jeudi 13 novembre 2014

We put the Pop in Unpopular [Top Tape]


Dimanche 9 novembre... jour de diffusion de la première émission de Top Tape depuis... pfiou, très longtemps. Vous avez donc pu entendre sur Radio Campus Paris une mixtape conviant Malajube, Jacquemort, the Magic Numbers, Stuart Murdoch, Faded Paper Pictures, Spoon, Rural Alberta Advantage, Max Richter, O'Death, Bracken, Hood, Seoul et Darkside.

Emission, playlist complète, archives sur le site de la radio

L'excellente nouvelle de cette rentrée reste tout de même le retour de Bracken au travers ce mini-album à acheter au format numérique ou K7 ici. Y figure notamment le titre "We put the Pop into Unpular", un des meilleurs morceaux de l'année assurément 

Bracken, Exist / Resist (Baro Records, 2014)

vendredi 7 novembre 2014

Le FN n'est pas anticapitaliste

Puisque c'était le micro-débat politique du début de semaine (N. Sarkozy : "Madame Le Pen n'est pas à l'extrême droite, elle est à l'extrême gauche" ; M. Le Pen, quelques jours plus tôt déclarait que l’extrême gauche faisait « de bons constats » dans sa dénonciation de la mondialisation, sans aller «au bout de [sa] logique»), autant préciser certains point, comme le fait le Monde daté d'aujourd'hui.

Le FN n'est pas anticapitaliste. Marine Le Pen ne dénonce jamais le capitalisme, mais les dérives de ce dernier. Elle ne veut pas renverser le système, juste le fermer, y mettre des bornes. « Nous ne remettons pas en cause l'économie de marché, ni les bienfaits de la concurrence si elle est loyale », avait ainsi expliqué Mme Le Pen devant la presse lors de la présentation du programme économique du FN, le 9 avril 2011. C'est au capitalisme « sans frontière » qu'il s'agit de s'attaquer, formellement au nom de la « restauration de la souveraineté ».

Le concept de « mondialisation » revisité par le FN a ceci de commode qu'il permet de ne rien céder sur les fondamentaux. Là où la critique de gauche de la mondialisation s'attache à dénoncer un système économique et insiste sur la captation de richesses, le FN axe sur l'identité, en fustige les effets pour mieux réhabiliter les frontières et l'idée de nation-rempart. C'est-à-dire un entre-soi. C'est cela que Marine Le Pen définit comme « les limites » du raisonnement de l'extrême gauche : selon elle, dénoncer la mondialisation doit, ipso facto, aboutir au retour des frontières. Pour elle, critiquer la mondialisation tout en étant internationaliste est un non-sens.
La réappropriation de thèmes forgés dans la gauche alternative est donc au cœur de la stratégie du parti lepéniste. Lequel les repeint aux couleurs de l'enracinement, de l'identité et de la promotion des sociétés fermées, notions étrangères à l'extrême gauche.

Abel Mestre, Quand Marine le Pen braconne à gauche
dans Le Monde du Vendredi 7 Novembre