mercredi 22 mai 2019

All My Happiness Is Gone

La dernière fois que je vous donnais des nouvelles de David Berman (Silver Jews), c'était en 2014, par le biais d'une interview de la bassiste du groupe, Cassie Berman (par ailleurs son épouse). Elle pariait alors sur son retour à la musique... Elle avait raison ! Après un hiatus de dix années, David Berman s'apprête a publier un album, cette fois sous le nom de Purple Mountains.

Voici le premier morceau, extrait de cet album à paraître le 12 juillet. Surprise, on y retrouve au cours d'une longue intro le musicien là où on l'avait laissé, c'est-à-dire dans les grottes de Cumberland pour le dernier concert de Silver Jews. A +2'06, le morceau commence, et on est très heureux de retrouver David Berman inchangé et son timbre, intact (Bon, il ramène un peu plus les cheveux "sur le dessus" alors que... barbu et chauve, c'est la classe - Coucou, Doug Martsch)

On espère en tout cas qu'il va mieux (mais on est pas sûr)
(*)

Friends are warmer than gold when you're old
And keeping them is harder than you might suppose
Lately, I tend to make strangers wherever I go
Some of them were once people I was happy to know

Mounting mileage on the dash
Double darkness falling fast
I keep stressing, pressing on
Way deep down at some substratum
Feels like something really wrong has happened
And I confess I'm barely hanging on

All my happiness is gone
All my happiness is gone
It's all gone somewhere beyond
All my happiness is gone

Ten thousand afternoons ago
All my happiness just overflowed
That was life at first and goal to go
Me and you and us and them
And all those people way back when
All our hardships were just yardsticks then, you know
You know

Not the purple hills
It's not the silver lake
It's not the snowcloud shadowed interstates
It's not the icy bike chain rain of Portland, Oregon
Where nothing's wrong and no one's asking
But the fear's so strong it leaves you gasping
No way to last out here like this for long

'Cause everywhere I go, I know
Everywhere I go, I know

All my happiness is gone
All my happiness is gone
It's all gone somewhere beyond
All my happiness is gone

Purple MountainsAll My Happiness Is Gone
(Drag City, 2019)

(*) L'histoire ne dit en effet pas si son rapport à son père - un puissant lobbyiste dénué d'éthique - a changé... Pour rappel, David Berman en parlait en ces termes : "a despicable man. My father is a sort of human molestor. An exploiter. A scoundrel. A world historical motherfucking son of a bitch". Les méfaits du père étaient tels qu'elles poussaient le fils à se taire indéfiniment.

Si Wikipedia le décrit désormais comme étant un "ancien" lobbyiste, un rapide survol du site de son cabinet (https://www.bermanco.com/about-us/) paraît démentir l'information. Comment diable suis-je tombé sur cette page ? C'est vers elle que renvoie désormais l'ancienne URL citée dans mon article de 2009 qui recensait et dénonçant ses actions (www.bermanexposed.org)

vendredi 29 mars 2019

Une double infirmité

Avec Claude Levi-Strauss, je découvre un nouveau regard, de nouvelles considérations, de nouvelles réflexions... lié(e)s à l'ethnologie, champ d'étude que je découvre.


Tel je me reconnais, voyageur, archéologue de l’espace, cherchant vainement à reconstituer l’exotisme à l’aide de parcelles et de débris.

Alors, insidieusement, l'illusion commence à tisser ses pièges. Je voudrais avoir vécu au temps des vrais voyages, quand s’offrait dans toute sa splendeur un spectacle non encore gâché, contaminé et maudit ; n'avoir pas franchi cette enceinte moi-même, mais comme Bernier, Tavernier, Manucci... Une fois entamé, le jeu de conjectures n'a plus de fin. Quand fallait-il voir l’Inde, à quelle époque l’étude des sauvages brésiliens pouvait-elle apporter la satisfaction la plus pure, les faire connaître sous la forme la moins altérée ? Eût-il mieux valu arriver à Rio au XVIIIe siècle avec Bougainville, ou au XVIe avec Léry et Thevet ? Chaque lustre en arrière me permet de sauver une coutume, de gagner une fête, de partager une croyance supplémentaire. Mais je connais trop les textes pour ne pas savoir qu’en m’enlevant un siècle, je renonce du même coup à des informations et à des curiosités propres à enrichir ma réflexion. Et voici, devant moi, le cercle infranchissable : moins les cultures humaines étaient en mesure de communiquer entre elles et donc de se corrompre par leur contact, moins aussi leurs émissaires respectifs étaient capables de percevoir la richesse et la signification de cette diversité. En fin de compte, je suis prisonnier d’une alternative : tantôt voyageur ancien, confronté à un prodigieux spectacle dont tout ou presque lui échappait - pire encore inspirait raillerie et dégoût ; tantôt voyageur moderne, courant après les vestiges d’une réalité disparue. Sur ces deux tableaux je perds, et plus qu’il ne semble : car moi qui gémis devant des ombres, ne suis-je pas imperméable au vrai spectacle qui prend forme en cet instant, mais pour l’observation duquel mon degré d’humanité manque encore du sens requis ? Dans quelques centaines d'années, en ce même lieu, un autre voyageur, aussi désespéré que moi, pleurera la disparition de ce que j'aurais pu voir et qui m'a échappé. Victime d'une double infirmité, tout ce que j’aperçois me blesse, et je me reproche sans relâche de ne pas regarder assez.

Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques (1955)

mardi 26 mars 2019

The final move was made

RIP le grand Scott Walker... Comme on aime ici aussi Bergman, voici "The Seventh Seal", inspiré du film du même nom. 

Anybody seen a knight pass this way?
I saw him playing chess with Death yesterday
His crusade was a search for God and they say
It's been a long way to carry on

Anybody hear of plague in this town?
The town I've left behind was burned to the ground
A young girl on a stake, her face framed in flames
Cried I'm not a witch, God knows my name

The knight, he watched with fear, he needed to know
He ran where he might feel God's breath
And in the misty church, he knelt to confess
The face within the booth was Mr. Death

My life's a vain pursuit of meaningless smiles
"Why can't God touch me with a sign"
"Perhaps there's no one there", answered the booth
And Death hid within his cloak and smiled

"This morning I played chess with Death" said the knight
We played that he might grant me time
My bishop and my knight will shatter his flanks
And still I might feel God's heart in mine

And through confession's grille, Death's laughter was heard
The knight cried "No you've cheated me!
But still I'll find a way, we'll meet once again
And once again continue to play!"

They met within the woods, the knight, his squire and friends
And Death said "Now the game shall end"
The final move was made, the knight hung his head
And said "You've won, I've nothing left to play"

The minstrel filled with visions sang to his love
To look against the stormy sky
The knight his squire and friends, their hands held as one
Solemnly danced toward the dawn

His hourglass in his hand, his scythe by his side
The master Death, he leads them on
The rain will wash away the tears from their faces
And as the thunder cracked, they were gone

Scott Walker, The Seventh Seal

jeudi 14 mars 2019

All anybody really wants

Avec le retour d'Art Brut (sur disque et en concert), je ré-écoute la discographie de ce groupe à l'accent et à l'humour so british.
"Brilliant" ! (en anglais dans le texte)

My little Brother just discovered Rock & Roll
There's a noise in his head and he's out of control.

And yes it frustrates,
Let's let him make his own mistakes.
See him on the dance floor go now,
Boy those moves I just don't know how.

My little Brother just discovered Rock & Roll
He's only 22 and he's out of control.

How's he living?
With all of that unforgiving.
See him on the dance floor go now,
Boy those moves I just don't know how.

My little Brother just discovered Rock and Roll
He's only 22 and he's out of control.

He no longer likes A-sides,
He made me a tape of Bootlegs and B-sides.
And every song on that tape said, every single song said,
I want our parents to worry about us.
All we ever wanted is for our parents to worry about us.
It's all anybody really wants.

My little Brother just discovered Rock & Roll

Stay off the Crack!

Art Brut, My little brother
(Bang Bang Rock and Roll, 2005)

mardi 12 mars 2019

Jamais personne

Jean-François Jardie [Jean-Pierre Cassel], résistant arrêté par l'armée allemande, et interrogé par un officier :

- Naturellement Dupont est la seule identité que vous vous connaissiez ?
- Naturellement.
- À quelle organisation appartenez-vous ?
- Je vois pas de quoi vous voulez parler.
- Vous savez ce que vous risquez ?
- ...
- Être fusillé sous un faux nom et que jamais personne ne sache ce que vous êtes devenu.

L'Armée des ombres, Jean-Pierre Melville (1969)

jeudi 7 mars 2019

Album cover of the Week


Après (feu) Hold your Horses! dans leur clip 70 million [lien], c'est au tour d'Andrew Bird de parodier le tableau "La mort de Marat" pour son nouvel album "My Finest Work Yet", à paraître le 22 mars prochain

*
*        *

mercredi 27 février 2019

La théâtralité du quotidien

Dans l'exposition  "Scène" au BAL, le photographe Alex Majoli poursuit sa réflexion sur la théâtralité du quotidien, déclinée en somptueux clichés d'un noir profond, pris un peu partout dans le monde. Un "quotidien", parfois anodin, mais plus souvent politique.

