lundi 6 novembre 2017

A dark reflection of our world

[Disclaimer: cet article mentionne des éléments de l'intrigue
de la première saison de Stranger Things]

Suppose... what your faith has said was essentially correct. Suppose there is a universal mind controlling everything. A god willing the behavior of every subatomic particle. Now, every particle has an anti-particle. Its mirror image. Its negative side. Maybe this universal mind... resides in the mirror image instead of in our universe... as we wanted to believe. Maybe he's anti-God, bringing darkness instead of light.

John Carpenter, Prince of Darkness (1987)

Tandis que je listais ici ou  certaines références de la série Stranger Things, l'une d'elle, pourtant évidente, m'avait échappé : "Prince of Darkness" de Carpenter. L'image du miroir devient, dans la série, celle de l'envers du plateau de jeu.


- When El showed us where Will was, she flipped the board over, remember? Upside down. Dark. Empty. [...] When El took us to find Will, she took us to his house, right? What if he was there? What if we just couldn't see him? What if he was on the other side? What if this is Hawkins and this is where Will is? The Upside Down. Like the Vale of Shadows.

- "The Vale of Shadows is a dimension that is a dark reflection or echo of our world. It is a place of decay and death."


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Visuellement, je serai assez tenté de rapprocher les personnages de Barbara Holland et Catherine Danforth... 

...ainsi que leur destinée.

samedi 4 novembre 2017

Cette vie qui pourrait être si bonne

Dans ce nouvel extrait de "la joie de vivre", on retrouve la bonne Pauline jouant les médiatrices pour un couple jouant sans cesse la même querelle.

Ils repartirent tous les deux, ils soulagèrent sans ménagement leur rancune, amassée pendant les heurts continuels de leurs caractères. C'était, sur les moindres faits, une taquinerie première qui, peu à peu, les jetait à un état aigu d'antipathie, dont la journée restait ensuite désolée. Elle, avec son visage doux, finissait par devenir méchante, depuis qu'il touchait à ses plaisirs, d'une méchanceté de chatte câline, se caressant aux autres et allongeant les griffes. Lui, malgré son indifférence, trouvait dans les querelles une secousse à l'engourdissement de son ennui, s'y entêtait souvent par cette distraction de se donner la fièvre.

Pauline, cependant, les écoutait. Elle souffrait plus qu'eux, cette façon de s'aimer ne pouvait lui entrer dans l'entendement. Pourquoi donc n'avoir pas la pitié mutuelle de s'épargner ? Pourquoi ne pas s'accommoder l'un de l’autre, lorsqu'on doit vivre ensemble ? Il lui semblait si facile de mettre le bonheur dans l’habitude et dans la compassion.

[...]

Bien qu’elle se fût promis de se tenir à l’écart, Pauline, frémissante, les interrompit.
– Taisez-vous, malheureux !... C’est vrai que vous la gâchez à plaisir, cette vie qui pourrait être si bonne. Pourquoi vous exciter ainsi à dire des choses irréparables, dont vous souffrirez ensuite ?... Non, non, taisez-vous, je ne veux pas que ça continue ! Vous êtes tous les deux de grands enfants, également coupables, et qui ne savez quoi faire pour vous torturer. Mais je ne veux pas, entendez-vous ! je ne veux pas des gens tristes autour de moi... Vous allez vous embrasser tout de suite.

Emile Zola, La joie de vivre (1884)