jeudi 19 novembre 2009

il ne ft ps cfdr...

Il ne faut pas confondre...

Mstrkrft
Mgmt
blk jks
et chll pll

Tout ça, depuis l'album xtrmntr de Prml Scrm ?
(dont j'ai d'ailleurs toujours aimé la pochette)



J'en profite pour glisser que cet album est à la troisième position (!?) du classement des 100 meilleurs disques des années 2000, selon le NME.

mercredi 18 novembre 2009

like Prince, if he was just going to the zoo

Je m'apprête à regarder la 2ème saison de Flight of the Conchords (c'est la seule série que je suis, avec Lost). Vu que mes souvenirs de la première remontent à près de deux ans, j'ai balayé ses 12 épisodes en vitesse, histoire de me remettre dans le bain.
Et ça reste très très drôle.

Flight of the Conchords raconte les tribulations d'un groupe d'indie pop fraîchement débarqué de Nouvelle Zélande à New York. Le groupe est en fait un duo, constitué de Brett & Jemaine, qui essayent tant bien que mal de se faire connaître, "aidé" en cela par un piètre mais sympathique manager (Murray).


- Well, this seems like a very very good deal! I'havn't seen many music deals...
- you havn't seen any.

L'humour est absurde, les situations cocaces, les dialogues tordants, les personnages secondaires sont très réussis, et la VO est un bonheur, grâce aux accents des personnages.



Tout autant que pour un livre, je n'aime pas l'idée qu'un passage jugé remarquable sur le moment puisse disparaître à jamais (de ma mémoire)...
Je fixerai donc dans cet article quelques bribes de dialogues (extraites de l'épisode 10), comme je l'avais déjà fait il y a quelques temps.

Pas sûr que ça "fonctionne", auprès de ceux qui ne connaissent pas la série.

-
Lors d'un "Band Meeting":

Murray : Good news anyway, we've got a winner for the fan competition!
Brett: Mell?
Murray: Yeah! How do you know that?
Brett: There's probably only one entry
Murray: No! There were hundreds actually
Brett: really?
Murray: Yeah!.. they were from Mell. And one from Jemaine... but he was disqualified.
Jemaine: Disqualied? Why was I disqualified?
Murray: Because! You can't be a fan of the band
Jemaine: Why?
Murray: It's not a good look!
Jemaine: But i'm a fan
Murray: Yeah, but... people look at the fan list, when they say : "Oh look, he's in the band, doesn't he?", "Oh, he likes himself". That's not a good look; You don't see Brett on the fan list.
Brett: Yeah, that's because i'm not fan of the band. I'm more fan of popular bands like the bee gees, pearl jam.

-
Après leur prestation live dans un petit bar,
dans le cadre d'une soirée "musique du monde":


Murray: Hey guys, really good! Different start of song...
Jemaine: No, it's the same
Murray: ah? ok. So ding di-ding dong dong dong ding
Jemaine: We were tuning.
Murray: Ah ok. That was good.

-
Rendant visite à leur pote Dave (vivant en collocation),
afin de lui emprunter des fringues "cool".


Jemaine: I was hoping to dress something like Prince.
Dave: Kind of erogenous, huh?
Jemaine: Yeah, but toned down a bit, like Prince if he was just going to the zoo, or the supermarket.

Après que Jemaine s'est fait refiler un chemisier
de la prétendue colloc de Dave
:

Dave: Maybe hide that on your way out, 'cos there's my roommate, she's crazy! She thinks she's my mom!
Jemaine: Well, that is your mom.
Dave: you think i live with my parents?!! [...] The weird thing is that they look like me.
Jemaine: I've seen photos of themselves with you as a kid...
Dave (chuchotant) : I know.... It's creapy. I think they made them on a computer!

-
Brett et Jemaine, en pleine réflexion, dans les toilettes d'un appartement, dans lequel les ont invités deux jeunes femmes entreprenantes.

