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lundi 21 septembre 2020

10 ans, 40 albums (Part.3)

Troisième salve de mon top musical des années 2010s.
Do you speak french ?


Cinq albums français. Origines : Valence, Orléans, Grenoble, Dax et Paris. Ambiance : labels Lithium et Ici d'Ailleurs. Fortement imprégné du catalogue du premier, Gontard a d'ailleurs été signé sur le tard sur le second. Il est présent ici pour l'ensemble de son oeuvre : j'aurais pu retenir un autre album, une mixtape, l'un de ses EPs, mais je choisis in fine "Tout naît, tout s'achève dans un disque". Jérôme Minière, depuis sa retraite montréalaise, continue son parcours sans faute, entamé en 1996 sur Lithium. Dilemme, là encore, allez, va pour son album 2018 (sinon, c'aurait été "Le Vrai Le Faux"). Vient ensuite le punk à synthé de Taulard, pour lequel j'ai un attrait presque irrationnel. En 2014, j'en avais même quitté le festival Pitchfork pour me rendre à leur concert à la Mécanique Ondulatoire. Grand disque "coup de poing" (ou, pour être exact, "coup de poing dans la gueule"), Rhume, dans la grande tradition de ce que le Sud-Ouest sait nous offrir de mieux (Arnaud Michniak, Non-Stop...). Concluons avec ce groupe unique, adulé par certains et dénigré par d'autres, seul ici à avoir composé des hymnes générationnels, indubitablement marquants : Fauve.

Gontard! – Tout naît, tout s'achève Dans un disque (2018)
Rhume – s/t (2013)
TaulardLes abords du lycée (2014)
FauveVieux Frères, Part.1 (2014)
Jérôme Minière – Dans la forêt numérique (2018)


Bonus Tracks :
Finalement écartés dans ce groupe :
Chevalrex – Futurisme
Gontard  Repeupler
Gontard2029
Jérôme Minière – Le Vrai Le Faux
Tue-Loup – 9

mercredi 2 janvier 2019

2018, un palmarès

Nous sommes déjà en 2019 : Excellente année à tous !
Pour solder 2018, voici ma sélection musicale (personnelle et subjective... et circonstancielle, puisqu'ayant eu moins de temps à accorder à la musique). Bonne lecture !
(Je ne veux rien promettre mais je tâcherai de former une playlist sur cette base. Le moment venu, je vous souhaiterai alors une bonne écoute)



Les Albums
Melody's Echo Chamber - Bon Voyage
Fred Thomas - Aftering
Gontard! - Tout naît, tout s'achève Dans un disque
Marlowe - s/t
Low - Double negative
the Rock*a*teens - Sixth house
Teleman - Family Of Aliens
Kal Marks - Universal Care
Damien Jurado - The Horizon Just Laughed
Mattiel - st


Mais aussi
Art Brut - Wham! Bang! Pow! Let's Rock Out!
Beach House - 7
Bleu Russe - Missives d'amour
Calvin Johnson - A Wonderful Beast
Car Seat Headrest - Twin Fantasy
Catpower - Wanderer
Daniel Blumberg - minus
ExRe - s/t
Fontaine Wallace - s/t
Frànçois Atlas - Fleurs du mal
Frog Eyes - Violet Psalms
the Goon sax - We're not talking
Gruff Rhys - babelsberg
Iceage - Beyondless
James - Living In Extraordinary Times
Jon Hopkins - Singularity
Kamasi Washington - Heaven and Earth
Mount Eerie - now only + (after)
Mt. Wilson Repeater - V'Ger
No Age - Snares Like a Haircut
Olden yolk - st
S. Carey - Hundred Acres
the Sea and Cake - Any Day
Snail Mail - Lush
Tim Hecker - Konoyo
Tony Molina - Kill The Lights

non-2018 :
Fontarabie - s/t (2015)
the Curious Mysterie Rotting Slowly (2009) + We Creeling (2011)



Les morceaux
(en plus de tous ceux figurant dans les albums ci-dessus) :
the Beths - Future Me Hates Me ; Courtney Barnett - Need a Little Time ; Daniel Blumberg - madder ; Dominique A - Désert d'hiver ; Everything Is Recorded - Everything Is Recorded ; Flavien Berger - Deadline ; the Frights - CRUTCH ; Gabriel Garzon-Montano - Fruitflies ; Gruff Rhys - Oh Dear! ; Hope Along - How simple ; Interpol - Flight of Fancy ; MC Paul Barman - (((believe that))) ; Mitski - Nobody ; Trust Fund - Embarrassing!