République du Congo, 2013, Scene #9928 © Alex Majoli / Magnum Photos
Supporters des Red Devils au stade de Brazzaville

Grèce, Lesbos© Alex Majoli / Magnum Photos
A scene from the refugee camp in Idomeni, on the Greece-Macedonia border

Chine, Shenzhen (2017), Scene #1350 © Alex Majoli / Magnum Photos
Les employés d’un institut de beauté participent à une réunion de motivation avant de commencer leur travail

Alex Majoli - Scene
jusqu'au 28 avril au BAL

mardi 26 février 2019

Ascension Day



Mark Hollis, chanteur de Talk Talk, est mort hier, à l'âge de 64 ans. Avec son groupe, et notamment leurs derniers albums Spirit of Eden (1988) Laughing Stock (1991), il est l'un des précurseurs du "post-rock" (grosse influence de Bark Psychosis par exemple). A écouter également : l'album solo de Mark Hollis (1998).


Bet I'll be damned
Built the debt, I turned twos up today
Bet I'll be damned
Gets harder to sense the sail

Farewell
Mother numb to and devout to
Reckon luck sees us the same

Weighted my hand
Kill the bet, I'll burn on judgement day
Weighted my hand
Get hard hit to sense the sail

Farewell
Mother numb to and devout to
Double deal a season wrapt too lax to lapse so soon
Reckon luck sees us the same

Bed on my back
Dealt my hell, I've dealt my months of May
Bed on my back
Get parted ascension day

Farewell
Mother numb to and devout to
Reckon luck sees us the same
Reckon love deals us the same

Talk Talk - Ascension Day
Laughing Stock (Polydor, 1991)

lundi 25 février 2019

Worst band ever?

Il m'aura fallu attendre près de sept années pour prendre connaissance au cours d'une soirée - sur un "wall IRL" - de ce savoureux message de "fan", relayé par Sonic Youth sur leur page facebook (en 2012, donc).


Sonic Youth5 avril 2012

Our fans writing:

"I'm going to be 100% honest with you.

I'm 13. I have a little band. We are so much better than you. Honestly. You are the worst band I have ever seen in [my] entire life. You are worse than Rebecca Black. The bass player just hacks the bass and plays one chord. The guitar players are playing out of tune guitars and... well not even playing actually chords. I couldn't sound worse if I tried. It actually sounds like a joke to me. The drummer is okay. But honestly the vocalist is completely out of tune. Oh and The Black keys have two people and are better than you.

From: Me, and pretty much everyone else who has accidentally stumbled upon your terrible music. "

Source :


vendredi 22 février 2019

Notre ordure lancée au visage de l'humanité

Des années que je voulais lire du Claude Lévi-Strauss, tant les propos et écrits sur l'humanité qui parvenaient jusqu'à moi semblaient profonds (exemple)... et puis un jour : je trouve Tristes Tropiques dans un vieux carton de livres abandonnés, sur le trottoir.
Premier extrait.

Aujourd'hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud, où l'Asie tout entière prend le visage d'une zone maladive, où les bidonvilles rongent l'Afrique, où l'aviation commerciale et militaire flétrit la candeur de la forêt américaine ou mélanésienne avant même d'en pouvoir détruire la virginité, comment la prétendue évasion du voyage pourrait-elle réussir autre chose que nous confronter aux formes les plus malheureuses de notre existence historique ? Cette grande civilisation occidentale, créatrice des merveilles dont nous jouissons, elle n'a certes pas réussi à les produire sans contrepartie. Comme son oeuvre la plus fameuse, pile où s'élaborent des architectures d'une complexité inconnue, l'ordre et l'harmonie de l'occident exigent l'élimination d'une masse prodigieuse de sous-produits maléfiques dont la terre est infectée. Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité.

Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l'illusion de ce qui n'existe plus et qui devrait être encore, pour que nous échappions à l'accablante évidence que vingt-mille ans d'histoire sont joués. Il n'y a plus rien à faire : la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur diversité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture, elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat.

Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques (1955)

mercredi 20 février 2019

Jusqu'à la plus fine limite

Grand film de Melville, encore, "l'armée des ombres" avec un Lino Ventura, grave et impressionnant.


Je voudrais tout de même vivre, et je vais mourir, et je n'ai pas peur. C'est impossible de ne pas avoir peur quand on va mourir. C'est parce que je suis trop borné, trop animal pour y croire. Et si je n'y crois pas jusqu'au dernier instant, jusqu'à la plus fine limite, je ne mourrai jamais. Quelle découverte ! et comme elle plairait au patron ! Il faut que je l’approfondisse. Il faut...

