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jeudi 28 avril 2016

Quelque part au Vietnam (Part.1: People)

Accessoire plébiscité par les motocyclistes au Vietnam (à Hanoi, notamment) ; le masque anti-pollution, d'ailleurs décliné dans tous les coloris, motifs... et marques (fausses, évidemment) ! Ce masque fait aussi office de protection solaire pour les femmes qui souhaitent garder la peau claire (elles portent également un hoodie en coton, couvrant tête et mains, voire même - dans le sud du pays, une sur-jupe)

La classe internationale - vu et revu : se prélasser sur sa moto

Une maison ouverte, comme souvent : espaces public et privé se confondent, comme par exemple dans ce restaurant, à Quản Bạ. Thé gratuit pour tous, à toute heure (il est prêt). On voit ici les photos des enfants, les différents "prix" obtenus par la famille... hors champ, l'autel des ancêtres 

Elevé (et depecé) au grand air [*]

Marché à Đồng Văn

(*)

Sur la route vers Mèo Vạc : dès leur plus jeune âge, les enfants participent...

(**)

(**)

(*) photos C.
(**) photos Luan, guide sur Ha Giang et sa région [Contact]

jeudi 27 août 2015

Un état anormal de contentement de soi-même

Bien que prompt à oublier de gênants souvenirs de nature à entâcher son estime de soi et parasiter sa vie sociale, Nekhlioudov, personnage central du roman Résurrection de Tolstoï, n'en finit pas moins par faire preuve de lucidité. Il perçoit alors la vacuité et la fausseté des conversations, et prendra peu à peu ses distances avec la noblesse russe.

En suivant tantôt Sophie Vassilievna, tantôt Kolossof, il se rendait compte premièrement qu'ils n'avaient pas plus d'intérêt pour la pièce qu'ils n'en avaient l'un pour l'autre, et que, s'ils parlaient, c'était uniquement pour satisfaire un besoin physiologique de faire marcher, après les repas, les muscles de la langue et du gosier; deuxièmement, que Kolossof, ayant bu de la vodka, du vin et des liqueurs, était un peu ivre, non pas de l'ivresse des paysans, qui boivent rarement, mais ivre comme les gens qui sont accoutumés au vin. Il ne titubait pas, ne disait pas de bêtises, mais se trouvait dans un état anormal d'excitation et de contentement de soi-même. Enfin Nekhlioudov voyait que, tout en parlant, Sophie Vassilievna jetait des coups d'oeil inquiets vers la fenêtre, par où commençait à filtrer un rayon de soleil qui risquait d'éclairer trop violemment ses rides.

Tolstoï, Résurrection (1899)

vendredi 1 août 2014

Qu'on se fende la tête ailleurs, pourvu que chez moi rien ne soit dérangé

Un bourgeois : - Je ne sais rien de mieux, les dimanches et fêtes, que de parler de guerres et de combats, pendant que, bien loin, [dans la Turquie], les peuples s’assomment entre eux. On est à la fenêtre, on prend son petit verre, et l'on voit la rivière se barioler de bâtiments de toutes couleurs ; le soir on rentre gaiement chez soi, en bénissant la paix et le temps de paix dont nous jouissons.

Un autre bourgeois : - Je suis comme vous, mon cher voisin : qu'on se fende la tête ailleurs, et que tout aille au diable ; pourvu que chez moi rien ne soit dérangé.

Faust, Goethe (1808)

*
*      *

Pour les germanophiles:

- Nichts Bessers weiß ich mir an Sonn- und Feiertagen
Als ein Gespräch von Krieg und Kriegsgeschrei,
Wenn hinten, weit, [in der Türkei],
Die Völker aufeinander schlagen.
Man steht am Fenster, trinkt sein Gläschen aus
Und sieht den Fluß hinab die bunten Schiffe gleiten;
Dann kehrt man abends froh nach Haus,
Und segnet Fried und Friedenszeiten.

- Herr Nachbar, ja! so laß ich's auch geschehn:
Sie mögen sich die Köpfe spalten,
Mag alles durcheinander gehn;
Doch nur zu Hause bleib's beim alten.

mercredi 2 juin 2010

Avenir boueux, que fais tu dans mon pieux?

Après deux jours, je rentre de Lyon ou pas loin.
A Lyon ou pas loin, c'est là que se trouve le siège de ma boîte.
C'est toutefois suffisamment éloigné pour être dans une zone d'activité, en pleine campagne. On vient vous chercher à la gare, et on vous y ramène.
Le batîment est isolé, il est ceint d'une clôture (ou clôt d'une enceinte, comme vous préférez).
Un drapeau flotte.
On passe la barrière, girophare, puis on passe le sas.