Des concerts
2/6 Gus Dapperton + Mattiel @ Paloma / Nîmes
13/10 Françoiz Breut @ Médiathèque Musicale de Paris
26/10 Teleman @ Petit Bain


Des séries
Sharp Objects / Better Call Saul


Des films
A Ghost Story (David Lowery), Senses (Ryusuke Hamaguchi), Burning (Lee Chang-dong), Au poste! (Quentin Dupieux)


Un jeu-vidéo
Aucun... Si, j'ai refait The Legend of Kyrandia 1 (1992)

jeudi 18 février 2016

Global burn-out

Je vais au travail tous les matins depuis 20 ans déjà / A l'heure du départ, à peine deux petites lumières au coin de la rue / Je prends un premier train, puis un deuxième / Je rêve de me tromper de direction 244 fois par an en moyenne / Partir sur une plage, même en hiver, être reçu par la taulière au pull en laine / café-au-lait et brioche maison

Mais j'arrive au boulot aux premières heures du jour, les yeux lourds, et le coeur, qu'en dire, il bat vite / J'ai peur des inconnus et je ne vois que ça / J'ai peur du rythme soutenu, des accélérations soudaines, des secousses / J'ai peur de la peur, obligé de me vider de haut en bas avant de prendre mon service / je suis un caissier Schlecker comme ont dit / Je suis global burn-out, je ne fais plus de bruit / Je bippe, j'encaisse, j'enchaîne

Adolescent j'étais contemplatif, je regardais passer les choses et les gens / Qui a actionné l'avance rapide? Pas moi, pause cigarette de circonstance / C'est le noir, le vide des profondeurs / Je suis fou, je suis flou / Un jour, je ne me lèverai plus, comme mon collègue Thierry, hospitalisé six mois durant / Un jour, ma femme et mes gosses ne me reconnaîtront plus, paralysé sur un lit d'hôpital / J'ai quarante ans, je suis victime du capitalisme et de la schizophrénie / Que faire ?

[...]

Gontard! - Travail
Blitz EP (s/r, 2014)

Adoptant un point de vue opposé, Gontard prête sa voix dans "Adaptation" à un narrateur fustigeant les salariés qui acceptent tacitement le système capitaliste

Toi, tu te plains, mais tu veux le maintien du système où tu végètes
C'est toi qui produis, toi qui laboures, et qui sèmes, qui pétris, qui transformes, qui alimentes
Tu es d'abord tout, mais tu ne possèdes rien
Tu es l'électeur, le votard, le volontaire laquais, l'ouvrier résigné de ton propre esclavage
Tu es même, toi, ton propre bourreau
Mais de qui te plains-tu
Tu es un danger pour nous les hommes libres
Tu es un danger à l'égal des maîtres que tu nous donnes
Que tu soutiens, que tu nourris, que tu [légitimes] par ton vote
Du coup, aie confiance en tes mandataires,
Arrête de te plaindre
C'est toi le criminel,
Et ironie du sort,
C'est toi l'esclave et la victime aussi

[...]
Gontard! - Adaptation
Blitz EP (s/r, 2014)
-
Gontard!, en concert ce jeudi soir à Petit Bain
https://gontard.bandcamp.com/album/blitz-mixtape-11-titres

mardi 23 juin 2015

Il faudra partir un jour alors

Quel visage aurai-je avec les années ? Celui d’un chef de gare syndiqué, d’un charcutier au grand cœur, d’un notaire gris, d’un tatoueur bisexuel, d’un agent immobilier kamikaze. J’aimerais parfois aller jusqu'à la déchéance, le sang sur la neige, le fait-divers dans ta salle de bain. Mais des restes d’éducation bourgeoise me retiennent ou alors autre chose. Ce sera la saison des grands froids. La saison des grands froids, je la vois droite, je la regarde.

Quel visage j’aurai, j’en sais rien mais je serai peut-être enfermé, je ferai un excellent prisonnier, si bien capable que je suis, que j’ai toujours été, de rester seul des journées entières, assis, immobile, occupé dans mes songeries. Et dire qu’il faudra partir un jour alors que tant de gens continueront à faire l’amour, je ne m’y ferai jamais. Ce sera la saison des grands froids, la saison des grands froids. Ici tout se brisera, j’irai à la souffrance, au dénuement, comme une bête à l’abattoir. La saison des grands froids, je la vois, droite, tu me regardes.

Quel visage aurai-je devant toi? Le chef de gare bisexuel, le charcutier gris, le tatoueur kamikaze, l’agent immobilier syndiqué, quel visage aurai-je ? La saison des grands froids, je la vois. J’irai jusqu'au dénuement, il faudra partir un jour alors que tant de gens continueront de faire l’amour et ça moi je ne m’y ferai jamais, non je ne m’y ferai jamais et dire…

Gontard! - La saison des grands froids
(STRN, 2015)


mardi 31 décembre 2013

Je n'ai pas toutes ces choses

Pas le temps de vous parler Cinéma à nouveau avant cette fin d'année. Ce sera donc pour les premiers jours de 2014. Du coup, rebelotte, du Gontard! à nouveau, où il est question du 31 décembre, vous comprenez, il faut donc que ça paraisse ce jour, c'est forcé.



