Ils balançaient en bas, avec leurs pieds, le graphite brûlant... Ils étaient partis comme ils étaient, en chemise, sans leurs tenues en prélart. Personne ne les avait prévenus. On les avait appelés comme pour un incendie ordinaire...


Svetlana AleksievitchLa Supplication (1997)
Craig MazinChernobyl (2019)

mardi 24 septembre 2019

"Ca n'a rien à voir"

...En fait, si.

Recent empirical research suggests that the growing opposition to sexist humor might indeed be justified. By trivializing sex discrimination, sexist humor creates a norm of tolerance of sex discrimination. In this context, sexist behavior can be more easily justified as falling within the bounds of social acceptability (Ford, 2015; Ford, Boxer, Armstrong, & Edel, 2008). Indeed, sexist humor has been shown to promote discrimination against women in a number of ways. For instance, sexist men exposed to sexist humor have reported greater tolerance of sexist events (Ford, 2000), greater willingness to discriminate against women (Ford et al., 2008), and greater tolerance of societal sexism (Ford, Woodzicka, Triplett, & Kochersberger, 2013). Most notably for the present research, men exposed to sexist humor have reported greater propensity to commit sexual violence against women including rape (Romero-Sanchez, Duran, Carretero-Dios, Megias, & Moya, 2010; Ryan & Kanjorski, 1998), particularly insofar as they have antagonistic attitudes toward women (Thomae & Viki, 2013). Ford and Ferguson's (2004) prejudiced norm theory explains these findings suggesting that sexist humor creates a social norm that permits men to express sexism in various ways without fears of reprisal. The present research builds on this literature by testing new hypotheses designed to establish boundary conditions for prejudiced norm theory as a framework for understanding the relationship between exposure to sexist humor and men's self-reported rape proclivity.

[Source] [via]

dimanche 16 juin 2019

Draining people's energy


Co-écrite par Jemaine Clement (Flight of the Conchords), What We Do in the Shadows est une série documentaire parodique (un "mockumentary"... façon the Office ou Spinal Tap quoi) dans laquelle on suit les tribulations de quatre vampires collocataires à New York City. Trois d'entre eux correspondent en tout point à l'image qu'on se fait de cette créature de fiction... Et puis il y a Colin, peut-être le plus puissant d'entre tous :

My name is Colin Robinson. And I am what's known as a psychic vampire. Or energy vampire.


This is my office. Also known as the hunting ground. Energy vampires drain people's energy merely by talking to them. We either bore you with a long conversation, or we enrage you. In fact, you probably know an energy vampire. We're the most common kind of vampire. We are day-walkers, not affected by the sun. And we are the only kind of vampire that can drain another vampire's energy. It's very cool.

What We Do in the Shadows, S01E01 (2019)

samedi 2 février 2019

Last exit to "Change your mind"


Des jeunes filles qui disparaissent, une enquête, le tout dans une ville du Sud des Etats-Unis encore fortement marquée par son passé "confédéré". Camille Preaker, journaliste et par ailleurs native de cette ville, est envoyée sur place pour réaliser la chronique des événements. Elle y retrouvera tout ce qu'elle avait fui, tout ce qui a ébranlé son être par le passé.


La scénario, la réalisation, les acteurs, décors et galerie de personnages secondaires récurrents ont fait de cette série une des toutes meilleures de 2018. Les plus attentifs et appliqués d'entre vous pourront de plus s'amuser à dénicher les mots et messages dissimulés dans un grand nombre de plans, qui constituent autant d'indice reflétant l'état d'esprit de l'héroine ou la progression de l'histoire 

jeudi 9 août 2018

Le calvaire de l’électrohypersensibilité

Chez les époux Hulmel, c’est presque un rituel. Tous les matins, Jacques, le mari, sort de la ferme où il habite seul à Chollet, un lieu-dit de Charente-Maritime, et marche à travers le pré vers la caravane de sa femme, Odile. Il lui détaille les infos du jour, évoque la grève de la SNCF ou la Corée du Nord… « Y a rien d’autre ? » demande-t-elle, malicieuse. Alors, il lui donne des nouvelles du « royal baby », et elle sourit. « J’ai besoin de futile… »

Depuis deux ans et demi, cette femme de 59 ans doit vivre à distance de sa maison, cette grosse bâtisse qu’elle aperçoit au loin, en levant les yeux. Considérée comme une électrohypersensible (EHS), elle ne supporte plus la moindre onde électromagnétique. Portable, Wi-Fi, pile de montre… Tout provoque en elle d’insupportables maux de têtes, nausées, chutes de tension. Impossible, également, d’écouter la radio. Le parc à vaches dans lequel son voisin lui a permis de s’installer – après avoir remplacé la clôture électrifiée par de bons vieux barbelés – est devenu son « chez elle » et sa prison.