Brett: They want me in the threesome.
Jemaine: What?
Brett: Yeah.
Jemaine: Well that's not a threesome, that's a foursome.
Brett: I don't know, I've never had a threesome.
Jemaine: I don't want you in my threesome, you don't know anything about threesomes.
Brett: Have you ever had a threesome?
Jemaine: Nearly..
Brett: What do you mean, nearly?
Jemaine: I've had a twosome..
Brett: Wow, what was that like?
Jemaine: Great, I've done it several times man.
Brett: So, just one of you there.. and one of you there..
Jemaine: Yeah.
Brett: Oh n-n-n-no, I've had a twosome, that's just the normal way.
Jemaine: Yes..

Le lendemain:

Brett: Hey, Jemaine.
Jemaine: Hmm?
Brett: Last night, did you... look?
Jemaine: We agreed never to talk about this.

Flight of the Conchords, S01E10 "New Fans"
(2007)


lundi 16 novembre 2009

De la somme intérieurement organisée des tensions voulues

En août dernier se terminait à Beaubourg la super exposition consacrée à Kandinsky, que j'évoquais alors en images.

Ses oeuvres étaient présentées dans l'ordre chronologique, ce qui laissait apprécier la trajectoire de l'artiste, autant guidée par son intuition que son raisonnement.
J'apprenais qu'il avait été professeur au Bauhaus (dans années 20), et me dis que mince ça devait quand même être bien d'avoir Kandinsky pour prof.

C'est ce qui m'a mené à la lecture de son ouvrage théorique "Point - Ligne - Plan", dont je livrerai ici quelques extraits. L'ouvrage est sous-titré "pour une grammaire des formes".

Kandinsky commence sa grammaire par le Point. Viennent ensuite la ligne, et enfin le plan, mais là, ça devient franchement difficile à suivre. Même en relisant.

Commençons par le début.



Le point s'incruste dans le plan originel et s'affirme à tout jamais. Ainsi est-il intérieurement, l'affirmation la plus concise et permanente, qui se produit brièvement, fermement et vite.
C'est pour cela que le point est au sens extérieur et intérieur l'élément premier de la peinture et spécifiquement des arts "graphiques".
La notion d'élément peut être interprétée de deux façons: comme notion extérieure ou intérieure.
Extérieurement toute forme graphique ou picturale est un élément. Intérieurement ce n'est pas la forme, mais sa tension vivante intrinsèque qui constitue l'élément.
En effet, ce ne sont pas les formes extérieures qui définissent le contenu d'une oeuvre picturale, mais les forces - tensions qui vivent dans ces formes.
Si, subitement, par un mauvais sort, les tensions disparaissaient ou s'évanouissaient, l'oeuvre vivante disparaîtrait aussitôt. D'autre part, tout assemblage fortuit de formes diverses deviendraient une oeuvre. Le contenu d'une oeuvre s'exprime par la composition, c'est-à-dire par la somme intérieurement organisée des tensions voulues.
Cette affirmation paraissant si simple a pourtant une importante signification de principe: son acception ou son refus ne divise pas seulement les artistes contemporains mais aussi tous les hommes de notre époque en deux catégories opposées:
1. ceux qui admettent le non-matériel ou le spirituel en dehors des concepts matériels et
2. ceux qui ne veulent rien admettre qui ne soit matériel

Pour cette deuxième catégorie l'art ne peut exister, et c'est pour cela qu'ils nient même le mot "art" et cherchent à le remplacer.
De notre point de vue on devrait faire une distinction entre Element et "Elément", en comprenant par "Elément" la forme dépourvue de tension, et par Element la tension contenue dans cette forme. Ainsi les éléments sont abstraits, au sens profond, et la forme même est "abstraite". S'il était effectivement possible de travailler avec des éléments abstraits, la forme extérieure de la peinture contemporaine changerait profondément, ce qui ne signifierait pas que toute peinture deviendrait superflue : car même les éléments picturaux abstraits garderaient leur valeur picturale, tout comme les éléments de la musique.



Je m'arrête sur ce passage, qui, à le relire, donne sa définition de l'art abstrait: l'intériorité des formes y priment sur leur perception.
De la "beauté intérieure"...

Point Ligne Plan, Wassily Kandinsky (1926)