Tu me dis que l'homme ne doit pas vivre seul
Il doit vivre en société et fonder une nombreuse famille
Se réunir chaque dimanche avec semblables et peigne-culs
Aller partout où il y a foule
Aux courses, au cinéma, à l'église,
Aux expos photos, au café, au théatre, et caetera
Tu me dis "l'homme qui vit seul a l'âme d'un criminel"
alors moi suis-je encore vivant?
Qui suis-je?

Moi,
Je n'ai pas de chien, je n'ai pas de chat
Je n'ai pas de maîtresse, pas d'ami d'enfance
Je n'ai pas de plante verte, pas de propriétaire,
Je n'ai pas de patron, pas de rêve de jacuzzi ni de saut en parachute
Je n'ai pas de jour de fête, de conscience écologique
Je n'ai pas d'horaire pour faire l'amour
Je n'ai pas de vélo à réparer
Je n'ai pas de blog à alimenter sur le vélo que j'ai réparé
Je n'ai pas de scrupule, pas de mauvaise conscience
Je n'ai pas de scooter, pas de goûts arrêtés en peinture
Je n'ai pas de concours à passer l'année prochaine
Je n'ai pas honte à fouiller dans ma propre merde pour en sortir des choses
Je n'ai pas de saut à champagne
Je n'ai rien à fêter
Je n'ai pas d'ardoise dans mon bar préféré
Je n'ai pas de dealer
Je n'ai pas de cafetière
Je n'ai pas d'actions en bourse
Je n'ai pas de locataire
Je n'ai pas de philosophie
Je n'ai pas d'habitudes chez le commerçant
Je n'ai pas de pitié pour les princesses mortes
D'ailleurs, je n'ai même pas TF1
Je n'ai pas de souvenir dans un objet de famille
Je n'ai pas de comité d'entreprise
Je n'ai pas envie d'être heureux le 31 décembre
Je n'ai pas envie de lire le prix Goncourt
Je n'ai pas envie de faire du sport tous les lundis soirs
Je n'ai d'ailleurs pas d'ordres à recevoir
Je n'ai pas de traces indélébiles
Je n'ai pas toutes ces choses
Mais quand je te vois, j'ai envie de tout ça
Mais quand je te vois, moi, je crève d'envie de tout ça

Quand je te vois...

Mais...
J'ai déconné de ne pas t'avoir épousée
J'ai déconné d'avoir toujours la main sur la couture du pantalon
J'ai déconné aussi de te dire que je faisais de la tachycardie sous la pluie tiède de l'été
J'ai déconné aussi quand je te dis qu'il fallait casser tous les asiles,
Abattre toutes les prisons et libérer toutes les sexualités
Que le monde irait bien mieux
J'ai déconné dans toutes ces choses
Pour toi, pour moi, pour moi, j'ai déconné
J'ai déconné dans toutes ces choses
Pour moi, pour toi, pour moi

Pour moi, pour moi, pour moi
j'ai déconné... dans toutes ces choses

et encore, j'ai déconné...


Gontard! - Comment ramener un noyé à la rive
Comment ramener un noyé à la rive (Sorry but home recordings, 2013)



samedi 28 décembre 2013

Il n'y a plus rien

Tu m'as dit "Chéri, celle-là, c'est la meilleure du disque"
Mais mon amour, nous sommes en 2013
Il n'y a plus de disques, il n'y a plus rien
Et même, tu viens de partir d'ailleurs
Ma chérie, comme notre love story, ma song s'arrête là
Il n'y a plus rien, ma chérie

Gontard! - La meilleure du disque
Poteau Rose EP (Sorry but home recordings, 2013)

C'est avec ce morceau (le 4ème de l'EP) que j'ai commencé à réaliser que Gontard!, peut-être, ça allait être vachement bien. Ici, j'apprécie particulièrement le côté absurde du texte, qui parvient à être auto-référencé tout en se révélant sans lieu d'être.



Suite à l'écoute du disque, j'écrivais : 
On écoute un disque de Gontard ! comme on consulte une anthologie de poésies, ou visite un cabinet de curiosités. On y rencontre des morceaux et piécettes de forme, humeur et sonorité changeantes, agencés avec sens, et construits avec une sensibilité artistique jubilatoire [...]

Aujourd'hui, j'ai écouté toute la discographie de cet ancien "frère Nubuck", et je confirme. A tel point, d'ailleurs, que je vous en reparle bientôt (genre le 31 décembre).