mardi 16 janvier 2018

Inside

Les plus attentifs d'entre vous auront remarqué, dans mon palmarès 2018, une rubrique "Jeu-Vidéo", avec un unique représentant : "Inside". Il faut dire que je joue peu, et, hors rétro-gaming, ne me penche que sur des jeux de préférence courts, novateurs et/ou avec un parti pris artistique marqué, le tout bien sûr servi par un gameplay agréable.

J'en profite ici pour redire tout le mal que je pense de la plupart des jeux smartphones, qui offrent un plaisir de jeu nul, et qui n'ont comme argument de rejouabilité que la simple perspective récurrente d'une récompense (passer au niveau suivant, accumuler des points ,acquérir des bonus etc...)

A l'opposé du spectre, se trouve donc Inside du studio Playdead, successeur du génial Limbo. Cette fois encore, le jeu confine au chef d'oeuvre, en surpassant son prédécesseur. Une réalisation parfaite (2.5D sombre et de toute beauté, lumière travaillée), une jouabilité sans faille, des énigmes suffisamment distrayante... mais surtout, au global, une atmosphère et une progression qui ménagent des images jamais vues (je pense notamment au final).

Quelques screenshots (garantis sans spoiler).
Pas d'intro dans ce jeu, pas de texte, pas de dialogue... jouez donc sans ne rien savoir de l'histoire !


Inside, Playdead (2016)

mercredi 10 janvier 2018

Suresnes, un paradis perdu

J'ai une petite "wish list" de livres à lire qui tourne sporadiquement dans ma tête, passe et revient... mais il suffit que je me rende à la bibliothèque, pour que toute inspiration s'évanouisse. La page blanche en quelque sorte.

Cette fois, j'avais pris des notes. Je m'étais rappelé ce roman qu'on m'avait offert à l'époque (en 2008?) et que j'avais beaucoup apprécié : "La théorie du Panda" de Pascal Garnier. Je mis donc très rapidement la main sur "Lune captive dans un œil mort" (du même auteur).

Et j'ai à nouveau passé un très bon moment. Il m'a semblé trouver la même loufoquerie que chez Queneau (je pense au Chiendent par exemple), teintée par la noirceur célinienne de certains personnages, parachutés dans un corps, une vie, dont ils n'ont jamais trop su quoi faire.

Le catalogue de documentation échoua mollement sur la table basse en verre fumé dont les pieds en métal doré évoquaient des pattes de lion. Martial croisa les mains sous sa tête et ferma les yeux. Suresnes, où ils avaient vécu pendant plus de vingt ans, lui apparut comme un paradis perdu. Tant d'années à accumuler mille et une petites habitudes avec la pugnacité du Facteur Cheval pour se tisser un cocon de vie douillet, le buraliste, le boulanger, le boucher qu'il appelait tous par leur prénom, le marché du samedi matin, la promenade dominicale au mont Valérien... Et puis, l'âge venant, l'un qui s'en va prendre sa retraite dans l'Indre-et-Loire, l'autre en Bretagne, à Cannes... ou au cimetière. Le quartier avait changé, presque du jour au lendemain, on ne s'était aperçu de rien. La population aussi. Le paisible territoire s'était métamorphosé en une sorte de jardin d'enfants hystériques où ils n'avaient plus leur place.

Pascal Garnier, Lune captive dans un œil mort (2009)