mardi 21 juillet 2026

Coincé entre deux versions de soi

Du syndrôme de l'imposteur :
un aperçu des pensées de Jack, artiste photographe en devenir, originaire du Kensas, tandis qu'il montre ses photos à sa classe en école d'Art.

Voilà ce que ça faisait de ne pas être dans son élément : ça procurait de l'anxiété, ça obligeait Jack à rester sur ses gardes, de façon sourde mais constante, parce qu'il fallait éviter cette honte d'avoir réalisé quelque chose d'horriblement grossier, ou pensé quelque chose d'horriblement superficiel. [...] Il avait le visage en feu.

Elle le taraudait sans cesse, cette impression que n'importe quand, avec n'importe qui, il risquait de dire ou de faire quelque chose qui prouverait à tous les autres ici qu'il ne faisait pas vraiment partie des leurs, qu'il était un étranger idiot et vulgaire, un imposteur. Cette panique de devoir rendre des comptes à deux maîtres rivaux : la personne qu'il voulait être, et celle qu'il était vraiment. La vision séduisante de celui qu'il serait demain et la version rustre de son moi hérité du passé.

C'était effrayant à un point presque intolérable d'être coincé entre ces deux versions de soi.

Nathan Hill, Bien-être (2024)

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