La suite est à lire sur lemonde.fr (ainsi que ce complément). Le seul espoir de ces personnes? L’ouverture de « zones blanches » destinées à l’accueil des électrosensibles.

Ces articles éclairent la situation de Chuck McGill, personnage de la série Better Call Saul, touché par cette intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques.

On a d'ailleurs hâte de retrouver son frère, Jimmy aka Saul Goodman dans la saison 4, qui a débuté cette semaine !

Bonus : un récap' clair (en anglais) de la Saison 3

mardi 3 avril 2018

It only gets stranger

Les posters annonçant la saison 2 de Stranger Things m'avaient échappé. Les plus réussis sont ceux sous forme de portrait des protagonistes principaux. Parmi les 12 déclinaisons, voici mes préférées (toujours dans cet esprit délicieusement rétro... il y a même les "plis" du poster).


Une saison 2 au final pas si mauvaise, comme j'avais pu le lire. Si elle est en deçà de la première, c'est avant tout que celle-ci avait l'avantage d'introduire le décor, l'ambiance, les personnages, l'intrigue.

samedi 24 mars 2018

Perfect hair

Dans la saison 1 de Stranger Things, Steve Harrington avait tout du personnage récurrent secondaire repoussoir et sans profondeur. Il prend une certaine épaisseur dans la saison 2, et son capital sympathie augmente nettement.

Dans l'épisode 6, il forme avec Dustin un duo improbable et attachant. L'occasion pour lui de partager son "expérience" et son savoir-faire avec le pré-ado.

- I just feel like you're trying too hard.
- Well, not everyone can have your perfect hair, all right?
- It's not about the hair, man. The key with girls is just just acting like you don't care.


Suivent des conseils de séduction plus ou moins avisés... jusqu'à ce qu'il revienne à l'allusion initiale de Dustin. Car oui, il faut reconnaître que Steve Harrington a de beaux cheveux !

- What? You're not falling in love with this girl, are you? Uh, no.
- No.
- Okay, good.
- Don't.
- I won't.
- She's only gonna break your heart, and you're way too young for that shit... ... Fabergé.
- What?
- It's Fabergé Organics. Use the shampoo and conditioner, and when your hair's damp - It's not wet, okay? - when it's damp
- Damp.
- You do four puffs of the Farrah Fawcett spray.
- Farrah Fawcett spray?
- Yeah, Farrah Fawcett. You tell anyone I just told you that and your ass is grass. You're dead, Henderson. Do you understand?
- Yup.
- Okay.
- Farrah Fawcett, really?
- I mean, she's hot.
- Yeah.

The Spy, Stranger Things S02E06 (2017)

mercredi 14 février 2018

Why does this hurt?

La première fois que j'ai entendu l'expression Mall Walkers, c'était dans Better Call Saul. La deuxième, c'était dans cette excellente chanson de Fred Thomas (figurant d'ailleurs dans mon palmarès 2017).

Un morceau qui avait tout ce qu'il fallait pour devenir un tube générationnel (sauf peut-être son style musical daté pour les jeunes oreilles )


Is this the same song?
Does something feel slower?
Is something wrong?
Is there anything wrong?

Does something feel slower?
Or is this just the same daydreamed death
where you see yourself lowered
Into the cold, greedy ground as your parents
and plagiarists lose their shit
Sobbing over your casket?
And you broadcast it every couple of hours
When you’re not busy with customers
Selling cell phone cases and cords at that kiosk in the middle of the mall

Air-conditioned days in this insufferable summer
And at night you watch your friends dance around
Feeling weird about fucking each other
And you wonder “Do I even need to be here?”
and “Why does this hurt?”

You find a more consistent community
with those early morning mallwalkers
Than these horrid hushed hall talkers; judge-gabled gawkers
Some will call you their crush, but they’re all stalkers
And soon enough you’ll find yourself thrust up against those fall lockers
Dreaming of a simple suspended eternity
Where you’re stoned in your basement, playing games
Hanging out with your dogs

Could it ever be possible to just pause on that feeling?
And why does it seem like now every boy cuts you off when you start speaking?
And why do things feel negated before they’re experienced?
Why does it hurt?