Le batîment est récent, lumineux, et laisse la place à la verdure, autour mais également à l'intérieur, puisque son architecture est centrée sur un patio. Du deuxième étage, par temps dégagé, on aperçoit le Mont Blanc. De quoi a priori s'y sentir bien, sauf que finalement la plupart des cloisons internes sont en verre, de telle sorte que deux personnes, où qu'elles se situent, sont quasi toujours en contact visuel.

Du coup, ben non, on ne s'y sent pas forcément bien.

Je prends l'air.
Deux caméras de surveillance couvrent de leur oeil la terrasse.
Les habitués connaissent les angles morts.
...

J'en rajoute, bien sûr, dans la manière de raconter, mais en tout cas, ces détails sont réels. Pas de nature à influencer ma conduite, puisque je suis plutôt d'un naturel détaché.
D'ailleurs j'ai réussi à faire le mur, le premier midi, pour aller déjeuner avec une collègue...
J'ai quand même vaguement eu l'impression a posteriori d'avoir enfreint une règle.

Il faut dire que les esprits sont un peu agités en ce moment par une liaison secrète entre deux employés. Avec tous les ingrédients du mauvais roman de gare: du favoritisme soudain, du divorce en espérant que l'autre fasse pareil sauf qu'en fait non, de la lettre anonyme, des confrontations avec la hiérarchie, etc.



C'est un peu glauque, donc.
Laissons là ce huit clos en l'état, d'autant que moi, je suis basé à Paris (ou pas loin), et que j'y suis plutôt à la cool.

A mesure que le TGV m'en éloignait, je progressais dans l'écoute de l'album de Sexysushi (à paraître le 21 juin).
Ambiance.

Avenir radieux, amant ambitieux, ma femme, mon pieux,
Tout cela est bien ennuyeux

Elle quitta Chloé en claquant la porte
Elle eût la nette impression de sortir du tunnel
Mais aussitôt elle retomba dans les bras d'une sotte
On dirait que nous ne sommes pas seuls à avoir des problèmes

Amant, maîtresse, divorce, câlin, tendresse
Avenir boueux, que fais-tu dans mon pieux?

Il trompait Nadine avec sa secrétaire
Tous les weekends, il la baisait dans sa garçonnière
Mais sa femme l'apprit, et son coeur fût brisé
Déjà que sa vie était pathétique et ratée

Avenir radieux, amant ambitieux, ma femme, mon pieux,
Tout cela est bien ennuyeux
Amant, maîtresse, divorce, câlin, tendresse,
Avenir boueux, que fais-tu dans mon pieux?


Sexysushi
- Amant, maîtresse
Cyril, parrain, marraine, vigile (Label Maison, 2010)
www.myspace.com/sexysushimusic

illustration : Hector de la Vallée


PS: Vendredi, Samedi, Dimanche, c'est séminaire corporate. Youhou!
Je songe à "live blogger" la journée de vendredi, il faut juste que j'évalue ce que ca implique technologiquement, et surtout, si ca a un intérêt éditorial.

mardi 1 septembre 2009

Peace Attack / Sonic Youth'Album Cover Part.4

Suite et fin de cette série d'articles consacrés aux pochettes des albums de Sonic Youth. Je dois bien avouer qu'on arrive ici aux albums du groupe que je connais le moins. Pour autant, sur la foi d'un petit nombre d'écoutes, Murray Street (2002) et Sonic Nurse (2004) sont ceux qui m'ont fait la meilleure impression.

En plus, j'aime beaucoup la pochette de Murray Street. (Elle est d'ailleurs sur la porte de mon frigo).



Cette fois, je ne citerai aucun artiste contemporain... La photo a sans doute été prise par Thurston ou Kim, puisqu'on y voit leur fille, Coco, en compagnie d'une copine à elle (Stella, mais on s'en fout un peu).

Coco (Gordon-Moore) est née le 1er juillet 1994, du mariage de ses parents (1984). Les plus avisés d'entre vous l'avaient peut-être déjà remarquée, à 18 mois, dans le livret de Washing Machine (1995).



Si l'on revient à l'époque de Murray Street, elle a donc 7 / 8 ans. Elle apparaît brièvement dans le clip de "The Empty Page", co-réalisé par Thurston.




Avoir de tels parents, quand on y pense, c'est quand même la classe. Et forcément, ça donne des idées. Coco se met à la musique... Dans une sorte d'
épisode choral de la série US Gilmore Girls (dont j'ignore tout, ami lecteur, n'hésite pas à m'éclairer), elle accompagne ses parents à la basse. C'était en 2006.