L'Armée des ombres, Jean-Pierre Melville (1969)

samedi 2 février 2019

Last exit to "Change your mind"


Des jeunes filles qui disparaissent, une enquête, le tout dans une ville du Sud des Etats-Unis encore fortement marquée par son passé "confédéré". Camille Preaker, journaliste et par ailleurs native de cette ville, est envoyée sur place pour réaliser la chronique des événements. Elle y retrouvera tout ce qu'elle avait fui, tout ce qui a ébranlé son être par le passé.


La scénario, la réalisation, les acteurs, décors et galerie de personnages secondaires récurrents ont fait de cette série une des toutes meilleures de 2018. Les plus attentifs et appliqués d'entre vous pourront de plus s'amuser à dénicher les mots et messages dissimulés dans un grand nombre de plans, qui constituent autant d'indice reflétant l'état d'esprit de l'héroine ou la progression de l'histoire 

mardi 15 janvier 2019

Camélias

Avec une visite du musée Mucha à Prague en 2001, des expositions Art Nouveau à la Pinacothèque (2013), Paris 1900 au Petit Palais (2014), et maintenant Mucha au Musée du Luxembourg, c'est bon, on peut dire que je suis opé sur le sujet Alphonse Mucha.

Aussi ne choisirai-je qu'une de ses créations pour rendre compte de ma visite, extraite de ma série préférée : sa collaboration avec Sarah Bernhardt.


Alfons Mucha, La Dame aux Camélias (1896)
Exposée au Musée du Luxembourg jusqu'au 26 janvier !

mardi 8 janvier 2019

2018, une playlist

Je vous l'avais promise, la voici ! Ici, sur spotify (recommandé) ou deezer...
Bonne écoute !


mercredi 2 janvier 2019

2018, un palmarès

Nous sommes déjà en 2019 : Excellente année à tous !
Pour solder 2018, voici ma sélection musicale (personnelle et subjective... et circonstancielle, puisqu'ayant eu moins de temps à accorder à la musique). Bonne lecture !
(Je ne veux rien promettre mais je tâcherai de former une playlist sur cette base. Le moment venu, je vous souhaiterai alors une bonne écoute)



Les Albums
Melody's Echo Chamber - Bon Voyage
Fred Thomas - Aftering
Gontard! - Tout naît, tout s'achève Dans un disque
Marlowe - s/t
Low - Double negative
the Rock*a*teens - Sixth house
Teleman - Family Of Aliens
Kal Marks - Universal Care
Damien Jurado - The Horizon Just Laughed
Mattiel - st


Mais aussi
Art Brut - Wham! Bang! Pow! Let's Rock Out!
Beach House - 7
Bleu Russe - Missives d'amour
Calvin Johnson - A Wonderful Beast
Car Seat Headrest - Twin Fantasy
Catpower - Wanderer
Daniel Blumberg - minus
ExRe - s/t
Fontaine Wallace - s/t
Frànçois Atlas - Fleurs du mal
Frog Eyes - Violet Psalms
the Goon sax - We're not talking
Gruff Rhys - babelsberg
Iceage - Beyondless
James - Living In Extraordinary Times
Jon Hopkins - Singularity
Kamasi Washington - Heaven and Earth
Mount Eerie - now only + (after)
Mt. Wilson Repeater - V'Ger
No Age - Snares Like a Haircut
Olden yolk - st
S. Carey - Hundred Acres
the Sea and Cake - Any Day
Snail Mail - Lush
Tim Hecker - Konoyo
Tony Molina - Kill The Lights

non-2018 :
Fontarabie - s/t (2015)
the Curious Mysterie Rotting Slowly (2009) + We Creeling (2011)



Les morceaux
(en plus de tous ceux figurant dans les albums ci-dessus) :
the Beths - Future Me Hates Me ; Courtney Barnett - Need a Little Time ; Daniel Blumberg - madder ; Dominique A - Désert d'hiver ; Everything Is Recorded - Everything Is Recorded ; Flavien Berger - Deadline ; the Frights - CRUTCH ; Gabriel Garzon-Montano - Fruitflies ; Gruff Rhys - Oh Dear! ; Hope Along - How simple ; Interpol - Flight of Fancy ; MC Paul Barman - (((believe that))) ; Mitski - Nobody ; Trust Fund - Embarrassing!


Des concerts
2/6 Gus Dapperton + Mattiel @ Paloma / Nîmes
13/10 Françoiz Breut @ Médiathèque Musicale de Paris
26/10 Teleman @ Petit Bain


Des séries
Sharp Objects / Better Call Saul


Des films
Senses (Ryusuke Hamaguchi), Burning (Lee Chang-dong), Au poste! (Quentin Dupieux)


Un jeu-vidéo
Aucun... Si, j'ai refait The Legend of Kyrandia 1 (1992)