When they tell you you talk like a teenager, you sound so stupid
Say nothing
Because those high school scars, and the parallel bars
All the lonely lights on these frozen cars
Every broken-wrist handstand in some best friend’s yard
And every ugly part of everything that people keep on telling you you are
They aren’t yours, they’re just wrong

Fred Thomas - Mallwalkers
Changer (Polyvinyl, 2017)

*
*       *

"You find a more consistent community with those early morning mallwalkers
Than these horrid hushed hall talkers; judge-gabled gawkers"

Better Call Saul, Fall (S03E09)
(Vince Gilligan, Peter Gould : 2017)

mercredi 24 janvier 2018

An actual afterlife

Dans "Morty's Mind Blowers", Rick et Morty rencontrent une espèce extra-terrestre jouissant d’une « vie après la mort », qui s’apparente qui plus est (pour les guerriers tués au combat uniquement) à un orgasme éternel.

- Well, I gotta say. You know, I'm a little envious. Your species has an actual afterlife. That's gotta be nice.
- Wh-What do you mean?
- Well, you know, here on Earth, w-we don't know what's going on. It must be nice for you guys to, you know, have that -- have that proof's in the pudding, you know, evidence.
- Evidence? There's supposed to be evidence?
- Um, yeah, uh... otherwise, how do you know if it's true? Wait, you don't...

Rick and Morty (S03E08, Morty's Mind Blowers)

lundi 11 décembre 2017

This entire world is not the world

Récemment dans ces colonnes, Rick & Morty nous ont permis de disserter sur les notions d'intelligence artificielle d'une part et de vaccination d'autre part. Suite de cette série d'articles, avec un nouveau questionnement, soulevé dans l'épisode "M. Night Shaym-Aliens!"

- Morty, that's not class. T-t-t-that wasn't your teacher. This isn't your school. This entire world is not the world. We're inside a huge simulation chamber on an alien spaceship. It’s all fake, Morty, all of it. Nanobotic renderings, a bunch of… crazy, fake nonsense !


En d'autres termes : vivons-nous dans une simulation ? La problématique est sensiblement différente de la pensée descartienne... puis qu'elle revêt une composante technologique, explicitée, dans le débat public, par Elon Musk (Tesla) :

" Il y a 40 ans, nous avions “Pong”. Soit deux rectangles et un point. Voilà à quoi ressemblaient les jeux. Désormais, 40 ans plus tard, nous avons des simulations en 3D réalistes, auxquelles des millions de gens jouent simultanément et ça s'améliore chaque année. Bientôt nous aurons la réalité virtuelle, la réalité augmentée... Même si la vitesse à laquelle notre technologie progresse devait être divisée par mille, cela finira par arriver d'ici 10.000 ans au maximum, ce qui n'est rien à l'échelle de l'évolution. Étant donné que nous allons bientôt avoir des jeux impossibles à distinguer de la réalité et qu'on pourra jouer à ces jeux sur des boîtiers, des PC ou tout autre type de support, sachant qu'il existera des milliards de ces ordinateurs ou appareils, il est logique de penser que notre réalité n'a qu'une chance sur plusieurs milliards d'être la réalité de base"


Nick Bostrom, professeur de Philosophie à l'Université d'Oxford et fondateur du "Future of Humanity Institute" explique dans un article qu'A SUPPOSER QU'une civilisation vive suffisamment longtemps pour atteindre ce niveau technologique ET qu'elle trouve un intérêt à simuler un monde passé, ALORS il est probable que nous vivions dans une simulation.

Il est ensuite plus mesuré qu'Elon Musk sur cette probabilité : "Personally, I assign less than 50% probability to the simulation hypothesis – rather something like in 20%-region, perhaps, maybe".


Je ne vais pas essayer ici de vous convaincre plus que cela, mais avouez que procéder à ce petit exercice d'imagination est intellectuellement stimulant. On peut aussi chercher à se demander quels moyens ou indices pourraient nous laisser penser que nous vivons dans une simulation.

Pourquoi pas en mettant en évidence des incohérences de modèle physique ? Après tout, aujourd'hui, personne n'a réussi à unifier la mécanique quantique et la théorie de la relativité générale (décrivant respectivement les phénomènes au niveau microscopique et au niveau macroscopique).

Pourquoi pas également, à notre échelle et dans notre vie quotidienne, déceler de fugaces "glitches dans la Matrix" ?

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Rick and Morty (S01E04, M. Night Shaym-Aliens!)

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Rick and Morty (S02E06, The Ricks Must Be Crazy)