L'un des avantages, aussi, à avoir des parents membres de Sonic Youth, c'est que leurs amis sont nécessairement plus rock'n'roll que ceux... je sais pas, d'Eric Woerth, par exemple. Témoin ce clip de Dinosaur Jr (dans lequel elle se retrouve dans la peau de Jay Mascis).



Sinon, dans la vraie vie, Coco (aka Coko Mo) joue de la guitare dans un groupe (Lightbulb). Le groupe est jeune, impossible d'en entendre une note sur internet, je propose donc de reparler de tout ça dans une petite dizaine d'année, et de refermer ainsi cette parenthèse "indie people"...
Sans compter que j'avais promis une galerie de Sonic Nurses.




Certaines figurent dans l'artwork de l'album (2004), d'autres non, mais toutes ont été peintes par Richard Prince.


[Nurse Barclay's Dilemma, 2002]





[Heartbreak Nurse, 2002]





[Surgical Nurse, 2002]





[Dude Ranch Nurse, 2002]





[A Nurse Involved, 2002]

Plus d'infos et de peintures sur le site :
www.richardprinceart.com

Plus généralement, et maintenant que j'en termine avec ces articles estivaux dédiés à Sonic Youth, il me faut mentionner le site officiel du groupe,
et sa partie discographie qui a été d'une grande aide.
www.sonicyouth.com

mardi 3 février 2009

Strange Victory, Strange Defeat


Samedi dernier, Silver Jews était à McMinnville (Tennessee), dans un lieu atypique : les grottes de Cumberland.
Ils y donnaient un concert. Le dernier.



Sur le forum de Drag City, David Berman l'annonçait
en ces termes :
I guess I am moving over to another category. Screenwriting or Muckraking. I've got to move on. Can't be like all the careerists doncha know. I'm forty two and I know what to do. I'm a writer, see?

Cassie is taking it the hardest. She's a fan and a player but she sees how happy i am with the decision.

I always said we would stop before we got bad. If I continue to record I might accidentally write the answer song to Shiny Happy People.


Depuis que le groupe existe, les concerts de Silver Jews se sont toujours fait rare, David Berman étant rebuté par l'aspect auto-centré et mercantile de l'exercice. L'élan qui suivit la résurrection des Joos (après la TS de 2oo3) en aura sans doute modifié la perception (merci Cassie).
Après quelques "essais" concluants (voire enthousiasmants), parmi lesquels la première date de Silver Jews en France (festival Mo#Fo 2006), le groupe s'est mis à faire des tournées.
Il était d'ailleurs revenu à Paris, ce printemps.

Dans une interview donnée au blog Nashville Cream, trois jour avant cet ultime concert, David Berman déclarait :


Playing live has been rewarding. It has been lucrative. But it has been creepy. There is something wrong with the current practices of media consumption. There is something about participating in the music economy that makes me uneasy.

Mais le sentiment le plus "uneasy", la raison bien plus profonde sont ce qui suit. Car sur ce même forum, l'auteur poursuit dans un nouveau message :
Now that the Joos are over I can tell you my gravest secret. Worse than suicide, worse than crack addiction: My father.

You might be surprised to know he is famous, for terrible reasons. My father is a despicable man. My father is a sort of human molestor. An exploiter. A scoundrel. A world historical motherfucking son of a bitch. (sorry grandma)

Son père, c'est Richard Berman, un puissant lobbyiste, dénué de scrupule ; Au sens où ses manoeuvres sont motivées par des intérêts financiers, au mépris de toute considération sociale ou de santé publique. Son surnom est "Dr. Evil".
Et ses méfaits tels, qu'un site a récemment été mis en ligne par le CREW (Citizens for Responsibility and Ethics in Washington) afin de les mettre en lumière

www.bermanexposed.org

This winter I decided that the SJs were too small of a force to ever come close to undoing a millionth of all the harm he has caused. To you and everyone you know.
Literally, if you eat food or have a job, he is reaching you.

I've always hid this terrible shame from you, the fan. The SJs have always stood autonomous and clear. Hopefully it won't contaminate your feelings about the work.

My life has been riddled with Ibsenism. In a way I am the son of a demon come to make good the damage. Previously I thought, through songs and poems and drawings I could find and build a refuge away from his world.

But there is the matter of Justice. And i'll tell you it's not just a metaphor. The desire for it actually burns.

It hurts.

There needs to be something more. I'll see what that might be.

DCB

Silver Jews - Random Rules
American Water (Drag City, 1998)

"Silver Jews End-Lead Singer Bids his Well-Wishers Adieu"
et "My Father, My Attack Dog",
deux messages à lire en ligne sur le forum de Drag City

Crédits photos : Collin Peterson